Archives pour la catégorie Symbolisme

Idolâtrie

 

Idolâtrie dans Culture img084

« et bientôt hélas ! Le Judaïsme eut encore la douleur de voir naître dans sa famille, un bâtard d’Adonis le chanenéen qu’on lui présentait comme le fils de ses œuvres »

De l’idolâtrie chez les Anciens et les modernes est une étude publiée en 1850 à Paris.

Son auteur est F.-V Vincent.

En voici quelques extraits significatifs :

Assujettissez-vous aux règles de la plus austère vertu ; concevez encore de la divinité l’idée la moins indigne de sa grandeur et de ses perfections, l’enfer sera votre partage dans une autre existence, si vous n’avez pas reçu, avec les misères de celui-ci, la grâce de pouvoir croire tout ce que l’Eglise romaine enseigne, savoir :

que Dieu, pur esprit, est composé de trois personnes bien distinctes, quoique le même que l’être corporel, un et indivisible, révélé par des Juifs ;

 que Jésus crucifié, qui est un mensonge scandaleux pour ces Juifs et une folie pour les autres, est son fils consubstantiel, vu de son œil, intelligence de son âme, et son égal en toute éternité, le Dieu inconnu, suprême, ineffable, soupçonné par Platon et attesté par saint Paul ;

que, suivant quatre évangiles aussi inconciliables entre eux qu’avec la révélation mosaïque et la certitude de l’histoire, ce fils co-éternel de Dieu, seconde personne du père céleste, a été engendré, non psychologiquement, mais réellement en corps, par une troisième, dite le Saint-Esprit, qui procède des deux autres ;

qu’il est aussi fils d’homme descendant et héritier d’un roi, David, né de son sang (Act. Ap.) par Hélie et par Jacob, l’un et l’autre pères de Joseph, suivant ses deux généalogies de rois (selon la chair) et de prophète (selon l’esprit), et admettre encore, de par l’autorité de ces évangiles, qu’il est né sous le règne d’Hérode et lors du recensement fait par Cyrénius ;

que cet homme-Dieu, issu des reins de David et conçu corporellement par le pur esprit, son égal en Dieu, est le premier né d’une Vierge charnelle ;

que Dieu ainsi incarné a été circoncis (du superflu de la nature), lavé des souillures originelles et sanctifié, en outre, par le Saint-Esprit qui l’avait formé, métamorphosé à ces effets en colombe (esprit céleste, qui éclaira aussi Mahomet) ;

que ce verbe en Dieu, dès le commencement, le principe de toutes choses, créateur sans lequel rien n’a été fait, et souverain arbitre des destinées, quoiqu’il ne puisse rien de lui-même (selon saint Jean év.) n’est pas venu de son plein gré, mais qu’il a été envoyé sur terre par la première personne de lui-même, pour rectifier une erreur vieille de 4.000 ans, à laquelle le déluge n’avait pu remédier ;

combattre enfin un démon, sa créature, devenu mauvais et opiniâtrement nuisible, en dépit de sa prescience et de sa volonté souveraine ;

que, pour améliorer le sort des hommes qui ne dépendait que d’elle, sa toute-puissance a dû s’offrir comme rançon à son ennemi, souffrir beaucoup, et même être attachée à un gibet par le peuple de prédilection du seul et vrai Dieu qui lui recommande (dans Deutér.) de faire périr tout imposteur qui abuserait de son nom, quand même ce fourbe appuierait sa mission par les plus grands miracles ;

que néanmoins, ce Dieu crucifié est descendu aux enfers, a été ressuscité et est ensuite monté aux cieux, sous la forme humaine portant les marques de son supplice ; qu’en cet état, la deuxième personne de son unité, qui est un avec son père et son Dieu, est retournée en haut vers son égal qui est au ciel, sur la terre et en tous lieux, s’asseoir à la droite de ce pur esprit qui est partout dans l’infini comme lui-même, et en y joignant encore sa mère, qui n’avait rien de commun avec lui ou eux ;

que de là, partout, ce Dieu sauveur, qui n’aurait pu vaincre la malin esprit si bien maîtrisé par Michel et Raphaël, au temps des prophètes, viendra à la fin du monde, que Dieu a établi à perpétuité et avec un ordre qui ne finira pas (dit le Psalm.) ; qu’il en descendra sur un nuage, avec plein pouvoir, cette fois, de dompter le persécuteur des hommes, et même de l’obliger à tourmenter plus cruellement et à toujours ceux qu’il voulait racheter, mais à qui il n’aurait pas accordé la grâce de comprendre les énigmes et les logogriphes, ainsi proposés en son nom, de peur qu’en les comprenant on ne vienne à repentance et à conversion, dit saint Mathieu (XIII, 10 à 16) ; et que de crainte qu’en se convertissant les péchés ne soient pardonnés, ajoute saint Marc (IV, 12,14).

On lit dans la deuxième épître de saint Paul aux Corinthiens, ce verset du chapitre XI :

« Cela n’est pas étonnant ; car Satan lui même se déguise en ange de lumière. »

Note de F-V. Vincent :

« Si Satan, à qui l’Eglise fait honneur de tant de révélations, voulait empêcher d’adorer Dieu, il ne saurait imaginer rien de plus avilissant pour le souverain maître du monde. »

24161_1319054255496_1204954746_30931983_4898426_n dans Symbolisme

Et en guise de conclusion ces extraits de l’avant-propos :

C’est en n’acceptant que le sens littéral de sa tradition que l’Eglise d’Occident a livré son berceau à l’Islamisme, et en consacrant l’absurde qu’elle est divisée contre elle-même, qu’elle provoque le scepticisme et enhardit l’athéisme. (…)

Note relevée page 222 :

« Lorsque l’école graeco-latine fonda l’Eglise d’Occident sur une si puérile interprétation des ingénieuses allégories de l’Orient, Mahomet n’avait plus qu’à se présenter pour achever l’œuvre des Sapor. »

En donnant corps à la parole de l’intelligence divine, et l’entourant des caractères symboliques des idoles qu’il avait renversées, le christianisme demeure sans autre effet que de dégrader la majesté divine et d’arrêter l’essor des idées religieuses vers le souverain arbitre des destinées. (…)

Repoussé par la grossièreté de formes renouvelées du paganisme, celui qu’inspire une piété sincère autant qu’éclairée, s’éloignera toujours plus d’un culte qui répugne à son intelligence et d’autant qu’il rabaisse la grandeur de l’Eternel.

1763_fesses

Michel-Ange: Chapelle Sixtine

Le bûcher de Montségur

16 mars 1244

Rappel

Le 16 mars 1244, le soleil était entre 2°50 et 3° dans le signe du Bélier. Cette année le soleil aura cette position le 23 mars. Donc le véritable anniversaire de la tragédie de Montségur sera cette année le 23 mars et non le 16.

 

 

 Le bûcher de Montségur dans Symbolisme aube-mars-300x132

Photo Lison09

 

Un fagot pour le ciel

L’évêque a décrété la Plénière Indulgence

Profitez-en manants, coupe-gorge, ribauds,

Au bûcher qu’on prépare apportez un fagot

Et dieu vous bénira dans sa sainte clémence.

 

Vous que l’enfer attend, saisissez votre chance

Un peu de bois sera votre pieux écot

Pour détruire à jamais ces infâmes suppôts

De Satan, dont ils sont la pestilente engeance.

 

Et vous repartirez l’âme sereine et pure,

Vos crimes oubliés, lavées vos forfaitures,

Le pas léger scandé d’un Veni Creator,

 

Tandis qu’au pied du mont, dans le soir fatidique

L’aura du Pur Amor sur son front, l’hérétique

Aura prié pour vous à l’heure de sa mort.

 

Poème écrit par André Maynard en janvier 1987

 

aube-feu1170047 dans Symbolisme

 Photo Lison09

Sur le même sujet, voir :

http://montseguraucoindestemps.unblog.fr/2011/03/15/16-mars/

http://montseguraucoindestemps.unblog.fr/2011/03/11/montsegur-16-mars-1244/

 

Rois mages ?

Envoyez la galette!

En grec « Magoï » veut dire mages mais aussi magiciens et même charlatans ; tout un symbole !

Le seul texte qui mentionne ces Magoï (Matthieu ch. II) ne précise ni leurs noms, ni leur nombre.

C’est Origène, qui au IIIe siècle fixa ce nombre à trois, en raison des cadeaux que ces personnages apportèrent.

Leur titre de roi est né, sans raison, d’élucubrations ultérieures.

Les fumistes qui les évoquent, et leur prêtent noms et origines écrivent :

« Selon la tradition… » ; quelle tradition ?

Ce n’est qu’au XIIe siècle que l’église romaine commença à fêter ces rois imaginaires. On inventa des reliques sauvegardées dit-on à Milan. L’empereur Frédéric Barberousse les fit transférer virtuellement à Cologne.

Quant à la galette avec sa fève, son origine est païenne, elle nous débarque tout droit des Saturnales, fête du solstice d’hiver chez les Romains, au cours de laquelle les enfants tiraient au sort un roi du festin.

 Rois mages ? dans Culture 1286632_6_3013_la-galette-des-rois-une-tradition-congelee

(Dessin: Le Monde)

 

Citation :

« Que diable (disait-il en agitant ses gros sourcils noirs) vient-on nous parler des mages et de leurs présents, à propos d’un usage dont l’origine profane est si bien connue ? Qui est-ce qui ne sait pas que cette plaisanterie du Roi de la Fève nous vient des Romains, dont les enfants, pendant les saturnales, tiraient au sort à qui serait roi du festin ? Cet emploi de la fève, pour interroger le sort, remonte aux Grecs, qui se servaient de fèves pour l’élection de leurs magistrats. Nous avons transporté au commencement de janvier une fête que les anciens célébraient vers la fin de décembre, au solstice d’hiver, et que les Romains, s’il faut en croire Lucien, Strabon et Vossius, avaient empruntée des Perses. L’élection de ce roi de circonstance se faisait à table comme chez nous ; mais après avoir été traité pendant la courte durée de son règne avec tout le respect et tous les égards dus à son rang, le monarque éphémère était pendu pour terminer la fête. Il est pourtant bon d’ajouter qu’il était choisi dans la classe des esclaves, et plus souvent parmi les criminels.

Étienne de Jouy, L’hermite (tome V)

 

 

 

Tablette de Ninive

Un nouveau mystère résolu

 

 

 Tablette de Ninive dans Sciences 2377390923_9657ef91b6_o-300x258

La tablette d’argile circulaire ci-dessus a été découverte il y a 150 ans à Ninive, la capitale de l’Assyrie antique, dans l’actuel Irak. La tablette montre les dessins de constellations et un texte pictogramme en écriture cunéiforme utilisée par les Sumériens, la plus ancienne civilisation connue dans le monde.
 Pendant des décennies les scientifiques ne sont pas parvenus à déchiffrer la tablette. En 2008, deux scientifiques, Alan Bond et Mark Hempsell de l’Université de Bristol ont enfin craqué le code cunéiforme. En utilisant un programme informatique qui peut reconstruire la nuit d’un ciel de plusieurs milliers d’années, les deux scientifiques ont pu établir que la tablette était un carnet de nuit d’astronomes Sumériens et  qu’elle se réfère à des événements observés dans le ciel avant l’aube du 29 juin 3123 (calendrier Julien).

 

 

Etonnant

 

 

Summerian_kofels-300x225 dans Symbolisme

 

Ce qui rend cette découverte encore plus étonnante, est que la tablette montre également un grand objet voyageant le long de la constellation des Poissons. Les symboles montrent la trajectoire de l’objet, à une erreur d’un degré,  pouvant frapper Köfels  en Autriche. Köfels est reconnu comme le domaine du plus grand glissement dans les Alpes cristallines, ce qui a donné lieu à nombreuses théories sur la cause de l’éboulement. En l’absence de cratère sur un site d’impact, les scientifiques modernes  ne pensaient pas à un météore.
images 
Cependant  grâce à l’information recueillie de la tablette, la trajectoire de l’objet expliquerait pourquoi il n’y a aucun cratère. L’angle en entrée est très faible (six degrés), donc les scientifiques pensent que l’astéroïde a explosé près la montagne appelée Gamskogel avant d’atteindre son point d’impact final.

trajectory.gif-w494h154-300x90

Photos et dessins: writterservice.com

 

Lire l’article original en anglais sur :

https://www.facebook.com/Universe.Explorers

 

Le nombre onze

Variations sur un onze

Par Neutrinos

6ee0d0c678d703ce344547e89454d08e.jpg

 

11 est le cinquième nombre premier.

Un carré de côté 11 a le même périmètre qu’un cercle de diamètre 14 (avec π = 22/7).

14/11 = 1,272727.. c’est la racine carrée du « nombre d’or ».

Le nombre six à 11 partitions ; onze a 56 partitions.

11 = 6 + 5 mais aussi 62- 52.

En hébreu , six et cinq sont les valeurs numériques de deux lettres du Tétragramme :

ו (waw) et ה (He).

 L’icosaèdre tronqué est formé de pentagones et d’hexagones réguliers

Les quatre premières valeurs obtenues dans le triangle de Pascal sont des puissances de 11 :

11, 121, 1331 et 14641 (114)

1331 est le cube de 11.

(…)

Physique

A des échelles infiniment petites de l’ordre de 10-35m, se développe un univers à dimensions multiples : 26 pour la théorie des cordes. Ces dimensions supplémentaires ont été ramenées à 10 dans la théorie des supercordes, puis à 11 dans la théorie « M » :

« Plutôt que les trois dimensions d’espace plus une dimension de temps de notre expériences quotidienne, la théorie des supercordes requiert neuf dimensions spatiales et une dimension temporelle. Et dans une incarnation plus robuste de la théorie des supercordes, connue sous le nom de « théorie M », l’unification nécessite dix dimensions d’espace et une de temps – une toile de fond cosmique composée d’un total de onze dimensions d’espace-temps. »

(Brian Greene, La magie du cosmos, Robert Laffont 2005)

rosesansongr.jpg

 

Bienvenue dans la onzième dimension !

Voir l’article complet:

http://akhsahcalebunblogfr.unblog.fr/2011/11/10/le-nombre-onze/

 

 

Les Pléiades

 

Regard sur les Pléiades

Par Raymonde Reznikov

Les Pléiades situées près de l’écliptique font de nos jours officiellement partie de la constellation du Taureau. Les Anciens, dont Eudoxe, les considéraient comme une constellation à part entière. L’astronome Camille Flammarion leur consacra plus de quinze pages dans son livre sur les étoiles :

« Ce groupe classique et dont la célébrité historique surpasse celle des plus vastes constellations mérite notre attention spéciale, et nous devons nous y arrêter avec un soin particulier. »

(Les étoiles et les curiosités du ciel)

231210103.jpg

(Futura-sciences)

Novembre 2011, la Lune conjointe aux Pléiades dans l’axe de l’Arc de Triomphe

 Astronomie

M 45, le plus illustre des amas ouverts du ciel, brille à 3h44 en ascension droite et à 24° en déclinaison. Pour en savoir plus sur ses caractéristiques physiques, consultez les liens suivants :

Ciel des Hommes

 

 http://www.cidehom.com/apod.php?_date=110921

Futura-Sciences 

http://www.futura-sciences.com/fr/definition/t/univers-1/d/pleiades_5212/

http://www.futura-sciences.com/fr/news/t/astronomie/d/planetes-en-formation-dans-lamas-des-pleiades_13652/

Les six étoiles que l’on distingue facilement à l’œil nu reproduisent en miniature l’image du Chariot de la Grande Ourse. La fin de l’automne et l’hiver sont les meilleures périodes pour les observer.

m45volskiy915.jpg

(Ciel des Hommes)

Mythologie des Pléiades en Orient

Les  Puranas

La tradition védique a associé les sept Pléiades de l’astérisme « Krittica », aux sept étoiles de la Grande Ourse, demeure des sept Rishis, sept Sages nés du mental de Brahma.

 Arundhati (Alcyone) est l’épouse de Vasishtha, l’étoile Mizar, incarnation stellaire de Brahma lui-même.

Les Pléiades Sannati, Kshama, Prîti, Anasûya, Sambhûti, et Lajja sont respectivement associées aux Rishis Kratu, Pulaha, Pulyastya, Atri, Marichi et Angiras.

Les sept sœurs ont encore reçu d’autres noms : Amba, Doulâ, Nitatoui, Abrayanti, Maghâyanti , Varshayanti et Choupounika.

Dans les textes mythologiques de l’Inde, le dieu Skanda, la planète Mars, est donné soit pour un fils de Krittica et d’Agni (le feu),  soit pour un fils du seul Rudra-Shiva. C’est un chaste adolescent vêtu de rouge dont l’éducation fut confiée aux Pléiades, les Krittica, c’est pour cela qu’il fut appelé Kârtikeya.

Vue depuis la terre, la planète Mars semble séjourner périodiquement près des Pléiades. Deux mille trois cents  ans avant l’ère commune, des conjonctions exactes de Mars avec les Pléiades se produisaient environ tous les deux ans, car les Pléiades juste situées sur l’écliptique marquaient le point vernal et c’est justement près du point vernal que le parcours de la planète Mars croise la route du soleil. Ce fut sûrement à cette époque que naquit le mythe de Kârtikeya et de ses nourrices.

Krittica, le nom des Pléiades en sanscrit a le sens de « découpé »

 Voir:

http://montseguraucoindestemps.unblog.fr/2009/04/29/beltaine/

 

 http://montseguraucoindestemps.unblog.fr/2009/05/07/pleine-lune-de-mai/

pleiadeslabeled.jpg

Retour en Occident

Sept Pléiades avaient  aussi reçu un nom dans l’antiquité classique, mais on n’a jamais su le nom respectif attribué à chaque étoile séparément. Une d’entre elles diminua d’éclat au point de disparaître, ce qui donna naissance au mythe de la Pléiade perdue.

C’est Riccioli qui en 1651 octroya les noms antiques aux étoiles et qui, avec une certaine logique donna le nom de Maia à la plus brillante d’entre elles, nom qu’il changea ensuite pour celui d’Alcyone.

Eta du Taureau, Alcyone donc, est une étoile multiple de magnitude 2,8. Il n’en n’a pas toujours été ainsi car l’astre en question n’apparaît dans les catalogues avec ses coordonnées actuelles qu’à partir de Tycho Brahé. L’astronome danois réalisa une carte des Pléiades à la suite de son observation du 24 décembre 1579.

pleiades2.jpg

Mystère dans les Pléiades

L’éclat respectif des étoiles des Pléiades, ainsi que leur place dans le ciel, sont des phénomènes sujets à de multiples variations. Camille Flammarion a recensé tout ce qui a concerné le groupe depuis Ptolémée et il s’est aperçu que les astronomes de l’antiquité et du Moyen-âge ont noté des positions en longitude et en latitude qui ne correspondent plus à celles d’aujourd’hui. Là où les anciens voyaient l’astérisme, il n’y a rien.

Les positions de quatre étoiles données par Ptolémée sont toutes en dehors de la figure moderne, et Flammarion se pose la question :

 « Est-ce à dire pour cela, que Ptolémée ou Hipparque ont bien observé, et que leurs étoiles existaient réellement là, tandis que les nôtres n’existaient pas ? Non, assurément, car d’une part nous savons qu’il y avait déjà six ou sept Pléiades, et d’autre part, la rédaction de Ptolémée concorde assez bien avec la réalité, si les mesures ne concordent pas. »

Continuant son enquête, Flammarion étudia alors les observations de Al Sûfi, qui reprenait Ptolémée en précisant toute fois :

«  Il est vrai que les étoiles des Pléiades sont au nombre de plus de quatre ; mais je me borne à citer celles-ci parce qu’elles sont très proches l’une de l’autre et que ce sont les plus apparentes. »

Et Camille Flammarion de noter :

« La plus brillante des Pléiades n’était pas Alcyone. A moins d’admettre que Hipparque, Ptolémée et Al Sûfi n’ont pas su voir et reproduire le groupe comme un enfant saurait le faire  aujourd’hui, nous sommes forcés de conclure que de grands changements se sont opérés dans cette région du ciel. »

Au XVe  siècle, Ulu-Beg observa les Pléiades. Il ne trouva pas les mêmes coordonnées que ses prédécesseurs, et son groupe commença à ressembler à ce que l’on connaît. Pourtant, au XVIe siècle, Copernic reprenant encore les quatre étoiles de Ptolémée, redonnait des positions totalement incohérentes.

« Ce serait peine perdue d’essayer aucune identification : les positions ne correspondent même pas au texte de la description ! Il est certain que l’immortel astronome n’a pas fait ici d’observation personnelle ; il a seulement reproduit le Catalogue de Ptolémée en faisant la correction de précession et avec des fautes nouvelles. Cette figure ne ressemble pas plus aux Pléiades qu’à n’importe quoi. »

Enfin apparut l’honnête Tycho Brahé, qui à la manière de ses devanciers, ne signala pourtant que quatre Pléiades.

C’est Bayer, qui le premier, en mentionna six de cette étrange façon :

Eta – la brillante des Pléiades – nature de Mars et de la Lune.

q – la petite des Pléiades – nature de la Lune et de Mars ou de la Lune et de Jupiter.

Puis curieusement ensemble :

Quatre Pléiades – nature de la Lune et de Mars ou de la Lune et de Jupiter.

Dans son commentaire, Bayer ajoute :

« L’étoile η avec q jointes aux quatre autres sont appelées Pléiades, on les dit sept, mais six seulement sont visibles. »

 

pleiadesskyjohn600h.jpg

(Ciel des Hommes)

 Dès la découverte de la lunette astronomique par Galilée, l’histoire des Pléiades entra dans sa phase contemporaine. On put constater enfin officiellement les variations d’éclat à l’intérieur de ce groupe mouvementé. La plus brillante étoile des Anciens, celle « située au nord vers les Ourses » s’est effacée ; encore une Pléiade perdue ! Mais pour une de perdue, combien de retrouvées, ne seraient-ce que les compagnes d’Alcyone !

Comme tous les astres du ciel, l’amas des Pléiades est animé par un mouvement propre. Il se dirige vers le sud-est mais de manière relativement lente par rapport à nous. Ce phénomène a conduit au XIXe siècle l’astronome allemand Mädler à émettre l’hypothèse, sûrement inspirée par les récits mythologiques et les traditions de tous les peuples de la terre, que les Pléiades seraient le système central autour duquel graviterait le soleil. On sait depuis que ce n’est pas le cas.

Pourtant les Pléiades sont bien, comme les nommaient les Sumériens, Temennu, la Pierre fondamentale du ciel. Leur rôle dans l’histoire du monde semble avoir été d’une importance incalculable.

Ce tout petit astérisme composé d’étoiles à peine visibles à l’œil nu, a inspiré des pages et des pages de commentaires, de mythes et de légendes chez tous les peuples du monde entier sans exception. Dans le monde gréco-latin, les Pléiades sont les sept filles d’Atlas le Titan, et pour cette raison elles sont appelées les Atlantides.

Atlas

Qui était Atlas ?

D’après Hésiode, Atlas était le fils du Titan Japet et de l’Océanide Clyméné. Il eut pour illustres frères Prométhée et Epiméthée.

Japet était fils d’Ouranos, le Ciel, et de Gaïa, la Terre. Parmi ses frères figure Cronos-Saturne qui engendra Zeus. Il ne faut pas confondre Cronos, le régent de la planète Saturne avec Chronos, le maître du Temps. En grec, Cronos s’écrit : Κρόνος, et Chronos s’écrit : Χρόνος. Il serait bon de se souvenir de ce détail, même si les cycles de Saturne ont servi à mesurer le temps.

170pxsaturnplanetlarge.jpg

Lorsque Zeus voulut s’emparer du pouvoir en détrônant Cronos, il eut à combattre ses oncles et ses cousins Titans. Ceux-ci conduits par Atlas furent vaincus et pour châtiment Zeus les exila et les emprisonna aux confins de l’Occident, ou à l’extrême Nord. Atlas, leur chef fut condamné à porter la voûte du ciel sur ses épaules.

Dans le mythe Pélasge de la Création, les Titans sont les régents des planètes. Atlas et la Titanide Phoébé président à la Lune.

Les Pélasges étaient-ils un peuple de la mer ? Leur origine est restée inconnue. Ils n’ont jamais abandonné le culte des Titans pourtant symbole d’une ère révolue. Ils continuèrent à croire en un Paradis situé dans l’extrême nord, devant lequel Atlas soutenait le Ciel, souvenir d’une « Atlantide » disparue peut-être.

En Genèse X – 25, il est dit que Héber ( עבר) engendra Peleg (פלג) parce que de son temps la terre fut partagée.

Péleg est l’ancêtre d’Abraham.

La valeur du mot PeLeG est 113, et 355 nombre de jours de l’année lunaire, divisé par 113 égale 3,14159292.

piuniverse.jpg

C’est un autre Atlas, fils de Poséïdon, qui régna plus tard sur l’île rendue célèbre par Platon.

Les deux personnages mythiques du même nom ont en commun la fantomatique Atlantide disparue. Ils symbolisent l’un et l’autre le continent perdu et sa brillante civilisation, laquelle pour les Anciens, était à l’origine des religions et des sciences.

Atlas savait que la terre était ronde :

« La sphère avait été découverte longtemps auparavant par Atlas. »

(Pline l’Ancien, Histoire naturelle, II-31)

Comme l’Asuramaya de l’Inde, il enseignait l’astronomie et passait pour un maître en toutes disciplines. Mais si les deux personnages mythiques du même nom ont été confondus, on doit considérer que seul le Titan, dieu ancien détrôné, est bien le père des Pléiades.

Leur mère est Pléioné, fille d’Océan et de Thetys, qu’Hyginus appelle aussi Aethea. D’après certains auteurs, ce serait de Pléioné que les Pléiades tireraient leur nom : pleïn en grec signifiant naviguer. A une certaine époque, il est vrai que les Pléiades indiquaient par leur lever matinal le commencement de la période de navigation, mais cette situation ne fut que temporaire, et les Pléiades n’avaient jamais porté un autre nom antérieurement.

Ce nom semblerait provenir de préférence du terme pleion et de ses dérivés, et signifier : nombreux, davantage, ce qui est supérieur, ce qui est un grand nombre en groupe.

Bien que six étoiles seulement soient visibles, les Pléiades sont effectivement très nombreuses vues dans un instrument d’optique ; faut-il toutefois en posséder un pour s’en rendre compte !

Une appellation populaire retransmise par Homère : Boutros, le grappe, pourrait confirmer cette hypothèse, les grappes portant en général plus de six grains pour mériter ce titre.

palenquemexique837372.jpg

Temple de Palenque

Chez les Mayas, les Pléiades figurent les 400 jeunes gens, dieux des boissons fermentées, qui après leur mort « entrèrent dans la constellation nommée à cause d’eux l’Amas », c’est à dire les Pléiades. Leur image est représentée sur les murs du temple de Palenque au Mexique.

Cortez a rapporté une très ancienne tradition mentionnant qu’une destruction du monde avait eu lieu dans un passé lointain à leur culmination nocturne (actuellement vers le 20 novembre).

Ptolémée prétendait que la Nouvelle Lune et la Pleine Lune près des Pléiades, causaient des tremblements de terre.

1111112.jpg

Le 11/11/2011

Dans le traité du Talmud Berakhot, il est aussi question des Pléiades, Kima :

« La Guemara explique comment la constellation de Kima a reçu ce nom :

Quelle est la raison pour laquelle cette constellation a été nommé Kima ?

Chemouël dit : elle a reçu ce nom car elle est comme cent (כמאה) étoiles.

La Guémara rapporte un désaccord concernant ces étoiles : certains disent qu’elles sont rassemblées, et certains disent qu’elles sont éparpillées »

(Traité Bérakhot, ch. 9 – 58b5, éditions Artscroll)

Un amas ouvert d’une centaine d’étoiles ? Les traités du Talmud furent rédigés entre le premier et le huitième siècle, rappelons-le.

Dans la tradition de l’Avesta, les Pléiades sont  Satavaêsa. Ce nom signifie : « qui a cent habitations ».

Et Satavaêsa fait aller ses eaux vers les sept Karshvares, et arrivé là, il s’arrête, bel et apportant la joie sur les régions qui auront une bonne année…

(Avesta, Yasht 8 – V, 9)

Satavaêsa a sous sa surveillance la planète Vénus.

Certaines légendes mythologiques font de la planète Vénus, la Pléiade perdue qui serait arrivée dans notre système solaire sous forme de comète. Cela ne repose sur aucune base astronomique, Vénus étant beaucoup plus âgée que les Pléiades.

Ce rapport entre la planète et l’astérisme peut avoir son origine dans le mot grec Pelias qui signifie colombe, oiseau consacré à Vénus.

alcyonpiejgke0p.jpg

(oiseau.net)

Etoiles de la mer (pelagaios), colombes, astres de la navigation (alcyon), amas sont des explications possibles du mot Pléiades.

Oiseau, Tsippor, צפור, est à l’origine de Tsiporah (et non Séphora), nom d’une des sept filles de Yithro, le prêtre de Midian aux sept noms que Moïse, le tiré des eaux, épousa.

L’astérisme des Pléiades, rappelons-le sépare les constellations et les signes astrologiques du Taureau et du Bélier, voir :

http://montseguraucoindestemps.unblog.fr/2010/11/03/zodiaque/

« La Guemara présente deux réponses contradictoires :

Certains disent que c’est la queue du Bélier, et certains disent que c’est la tête du Taureau. »

Dans cet extrait de Berakoth, le groupe d’étoiles est appelé aussi Yota.

Dans ce même traité, Les Pléiades , כימה (KYMaH), telles des Atlantides sont, comme chez les Mayas, associées au déluge :

« Car au moment où le Saint Béni soit-il a voulu amener le Déluge sur le monde, il a pris deux étoiles de Kima et a amené le déluge sur le monde. »

Au Japon, le jour de la pleine lune de novembre, c’est la fête des lanternes qui rappelle le souvenir du déluge.

Les adeptes de la religion jaïne célèbrent chaque année à ce même moment la Fête des Lampes qui commémore l’anniversaire de la mort de leur maître Mahâvîra.

Dans l’hémisphère nord, les filles d’Atlas semblent avoir eu une fâcheuse réputation. Par contre, dans l’hémisphère austral, elles sont signe de joie. :

« Jusqu’à l’introduction du christianisme au XIXe siècle, les insulaires de la Polynésie vouèrent un véritable culte aux Pléiades. L’heureux événement de leur apparition déclenchait d’exubérantes festivités ; à croire qu’elles n’avaient pas toujours été visibles depuis les latitudes australes, que leur première apparition avait amélioré les conditions de vie des indigènes, mais qu’elles risquaient un jour de redisparaître ! »

(Les Celtes et le Druidisme)


280pxnebrascheibe.jpg

Le disque de Nebra

Ce disque en bronze de 32 cm de diamètre a été découvert à Nebra sur Unstrut en Allemagne. Il date de 3600 ans. Il représente le ciel avec le soleil, la lune et les Pléiades

Bibliographie

Avesta : traduction de James Darmesteter, Adrien-Maisonneuve, 1960

Traité Berakhot, L’édition Edmond J. Safra, Artscroll.

James George Frazer, Le Rameau d’Or, Bouquins, Robert Laffont, 1983

Camille Flammarion, Les étoiles et les curiosités du ciel, Flammarion , 1882.

Raymonde Reznikov, Les Celtes et le Druidisme, Dangles, 1994.

Le Cosmos et le Lotus

Confessions d’un astrophysicien

Extraits présentés par Raymonde Reznikov

51hybfibolss500.jpg

L’astrophysicien Trinh Xuan Thuan se présente lui-même ainsi :

Je suis le produit de trois cultures. Né vietnamien, éduqué à la française, j’ai acquis toute ma science aux Etats-Unis.

A l’université de Caltech (Californie) Trinh Xuan eut le privilège d’avoir Richard Feynman comme professeur :

« Richard Feynman était l’un de mes professeurs  favoris. (…)

Il avait une conception tout à fait personnelle et originale de la physique fondamentale. Il regardait inlassablement la nature avec des yeux neufs, loin des sentiers battus, et ré-interprétait tout - mécanique classique, électromagnétisme, gravitation, mécanique quantique – à sa manière. Il possédait une intuition hors du commun. »

 

Le monde n’est pas un rêve

Et la lumière est son messager

Il faut comprendre que la lumière constitue le lien principal entre l’homme et le cosmos, et que la tâche première de l’astronome est de recueillir cette lumière afin de déchiffrer le code cosmique qu’elle porte.

bulles1590834.jpg

Photo Lison-09 (montsegur09.unblog.fr)

 

Le monde est beau

Qu’est-ce que la beauté en science ? C’est d’abord la beauté physique du monde, celle qui nous saute aux yeux et qui nous éblouit. Ainsi, le Soleil n’est pas seulement source de vie, de lumière et d’énergie ; il est aussi source de splendeur et d’émerveillement. En jouant avec les gouttelettes d’eau, les molécules d’air et les cristaux de glace, en rebondissant sur la surface des grains de poussière, des arbres et des montagnes, en se reflétant sur les eaux des océans et des lacs, ou en se faufilant dans les nuages et les brumes, notre astre solaire est à l’origine de spectacles naturels qui apaisent le cœur et mettent du baume à l’âme. Une beauté qui nous console souvent et parfois nous sauve.

4015613712747731801571080955307523491489807n.jpg

Le monde n’était pas « obligé » d’être beau, mais il se trouve qu’il l’est. Nous vivons dans un monde de merveilles optiques, et le ciel est une toile majestueuse où jouent couleurs et lumières les plus inattendues. Pensez à l’arche multicolore d’un arc-en-ciel qui surgit au milieu des gouttes de pluie à la fin d’un orage, et dont la taille imposante, l’harmonie des couleurs et la perfection de la forme circulaire constitue un pont entre la poésie et la science, et commandent l’admiration et la révérence.

161011034.jpg

Pensez encore à la spectaculaire beauté des couchers de soleil, ce festival de tons jaunes, orangés et rouges qui illuminent le ciel juste avant que l’astre disparaisse sous l’horizon. (…)

Les aurores boréales, ces lumières diffuses dont les couleurs, les formes et les mouvements semblent varier à l’infini, et que nous ne pouvons observer que dans des zones de hautes latitudes, sont d’une magie époustouflante. (…) 

auroradoublehoffman.jpg

Photo Ciel des Hommes

… et ordonné

Mais la beauté du monde excède celle perçue par les yeux. Je ressens aussi intensément une beauté d’ordre plus abstrait, que m’inspirent sa cohérence et son ordre. Si l’Univers était totalement chaotique, s’il ne possédait aucune sorte de régularité, je ne pourrais pas faire de science. Les succès époustouflants de la science, rapportés et diffusés quasi instantanément sur Internet, nous font oublier que c’est presque un miracle qu’elle soit possible. C’est le cas parce que la nature présente des régularités, parce que son comportement peut être décrit par ce que nous appelons des « lois ».

 

Conclusion ?

Ce que je crois : Le quantum et le lotus

Enfin, il existe une profonde unité dans l’univers. A mesure que la physique a progressé, des phénomènes que l’on croyait totalement distincts ont pu être unifiés. Newton unifie le ciel et la Terre : la même force de gravité universelle dicte aussi bien la chute d’une pomme dans un verger que le mouvement des planètes autour du Soleil. Au XIXe siècle, Maxwell montre que l’électricité et le magnétisme ne sont que deux facettes d’un même phénomène : en prouvant que les ondes électromagnétiques ne sont autres que les ondes lumineuses, il unifie l’électromagnétisme et l’optique. Au début du XXe siècle, Einstein unifie le temps et l’espace, la masse et l’énergie. A l’aube du XXIe siècle, les physiciens travaillent d’arrache-pied à unifier les quatre forces fondamentales de la nature (la force de gravité, la force électromagnétique et les deux forces nucléaires forte et faible) en une seule super force.

L’univers tend vers l’un

01trinhxuanthuan200.jpg

Trinh Xuan Thuan

Le Cosmos et le Lotus

Albin Michel, septembre 2011. (19 euros)

 

Voir aussi :

41snktfbbdlss500.jpg

Sven Ortoli et Jean-Pierre Pharabod

Métaphysique quantique

La Découverte, octobre 2011. (14 euros)

 

Rappel

180pxjeanpierreluminet20090313salondulivre1.jpg

Jean-Pierre Luminet

Illuminations – Cosmos et esthétique

Odile Jacob, septembre 2011. (23,90 euros)

 

 

De Carnac à Shambhala

De Shambhala à Carnac ?

Présenté par Raymonde Reznikov

img042.jpg

Portrait de Nicholas Roerich par Svetoslav Roerich

 

Entre 1924 et 1929, le peintre Nicholas Roerich (1874 – 1947) parcourut diverses contrées de l’Asie Centrale.  L’expédition, à but scientifique, financée par le Roerich Museum de New-York, était dirigée par l’orientaliste Georges de Roerich, fils de Nicholas. En 1930, celui-ci publia le récit des aventures extraordinaires que vécut l’expédition. Dans la préface de l’édition française de son rapport , Louis Marin écrit :

«Du Tibet, Georges de Roerich rapporte un tableau scientifique de la vie et de la civilisation des nomades des Hauts Plateaux. Au cours de ses recherches, il a précisé l’existence d’un style artistique particulier aux nomades, ce style – surtout animalier – est nettement apparenté à celui des anciens Scythes et des Goths. (…)

Une découverte des plus intéressantes devait récompenser les efforts de l’intrépide explorateur. Dans le Haut Tibet et dans la région des Trans-Himalayas, Georges de Roerich a minutieusement étudié et photographié de nombreux monuments mégalithiques (cromlechs, alignements, menhirs) dont l’existence n’avait pas été signalée et dont la structure permet des comparaisons très intéressantes avec nos monuments occidentaux, notamment, ceux de Bretagne. (…)

Au cours de ces cinq années d’exploration, le professeur Nicholas de Roerich a peint près de cinq cents tableaux, dont l’ensemble se présente comme un panorama unique des régions les moins connues du grand continent asiatique. »

(Sur les pistes de l’Asie Centrale, Librairie orientaliste Paul Geuthner, Paris 1933)

img037.jpg

Le Grand Esprit de l’Himalaya

 

Au cours de cette expédition, le peintre prit lui aussi des notes. Il les publia à son retour dans son livre, Shambhala .  En voici un extrait :

Les peuples de l’intérieur de la terre

Dans le Trans-himalaya, à une altitude de quinze mille ou seize mille pieds, nous avons trouvé plusieurs groupes de menhirs. Personne au Tibet ne connaît ses menhirs. Un jour, après une journée entière de voyage à travers les collines nues et les rochers du Trans-himalaya, nous avons vu, de loin, des tentes noires préparées pour notre camp. Au même moment nous avons remarqué, non loin dans la même direction, ces longues pierres qui ont tant de signification pour l’archéologue. Même de loin, nous pouvions distinguer la forme particulière de leur construction.

« Quelles sortes de pierres voyons-nous sur ces pentes, avons-nous demandé à notre guide tibétain.

Oh, répondit-il, ce sont des Doring – des pierres longues ; c’est un ancien endroit sacré. Il est très utile de mettre de la graisse au sommet des pierres. Alors les déités de l’endroit aident les voyageurs.

Qui a ainsi rassemblé ces pierres ?

Personne ne le sait. Mais depuis les temps anciens, ce district a été appelé Doring – les pierres longues. Les gens disent que des inconnus sont passés ici il y a longtemps.

img040.jpg

Emplacements des mégalithes

A travers le relief du Trans-himalaya, nous avons vu distinctement les longues rangées de pierres verticales. Ces allées se terminent dans un cercle avec trois hautes pierres au centre, l’ensemble étant orienté d’ouest en est. (…)

Lorsqu’on me demanda : « Pourquoi vous réjouissez-vous au sujet de ces menhirs ? », je répondis : « Parce que ma carte géographique des contes de fées est vérifiée. Lorsque, dans une main, à Carnac, vous tenez un bout de la corde enchantée, n’est-ce pas une joie de trouver son début dans le Trans-himalaya ? »

On peut argumenter que, peut-être, les bâtisseurs des menhirs voyageaient vers le Trans-himalaya et que le Trans-himalaya peut bien avoir été l’endroit où il se sont arrêtés plutôt que leur demeure originale. Naturellement, peut-être en a-t-il été ainsi. C’est pourquoi, moins les conclusions que nous en tirons sont définies, moins nous entretenons d’attentes, meilleur sera le futur. (…)

Mais je me réjouis du fait que sur les hauteurs du Trans-himalaya, j’ai vu l’incarnation de Carnac.

(Shambhala, traduit par M.-M. Dionne, Les éditions du IIIè millénaire, 1989).

img032.jpg

Photo prise le 22 mars 1928 lors de la découverte des alignements de mégalithes

 

Voici comment Georges de Roerich, le scientifique, décrivit la même découverte :

Le 22 mars, avec une température de  -13° C. et un vent terrible d’ouest, nous gravîmes la Lung-mar La, puis redescendant par une route que le Tachi Lama suivit dit-on pendant sa fuite en 1923, nous arrivâmes dans une vallée où nous attendait une découverte du plus vif intérêt.

A l’endroit appelé Do-ring (Do-ring signifie « longue pierre »), situé à environ trente miles au sud du grand lac salé de Pangong tsho-tcha, nous trouvâmes un alignement considérable formé de dix-huit rangées de dalles de pierre, posées droites. Chacun de ces alignements est orienté de l’Est à l’Ouest et terminé à son extrémité occidentale par un cromlech ou cercle de pierres consistant en plusieurs « menhirs » rangés en un cercle plus ou moins parfait. L’intérieur du cercle est occupé par plusieurs « menhirs » ou obélisques grossiers plantés verticalement en terre et devant lesquels s’élève une table de pierre ou autel plus ou moins informe. (…)

Il est intéressant de noter que presque tous les monuments mégalithiques découverts sont situés le long de la grande route des pèlerinages qui passe au sud des Grands Lacs et conduit au Mont Kailâsa, la demeure des dieux, et aux lieux sacrés de la frontière du Népal.

img041.jpg

Carte de la région des alignements

Les monuments mégalithiques découverts par l’Expédition étaient absolument inconnus de la population moderne. (…)

Le 23 mars, entre des dunes de sable encadrant le lit desséché d’un petit ruisseau, nous trouvâmes un autre groupe de monuments mégalithiques : trois menhirs entourés de dalles de pierres formant un carré ; la table d’offrande manquait devant le plus grand menhir, le sanctuaire devait être abandonné depuis longtemps. (…)

La plaine que l’on traverse en quittant ces montagnes est le fond d’une mer desséchée, ainsi qu’en témoigne la présence de coquillages fossiles.

Pour information : la plaine en question se trouve à 4000 mètres d’altitude sinon plus.

img038.jpg

Parmi les évènements marquants de cette expédition, Georges de Roerich a rapporté l’étrange apparition d’un cavalier somptueusement vêtu, porteur d’un message de mise en garde, et sa disparition subite sitôt sa mission remplie…. Son père Nicholas, pour sa part mentionne un autre type d’apparition :

Lumière dans le désert

Un énorme vautour noir fonce sur le camp.

Mais qu’est-ce que cela, au-dessus, dans les airs ? Un objet brillant, volant du nord au sud. Les jumelles sont à portée de la main. C’est un gros objet. Un côté scintille sous le soleil. Sa forme est ovale. Puis il se tourne d’une certaine façon dans une autre direction et disparaît vers le sud-ouest, derrière Ulan Davan, le col rouge de la chaîne des glaciers. Toute la caravane discute avec animation de cette apparition. Un ballon dirigeable ? Un Ebolite ? Un appareil inconnu ? Pas une vision, parce que vous ne pouvez pas avoir de visions à travers plusieurs jumelles. Puis le lama murmure : « Un bon signe. Un très bon signe. Nous sommes protégés. Rigden-jyepo lui-même s’occupe de nous ! ». Dans le désert, vous pouvez voir des choses merveilleuses et vous pouvez sentir des parfums odoriférants. Mais ceux qui vivent dans le désert ne sont jamais surpris. (…)

shambhala001.jpg

Près du ruisseau, au-dessus même du précipice, la silhouette d’un cheval se dessine vaguement dans la brume. Et quelque chose, semble-t-il, étincelle étrangement sur sa selle. Peut-être est-ce un cheval perdu par une caravane. Ou peut-être ce cheval a-t-il désarçonné son cavalier en sautant au-dessus d’un abîme. Ou peut-être est-ce un cheval abandonné parce qu’il était faible et sans force, et qui cherche maintenant son maître.

Ainsi parle le mental, mais le cœur se souvient d’autre chose. Le cœur se souvient que, de la grande Shambhala, depuis les belles et hautes montagnes, à l’heure prédestinée, descendra un cheval solitaire et, sur sa selle, au lieu du cavalier, brillera le joyau du monde : Norburinpoché – Chintamani – la pierre miraculeuse qui doit sauver le monde.

Ce temps n’est-il pas venu ? Le cheval solitaire ne nous apporte-t-il pas le Joyau du Monde.

(Gantok, 1928)

img039.jpg

 

Bibliographie

Georges de Roerich : Sur les pistes de l’Asie Centrale

Texte français de M. de Vaux-Phalipau ; préface de Louis Marin

Librairie orientaliste Paul Geuthner, Paris, 1933

Nicholas Roerich : Shambhala

Traduction Marie-Andrée Dionne

Les Editions du IIIè millénaire, Sherbrooke (Québec) 1989

Illustrations

Nikolay Roerich

Aurora Art Publisher, Leningrad, 1976

Cartes

Zhonghua Renmin Gongheguo Fen Sheng Dituji

Ditu Chubanshe

Zhongguo Beijing (Pékin, 1971)

 

Un OVNI dans l’Ariège

Météorites

Par Pluto Chien

Les météorites sont à la Une de l’actualité dans l’Ariège.

Dans la nuit du 2 août, l’une d’elles a créé une perturbation  entre Toulouse et Perpignan.

« Ainsi nous avons la clé de l’énigme sur le corps céleste qui a traversé le ciel de l’Ariège mardi matin à 3 h 30. C’était bien une météorite et non un OVNI. « 

(La Dépêche du 6 août 2011)

sipa00593080000003.jpg

La météorite du 19 juillet dans le ciel de Bretagne (fancesoir.fr)

Futura-Sciences a consacré un article au céleste visiteur:

Nous vous l’annoncions hier, une (probable) météorite s’est consumée de façon spectaculaire dans l’atmosphère sud de Toulouse le mardi 2 août vers 3 heures 30 du matin, sous le regard médusé de quelques vacanciers noctambules. Ce spectacle fait suite à celui qu’ont connu les Bretons quinze jours plus tôt. Une fréquence qui n’a rien d’anormal mais qui s’explique par la saison propice aux promenades nocturne sous le ciel étoilé.

Forums d’astronomie et journaux commencent à rapporter des témoignages intéressants. La Dépêche cite l’observation d’un agent de sécurité de l’aéroport militaire de Blagnac qui évoque le passage silencieux d’un « gros objet vert » suivi une trentaine de secondes plus tard d’une détonation. Autre témoignage précieux, celui d’un campeur hollandais actuellement à Aigues-Vives et habitué à contempler le ciel nocturne : il parle d’une boule très lumineuse et très rapide qui s’est brisée en quatre ou cinq morceaux et donne sa trajectoire avec précision.

En compilant les différents témoignages disponibles pour le moment, nous avons dressé une première carte (ci-dessous) qui indique la position des observateurs et la direction de l’observation que certains ont pu fournir.

carte.jpg

Première carte des observateurs du bolide qui a traversé le ciel du Sud-Ouest de la France la nuit du 1er au 2 août. © J.-B. Feldmann

 

En l’honneur de cette insolite voyageuse voici une nouvelle inédite de Maurice Magre, publiée pour la première fois dans le catalogue de l’exposition de livres rares et de manuscrits, à la librairie Au Coin des Temps à Montségur, en avril 1986.

montsegur20929hommageamauricemagre.jpg

Sur le sentier qui monte à Montségur: Maurice Magre

Le double des aérolithes

Beaucoup de secrets sont transmis par hasard et ceux qui les transmettent sont des personnages ignorants qui souvent ont vu des choses merveilleuses sans savoir qu’elles étaient merveilleuses.

Il y avait il y a quelques années un homme qui venait offrir à domicile des curiosités d’Orient, de la soie, des objets en ivoire, qu’il vendait à vil prix, du moins il le disait, parce qu’il les avait achetés et rapportés lui-même, en les passant en contrebande. Je le questionnai plusieurs fois sur les beautés de la nature qu’il avait été à même de voir, notamment des forêts sauvages de l’Indo-Chine. Pressé de questions, il finissait par répondre.

En somme, c’est comme ici.

Et si ensuite je lui demandais des renseignements sur les Célèbes et sur Bornéo qu’il avait habité, il disait encore, avec un geste qui embrassait le paysage parisien

C’est comme ici.

Un jour qu’il était venu me voir et qu’il avait ouvert devant moi son sac de voyage, je lui demandai d’où provenait une pierre noirâtre et informe qui se trouvait entre différents bibelots.

meteorite.jpg

Météorite (Ciel et Espace)

 

 Cette pierre a une grande valeur, me dit-il, et vous le comprendrez quand vous saurez son origine. Elle est céleste. Elle est tombée du ciel. Je vais vous dire comment elle est venue en ma possession.

J’étais dans le Siam à Bangkok. Les affaires étaient mauvaises d’une façon persistante. J’avais, je ne sais comment, fait la connaissance d’un homme du pays qui se disait prêtre, bien qu’il n’eût aucun rapport avec les curés de chez nous. Là-bas on a l’habitude de mettre à l’entrée des pagodes, pour les garder, des géants de pierre avec un bâton, en pierre aussi, qui doit servir à éloigner les voleurs. Il paraît que, grâce à ces gardiens, on ne vole jamais rien.

Mon nouvel ami me montra devant une pagode, deux géants un peu plus petits que les autres et il me dit qu’ils avaient été taillés tous les deux dans ce genre de pierre qui tombe quelquefois du ciel et qu’on appelle aérolithe. Il ajouta que cette chute donne à la pierre un caractère sacré et la rendait précieuse.

L’état de ma bourse était si misérable que je vis là la possibilité d’une affaire de petite envergure mais suffisante pour m’aider momentanément.

Profitant du sommeil qui frappe tout l’Orient pendant l’après-midi, j’allai m’asseoir, muni d’un outil, auprès d’un des géants, celui qui était à droite de la porte, et je détachai un fragment de son pied. Un fragment ordinaire que je ne pouvais malheureusement faire authentifier par aucune pièce d’identité. Le soir, j’errais au hasard et, sans y penser, j’atteignis les faubourgs de Bangkok. De la vase, des terrains vagues, le même genre qu’ici.

N’ayant rien à faire, je m’assis sur le sol. Et au bout de quelques minutes j’eus une étrange impression. Je n’étais plus seul. A droite et à gauche de moi se tenaient les deux géants.

L’expression de leur visage qui est déjà terrible l’était encore davantage. Ils allaient et venaient de façon menaçante et je remarquai qu’il y en avait un qui boitait. Cela me causa d’abord une certaine émotion. Mais je me suis toujours refusé à croire au surnaturel et ce n’est pas parce que je voyais une chose de mes yeux que j’allais changer d’opinion. Puis je remarquai que les géants étaient légèrement transparents et en quelque sorte fluides. Ce qui ôtait toute importance à la menace de leur bâton de pierre.

A la fin, je me levai et je rentrais dans Bangkok.

Je rencontrai l’homme de ma connaissance qui se disait prêtre et qui, en somme, devait l’être. Je lui demandai :

Qu’est-ce que vous voyez derrière moi ?

Il me répondit sans hésiter :

Je vois deux géants faits de la pierre tombée du ciel. Je les rencontre presque tous les soirs. Ils vont et viennent. Mais s’ils vous suivent c’est qu’ils ont une raison.

Alors je lui demandai si tout le monde les voyait. Il me dit que non et que même il n’y avait pas beaucoup de gens qui en étaient capables. Je possédais une qualité que je devais cultiver. Je le questionnai pour savoir quels avantages cela me procurerait.

Aucun me dit-il

Et je lui demandai encore, mais en souriant, si j’avais quelque chose à craindre des géants.

Absolument rien.

Ce n’était, d’après ce prêtre, que des apparences, des formes inconscientes. Les pierres dont ils étaient sculptés venaient d’un autre monde et possédaient des doubles sans analogie avec tout ce qu’il y a sur la terre dans cet ordre d’idées. Toutes les pierres tombées du ciel avaient des doubles.

Dans le cas actuel, ajouta cet homme, je ne serais pas étonné que ces géants ne subissent l’attirance d’une petite partie d’eux-mêmes qui leur a été dérobée.

Il m’était arrivé, dans des circonstances très difficiles, de ne pas rendre ce qui ne m’appartenait pas, à des hommes bien vivants et qui étaient de ma race. Je n’allais pas restituer un morceau de pierre à cause de géants transparents et inoffensifs et d’un soi-disant prêtre Siamois. J’ai gardé cette pierre tombée du ciel et, du reste, personne n’a jamais voulu me l’acheter.

 Je fus tenté de dire à mon interlocuteur que son prêtre Siamois n’était pas le seul à attribuer aux pierres tombées du ciel une puissance de se dédoubler que n’avaient pas les pierres terrestres. Je ne sais plus quel auteur avait mentionné dans un temple de Sicile l’existence d’un aérolithe qui portait des caractères inconnus dont le sens passait pour divin mais demeurait indéchiffrable. D’après ce récit, ceux qui avaient vu cette pierre étaient accompagnés par son image en quittant le temple. Ils continuaient à voir le double de la pierre.

 Ce qui est fâcheux, me dit encore le marchand de curiosités orientales en fermant sa valise, c’est que rien ne distingue cette pierre des autres pierres. Pourtant elle est tombée du ciel. Il faut croire que ce qui est là-haut est comme ce qui est ici.

                                                                                            Maurice Magre

bangkok.jpg

A Bangkok (photo holidaysqueeze.com)

.

 

Mystère cathare (2)

En marge de l’histoire locale

Article publié par Joseph Mandement dans le quotidien La Dépêche du 21 novembre 1932

montreal003.jpg

Le « pog » de Montréal

Les peintures cathares du Vicdessos

Dans « La Dépêche » du 2 juillet dernier, Alex Coutet écrivait :

(Voir article précédent, depuis « Nous avons entrepris… » jusqu’à « …qu’il n’appartient pas à la main de l’homme de reproduire. »)

Je dois à la vérité de dire que cet article m’a valu de nombreuses lettres, tant sont nombreux, à cette heure, les chercheurs de documents ayant trait à l’histoire de la croisade des Albigeois et à l’agonie de notre patrie romane.

L’une d’elles, émanant d’un magistrat de l’Aude, m’a signalé qu’il y a dans un manuscrit du treizième siècle de la Bibliothèque nationale, une figure analogue à celle que nous avons trouvée et dans laquelle les croix de Saint-André et les croix grecques (signes très répandus dans l’ornementation des églises depuis le cinquième siècle et qui représentent la croix et la première lettre du chrisme) sont remplacées par huit grands cercles et dix petits cercles rangés dans le même ordre.

Il est facile de se rendre compte, par l’application de la symbolique des nombres, que le sens de ces deux décorations est identique. En effet, la croix grecque et la croix de Saint-André superposées nous donnent l’étoile à huit pointes, à huit rayons, l’étoile du matin et du soir, celle qui est représentée dans les catacombes et qui guidait la marche des rois Mages ; huit étant le symbole des béatitudes, des vertus triomphatrices, indique la marche vers la perfection.

 Dix est le nombre parfait. Il est inscrit au-dessus de nos têtes, dans les dix sphères concentriques du ciel ; il traduit la connaissance de Dieu et la création.

Les six flammes et les six croix latines, peintes sur la roche de la petite caverne de Montréal, témoignent du même désir d’arriver à la perfection. Mais il y a encore une autre explication à donner à la représentation de ces symboles. On la trouve dans le registre de Geoffroy d’Albis, (sic) inquisiteur, et dans la « Practica » de Bernard Gui, inquisiteur également.

Nous savons qu’après le siège et la prise de Montségur, les tribunaux de l’Inquisition, siégeant à Toulouse, à Carcassonne et à Béziers, traquèrent les hérétiques et leur imposèrent le port de divers insignes permettant de les reconnaître et de les surveiller en tous lieux. Or, ces insignes se composaient de croix, de cercles, de flammes, de lances et de marteaux. Or nous avons trouvé aussi dans cette caverne, une peinture représentant un marteau que nous n’avions pu distinguer sous la stalagmite, lors de notre premier examen. Voici d’ailleurs, quelques textes qui peuvent éclairer la question :

« Nous vous imposons de porter, sans cesse, sur tous vos vêtements – excepté la chemise – deux croix de feutre de couleur jaune, l’une devant la poitrine, l’autre derrière entre les épaules, et d’avoir soin qu’elles soient très apparentes, soit que vous demeuriez dans l’intérieur de votre maison, soit que vous en sortiez. Ces croix doivent avoir les dimensions suivantes : deux palmes et demi pour un bras, deux palmes pour l’autre qui est le bras transversal, avec trois doigts de large pour chacun. Vous les séparerez ou vous les remplacerez sans retard si elles viennent à se déchirer ou à disparaître par usure »

(Concile de Béziers, 1246)

Le concile de Toulouse décrétait que le port de ces « croix d’infamie et de déshonneur » devait se faire à gauche et à droite de la poitrine. Elles devaient être de couleur différente de celle du vêtement. Un autre imposait le port sur le chapeau.

« Ceux qui seront retombés dans l’hérésie ou qui auront poussé les autres mettront, au-dessus des deux croix qu’ils portent déjà l’une par devant et l’autre par derrière, un bras transversal de la longueur d’une palme et de la même étoffe. » ‘Concile de Béziers).

C’est cette croix à deux barres inégales qui a été considérée et indiquée à tort comme la croix cathare. Elle n’est qu’un des signes de reconnaissance et d’infamie imposés aux hérétiques persévérants.

Autres punitions destinées aux faux témoins, à ceux qui font des maléfices en se servant de l’hostie, et aux condamnés à la prison perpétuelle et délivrés momentanément :

« Exposition publique le dimanche, mains liées, tête nue, en simple tunique, sans ceinture, attachés au sommet d’une échelle depuis le matin jusqu’à la fin de l’après-midi. Les vêtements doivent porter quatre langues rouges, deux par devant, deux par derrière. Le condamné doit conserver cette marque même dans sa prison. Le condamné aura deux morceaux d’étoffe jaune en forme d’hostie fixés aux vêtements de dessus, l’un sur la poitrine, l’autre entre les épaules. Il portera l’image d’un marteau découpé dans une étoffe rouge, devant et derrière, etc.. »

Ces signes furent imposés dans notre région jusqu’en 1320, époque où prit fin avec l’arrestation de Pierre Authier (d’Ax) considéré par les inquisiteurs comme « le fléau du Midi », le dernier mouvement cathare. Il est permis d’admettre que la caverne de Montréal a pu servir d’asile à des hérétiques pourchassés.

Donc, par ces peintures, ils ont voulu nous laisser le souvenir de leur passage en ce lieu et nous léguer les images de tous les signes d’ignominie qu’ils avaient été condamnés à porter. Le tan (sic) ensanglanté tracé à la veille de la sortie d’Egypte sur les demeures des Israélites que devait épargner l’Ange exterminateur (d’après Ezéchiel), était devenu au treizième siècle le signe qui désignait les Israélites et les Cathares à la torture, à l’in-pace ou au bûcher purificateur.

montreal002.jpg

Reconstitution artistique de la fameuse fresque

Note :

Là s’arrêtent les délires du magistrat de l’Aude

Conclusion de Joseph Mandement :

Il est bon de jeter parfois un regard scrutateur sur ces tristes souvenirs d’un âge de tourmente et de flammes, ne serait-ce que pour y apprendre à la lueur des autodafés combien il est injuste, ridicule et inhumain d’accabler son prochain parce qu’il n’est pas de votre opinion, en religion ou en politique. Comme l’a dit Voltaire : « l’intolérance est absurde et barbare ; c’est le droit des tigres, et c’est bien plus horrible, car les tigres ne déchirent que pour manger et nous, nous sommes exterminés « pour des paragraphes »… ». Et c’est pourquoi, traduites de l’hébreu au grec, du grec au latin et au roman, des paroles de miséricorde et de pardon sont devenues au treizième siècle, des cris de haine et d’intolérance.

                                                                                          Joseph Mandement

 

montreal004.jpg

Commentaires

Par Raymonde Reznikov

1) Fumistes et charlatans.

Ce qui caractérise une majorité de charlatans identifiés comme tels, est souvent une position sociale élevée, leur conférant une autorité suffisante pour réduire au silence d’éventuels contestataires.

Vers 1900, le magistrat de l’Aude, dont je tairai le nom (qu’il soit oublié !), fut le disciple de Jules Doinel, un individu tourmenté,  » Patriarche » d’une Eglise Gnostique créée par ses soins, à la suite d’une séance de spiritisme au cours de laquelle des Parfaits cathares lui auraient conféré l’investiture. Sous l’influence de cet allumé, le jeune futur magistrat, alors étudiant, alla jusqu’à publier une éphémère revue, Le réveil des Albigeois, organe officiel de l’Eglise gnostique de France, à laquelle collabora évidemment le Patriarche. Ce dernier avait fondé sa secte en 1888 alors qu’il était Archiviste départemental du Loiret. Contraint d’abandonner son poste en raison d’un scandale, il fut nommé à Carcassonne en 1896, aux Archives de l’Aude, où le futur magistrat le rencontra.

Très ouvert à tous les courants de pensée ésotérique, l’étudiant s’affilia à l’Ordre Martiniste du mage Papus, il entra dans la Franc-Maçonnerie à la loge du Grand-Orient de Carcassonne, et plus tard il entretint des contacts avec la Fraternité Blanche Universelle du Bulgare Peter Deunov, en qui il voyait un héritier des Bogomiles. En, 1922, il rencontra enfin le maître de ses rêveries en la personne de Rudolf Steiner, fondateur de la Société Anthroposophique, dont il s’enticha au point de refondre le Catharisme dans le moule de l’anthroposophie….

Au début des années trente, l’apprenti gnostique, disciple de Jules Doinel, est devenu un magistrat respecté, mais dans le privé, il se consacre toujours à ses manies, et travaille à propager les idées de son nouveau gourou, Rudolf Steiner.

Tous les témoins sont formels, l’individu a bien connu l’allemand Otto Rahn, mais il ne l’a pratiquement jamais évoqué dans ses publications. Plus même, il semble avoir pris en grippe le jeune chercheur allemand, qui en venant chasser sur ses plates-bandes, allait offrir de surcroît un superbe piédestal à son rival Antonin Gadal.

Pour d’autres raisons, Joseph Mandement détestait aussi Otto Rahn. Il voyait en lui « un sale espion », peut-être à juste titre en raison de la présence du complexe sidérurgique de Sabart et de la proximité de la frontière avec l’Espagne.

Au mois de décembre 1932, décidé à publier lui-même un ouvrage, il confiait à Paul Bernadac :

« Il est trop tard maintenant pour couper l’herbe sous le pied de ce blanc-bec allemand, qui va publier son ramassis de légendes et d’inventions. Je n’ai aucune confiance en lui : quand il n’a pas de preuves, il en invente… »

(Cité par Christian Bernadac, Le mystère Otto Rahn, éditions France-empire, 1978)

Joseph Mandement et le « magistrat » se sont-ils associés pour lancer un contre-feu aux thèses d’Otto Rahn ?

Au début, les deux complices s’entendirent pour attribuer la petite fresque de Montréal aux Cathares, mais un an plus tard, suite à la publication en Allemagne du livre d’Otto Rahn, La croisade contre le Graal, le magistrat de l’Aude en attribua la composition aux Templiers, contredisant ainsi ses démonstrations précédentes…

Or Joseph Mandement, comme de nombreux érudits ariégeois, savait pertinemment qu’il n’y avait jamais eu de Templiers dans le secteur, et que la Commanderie de Capoulet-Junac, propriétaire de biens et de droits seigneuriaux à Montréal-de-Sos, avait appartenu, dès le XIIèmesiècle, à l’Ordre de l’Hôpital de Saint-Jean de Jérusalem. En 1177, le seigneur W. d’Alsen avait donné à l’Hôpital, à son frère Pierre, Prieur de Saint-Jean de Toulouse, ses droits sur la terre de Saos….(Notons à ce propos que la croix à 8 pointes des Hospitaliers symbolise les « huit béatitudes »)

 Qu’importe, le faussaire n’hésita pas et transforma les Hospitaliers en Templiers. La fin justifie les moyens.

montreal007.jpg

Croix de Sem, village proche de Montréal

On peut encore y voir la lance, le glaive, le marteau

2) Les croix de la passion.

Il est évident que la petite fresque reproduit la symbolique des croix en fer forgé nombreuses dans le secteur de Montréal. La présence du marteau en donne la confirmation

montreal009.jpg

Date de la croix de Sem au symbolisme identique à la peinture de Montréal:

1773

Voir aussi :

 http://montseguraucoindestemps.unblog.fr/2009/05/05/richard-wagner-a-montsegur/

 http://montseguraucoindestemps.unblog.fr/2009/05/03/de-montsalvat-a-montsegur/

 http://montseguraucoindestemps.unblog.fr/2009/05/04/templiers-a-montsalvat/

 

12345...8

Fanatique d'esprit |
Scravic |
New EVENING Newcastle CHRON... |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Archives Montségur 09
| Paroles de Soie
| club des alices noire