Les archives d’Akhsah

Chrétiens d’Orient

Par Akhsah Caleb

 Depuis quelques mois, on a vu apparaître dans la presse quelques entrefilets, souvent discrets, sur la situation « délicate » des chrétiens dans certains pays du Moyen-Orient. A l’approche des fêtes de Noël, les titres ont grossi et les informations se sont faites plus précises.

Une centaine de parlementaires français, à l’initiative du député Dominique Souchet (MPF), ont lancé un appel à Michèle Alliot-Marie, lui demandant « d’intervenir auprès des autorités des pays concernés ». Les signataires demandent aussi à Paris « d’agir sur le long terme avec détermination et fermeté auprès des instances internationales pour faire de la protection des minorités religieuses une priorité. »

La roue tourne

A la fin du IVè  siècle, Théodose Ier fit interdire définitivement les cultes païens et détruire les sanctuaires.

En 415, l’évêque Cyrille d’Alexandrie fit massacrer la savante Hypathie par ses fidèles fanatisés.

An sixième siècle, Jean d’Ephèse dit l’inquisiteur fit raser les temples et renverser les idoles.

En 580, Tibère, successeur de Justinien, envoie un général contre les Juifs et les Samaritains, et lui ordonne au passage de s’occuper des païens d’Héliopolis (Baalbek) :

« Il en arrêta beaucoup…, les humilia, les crucifia et les tua. »

(Jean d’Ephèse, III, 3, 27-34)

Comme l’Islam, le Christianisme acquit son empire par les armes. Ses églises furent bâties sur les ruines d’autres sanctuaires et sur le sang de ses victimes. Avant de s’apitoyer, ne l’oublions pas.

Le retour de bâton s’appelle aussi « Karma collectif »

Les victimes d’aujourd’hui devraient se souvenir qu’hier encore elles hurlaient avec les loups ; en voici la preuve :

 PRESSIONS DES CHRETIENS D’ORIENT AU CONCILE VATICAN II

 Un concile, c’est quoi ?

Définition du dictionnaire Larousse :

(du latin consilium, assemblée)

Assemblée d’évêques et de théologiens qui décide de question de doctrine et de discipline ecclésiastiques. (…)

Par extension : collection des actes d’un concile.

2022820090.jpg

Le Concile Vatican II

 Le concile dit Vatican I (1869-1870) se déroula sous le pontificat de Pie IX.. On lui doit la définition dogmatique de l’infaillibilité papale…

Jean XXIII a ouvert le concile, dit Vatican II, le 11 octobre 1962. Le 8 décembre 1965, Paul VI a présidé la cérémonie de clôture.
Un des sujets le plus discuté fut celui concernant les Juifs et la suppression des mots « coupables de déicide » du vocabulaire catholique.
Les représentants et les observateurs des Eglises orientales s’opposèrent parfois avec virulence à cette réforme. Les successeurs actuels de ces « patriarches » et leurs fidèles s’estiment aujourd’hui persécutés.
Faut-il les plaindre ?

Pendant quatre ans, Henri Fesquet, l’envoyé spécial du journal « Le Monde » a suivi chaque séance. Ses chroniques furent publiées en 1966 par l’éditeur  Robert Morel.

En voici quelques extraits significatifs:

Une mise au point de Maximos IV sur les rapports entre les chrétiens et les Juifs

 28 novembre 1963

Sa Béatitude Maximos IV vient de faire paraître une mise au point sur le chapitre 4 du schéma qui a trait aux relations entre chrétiens et Juifs.

Cette mise au point, parue dans la presse libanaise précise :

« La question juive peut être envisagée sous un double aspect : l’aspect spirituel religieux et l’aspect civil politique. L’Eglise, quand elle envisage le judaïsme, ne le fait que sur un plan spirituel religieux. Le concile œcuménique a plusieurs fois déclaré qu’il n’a pas à intervenir dans les questions civiles et politiques. »

Maximos IV reconnaît ensuite que :

« Les pays arabes, en combattant Israël sous l’aspect politique en tant qu’injuste occupant de la Palestine, n’ont cessé de respecter la liberté de toutes les religions inspirées, y compris le judaïsme. »

Il ajoute :

« Israël tente depuis longtemps d’obtenir la reconnaissance du Vatican. Il utilise, pour arriver à cette fin, tous les moyens efficaces, et ces moyens sont, en cette matière, considérables. Néanmoins, le Vatican ne l’a pas reconnu par considération pour nos pays arabes et la sauvegarde des intérêts chrétiens. »

Cependant conclut le patriarche, nos propres états arabes :

« prennent ça et là des positions gênantes pour les communautés chrétiennes comme c’est le cas pour la question scolaire. (…)

Soyons donc justes, regardons les choses avec objectivité, travaillons à rendre des services réciproques, car le sacrifice, s’il est exigé indéfiniment du même côté, ne peut durer. »

piusxiiandmaximosiv.jpg

Maximos IV et Pie XII

29 septembre 1964

Objet : suppression des mots « peuple déicide » des textes chrétiens

 Réplique des orientaux

Le cardinal Tappouni, patriarche d’Antioche des Syriens, monte alors à la tribune et s’exprime au nom de tous les patriarches orientaux (…)

« Je demande avec beaucoup d’insistance, que cette déclaration tout à fait inopportune soit totalement abandonnée. Ce n’est pas que nous soyons contre la religion juive ni pour la discrimination. D’ailleurs, nous sommes presque tous des sémites, mais si nous ne voulons pas cette déclaration c’est parce que nous désirons éviter de très graves difficultés pastorales. On dira chez nous que le concile est pro-juif, ce qui nous fera beaucoup de tort. »

240pxtapouni.gif

Gabriel Tappouni

13 octobre 1964

Protestation du haut comité palestinien contre la déclaration sur les Juifs

Pour protester contre la présentation d’une déclaration sur les Juifs, le haut comité arabe de Palestine va envoyer une délégation au Vatican, est-il annoncé dans un communiqué remis à la presse libanaise. Le communiqué souligne « les tentatives faites auprès du concile œcuménique pour faire innocenter les Juifs » et ajoute : « Ces manœuvres cachent les efforts de l’impérialisme et du sionisme, pour amener l’Eglise à prendre position dans le conflit palestinien en faveur du Judaïsme international. »

12-13 octobre 1964

Paul VI apaisera-t-il les inquiétudes suscitées au concile par l’offensive contre les déclarations sur les Juifs et la liberté religieuse ?

 Rapport de Henri Fesquet :

« Insérer la déclaration sur les Juifs dans le schéma de l’Eglise n’est peut-être pas en soi une mauvaise chose, mais peut servir de prétexte à raccourcir et à affadir un texte longuement mûri et moralement approuvé par l’assemblée conciliaire. Les pays arabes, qui ont multiplié les pressions politiques sur le Vatican, l’emporteront-ils, au moins partiellement, sur la volonté de la majorité de l’assemblée ? »

16 octobre 1965

Mais les chrétiens orientaux alliés avec les pays musulmans n’étaient pas seuls à mener le combat, trente et un mouvements catholiques signèrent un texte violemment anti-sémite. Extraits :

« Aucun concile ni aucun pape ne peuvent condamner Jésus, l’Eglise catholique, apostolique et romaine, ses pontifes et ses conciles les plus illustres. Or la déclaration sur les Juifs comporte implicitement une telle condamnation, et, pour cette éminente raison, doit être rejetée. »

Le patriarche orthodoxe d’Antioche : des critiques

Damas, le 16 octobre

Théodose VI, patriarche d’Antioche et d’Orient, a publié vendredi une déclaration critiquant le texte adopté par le concile, aux termes duquel tous les Juifs ne peuvent être tenus pour collectivement responsables de la mort du Christ en croix.

Selon le patriarche orthodoxe, seuls les Juifs qui ont suivi le Christ et cru dans ses enseignements méritent le salut et sont exempts de la malédiction chrétienne éternelle qui pèsent sur eux.

 En guise de conclusion :

 Le grand rabbin Kaplan interrogé par Europe n° 1 a déclaré :

« Je veux bien qu’on s’aperçoive en 1965 que le mot déicide n’a pas de sens et que de plus il a une résonance odieuse. Mais précisément en raison de tout le mal que cette fausse accusation a faite aux Juifs depuis dix-sept siècles, le schéma aurait dû déclarer nettement que l’accusation ne devait plus être portée contre les Juifs parce qu’elle n’a pas de sens et qu’elle a cette odieuse résonance. Or, le schéma n’en parle pas. On aperçoit la claire volonté de ceux qui ont modifié le texte de l’année dernière de ne pas laver les Juifs de l’accusation de déicide et cela est extrêmement grave. »

recycledtreehaifabottles.png

 Au coeur de la ville de Haifa (Israël): un sapin de Noël fait de 5480 bouteilles plastiques recyclées

Note:

Il faut souligner que ce concile se déroulait avant les évènements de 1967

recycledtreehaifahadasitzcovitch.jpg

 Il faut savoir recycler les ordures…

Annexe

Mort d’Hypathie

Le Beau Livre des Maths de Clifford A. Pickover consacre une page à Hypathie d’Alexandrie, en voici un extrait :

« Hypathie d’Alexandrie connut une mort violente en étant lacérée par la foule, en partie parce qu’elle n’adhérait pas aux principes de la religion chrétienne. (…)

Parmi les travaux d’Hypathie figurent ses commentaires sur l’arithmétique de Diophante. (…)

Par un jour de mars 415, elle fut attrapée par une foule de chrétiens fanatiques, déshabillée et eut la peau lacérée jusqu’aux os par des coquilles d’huîtres. Son corps fut ensuite coupé en morceaux et brûlé. (…)

Comme certaines victimes du terrorisme religieux aujourd’hui, il est probable que son sort tragique soit lié au fait qu’elle ne partageait pas les mêmes croyances. »

C’est comme ça avec les religions d’amour !

n4756910.jpg

Hypathie par l’artiste britannique Charles William Mitchel, 1885

 

17 janvier 2011

Cohérence !

Les Juifs ont refusé le Christianisme dès son origine ; ils savaient pourquoi. Ils ont payé très cher leur silence ; mais comme l’a écrit très justement Nicolas Bourgeois :

« On ne dément une information que si l’on pense que d’autres peuvent la prendre au sérieux. »

(Une invention nommée Jésus, éditions Aden)

En 1926, dans son livre L’Enigme de Jésus-Christ, Daniel Massé fut beaucoup plus critique :

« C’est la complicité des Juifs non christiens, c’est la complicité de leur silence, envers leurs coreligionnaires imposteurs, qui a permis à la propagande jésu-christienne de faire son œuvre. Bonne ou mauvaise ? Ce n’est pas mon sujet, qui n’est que l’histoire des faits.

Les chrétiens ont bénéficié de ce silence des juifs, et sortis du judaïsme, les ont ensuite persécutés. Aujourd’hui, les chrétiens imputent aux juifs le crime inexpiable d’avoir crucifié le dieu Jésus-Christ qu’ils ont inventé.

Pour l’historien, les juifs sont punis par où ils ont péché. Ils paient, non pas un crime qu’ils n’ont pas commis, (…) mais la faute grave de s’être tus sur l’histoire christienne, et, leurs Rabbis ayant élaboré, à partir du IVè siècle, ces fastidieux monuments de leur littérature qu’on appelle les Talmuds, de n’avoir pas dénoncé la mystification qui a trompé le monde, qu’ils connaissaient, dont ils connaissaient le secret, qu’ils auraient pu inscrire et révéler dans des livres, dont l’Eglise n’aurait pas pu se saisir pour les truquer et faire mentir ignominieusement l’histoire, à partir du IVè siècle et au-delà. »

shekel2.jpg

Pièce de monnaie de Jérusalem, vers 63 – 70 (photo modia.org)

Or aujourd’hui, d’après une certaine presse et certains sites sur le web, il semble être reproché aux Occidentaux, qui ont mis 1600 ans à comprendre qu’on les avait menés en bateau, de ne plus gober le mythe. Il faudrait peut-être pour ces donneurs de leçons que les abusés d’hier continuent à faire semblant…

Soyez cohérent, S.V.P.

Arrêtez de parler de Judéo-christianisme, de civilisation judéo-chrétienne….

Pourquoi ne pas évoquer, aussi stupidement, un Judéo-islam ou un Christiano-islam, puisque l’origine est la même : le Christianisme et l’Islam étant deux excroissances qui se sont greffées sur la même souche.

 

 

 

 



Autres articles

Un commentaire

Répondre

Fanatique d'esprit |
Scravic |
New EVENING Newcastle CHRON... |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Archives Montségur 09
| Paroles de Soie
| club des alices noire