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Saladin à Jérusalem

 

2 octobre 1187

 Saladin, le Kurde maître de l’Egypte et de la Syrie, entre dans la ville de Jérusalem dont il faisait le siège depuis le 20 septembre.

« Cependant il débarrassa la ville de tous les Francs, lesquels furent déportés à Tyr et à Tripoli, de sorte qu’il n’en restait plus un seul à Jérusalem. »

(Haïm Harboun, Maïmonide : Pourquoi l’Egypte)

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Un nouveau Cyrus, inspiré par son médecin Maïmonide

René Grousset dans Histoire des Croisades cite le témoignage de témoins des deux forces en présence :

« Au cours d’une scène dramatique que nous décrit Ibn al-Athîr, la grande croix dorée que les Francs avaient élevée au haut du dôme de la Qubbat al-Sakhra, fut abattue devant toute l’armée de Saladin et aussi devant la population franque qui partait pour l’exil.

« Quand la croix tomba, toute l’assistance, tant les Francs que les musulmans, poussa un grand cri. Les musulmans criaient : Allah est grand ! les Francs poussaient un cri de douleur. Ce fut une clameur si grande que la terre en fut comme ébranlée…

Le rôle des chrétiens orientaux

A en croire l’histoire des patriarches d’Alexandrie, citée par René Grousset :

« La plus grande partie de la population de Jérusalem se composait de chrétiens grecs ou melkites, qui portaient une haine mortelle aux Latins. Saladin chercha à tirer parti de ces dispositions. Il avait alors auprès de lui un chrétien melkite nommé Joseph Batit, qui était originaire de Jérusalem. C’était son homme de confiance, il s’en servait dans ses relations avec les princes chrétiens dont le melkite connaissait parfaitement les divers intérêts. Dans cette circonstance Saladin envoya Joseph Batit aux Melkites de Jérusalem pour les engager à lui ouvrir les portes de la ville. Les Melkites le promirent. Ils formèrent même le dessein d’égorger tous les Francs. Ce fut alors que les chefs francs effrayés se hâtèrent de capituler. »

Il ne faut donc pas s’étonner si l’Eglise romaine ne se précipite pas au secours de ses frères orientaux aux prises avec les descendants de ceux qu’ils ont aidés.

Et René Grousset enfonce le clou :

L’Eglise grecque orthodoxe, bénéficiaire de la perte des Lieux Saints par les Francs

L’expulsion des Latins hors de la Ville Sainte profita à l’élément grec et à l’élément juif (…)

L’empereur Isaac l’Ange envoya en ce sens à Saladin une ambassade de félicitations (…)

Sans doute les félicitations adressées par l’Isapostole au champion de l’Islam victorieux étaient-elles intéressées, puisqu’il s’agissait d’obtenir pour l’Orthodoxie grecque les privilèges dont avait pendant quatre-vingt huit ans bénéficié l’Eglise romaine aux Lieux Saints. Il n’en est pas moins vrai que depuis juillet 1099 l’opinion byzantine, sinon la cour impériale elle-même, n’avait cessé, dans sa jalousie envers les Latins, de faire secrètement des voeux  pour leur défaite. « Plutôt l’Islam que Rome à Jérusalem ! » pensaient les Byzantins du douzième siècle ; de même ceux du quinzième siècle à l’union avec Rome préfèreront l’installation du Turc à Byzance.

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Les Juifs bénéficiaires de la ruine de la colonie franque.

Appel d’une immigration juive en Palestine par Saladin

Témoignage de Rabbi Judah Al-Harizy (cité par Haïm Harboun) :

«Le sage et vaillant chef d’Ismaël, après avoir pris Jérusalem, fit proclamer par toute la contrée qu’il recevrait et accueillerait toute la race d’Ephraïm de quelque part qu’elle vint. Aussi, de tous les coins du monde, nous sommes venus y fixer notre séjour et nous y demeurons heureux à l’ombre de la paix. »

Dans un autre passage de sa chronique, ce contemporain de Maïmonide ajoute :

« J’ai quitté l’Egypte pour la Terre Sainte (…) J’ai rencontré un coreligionnaire qui me dit :

Je devine que tu habites la diaspora, dans un pays étranger.

Je lui répondis :

-         C’est tout à fait vrai.

-         Je voudrais te poser une question.

-         Pose toujours

-         A partir de quel moment tant de Juifs sont-ils venus habiter cette ville ?

-         Le jour où elle fut conquise par les Ismaélites, les Juifs l’ont envahie.

-         Pourquoi les Juifs ne l’habitaient pas auparavant ?

-         Parce qu’ils disaient que nous avons tué leur dieu et que nous les avons humiliés ; et si on avait osé y pénétrer, on aurait été tué sur le champ.

-         Mais quel est le motif de votre venue ici ?

-         L’Eternel ne permet pas l’iniquité et il nous a pris en pitié. L’Eternel s’est dit : Il n’est pas bon que les fils d’Esaü (les chrétiens) héritent du lieu où réside ma sainteté alors que les fils de Jacob en sont chassés ! L’Eternel suscita un libérateur en la personne du roi des Ismaélites en l’an quatre mille neuf cent cinq de la création. »

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Bibliographie :

René Grousset, Histoire des Croisades, Plon 1935 et Perrin 1991

Haïm Harboun, Maïmonide : Pourquoi l’Egypte, Editions Massoreth, 1997

Voir aussi:

http://akhsahcalebunblogfr.unblog.fr/2012/12/04/rome-et-jerusalem/

http://akhsahcalebunblogfr.unblog.fr/2012/12/13/benjamin-de-tudele-a-jerusalem/

6 décembre 1905

La séparation est votée

Par Raymonde Reznikov

Le 6 décembre 1905 à 18h :30, le Sénat adoptait par 179 voix contre 103, la Loi sur la séparation des églises et de l’Etat..

La Chambre avait voté le projet le 5 juillet. Voir :

http://montseguraucoindestemps.unblog.fr/2011/07/04/laicite/

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A la Une du Matin

 Dans le quotidien Le Matin daté du Jeudi 7 décembre, on pouvait lire :

La séparation des Eglises et de l’Etat est depuis hier soir, 6 décembre, à six heures et demi, - encore une date et une heure historiques – un fait accompli. (…)

Ce vote – un des plus importants qu’aura à enregistrer l’histoire de la troisième République – a été accueilli aux cris  répétés de : « Vive la République ! » et par des applaudissements prolongés de la gauche de la Haute Assemblée.

La séance d’hier a été consacrée aux traditionnelles déclarations et explications de vote.

Un bémol plein de bon sens :

Sous forme d’une proposition de retrait de l’urgence, M. Denoix, sénateur républicain de la Dordogne, a expliqué qu’il ne voterait pas la loi, parce qu’elle mettra entre les mains des adversaires de la République des armes et les moyens d’action bien supérieurs à ceux dont ils disposent jusqu’ici.

M. Denoix. – « Je ne voterai pas la loi de séparation ; je la crois, en effet, mauvaise à tous les points de vue. Lorsque les prêtres vivront exclusivement de l’association cultuelle, de cette association qui sera dans nos communes un foyer réactionnaire, vous verrez les résultats funestes de cette loi. Pour moi, je ne veux en assumer à aucun degré la responsabilité. »

La proposition, visionnaire, de M. Denoix a été repoussée par 181 voix contre 100.

C’est ainsi que par le biais d’associations, non pas cultuelles mais faussement culturelles, la Loi est de nos jours contournée.

Un autre opposant, M. Méline, sénateur des Vosges, fit remarquer :

M. Méline, – « Vous aviez un mur très solide : le Concordat. Vous y substituez une toile d’araignée et vous appelez ça un progrès.

Vous êtes dupes de beaucoup d’illusions. Les associations cultuelles ne vous inspirent, à cause des précautions que vous avez prises, que peu de défiance. Je vois, pour ma part, qu’elles vont devenir l’état-major des partis catholiques. (…) »

M. Méline ne pouvait pas imaginer d’autres dangers.

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Emile Combes

A ces objections, venues de son camp, un des auteurs de la Loi, M. Emile Combes, ancien président du Conseil, répondit :

M. Combes, – « Nous nous sommes abstenus de déposer aucun amendement, mais nous voulons indiquer les motifs de notre attitude.

Nous avons hâte de mettre fin à la situation officielle des cultes reconnus et de réaliser enfin la neutralité de la République française.

Nous votons la loi parce que nous la considérons comme une loi de liberté, d’affranchissement moral et de paix sociale. »

Un autre « son de cloche »

Dans le camp opposé, on hurle et on dénonce le coupable, le despotisme maçonnique, responsable d’une législation inspirée par la haine

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A la Une de La Croix

Extrait de l’article de l’académicien Albert de Mun publié dans le journal La Croix daté du vendredi 8 décembre 1905 :

C’est fait « Prisonniers de leur parti », comme l’a dit M. Clemenceau, les sénateurs, courbés sous le despotisme maçonnique, ont, malgré les courageux efforts d’une éloquente minorité, enregistré le décret du Grand-Orient, formulé par les députés en texte législatifs. (…)

Ainsi, par la volonté de 341 députés et de 181 sénateurs, dont les trois quarts maudissaient au fond de leur cœur cette détestable aventure, grâce à la coupable faiblesse de trois hommes qui en condamnaient la folie, l’apostasie officielle de la France est proclamée.

(L’apostasie en question consistant surtout à ne plus entretenir des parasites aux frais de l’Etat)

Les noms de MM. Loubet, Rouvier et Delcassé resteront, comme ceux des coupables sur l’écriteau du pilori, gravés sur l’écrit officiel qui consacre ce grand attentat.

M. Combes, sans doute, en prépara l’exécution ; mais son successeur, maître après lui de la puissance publique, armé par les circonstances d’un pouvoir incontesté, en fut l’auteur véritable. Il porte ainsi devant le pays une responsabilité, dont un avenir trop prochain fera connaître l’écrasant fardeau.

Le comte Albert de Mun, réactionnaire, intégriste et antisémite, écrivit un ouvrage en 2 volumes: « Contre la Séparation« . Après le vote de la Chambre, il manifesta ainsi son dépit:

Le sort en est jeté. Mise en demeure de déclarer sa volonté, la majorité de la France a répété le « Tolle crucifige » du peuple déicide, et lorsque, le lundi 3 juillet, 341 députés français venaient de signer l’apostasie officielle de leur pays, les socialistes révolutionnaires acclamèrent avec transport cette étonnante victoire.

(M. Piou, Le Comte Albert de Mun et sa vie publique, Editions Spes, Paris, 1925)

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Albert de Mun

La Loi fut promulguée le 9 décembre 1905,

En voici quelques extraits :

TITRE PREMIER

Principes

Article premier. – La république assure la liberté de conscience. Elle garantit le libre exercice des cultes sous les seules restrictions édictées ci-après dans l’intérêt de l’ordre public.

Art. 2 – La République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte.

TITRE IV

Des associations pour l’exercice des cultes

Art. 17 : (…)

Elle ne pourront, sous aucune forme que ce soit, recevoir des subventions de l’Etat, des départements ou des communes.

TITRE V

Police des cultes

Art. 24. – Il est interdit de tenir des réunions politiques dans les locaux servant habituellement à l’exercice d’un culte.

Art. 25 – Les cérémonies, processions et autres manifestations extérieures d’un culte continueront à être réglées en conformité des articles 95 à 97 de la loi municipale du 5 avril 1884. (…)

Art. 26 – Il est interdit, à l’avenir, d’élever ou d’apposer aucun signe ou emblème  religieux sur les monuments publics ou en quelque emplacement public que ce soit, à l’exception des édifices servant au culte, des terrains de sépultures dans les cimetières, des monuments funéraires, ainsi que des musées ou expositions.

Art. 32 – Si un discours prononcé ou un écrit affiché, ou distribué publiquement dans les lieux où s’exerce le culte, contient une provocation directe à résister à l’exécution des lois ou aux actes légaux de l’autorité publique, ou s’il tend à soulever ou à armer une partie des citoyens contre les autres, le ministre du culte qui s’en sera rendu responsable sera puni d’un emprisonnement de trois mois à deux ans, sans préjudice des peines de la complicité, dans le cas où la provocation aurait été suivie d’une sédition, révolte ou guerre civile.

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 Cette loi protège la liberté de conscience de tous. Ne la laissons pas contourner au profit de quelques superstitions venues d’ailleurs. 

Mystère cathare (2)

En marge de l’histoire locale

Article publié par Joseph Mandement dans le quotidien La Dépêche du 21 novembre 1932

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Le « pog » de Montréal

Les peintures cathares du Vicdessos

Dans « La Dépêche » du 2 juillet dernier, Alex Coutet écrivait :

(Voir article précédent, depuis « Nous avons entrepris… » jusqu’à « …qu’il n’appartient pas à la main de l’homme de reproduire. »)

Je dois à la vérité de dire que cet article m’a valu de nombreuses lettres, tant sont nombreux, à cette heure, les chercheurs de documents ayant trait à l’histoire de la croisade des Albigeois et à l’agonie de notre patrie romane.

L’une d’elles, émanant d’un magistrat de l’Aude, m’a signalé qu’il y a dans un manuscrit du treizième siècle de la Bibliothèque nationale, une figure analogue à celle que nous avons trouvée et dans laquelle les croix de Saint-André et les croix grecques (signes très répandus dans l’ornementation des églises depuis le cinquième siècle et qui représentent la croix et la première lettre du chrisme) sont remplacées par huit grands cercles et dix petits cercles rangés dans le même ordre.

Il est facile de se rendre compte, par l’application de la symbolique des nombres, que le sens de ces deux décorations est identique. En effet, la croix grecque et la croix de Saint-André superposées nous donnent l’étoile à huit pointes, à huit rayons, l’étoile du matin et du soir, celle qui est représentée dans les catacombes et qui guidait la marche des rois Mages ; huit étant le symbole des béatitudes, des vertus triomphatrices, indique la marche vers la perfection.

 Dix est le nombre parfait. Il est inscrit au-dessus de nos têtes, dans les dix sphères concentriques du ciel ; il traduit la connaissance de Dieu et la création.

Les six flammes et les six croix latines, peintes sur la roche de la petite caverne de Montréal, témoignent du même désir d’arriver à la perfection. Mais il y a encore une autre explication à donner à la représentation de ces symboles. On la trouve dans le registre de Geoffroy d’Albis, (sic) inquisiteur, et dans la « Practica » de Bernard Gui, inquisiteur également.

Nous savons qu’après le siège et la prise de Montségur, les tribunaux de l’Inquisition, siégeant à Toulouse, à Carcassonne et à Béziers, traquèrent les hérétiques et leur imposèrent le port de divers insignes permettant de les reconnaître et de les surveiller en tous lieux. Or, ces insignes se composaient de croix, de cercles, de flammes, de lances et de marteaux. Or nous avons trouvé aussi dans cette caverne, une peinture représentant un marteau que nous n’avions pu distinguer sous la stalagmite, lors de notre premier examen. Voici d’ailleurs, quelques textes qui peuvent éclairer la question :

« Nous vous imposons de porter, sans cesse, sur tous vos vêtements – excepté la chemise – deux croix de feutre de couleur jaune, l’une devant la poitrine, l’autre derrière entre les épaules, et d’avoir soin qu’elles soient très apparentes, soit que vous demeuriez dans l’intérieur de votre maison, soit que vous en sortiez. Ces croix doivent avoir les dimensions suivantes : deux palmes et demi pour un bras, deux palmes pour l’autre qui est le bras transversal, avec trois doigts de large pour chacun. Vous les séparerez ou vous les remplacerez sans retard si elles viennent à se déchirer ou à disparaître par usure »

(Concile de Béziers, 1246)

Le concile de Toulouse décrétait que le port de ces « croix d’infamie et de déshonneur » devait se faire à gauche et à droite de la poitrine. Elles devaient être de couleur différente de celle du vêtement. Un autre imposait le port sur le chapeau.

« Ceux qui seront retombés dans l’hérésie ou qui auront poussé les autres mettront, au-dessus des deux croix qu’ils portent déjà l’une par devant et l’autre par derrière, un bras transversal de la longueur d’une palme et de la même étoffe. » ‘Concile de Béziers).

C’est cette croix à deux barres inégales qui a été considérée et indiquée à tort comme la croix cathare. Elle n’est qu’un des signes de reconnaissance et d’infamie imposés aux hérétiques persévérants.

Autres punitions destinées aux faux témoins, à ceux qui font des maléfices en se servant de l’hostie, et aux condamnés à la prison perpétuelle et délivrés momentanément :

« Exposition publique le dimanche, mains liées, tête nue, en simple tunique, sans ceinture, attachés au sommet d’une échelle depuis le matin jusqu’à la fin de l’après-midi. Les vêtements doivent porter quatre langues rouges, deux par devant, deux par derrière. Le condamné doit conserver cette marque même dans sa prison. Le condamné aura deux morceaux d’étoffe jaune en forme d’hostie fixés aux vêtements de dessus, l’un sur la poitrine, l’autre entre les épaules. Il portera l’image d’un marteau découpé dans une étoffe rouge, devant et derrière, etc.. »

Ces signes furent imposés dans notre région jusqu’en 1320, époque où prit fin avec l’arrestation de Pierre Authier (d’Ax) considéré par les inquisiteurs comme « le fléau du Midi », le dernier mouvement cathare. Il est permis d’admettre que la caverne de Montréal a pu servir d’asile à des hérétiques pourchassés.

Donc, par ces peintures, ils ont voulu nous laisser le souvenir de leur passage en ce lieu et nous léguer les images de tous les signes d’ignominie qu’ils avaient été condamnés à porter. Le tan (sic) ensanglanté tracé à la veille de la sortie d’Egypte sur les demeures des Israélites que devait épargner l’Ange exterminateur (d’après Ezéchiel), était devenu au treizième siècle le signe qui désignait les Israélites et les Cathares à la torture, à l’in-pace ou au bûcher purificateur.

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Reconstitution artistique de la fameuse fresque

Note :

Là s’arrêtent les délires du magistrat de l’Aude

Conclusion de Joseph Mandement :

Il est bon de jeter parfois un regard scrutateur sur ces tristes souvenirs d’un âge de tourmente et de flammes, ne serait-ce que pour y apprendre à la lueur des autodafés combien il est injuste, ridicule et inhumain d’accabler son prochain parce qu’il n’est pas de votre opinion, en religion ou en politique. Comme l’a dit Voltaire : « l’intolérance est absurde et barbare ; c’est le droit des tigres, et c’est bien plus horrible, car les tigres ne déchirent que pour manger et nous, nous sommes exterminés « pour des paragraphes »… ». Et c’est pourquoi, traduites de l’hébreu au grec, du grec au latin et au roman, des paroles de miséricorde et de pardon sont devenues au treizième siècle, des cris de haine et d’intolérance.

                                                                                          Joseph Mandement

 

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Commentaires

Par Raymonde Reznikov

1) Fumistes et charlatans.

Ce qui caractérise une majorité de charlatans identifiés comme tels, est souvent une position sociale élevée, leur conférant une autorité suffisante pour réduire au silence d’éventuels contestataires.

Vers 1900, le magistrat de l’Aude, dont je tairai le nom (qu’il soit oublié !), fut le disciple de Jules Doinel, un individu tourmenté,  » Patriarche » d’une Eglise Gnostique créée par ses soins, à la suite d’une séance de spiritisme au cours de laquelle des Parfaits cathares lui auraient conféré l’investiture. Sous l’influence de cet allumé, le jeune futur magistrat, alors étudiant, alla jusqu’à publier une éphémère revue, Le réveil des Albigeois, organe officiel de l’Eglise gnostique de France, à laquelle collabora évidemment le Patriarche. Ce dernier avait fondé sa secte en 1888 alors qu’il était Archiviste départemental du Loiret. Contraint d’abandonner son poste en raison d’un scandale, il fut nommé à Carcassonne en 1896, aux Archives de l’Aude, où le futur magistrat le rencontra.

Très ouvert à tous les courants de pensée ésotérique, l’étudiant s’affilia à l’Ordre Martiniste du mage Papus, il entra dans la Franc-Maçonnerie à la loge du Grand-Orient de Carcassonne, et plus tard il entretint des contacts avec la Fraternité Blanche Universelle du Bulgare Peter Deunov, en qui il voyait un héritier des Bogomiles. En, 1922, il rencontra enfin le maître de ses rêveries en la personne de Rudolf Steiner, fondateur de la Société Anthroposophique, dont il s’enticha au point de refondre le Catharisme dans le moule de l’anthroposophie….

Au début des années trente, l’apprenti gnostique, disciple de Jules Doinel, est devenu un magistrat respecté, mais dans le privé, il se consacre toujours à ses manies, et travaille à propager les idées de son nouveau gourou, Rudolf Steiner.

Tous les témoins sont formels, l’individu a bien connu l’allemand Otto Rahn, mais il ne l’a pratiquement jamais évoqué dans ses publications. Plus même, il semble avoir pris en grippe le jeune chercheur allemand, qui en venant chasser sur ses plates-bandes, allait offrir de surcroît un superbe piédestal à son rival Antonin Gadal.

Pour d’autres raisons, Joseph Mandement détestait aussi Otto Rahn. Il voyait en lui « un sale espion », peut-être à juste titre en raison de la présence du complexe sidérurgique de Sabart et de la proximité de la frontière avec l’Espagne.

Au mois de décembre 1932, décidé à publier lui-même un ouvrage, il confiait à Paul Bernadac :

« Il est trop tard maintenant pour couper l’herbe sous le pied de ce blanc-bec allemand, qui va publier son ramassis de légendes et d’inventions. Je n’ai aucune confiance en lui : quand il n’a pas de preuves, il en invente… »

(Cité par Christian Bernadac, Le mystère Otto Rahn, éditions France-empire, 1978)

Joseph Mandement et le « magistrat » se sont-ils associés pour lancer un contre-feu aux thèses d’Otto Rahn ?

Au début, les deux complices s’entendirent pour attribuer la petite fresque de Montréal aux Cathares, mais un an plus tard, suite à la publication en Allemagne du livre d’Otto Rahn, La croisade contre le Graal, le magistrat de l’Aude en attribua la composition aux Templiers, contredisant ainsi ses démonstrations précédentes…

Or Joseph Mandement, comme de nombreux érudits ariégeois, savait pertinemment qu’il n’y avait jamais eu de Templiers dans le secteur, et que la Commanderie de Capoulet-Junac, propriétaire de biens et de droits seigneuriaux à Montréal-de-Sos, avait appartenu, dès le XIIèmesiècle, à l’Ordre de l’Hôpital de Saint-Jean de Jérusalem. En 1177, le seigneur W. d’Alsen avait donné à l’Hôpital, à son frère Pierre, Prieur de Saint-Jean de Toulouse, ses droits sur la terre de Saos….(Notons à ce propos que la croix à 8 pointes des Hospitaliers symbolise les « huit béatitudes »)

 Qu’importe, le faussaire n’hésita pas et transforma les Hospitaliers en Templiers. La fin justifie les moyens.

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Croix de Sem, village proche de Montréal

On peut encore y voir la lance, le glaive, le marteau

2) Les croix de la passion.

Il est évident que la petite fresque reproduit la symbolique des croix en fer forgé nombreuses dans le secteur de Montréal. La présence du marteau en donne la confirmation

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Date de la croix de Sem au symbolisme identique à la peinture de Montréal:

1773

Voir aussi :

 http://montseguraucoindestemps.unblog.fr/2009/05/05/richard-wagner-a-montsegur/

 http://montseguraucoindestemps.unblog.fr/2009/05/03/de-montsalvat-a-montsegur/

 http://montseguraucoindestemps.unblog.fr/2009/05/04/templiers-a-montsalvat/

 

Mystère Cathare ?

Le mystère cathare

Article du 9 juillet 1932 paru dans La Dépêche

Avertissement

Par Raymonde Reznikov

Cet article a servi à alimenter de manière substantielle le « sottisier cathare ». Certains charlatans, alors à l’œuvre dans le secteur, ont vu dans la fresque une représentation du mythe du Graal ; l’un d’eux a même réussi à suggérer que le château de Montréal aurait appartenu aux Templiers…

Explications à la fin de l’article

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En recherchant le trésor

Par Alex Coutet

Tarascon, 8 juillet

 On cherche toujours le « Trésor des Cathares ».

A Montségur, c’est l’ingénieur Arnaud qui sonde les flancs du pic, au sommet duquel s’érigent les ruines de l’acropole sainte.

Dans les grottes du Sabarthez, autour d’Ussat, c’est le spéléologue allemand Otto Rahn qui avance sur les traces des hérétiques, traqués, réfugiés, dans les souterrains rocheux de la « spoulga de Bouan ».

Après la chute de Montségur, les Cathares, on le sait, se reformèrent dans la haute Ariège, à l’abri des vieux châteaux, comme au plus profond des cavernes.

On retrouve leurs vestiges et ceux de leurs persécuteurs bien après Montségur jusqu’au commencement du quatorzième siècle. Le Sabarthez ne leur suffit point, les réfugiés cathares se disséminent au loin, s’installent dans tous les châteaux haut perchés des avances des Pyrénées ariégeoises.

Tarascon, Lordat, Montgrenier, Calamès, Miglos, Saleix, Rabat,  furent autant de bastides cathares dont il ne reste plus que des pans de murs. Partout, la grotte qui s’ouvre dans le rocher abrupt sous les remparts est l’auxiliaire du château, orifice des souterrains ou simplement poste de guet.

Curieuse persistance de sa fonction, c’est la même grotte qui a servi de refuge à l’homme depuis des siècles, depuis des millénaires, pourrait-on dire, sans se préoccuper de l’histoire cathare, les fervents de la préhistoire y sont venus chercher des empreintes de l’homme primitif. C’est ainsi que j’ai rencontré dans ses parages, un des apôtres de la paléontologie. Monsieur Joseph Mandement, qui fut un des précieux auxiliaires du grand Emile Carthaillar, c’est lui qui, le premier, à ses côtés, a pu tourner des films de cinéma à l’intérieur des cavernes.

Grâce à M. Mandement, on a pu voir sur l’écran les replis les plus profonds, les plus reculés des excavations accessibles aux seuls intrépides, qui ont le cœur bien accroché. C’est précisément, au fond de ces retraites que l’homme primitif s’est plu à graver dans l’argile les images les plus curieuses, les plus significatives.

Or, en cherchant des graffiti d’incantations aux bisons, M. Mandement s’est heurté aux reliques cathares. Je l’ai rencontré dans cette pittoresque vallée de Vicdessos, où il a fait la plus typique des découvertes, celle d’une peinture mystique du treizième siècle, tracée dans la roche d’une caverne.

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La grotte (photo R. R. Cathares et Templiers)

Nous avons entrepris l’ascension à hauteur de Goulier et Olbié, de l’éperon ardu, qui à 900 mètres d’altitude, porte les ruines imposantes du château de Montréal.

Montréal-de-Sos, ainsi dénommé au moyen-âge pour le distinguer de Montréal-du-Carcassès, fut un bourg de dimensions autrement vaste que Montségur. Ses seigneurs, des vassaux des comtes de Foix, y résidaient alors que l’inquisition était close depuis longtemps ; les murs étaient encore redoutables quand Richelieu les fit abattre comme tels.

Montréal fut hospitalier aux Cathares jusqu’à la fin du treizième siècle.

Ils n’en prirent pas moins, de tout temps, leurs précautions pour ne pas s’y laisser surprendre.

Au haut du pic, sur lequel fut si hardiment bâti le château, s’ouvrent deux grottes. L’une, de belles dimensions, son orifice ne mesure pas moins de 7 mètres, sert, aujourd’hui, d’abri aux troupeaux de béliers surpris par le mauvais temps.

L’autre, d’ouverture plus réduite, mais d’accès difficile et dangereux, sur cette paroi presque verticale, au-dessus de l’abîme, n’est guère approchée par l’excursionniste. Fort heureusement, car c’est là que M. Mandement, assisté dans ses explorations par deux instituteurs du pays : MM. Clastres et Rouzaud, a fait la précieuse découverte qui dépasse en intérêt pour le moment ce qu’on a pu trouver ailleurs.

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Le dessin

Il s’agit d’une composition cathare peinte sur la paroi lisse de la roche à l’intérieur de la petite caverne. C’est un travail en deux couleurs, rouge et blanche, qui ont pris aujourd’hui les tons brun rouge et gris céruse.

Le mystique artiste a tracé, d’abord, un carré au trait rouge, de 40 centimètres de côté environ, la dimension , nous fait observer M. Mandement, des « missels » ou des bibles cathares. Deux autres carrés, plus petits, sont inscrits à l’intérieur, l’un dans l’autre.

Des croix au double tracé, alternativement croix grecques et croix de Saint-André, forment comme un encadrement au plus petit carré inscrit, dans lequel sont figurées d’autres croix alternant avec des flammes rouges.

En dehors du carré et au-dessus, s’échappe une lance : à côté de la lance est tracé un cercle au pourtour rouge à l’intérieur gris blanc.

Six croix au simple trait sont dispersées en dehors du carré.

M. Mandement nous fournit le glossaire suivant qui s’inspire du dogme cathare :

Le rouge, c’est l’esprit, plus particulièrement symbolisé par les flammes, le Saint-Esprit qui descendit sur les apôtres sous forme de « langues de feu ». Le cercle bordé de rouge, c’est celui du Paraclet. La lance à lame rouge rappelle celle qui frappa le flanc du christ déjà mort sur la croix. Il en coula du sang et de l’eau  - rouge et blanc – encore le symbole cathare.

Les croix au simple trait gravées dans les roches, de-ci, de-là, commémorent des « parfaits » ou de simples « faidits » morts pour le dogme.

Et maintenant, ce sensationnel document est-il authentique ?

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A l’entrée de la grotte en 2009 (photo Djedge)

Effectivement, au premier aspect et même après un examen attentif, il s’impose : le ton des vieilles choses vous impressionne – il y a fort longtemps, dirait-on, que ce travail a du être exécuté.

Mais on imite si bien le vieux et je pense à Glozel. M. Mandement me fournit un argument d’authenticité difficile à réfuter.

Le tiers environ du carré et de l’ensemble du dessin est recouvert de concrétions calcaires, des coulées issues du sommet de la roche qui le cachent pour parties. Ces concrétions représentent le travail des siècles, et, sous elles, doit persister le dessin. Il y a là une œuvre longue et patiente de la nature qui n’appartiendrait pas à la main de l’homme d’imiter et de reproduire.

L’artiste cathare qui a composé cette configuration devait être le guetteur placé à ce poste favorable aux avancées du château de Montréal : il occupait ses heures de veille.

Quel poste exceptionnel, en effet ! En bas, à 600 mètres sous nous, les toits de Vicdessos apparaissent minuscules comme un jouet d’enfant ; nul mouvement ne peut se dessiner dans les chemins ou les prés d’alentour sans qu’un œil exercé ne le distingue. A plus forte raison, pas un groupe, pas un homme ne pourraient approcher de la base du pic sans être aperçus.

En face se dresse, verticale, une sorte de dent de granit surmontée d’un menhir. La mystique est partout dans ces parages et de tous les temps, quelle merveilleuse retraite pour méditer.

Nous en aurons le loisir. Un violent orage se préparait depuis quelque temps ; il éclate soudain. Grondements de tonnerre formidables répercutés par tous les échos de la montagne, éclairs éblouissants accompagnés d’une averse pénétrante, nous assaillent dans le repaire cathare. Le ciel veut-il nous punir ou bien se réjouir de ce que nous avons approché le mystère ?

                                                                                                                Alex Coutet 

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La peinture en 1975 (photo R. R.)

Voilà comment la presse écrit l’histoire ; il lui faut du sensationnel à tous prix…

La fresque en question ne peut en aucun cas être d’origine cathare, en effet :

1) Il a été démontré qu’il s’agit d’une peinture relativement récente, malgré ce que prétend le journaliste. La fresque s’est considérablement dégradée depuis sa découverte par Joseph Mandement, donc elle ne peut avoir été peinte au XIIIème siècle. Ce que j’ai photographié en 1975 n’apparaît déjà plus.

2) Ce que cette fresque représente provient de l’imagerie la plus primaire de la christolâtrie. . Or on sait que les Cathares haïssaient les croix, jamais l’un d’eux n’aurait pu s’inspirer d’un tel symbolisme qu’il rejetait.

Nous sommes en présence d’une figuration inspirée par les croix dites de la passion, nombreuses dans ce secteur en raison de la présence de forges à la catalane

Au XVIIIème siècle, lors de l’expansion de ces forges à la catalane, on planta des croix en fer forgé dans tous les villages.

On y retrouve figurés la couronne d’épines (le cercle), la lance, le glaive et ce que le journaliste a omis volontairement dans sa description, le porte éponge, mais aussi parfois des clous, des tenailles, un marteau, parfois même le soleil et la lune. En gros tout un bric à brac dont une partie figure sur cette gravure.

Les cinq prétendues flammes sont en réalité les cinq gouttes de sang du folklore. Inutile de préciser que jamais le rouge et le blanc n’ont appartenu à une quelconque symbolique chez les cathares et que les « missels et les bibles » cathares de 40 cm de côté n’ont existé que dans l’imagination de M. Mandement, éminent préhistorien certes, mais aussi Président du Syndicat d’Initiatives du Pays de Tarascon sur Ariège.

En 1932, parmi les chercheurs honnêtes, des poètes ou des mystiques qui vinrent se ressourcer dans l’atmosphère magique du Sabarthès, se glissèrent des faussaires, des fumistes, des charlatans et même des menteurs. Or si les Cathares haïssaient le symbole de la croix, ils détestaient et rejetaient tout autant le mensonge. Certains charlatans contemporains devraient s’en souvenir.

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La grotte en 2009 (photo Djedge)

 

L’esprit Gaulois

Les Gaulois

Par Cûchulainn

Voici l’éditorial publié le samedi 17 mars 1917 par Jean Roche, Directeur politique de La République Française, journal fondé par Léon Gambetta.

Bien que notre pays ne soit pas « en guerre », en ce moment, il faut reconnaître que ce texte est toujours d’actualité, et pas seulement pour les supposés descendants de Gaulois….

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Le défaut de la race

Il m’était doux, récemment, de préciser ici les magnifiques qualités de notre race Gauloise, particulièrement de la branche « gallo-romaine », aux-quelles le monde entier rend aujourd’hui le plus glorieux et le plus légitime hommage ; – l’intérêt du « salut public » exige que nous reconnaissions aussi en toute clairvoyante sincérité les défauts du revers de notre médaille ethnique. Ils nous causèrent, dans notre histoire, trop souvent, bien des mots, et risqueraient d’être plus que jamais nuisibles, si nous ne savions prendre sans plus tarder l’énergique résolution de les vaincre.

Assurément, ils ne sont pas la seule explication de l’incontestable incohérence qui trouble notre situation politique ; elle ne s’explique que trop clairement par les vices de notre organisation des Pouvoirs Publics ; mais nos défauts de race jouent aussi leur rôle. Les circonstances nous empêchent invinciblement de changer, en ce moment, notre désastreux mécanisme constitutionnel, mais il dépend d’un simple effort de notre patriotisme, de notre libre volonté, de triompher sur l’heure de nos faiblesses psychologiques héréditaires personnelles.

Frappons-nous la poitrine, guérissons-nous de nos vices, mais attribuons cependant à nos aïeux la part de responsabilité qui leur revient dans le patrimoine moral que nous tenons d’eux-mêmes au  passif, comme à l’actif.

Rappelons-nous donc ce qu’ils furent aux jours les plus lointains de notre histoire ; par où ils furent, malgré leur incomparable courage, vaincus et asservis par les Romains : vous verrez que rien n’est changé !

Trait pour trait, nous sommes encore, après deux mille ans, ce qu’étaient les Gaulois, dont César décrivit les mœurs, livrant lui-même franchement le secret de ses victoires, qui se trouva bien plus encore dans les défauts de nos intrépides aïeux que dans la puissance de son génie

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Carte des tribus gauloises (lexilogos.com)

Ecoutez-le le « divin Jules », le triomphateur sans rival, dans son langage de conquérant philosophe :

« Dès qu’il eut appris ces événements – (il s’agit de la quatrième campagne, l’an 55 avant notre ère)- César, qui connaissait la légèreté des Gaulois et savait combien ils sont prompts à changer d’avis et avides de nouveautés dans la plupart des circonstances, estima qu’il ne fallait en rien se reposer sur eux. C’est, en effet, une habitude des Gaulois de forcer les voyageurs à s’arrêter partout où ils passent, et de demander à chacun d’eux de raconter tout ce qu’il a pu entendre dire, tout ce qu’il peut savoir sur quelque sujet que ce soit. Dans les villes mêmes, la foule entoure les colporteurs et les oblige de lui dire de quels pays ils viennent et quelles nouvelles quelconques ils y ont apprises.

Souvent, il suffit de l’impression que leur cause  ces récits, ces rumeurs, pour les déterminer à prendre les résolutions les plus importantes, dont ils ne tardent pas à se trouver forcés de se repentir, parce qu’ils se sont dirigés d’après les bruits les plus incertains, et que même, fort souvent, les personnes qu’ils ont interrogées, connaissant leurs goûts, leur ont répondu par des mensonges qui les flattent. Connaissant bien ces habitudes, César, ne voulant point s’exposer, etc.. »

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Dans bien d’autres passages de ses Commentaires sur la Guerre des Gaules, César revient encore sur cette légèreté des Gaulois, qu’il appelle même une « maladie », – infirmitatem Gallorum, l’infirmité des Gaulois, – et cognitâ Gallorum, infirmitate… C’est sous sa plume, une expression en quelque sorte proverbiale. En vérité, aurait-il aujourd’hui, le moindre changement à apporter dans son jugement ? Sommes-nous moins « légers », moins prompts à nous décider sur les apparences, moins mobiles dans nos impressions et dans nos projets, moins crédules, moins « badauds », moins faciles à tromper, moins aisément dupes des charlatans, des flatteurs, des fabricateurs de nouvelles ? Qui donc oserait le prétendre ?

Hélas ! les siècles ont passé : il ne nous ont rien appris !

Poursuivez la description psychologique des Gaulois par César. Que voyez-vous encore ?

L’esprit de discorde, de querelles locales, l’esprit de division poussé aux dernières limites.

« Dans la Gaule, – dit encore César, – ce n’est point seulement dans toutes les cités, dans tous les bourgs et dans tous les quartiers de ces cités et de ces bourgs, mais aussi presque dans chaque famille, qu’on trouve des factions….. »

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Cette profonde et incurable division fut une des plus cruelles faiblesses de la Gaule dans sa lutte contre l’invasion romaine, et Vercingétorix lui-même le constatait avec la plus saisissante éloquence dans l’appel qu’il adressait aux Gaulois, après la chute d’Avaricum (Bourges), pour les conjurer de s’unir dans la défense de la patrie commune :

« Ce n’est point par leur bravoure – s’écriait l’indomptable héros , - ce n’est pas dans une bataille rangée que les Romains ont remporté la victoire… Que toutes les cités gauloises s’unissent ! Que la Gaule tout entière ne poursuive que l’accomplissement d’un seul dessin, et quand elle sera d’accord, le monde entier ne pourra lui résister !… »

Vains efforts ! L’admirable chef ne put triompher du vice de sa race ; la Gaule entière n’entendit pas sa voix, et il dut succomber, entraînant l’indépendance nationale dans sa chute, devant la fortune de César !

Plus d’un siècle plus tard, Tacite, à son tour, constatait les mêmes défauts dans le caractère gaulois.

« Lorsque les Romains entrèrent dans les Gaules, - dit Cérialis aux Lingons, - ils vinrent à la prière de vos ancêtres, que fatiguaient les dissensions meurtrières…

On vous éblouit, aujourd’hui, des beaux noms de liberté et d’affranchissement, mais ces grands mots furent toujours l’artifice des ambitieux avides de dominer !… Il y eut toujours des factions et des guerres civiles dans les Gaules, jusqu’au jour où vous acceptâtes nos lois !… »

Bien plus, lorsque la lutte s’engagea entre Vitellius et Vespasien ; lorsque cent vingt-cinq ans après la conquête de César, les circonstances devinrent si favorables au soulèvement général des Gaulois pour la reconquête de leur liberté, les « députés » venus de toutes les cités se réunissent à Reims et délibèrent sur le parti à prendre.

Alors, de toutes parts, dans cette assemblée, que doit uniquement préoccuper l’indépendance nationale perdue, s’élèvent des rivalités et des querelles intérieures, jadis si funestes, se réveillent avec fureur les anciennes jalousies mortelles !

Lisez ce terrible compte rendu de la séance des Parlementaires de l’an 70 :

« Qui va conduire la guerre ? Qui donnera les ordres et les auspices ? Qui possédera, après le succès, le siège de l’empire ? Ils n’ont pas encore la victoire, et déjà la discorde les déchire : Tantôt, ce sont leurs alliances, tantôt leurs richesses et leurs forces, tantôt l’antiquité de leur origine, qu’ils font valoir avec vigueur. Enfin, dégoûtés d’avance de l’avenir, ils se résignent à préférer le présent… »

C’en fut fait ! Le couvercle du sépulcre, un instant soulevé, retomba pour jamais, abandonné par la main des Gaulois eux-mêmes, sur la Gaule expirée.

L’heure est vraiment venue de nous délivrer de ces vices de nos aïeux, - ils ne reparurent que trop dans les fatales discordes de la Révolution ; on croirait presque parfois, les entendre gronder sourdement au fond de certaines inexplicables et dangereuses querelles .

Obéissons enfin à l’appel de Vercingétorix : – « Que toute la Gaule soit unie !… et le monde entier ne pourrait la vaincre !… »

Jules Roche

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Et c’est ainsi que la Gaule, liée à Rome, dut subir le « karma » de son vainqueur. Elle fut la victime des erreurs politiques commises par des empereurs démagogues et sombra en même temps que l’Empire moribond….

Rien de nouveau sous le soleil

 

Laïcité

Laïcité

Par Raymonde Reznikov

Le 4 juillet 1905, le projet de la loi sur la séparation des églises et de l’Etat est votée par la Chambre des députés.

Votants : 574

Pour ….. 341

Contre … 233

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La Une du journal La Lanterne, daté du 5 juillet 1905

C’est la fin d’un grand débat qui avait commencé au moins 50 ans auparavant. En voici un exemple :

 

Marseillaise anticléricale

Ecrite par Léo Taxil à la veille des élections de 1881

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Léo Taxil

Allons ! Fils de la République

Le jour du vote est arrivé

Contre nous de la noire clique

L’oriflamme ignoble est levé (bis)

Entendez-vous tous ces infâmes

Croasser leurs stupides chants ?

Ils voudraient encore, les brigands,

Salir nos enfants et nos femmes

 

Refrain

Aux urnes, citoyens, contre les cléricaux !

Votons (bis) et que nos voix, dispersent les corbeaux.

 

Que veut cette maudite engeance,

Cette canaille à jupon noir ?

Elle veut étouffer la France

Sous l’éteignoir (bis)

Mais de nos bulletins de vote

Nous accablerons ces gredins

Et les voix de tous nos scrutins

Leur crierons : A bas la calotte

 

Quoi ! ces curés et leurs vicaires

Feraient la loi dans nos foyers !

Quoi ces assassins de nos pères

Seraient un jour nos meurtriers ! (bis)

Car ces cafards, de vile race,

Sont nés pour être inquisiteurs…

A la porte les imposteurs !

Place à la République ! Place !

 

Tremblez coquins ! cachez-vous, traîtres !

Disparaissez loin de nos yeux !

Le Peuple ne veut plus de prêtres ;

Patrie et Loi, voilà ses dieux. (bis)

Assez de vos pratiques niaises !

Les vices sont vos qualités.

Vous réclamez des libertés ?…

Il n’en est pas pour les punaises !

 

Citoyens, punissons les crimes

De ces immondes calotins ;

N’ayons pitié que des victimes

Que la foi transforme en crétins. (bis)

Mais les voleurs, les hypocrites,

Mais les gros moines fainéants,

Mais les escrocs, les charlatans…

Pas de pitié pour les jésuites…

Que la haine de l’imposture

Inspire vos votes vengeurs !

Expulsons l’horrible tonsure ;

Hors de la France, les Malfaiteurs !

Formons l’union radicale ;

Allons au scrutin le front haut :

Pour sauver le pays, il faut

Une chambre anticléricale.

 

Pour la petite histoire, il faut préciser que Léo Taxil, de son vrai nom, Gabriel Antoine Jogand-Pagès, après avoir été exclu de la Franc-Maçonnerie en 1882, retourna sa veste… En 1894, ce « mystificateur de génie » (Daniel Ligou), fut reçu en audience par le pape Léon XIII.

 

Parmi les combattants des premières heures, on trouve Gambetta et Emile Zola

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Léon Gambetta

Extrait d’un discours prononcé par Gambetta le 2 octobre 1872 :

 

Il reste un parti que vous connaissez assez bien, un parti qui est l’ennemi de toute indépendance, de toute lumière et de toute stabilité, car ce parti est l’ennemi déclaré de tout ce qu’il y a de sain, de tout ce qu’il y a de bienfaisant dans l’organisation des sociétés modernes ; cet ennemi, vous l’avez nommé, c’est le cléricalisme !…

Nous n’avons en face de nous qu’un ennemi, mais c’est un ennemi organisé, bien discipliné, ayant l’obéissance passive pour premier instrument, ayant l’argent qu’il soutire de toutes les sottises et de toutes les superstitions pour levier, avec une manière de procéder qui renverse tous les obstacles, parce qu’il n’a aucun scrupule, et enfin la haine de la société moderne, non seulement en France, mais dans le monde entier. Voilà l’ennemi !

(Discours et plaidoyers politiques, G. Charpentier, éditeur. Paris 1883.)

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Emile Zola

Emile Zola contre l’Eglise romaine

C’était l’Eglise qui, dans l’ombre, avec sa patiente tactique d’ouvrière tenace, avait repris un à un ces pauvres esprits enténébrés qu’on tâchait d’arracher à sa domination. Toujours, elle a compris la nécessité pour elle d’être la maîtresse de l’instruction, la maîtresse de faire à sa guise de la nuit et du mensonge, si elle voulait garder en servitude étroite les âmes et les corps. C’est sur le terrain de l’école qu’elle a lutté une fois de plus, d’une admirable souplesse hypocrite, allant jusqu’à se dire républicaine, usant des libres lois pour garder dans la geôle de ses dogmes les millions d’enfants que ces mêmes lois entendaient libérer…

L’Eglise continuait à cheminer sous terre ; l’éternelle besogne d’envahissement et d’asservissement se poursuivait sans une heure de repos ; les collèges de jésuites, des dominicains et autres communautés enseignantes peuplaient peu à peu de leurs élèves, de leurs clients, l’administration, la magistrature et l’armée, tandis que les écoles des frères et des sœurs dépossédaient les écoles primaires laïques…

Là était le danger mortel, si l’Eglise triomphante rejetait la France aux ténèbres et aux misères du passé, faisait d’elle une des nations déchues qui agonisent dans la misère et le néant dont le catholicisme a frappé toutes les terres où il a régné.

(« Vérité », Œuvres Complètes, tome XXXII, Editions Fasquelle, Paris, 1927-1929)

A l’heure où des cléricalismes venus de tous les horizons, semblent vouloir insidieusement dicter notre conduite, il est bon de se souvenir des luttes menées pour que nous puissions jouir de la liberté de vivre et de penser sans entrave.

 

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Commentaires

Cet article a été publié sur Facebook. Il a suscité un certain nombre de commentaires intéressants que j’aimerais partager.

Les participants à la discussion, sauf les habitués de ce blog, sont désignés par l’initiale de leur prénom.

Dgedge : Ah ça me rappelle les chants du troubadour Peyre Cardenal qui lui aussi a pondu pas mal de sirventès anticléricaux, et normal vu ce qui se passait à l’époque …

E…: Nous avons juste deux mille ans d’héritage chrétien.

R. R. : Pas beaucoup plus de 1600 ans, enfin pour ceux qui s’estiment héritiers…. C’est déjà trop pour les autres.

E…. : Mais il est bien là, c’est notre richesse, préservons-le.

Akhsak : Richesse des uns construite sur le malheur des autres

M.. : de quelle richesse parle t on ?

R.R. : Une richesse accumulée par des charlatans, dont heureusement le nombre diminue de jour en jour. Il faut simplement souhaiter que d’autres ne viennent pas occuper la chaise vide, si le terrain n’est pas défendu au nom de la loi.

M.. : ah de cette richesse là …….. ben oui le malheur des uns a fait le bonheur des autres .. Raymonde …. et surtout ils ont cautionné tous ces malheurs ..

E… : Ce qui s’impose, c’est de ne pas oublier nos racines chrétiennes, n’en déplaise…

R.R. : Pour ça, il faut l’être…. Les Bouddhistes, les Hindouistes, les agnostiques des diverses philosophies et les Athées n’en n’ont rien à cirer du xchristianisme. Et je n’ose pas évoquer ceux qui en ont tant souffert: Incas, Mayas, Cathares, Vaudois , prétendus hérétiques, et Juifs entre autres… la liste est longue.

E… : France, fille aînée de l’église, c’est pas moi…

Akhsah : Mais qui a décrété ça sinon l’église elle-même ? On a quand même gagné le droit de ne pas adhérer au remake des légendes d’Attis, d’Adonis, d’Osiris etc… Que des récits mythologiques, avec idoles peu ragoûtantes aient des adeptes, c’est ça la liberté, et il faut se battre pour garder cette liberté-là chèrement conquise. Mais, pitié, qu’on ne soit pas obligé de croire à toutes ses fables, en France comme ailleurs dans les pays dits civilisés.
Je sais qu’à la suite d’une déclaration comme celle-là, de Jean-Paul II, de nombreuses Français, baptisés sans leur accord, ont demandés à être rayés des listes… On trouve les formulaires sur le net.

E…: Préservons notre patrimoine chrétien et rendons hommage !

Les racines de la France sont essentiellement chrétiennes.

X.. : Rien à voir mais il faut lire « Le cimetière de Prague » d’Umberto Eco. Romance de la mystification et de la conversion de Taxil. Pour ce qui est de la France, que j’aime tant, à chaque fois que je remonte modestement ses racines, comme par exemple son Langage, je remonte bien au delà du Xristianisme. Peut être Ses racines sont elles plus profondes que l’on croit ?..

Et je rend hommage avec vous E…. A chaque souffle, à ma foi et surtout à ma République. Que l’on s’élève au delà des symboles, c’est mon rêve fou-;))

R.R. : E….: je suis d’accord avec vous pour ceux que cela concerne, les autres n’en n’ont que faire, même s’ils sont Français. Le principal est que nous puissions toujours pouvoir converser, même si nous ne sommes pas d’accord. Pour moi les racines de la France sont Celtiques, puis Gréco-romaines et germaniques.

Perahya : Ok, ok, les filles, calmons-nous, où est le problème? E… veut des hommages aux racines imposées par Rome de manière aussi tendre et respectueuse? Et alors! Moi je suis prête à le lui donner à en veux-tu en voilà! Je lève mon verre pour rendre hommage à la pédophilie et la castration institutionnalisées! A l’hypocrisie du célibat! Aux couvents devenus prisons pour toutes les femmes « rebelles »! Aux orphelinats irlandais, espagnols et sud-américains dont j’ai vu de mes propres yeux le sadisme maladif! Aux mains qui ont allumé les feux qui ont consumé des personnages comme Giordano Bruno! A l’extermination des tribus entières des indiens sud-américains dont on se demandait à la « Dispute de Valladolid » s’ils avaient une âme! A la technique de « la question » développée par la très sainte inquisition! A la technique de la délation perfectionnée par cette même inquisition! Aux bénédictions du pape aux armées fascistes lors du WW2! Aux massacres des sorcières et hérétiques! Aux conversions forcées des juifs! Au goût démesuré de domination et de pouvoir! A la politique dualiste de l’église qui d’un côté est pro-arabe et anti-juive à souhait et de l’autre nous la joue « défenseur des racines »! Aux autodafés qui ont brûlé des millions de manuscrits et d’oeuvres d’art! Il serait trop long de continuer à égrener les hommages dus à une aussi honorable institution, je finirai donc en levant mon verre à tous ceux, morts ou vivants, qui ont su résister à toute la corruption de la plus sanguinaire des idolâtries et ont réussi a ouvrir les yeux de certains d’entre nous contre ce géant aux pieds d’argile que l’on appelle la civilisation occidentale. A la vôtre!

G.. : Nos racines « s’enfoncent » bien avant le christianisme. Les vieilles religions de l’Europe, les Gaulois, Rome, les Germains… Le christianisme a néanmoins eu dans l’histoire de notre nation un rôle essentiel. Descendant de RPR et de FF :. je ne juge pas uniquement l’Eglise en fonction de ses crimes, cela serait trop manichéen.

K… : la haine n’a pas commencé avec le « repli communautaire » mais avec le mépris des auteurs du nt qui caricaturent et surtout diabolisent ceux qui refusent d’adorer le gugus; la haine continuait a être débitée par des condamnations à l’enfer et autres « hors de l’église point de salut »; le « rôle prépondérant » le xtianisme l’a gagné à force de poignet en détruisant et brûlant tout ce qui le contredisait, surtout des gens; d’ailleurs, E… n’est pas un nom très catholique, je dirais hellénique, à moins que l’église dans un élan oecuménique ait canonisé une belle E… nous prenant encore pour des poires; je me souviens qu’il était interdit dans les pays cathos de donner aux enfants des noms qui ne figuraient pas dans le calendrier des saints, alors pas étonnant le « rôle prépondérant » d’un système qui s’est donné des moyens répressifs et destructifs illimités pour dominer les corps et les âmes.

G.. : De nos jours l’Etat doit être laïc. Nous devons lutter contre le repli communautaire et la haine dans notre pays. Aimer la France et nous battre contre les financiers apatrides qui veulent asservir notre peuple. Eux et les extrémistes religieux sont de plus préoccupants ennemis qu’une Eglise qui agonise

K… : Les « financiers apatrides » fait partie du répertoire antisémite le plus connu et le plus lâche, donc il s’adresse à moi; bien que vous n’ayez pas le crin de le dire haut et fort; j’ai la chance de ne pas habiter en France mais en Israël avec toute ma famille, et ne vois aucune raison de gaspiller mon amour de votre côté; les extrémistes religieux musulmans, que courageusement vous ne nommez pas non plus, sont les seuls qui exigent l’application de leurs diktats religieux dans les institutions laïques françaises et dans ses rues; ils sont arrivés en France par la grande porte quoiqu’on prétende le contraire; ils s’y sont installés sans gêne d’une part à cause de la politique pro-arabe de la France, d’autre part à cause de la corruption sans oublier l’amour démesuré que l’on porte en France à tout celui qui se déclare antisémite; aucun de ces trois points n’est totalement étranger à l’église qui est, certes, agonisante mais pas autant que la France elle même; l’une et l’autre n’ont que ce qu’elles méritent.

G.. : J’ai des amis juifs ou musulmans, franchement non pratiquants comme moi, qui ont été agressés par des extrémistes religieux et cela je déteste. Je respecte la foi des autres, même si je ne suis pas croyant. J’aime mon pays et je peux concevoir qu’on aime Israël.

K… : moi, par contre, j’aime les gens franchement courageux comme moi, qui assument leurs idées sans faire appel à des amis juifs ni musulmans; des exemples des juifs agressés, en cherchant bien, je crois que moi aussi je pourrais apporter quelques uns car ils sont régulièrement publiés dans les journaux français; cependant, je ne vois nul besoin d’avoir des amis français ni curés pour dire haut et fort ce que je pense, en toutes lettres, en formulant clairement par moi- même sans clichés ni sous entendus; et si votre prochaine formule pour compléter celle des « financier apatrides » tourne autour du « complot judéo-maçonnique », ne vous fatiguez pas, je la connais déjà.

G.. : C’est reparti sur l’antisémitisme. Les juifs sont des financiers apatrides… ceux que je connais pas vraiment. Les Israéliens qui se battent pour leur nation sont des apatrides. Hier un ami israélien artiste vivant à Paris m’a demandé de le réintégrer parmi mes amis FB. Je l’avais viré car il n’a pas répondu à mes courriers. Même si cela vous déplaît je me fous de ses origines. Il aime la France et il est sympa.

K… : antisémitisme? ah bon? où ça? j’ai rien vu, moi! toutefois, je vous rappelle que la formule « financiers apatrides », assez connue au demeurant, ni celle des bons juif-musulmans- agressés- par- des- extrémistes ne venaient pas de moi; relisez-vous pour comprendre qui en est l’auteur; pour le reste je vais vous décevoir un tantinet mais vous ne m’avez pas du tout compris, alors je vous le redirais plus clairement encore :vos amis virés, réintégrés, juifs, financiers, religieux, agressés, curés, antisémites, pro-israéliens ou vendeurs de clous m’intéressent autant que ma première grenouillère, vous êtes passablement hors sujet.

G.. : Vous donnez une image négative de votre pays. Vous agressez les chrétiens. Vous me voyez ennemi des francs-maçons, mais c’est de la maladie mentale. J’ai parlé dernièrement pendant trois heures devant 180 FF :. et je viens de perdre deux amis Vénérables dont l’un était d’origines juives.

K… : le chantage à « l’image » négative ou positive de mon pays est le cadet de mes soucis et je préfère ne pas vous décrire l’image des français et de la France à l’étranger car aujourd’hui je suis de bonne humeur; si vous trouvez que j’agresse les xtiens, à moi par contre il me semble que c’est plutôt les xtiens qui ont agressé à tour des bras depuis 1700 ans et pas que les juifs d’ailleurs, mais ne vous inquiétez pas, comme vous dites chez-vous, D reconnaîtra les siens!; concernant vos amis juifs, maçons vénérables, conférencier ou autres, vous croyez que je dois redire ce que toute personne francophone aurait fini par comprendre? bon, si vous y tenez j’y vais : cher monsieur, je m’en fou royalement! vous êtes hors sujet!; est-ce que c’est clair maintenant?

R.R. : Que des extrémistes religieux venus d’ailleurs soient plus préoccupants que les derniers supporters des églises devenues incrédibles, c’est sûr. Quant aux financiers, que viennent-ils faire là ? Les plus dangereux ne sont pas « apatrides », ils ont tous un passeport de pays producteurs de pétrole… Et s’ils devaient financer quelque chose, ce serait des minarets et pas des synagogues.

Commentaires sur les citations de Gambetta et de Zola

Pérahya : ‎ »Le néant dont le catholicisme a frappé toutes les terres où il a régné »….et s’il n’avait frappé qu’avec le néant et pas avec le sang, les persécutions, les massacres, la terreur, le fanatisme, l’hypocrisie institutionnalisée, la pédophilie, etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc..

R.R. : Malheureusement, certains sont trop têtus pour reconnaître les évidences.

Ils ont surtout frappé avec le mensonge fait dogme.

Pérahya : Ces malades fanatiques auraient frappé avec n’importe quel autre mensonge pourvu de dominer le monde. J’ai vécu au Brésil un certain temps et à côté des idoles que l’on connaît en Europe et qu’ils appellent « saints » ils mettent des idoles noires africaines que les esclaves noirs avaient apportées avec eux d’Afrique. Il n’y a absolument aucune contradiction entre eux, pourvu que les gens se soumettent à leur idolâtrie officielle tout est bon pour l’église et tout se tolère sans aucun inconvénient.

 

 

 

 

 

Une croix lourde à porter

Les Boni-menteurs

Par Neutrinos

Heureux les pauvres en esprit

Car ils gobent  ce qu’on leur balance

Très vite ils rassasient leur panse

Grâce au bla-bla des « boni-menteurs »

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La semaine dite « pascale » vient de se terminer. Les lapins en chocolat fondent dans les vitrines. Les gosses ont l’estomac barbouillé. Les cloches ne sont pas toutes celles qu’on pense….

Retour sur les origines d’un mythe par citations des textes. L’ultime mésaventure du héros de l’histoire débute lors d’une hypothétique Pâque juive.

Quatre témoins, « dignes de foi« , comme nous pourrons le constater, sont appelés à la barre : on les a appelés Matthieu (Mt), Marc (Mc), Luc (Lc) et Jean (Jn).

Les multiples auteurs du feuilleton qui ont œuvré sur plus de quatre siècles, n’ont tenu aucun compte de la réalité historique et ont méprisé à la fois les lois juives en vigueur à l’époque présumée des faits, mais aussi les lois romaines. Le  sinistre héros a été condamné selon le rituel des Sacées babyloniennes.

Voir:

http://montseguraucoindestemps.unblog.fr/2009/10/28/les-sacees/

 

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(cliquer pour agrandir)

Question : à quel moment a débuté le psychodrame ?

Pour Mt XXVI, 1-19, Mc XIV, 11-23 et Luc XXII, 7-20 :

« Le premier jour des Azymes » (Pâque)

Jn XIX, 14 et 31 n’est pas d’accord :

«  C’était le jour de la Préparation de la Pâque »,

C’est-à-dire la veille. Les recherches guidées par l’astronomie ont montré que ce n’était sûrement pas la même année non plus. De plus son personnage n’avait pas le même âge: environ une cinquantaine d’années, alors que celui décrit par ses confrères avait 33 ans, sinon moins… (Un personnage né lors du recensement de Quirinius ne pouvait avoir que 23 ans l’an 15 du principat de Tibère; un détail généralement passé sous silence).

Note au passage: 50 (49) et 33 sont des nombres associés aux cycles luni-solaires

Seconde question : le condamné a-t-il bu et quoi ?

Mt XXVII, 34 : « Ils lui donnèrent à boire du vin mêlé de fiel ; il en goûta et n’en voulut point boire »

Mc XV, 23 : « Et ils lui donnèrent du vin mêlé de myrrhe, mais il n’en prit pas. »

Lc XXIII, 36 : « Les soldats… s’approchant pour lui présenter du vinaigre »

Jn XIX, 29-30 : « une éponge imbibée de vinaigre…. »

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Troisième question : deux voleurs faisaient partie de la même charrette ; ont-ils cru en lui ?

Mt XXVII, 43-44 : « Il a bien dit : je suis le fils de dieu. Même les brigands crucifiés avec lui l’outrageaient de la sorte. »

Mc XV, 32 : « Même ceux qui étaient crucifiés avec lui l’outrageaient. »

Lc XXIII, 29-39-42 : » L’un des deux malfaiteurs suspendus à la croix l’insultait….. ». Par contre le second déclare : « souviens-toi de moi, quand tu viendras dans ton royaume. »

Jn n’évoque même pas cette anecdote.

Note: Et le rédacteur de « Jean » a raison. Son texte écrit plus tardivement, ou par les dirigeants d’une branche de la secte plus cultivée, a tenu compte, en partie, de possibles critiques. Jamais des condamnés, politiques ou de droit commun, n’auraient été exécutés durant la période la plus sainte de l’année à Jérusalem, même par le pouvoir romain.

Le passage concerné prouve, une fois de plus, l’invraisemblance de toute l’aventure en question. Il faut être complètement ignare, ou de très « mauvaise foi », pour ne pas le reconnaître. Il faut être un charlatan pour continuer à propager le mythe.

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cereales.lapin.org

Quatrième question : les dernières paroles prononcées par le condamné.

Mt XXVII, 46 et Mc  : « Eli, Eli,lema sabachtani »

Looooooooool, et MDR, comme on dit sur Facebook. Il s’agit d’une approximation minable du verset 2 du psaume 22 qui dit exactement: ALY ALY LaMaH ÂZaBThaNY,

  אֵלִי אֵלִי  לָמָה עֲזַבְתָּנִי

Phrase que les traducteurs ont tenté de récupérer par un « c’est-à-dire » embarrassé….

Lc XXIII, 46 ignore superbement le psaume de David, il n’a eu vent que de:

« Père, je remets mon esprit entre tes mains. »

Avec un tel « Père », Luc aurait pu éviter sa généalogie bidon du chapitre III

Jn XXIX, 30 :

 « Tout est achevé » (le vinaigre est probablement resté en travers de la glotte)

A propos du vinaigre, il faut noter qu’en hébreu ce mot ‘HMTs, est formé des mêmes lettres que celui qui veut dire « levain » ; produit dont il faut se débarrasser durant la période de la Pâque ; tout un programme !

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La déesse Cybèle, amante de Attys, dieu qui meurt et ressuscite au printemps, était représentée coiffée de tours et de remparts…

Cinquième question : Quand les aromates pour l’embaumement furent-elles préparées ?

Mt n’en parle pas

Pour Mc XVI, 1 : » Quand le sabbat fut passé, Marie de Magdala, Marie, mère de Jacques et Salomé achetèrent des aromates… »

Notons que, en hébreu, le mot Magdala signifie une tour. Marie de Magdala, c’est Marie Latour. Il était inutile d’en faire une Madeleine.

 Lc XXXIII pose un problème de cohérence. Pour lui, nous l’avons vu à la première question, l’affaire se règle lors du jour des Azymes (Pâque) : arrestation, jugement, condamnation et mise à mort ; une totale impossibilité factuelle, voir :

http://montseguraucoindestemps.unblog.fr/2010/03/31/de-paque-a-paques  

Chez les Hébreux comme chez les Celtes, le jour commence le soir au coucher du soleil. Or, au verset 54, pour ce chroniqueur fidèle, plus question de fête des Azymes, au cours de laquelle aucun travail ne doit être effectué, mais il dit :

 « C’était le jour de la Préparation, et déjà pointait le sabbat »

Donc, ce n’est plus le samedi soir que Marie Latour et ses copines s’occupent des aromates, mais le vendredi en pleine fête. Et l’étourdi en rajoute une couche en disant :

« Et le sabbat, elle observèrent le repos prescrit »

Que dit le dernier chroniqueur  (Jn XIX, 39) ?

« Nicodème vint aussi….. Il apportait un mélange de myrrhe et d’aloès, d’environ cent livres. »

Plus question de ces dames! A leur place apparaît un jeune homme qui aura son heure de gloire au Moyen-Âge, et notre correspondant sur les lieux prend soin de préciser qu’il est un témoin fiable :

« Celui qui a vu en rend témoignage, -un authentique témoignage, et celui-là sait qu’il dit vrai, – pour que vous aussi vous croyiez. Car cela est arrivé pour que s’accomplît l’Ecriture : »

Et là-dessus, il vous assène une citation de SheMWTh (Exode) XII, 46, en traduction de traduction, et complètement sortie de son contexte, sans s’apercevoir, en plus, que tout ce qu’il vient de raconter contredit formellement les prescriptions du chapitre en question.

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Résurrection

La suite du triller est de la même veine.

Selon Matthieu: les copains quittent Jérusalem pour la Galilée, parce que l’ange leur a demandé (28, 7 et 10), ils doivent rencontrer le ressuscité « sur la montagne » (28, 16-17).
Pour Luc (24, 49-51): tout le monde reste à Jérusalem, et le héros de la saga se montre à deux reprises, mange du poisson grillé, demande à ses amis de rester sur place avant de les entraîner vers Béthanie et de disparaître au ciel.
Au chapitre 20, Jean présente deux apparitions en ville et une en Galilée, mais au bord du lac de Tibériade qui n’a rien d’une montagne. C’est d’ailleurs là (ch. 21) que la joyeuse bande va se livrer à la célèbre partie de braconnage qui se terminera en barbecue. Le thème de « La pêche miraculeuse » en termes semblables, avait déjà été utilisée par Luc (ch. 5) lors du recrutement des disciples ; plagiat !
Quant à Marc (16, 9-20), il propose un melting-pot d’éléments empruntés aux trois autres..

La mise au tombeau

D’après les quatre chroniqueurs, tous d’accord pour une fois, ce serait un certain Joseph d’Arimathie qui aurait mis le cadavre dans son tombeau. Trop beau, la contradiction se cache ailleurs en Actes 13, 27-29:

« les habitants de Jérusalem et leurs chefs… ils l’ont descendu de son bois et mis au tombeau. »
Le nom de Joseph d’Arimathie, autre vedette avec Nicodème des contes du Moyen-Âge, a été forgé sur les mots A’HaRY MWTh (après la mort). Il est affligeant de lire les efforts d’imagination déployés pour tenter de masquer cette simple évidence.

Retour à la revue de détail et question six

Le dimanche, premier jour de la semaine, les personnages de la saga se précipitent au tombeau… Le soleil était-il déjà levé ?

Mt XXVIII, 1-2 : « Après le jour du sabbat, comme le premier jour de la semaine commençait à poindre, « Marie Latour » et l’autre Marie vinrent visiter le sépulcre. Et voilà qu’il se fit un grand tremblement de terre…. » (dont curieusement personne d’autre n’a parlé).

A Jérusalem, du temps de Pilate, comme aujourd’hui, le premier jour de la semaine commence à poindre le samedi soir à la lumière des étoiles.

Pour Mc XVI, 2 : Salomé accompagne ses amies et le trio débarque :

« Et de grand matin, le premier jour de la semaine… »

Pour Lc XXIV, 1 ces dames sont matinales, elles arrivent:

« Le premier jour de la semaine à la pointe de l’aurore… »

Pour le témoin fiable qui imagine des évènements historiques à l’aide de textes en traduction, seule Marie Latour :

 « se rend de bonne heure au tombeau, alors qu’il faisait encore sombre ».

Septième question et récapitulation

Combien de curieuses et curieux allèrent bader ?

Pour Mt et Mc : deux

Pour Lc : Des femmes venues de Galilée, au moins trois dont une certaine Jeanne

Pour Jn : Marie Latour seulement

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Question huit : Combien d’anges (ou d’extraterrestres ) traînaient sur les lieux ?

Pour Mt XXVIII, 2 : Un seul qui vient rouler la pierre. Au verset 4, il fait peur aux gardes missionnés par Pilate.

Pour Mc XVI, 3 à 7 : Pas d’ange, juste un jeune homme

Pour Lc XXIV, 4 : Deux hommes bien sapés

Pour Jn XX : ça se complique. Pour commencer, Marie Latour ne voit personne. Elle revient avec Simon-Pierre et un autre disciple. Tous rentrent dans le tombeau et ne voit rien.

Marie Latour, restée seule se met à pleurer, d’où son surnom de Madeleine.  Elle voit deux anges dans le tombeau, se retourne et aperçoit le mort qu’elle prend pour un jardinier (peut-être un employé communal chargé du cimetière)… Se reporter au chapitre en question pour bien suivre les péripéties du feuilleton.

 

Les quatre chroniqueurs divergent ensuite complètement sur le déroulement des évènements.

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.

 

Guillaume de Nogaret à Calvisson

Des Trencavel à Guillaume de Nogaret

 

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Situé dans la Vaunage (Vallis Anagia), entre Nîmes et Sommières, Calvisson fut peuplé dès la préhistoire. On y trouve également des vestiges de l’époque gallo-romaine, la colline regarde l’oppidum celtique de Nages. Mais c’est surtout à partir du XIe siècle que ce village entre dans l’histoire.

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Le castrum de Calvisson, Castrum Calvitionis, a d’abord appartenu aux vicomtes de Nîmes, d’Albi, Carcassonne, Razes, et Agde. C’est à partir du vicomte Raymond-Bernard, vers la fin du XIe siècle, que ceux-ci seront surnommés Trencavel.

En 1121, Bernard-Aton V donna le domaine de Calvisson en dot à sa fille Ermessinde pour son mariage avec Rostaing de Posquières. Rostaing était le beau-frère du comte de Toulouse Alphonse Jourdain, qui avait épousé sa sœur Faidide. Faidide sera la mère du comte Raimond V.

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Ruines du château

En 1179, le domaine passa dans les biens de la famille des Gaulcem de Lunel, sous la suzeraineté du comte de Toulouse Raimond V.

En 1293, Rosselin II de Lunel, sans héritier direct, le légua à un neveu par alliance, c’est alors que le roi de France Philippe le Bel, successeur des comtes de Toulouse, le confisqua à son profit.

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Plaque (presque d’époque) sur le chemin

 

Guillaume de Nogaret

Guillaume de Nogaret, le tombeur des Templiers, était originaire de Saint-Félix-de-Lauragais. Son grand-père, un Cathare, fut condamné pour hérésie, et les biens de la famille furent confisqués. On a prétendu que cette condamnation faisait suite à une dénonciation venue de Templiers.

Après des études de Droit à Montpellier, Guillaume de Nogaret entra au service du roi Philippe le Bel.

En juillet 1304, après l’affaire d’Agnani, le roi récompensa son légiste qui venait de « tarter » le pape Boniface VIII, de son gantelet de fer, causant peut-être ainsi sa mort un mois plus tard.

Le roi offrit donc à son ministre zélé, divers biens en Languedoc parmi lesquels le Château de Calvisson, pour les signalés services rendus.

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Le souterrain du château

 

Pour en savoir plus voir :

http://www.gerard-verhoest.com/nogaret.htm

 http://calvisson.blogs.midilibre.com/archive/2011/02/11/ils-ont-juge-guillaume-de-nogaret.html

 http://akhsahcalebunblogfr.unblog.fr/2011/03/30/benjamin-de-tudele-a-lunel/

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Anciens remparts

 

 

Karma ?

Le Karma de l’Histoire

Par Raymonde Reznikov

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Carte du Moyen-Orient, mideastweb.org

« Le christianisme est à nouveau la religion la plus persécutée au monde. Des chrétiens qu’on égorge çà et là, des communautés religieuses persécutées en Chine, au Bangladesh, en Inde, au Vietnam, en Indonésie, en Corée du Nord. Bref, là où les chrétiens sont minoritaires, là s’y déclenchent les haines meurtrières, surtout en pays musulmans. Sur les lieux même où le christianisme prit naissance, rayonnant jadis sur tout le Moyen-Orient, d’ancestrales manières se perpétuent : attentats, crimes, viols et tortures. En Arabie Saoudite, le culte chrétien est puni de mort. En Turquie, les anciennes communautés chrétiennes, antérieures à l’islam, sont amenées à disparaître (histoire, culture, corps et âmes). En Egypte, les coptes ; au Liban, les maronites, forcés d’émigrer en Occident. En Irak, harcèlement incessant des communautés chrétiennes jusqu’à leur disparition. Partout et en tous lieux, églises attaquées et brûlées, prêtres assassinés… »

Voilà ce qu’écrivait récemment un pasteur sur le site libertyvox.com. Et ce religieux réformé, scandalisé mit en tête de son réquisitoire une citation du supposé évangéliste Luc, un témoin aux affirmations plus que douteuses. Un Luc qui ne sait même pas qu’un bébé né sous le recensement de Quininius ne peut pas avoir 30 ans lors de la 15e année du principat de Tibère, c’est à dire 22 ou 23 ans plus tard ; un chroniqueur qui en plus se contredit dans ses divers écrits. Quelle référence!

Des chrétiens persécutés ? Il s’agit là de chrétiens orientaux, les descendants de ceux qui, il y a 1600 ans, ont voulu effacer à jamais toutes traces des autres cultes et croyances auxquels le christianisme avait tant emprunté.

Persécution

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Adonis

Voici à ce sujet un témoignage, celui écrit en 1904 par Charles Vellay, dans « Le culte et les fêtes d’Adônis-Thammouz » publié dans les Annales du musée Guimet :

La persécution, ou plutôt la véritable campagne militaire menée contre les derniers fidèles du culte d’Adonis eut lieu, à plusieurs reprises, vers la fin du IVe siècle et le commencement du Ve. Déjà Constantin avait englobé le culte d’Adonis dans les diverses pratiques païennes dont il avait ordonné l’abolition ; mais cette pratique avait été de peu d’effet, et il avait suffi du court règne de Julien pour restaurer le culte d’Adonis dans toute sa gloire.  Après la mort de Julien, (tué par un chrétien), dans les dernières années du IVe siècle, plusieurs évènements vinrent disperser et détruire les derniers vestiges du culte giblite. En 399, les évêques réunis au cinquième concile de Carthage demande à l’empereur d’ordonner la destruction des temples que les païens avaient édifiés dans des lieux déserts et dans les retraites de montagnes, notamment au Liban, et où s’étaient réfugiés les derniers mystères d’une religion mourante : Templa quae in agris in locis abditis constituta nullo ornamento sunt, jubeantur omnimo destrui. La même année, l’empereur Arcadius rend un décret où il est dit : Si qua in agris templa sunt, sine turba et tumultu diruantur ; his enim dejectis atque sublatis, omnis superstitionis materia consumetur. Ces mot sine turba et tumultu diruantur montrent combien on pouvait encore redouter quelque mécontentement populaire, et combien, par conséquent, l’amour du vieux culte local demeurait encore vivant au fond des âmes.

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Jean Chrysostome (Wikipedia)

 Jean Chrysostome

Mais c’est à Jean Chrysostome qu’il faut rapporter la brutale persécution qui eut lieu en Syrie contre les derniers cultes païens. L’historien Théodoret dit catégoriquement, en parlant du Liban et de la Syrie :

« C’est l’évêque Chrysostome qui fit abattre les temples de cette contrée païenne, n’y laissant pas pierre sur pierre. »

En effet, sous l’impulsion de Jean Chrysostome, il s’était organisé en Syrie de véritables armées de moines pillards, fanatiques et violents, analogues à ceux qui devaient, quelques années plus tard, envahir Alexandrie sous la conduite de l’évêque Cyrille et massacrer Hypathie. (…)

Peu à peu, excités par les proclamations enflammées de Jean Chrysostome, qui voyait dans cette œuvre de destruction violente une sorte de mission céleste, les moines, auxquels se joignaient les nouveaux convertis, ravagèrent et détruisirent tous les édifices qui servaient à quelque culte païen.

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Alexandrie (antikforever.com)

A noter : les synagogues des Juifs faisaient également partie des édifices concernés. Il ne faut donc pas s’étonner de voir, 200 ans plus tard, les populations locales accueillir les soldats de l’Islam en libérateurs.

Les plagiats

La raison de cet acharnement destructeur ne doit rien à la spiritualité. Le véritable but était de faire disparaître pour toujours toutes traces des religions que le christianisme avait plagiées. Aux critiques formulées par les derniers philosophes païens, les pères de l’église rétorquaient que c’était le diable qui avaient plagié leurs saints mystères et leurs saintes écritures par anticipation. Cette puérile explication n’a pas convaincu le savant Charles Veullay qui, dans sa conclusion écrit :

Non seulement le christianisme a si habilement confondu ses cérémonies et ses mystères avec ceux des cultes antérieurs (…) mais encore il leur a, le plus souvent, emprunté leurs formules et leurs symboles : la résurrection du christ, les époques des fêtes chrétiennes, la concordance du mythe chrétien et des anciens mythes solaires, le sacrement du baptême, les divers symboles de la croix, de l’auréole, du poisson, etc., en somme, tout ce que l’on pourrait appeler l’architecture de la religion nouvelle a été, presque sans modification, transposé d’un monde dans l’autre.

Ajoutons à cela, le rituel des Sacées babyloniennes, source de l’épisode de la mort du héros, et la récupération du mythe des Vierges-mères, inséparables de leurs blanches colombes, et le tableau est complet.

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Photo reportage du Profesor Javaloyes

Devant des éléments aussi accablants, je voudrais qu’on m’explique pourquoi des charlatans persistent à vouloir faire croire que le héros du christianisme est un personnage historique ?

Tout se paie. « Sur les lieux même où le christianisme prit naissance », ses victimes du passé crient encore vengeance. Les persécutions d’aujourd’hui ne sont que le choc en retour des crimes de jadis ; mais les bourreaux d’aujourd’hui devront aussi un jour payer leurs forfaits.

C’est la Loi.

Revoir aussi les articles:

http://montseguraucoindestemps.unblog.fr/2009/10/28/les-sacees/

http://montseguraucoindestemps.unblog.fr/2010/06/14/tammouz-et-sirius/

Et « Chrétiens d’Orient »

http://montseguraucoindestemps.unblog.fr/les-archives-dakhsah/

 

 

FR3 à Montségur

« Passages » à Montségur

Samedi 19 mars à 15h 25 sur FR 3 Midi-Pyrénées

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Le Graal de Montségur

Ariège


Avant la seconde guerre mondiale, un obscur membre des SS s’est intéressé au château de Montségur dont il était persuadé qu’il s’agissait du mont Salvat, c’est-à-dire le lieu mythique où était caché le saint graal, la coupe qui recueillit le sang du Christ. Il parvint même à convaincre Heinrich Himmler de la présence du précieux calice dans les Pyrénées. Histoire incroyable, aussi farfelue qu’effrayante. Rentré bredouille, Himmler s’en ira planifier le plus grand massacre du 20 ième siècle.
En 1974 un anglais, historien et ésotérique part lui aussi, comme beaucoup d’autres chasseurs de trésors sur les traces de ces nazis chercheurs du graal. Nous avons retrouvé les bobines d’un magazine télé qui lui fut consacré. Leur visionnage que nous proposons en exclusivité dans ce numéro de Passages est édifiant.
Et puis , il y a aussi les extraterrestres.
Mais où se situe la vérité ? Ailleurs ou à Montségur ?

Réalisation : Eric Cherrière

 

http://midi-pyrenees.france3.fr/passages-midi-pyrenees-languedoc-roussillon/index.php?page=article&numsite=6440&id_article=15248&id_rubrique=6443

 

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