Archive pour juillet, 2011

La fourmi et la cigale

Aujourd’hui, 22 juillet,

Comme il pleut comme une madeleine

J’ai pensé à La Fontaine…

Par Pluto Chien

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Photo: Lison 09

La fourmi et la cigale

 

La fourmi ayant bossé tout l’été

Se trouva toute fourbue

Quand l’automne fut venu

 

Elle chercha de l’aspirine

Chez la cigale, sa voisine :

Des gélules, des comprimés,

Des pilules pour se soigner.

 

La cigale n’est pas stockeuse ;

Mais ce n’est pas un défaut…

Entrez donc vous mettre au chaud

Dit-elle à cette emmerdeuse.

C’est l’été, quand il fait chaud

Qu’il vous faut vous mettre à l’aise ;

Chanter, danser, à poil au bord de l’eau,

Le soleil sur votre dos,

Sera plus utile que fardeau.

 

Les remèdes, moi j’en rigole !

Je vous offre un apéro.

Mieux vaut se péter la fiole,

Que prendre du paracétamol.

 

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Fictions à Rennes-le-Château

A propos de L’Or du Diable

Une mise au point de Gérard de Sède

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En 1988, Gérard de Sède publia Rennes-le-Château, le dossier, les impostures, les fantasmes, les hypothèses.

En raison des interprétations rocambolesques, des thèses délirantes, que sa première enquête sur le sujet avait générées, cet écrivain de grand talent, à l’origine de toute l’affaire, avait jugé utile de présenter une sévère mise au point, étayée par de nouveaux éléments.

 En mars 1989, à l’occasion de la diffusion d’un feuilleton télévisé, issu d’un roman inspiré par ces thèses sans aucun fondement, Gérard de Sède envoya à la librairie Au Coin des Temps le courrier suivant:

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Très chers amis

Voici, en plusieurs exemplaires, le petit texte que m’a inspiré la lente ingestion de l’indigeste série télévisée « L’Or du Diable ». Non seulement elle est bien mauvaise, mais encore auteur et réalisateur en prennent vraiment trop à leur aise.

Ceci dit, cela plaira sûrement au public. Eh bien, tant pis !

Si mon bouquin était sorti après le feuilleton télévisé, j’y aurais sûrement ajouté ces deux feuillets.

Faites-en donc l’usage qui vous semblera le meilleur.

Je serai dans vos parages en avril. A tout bientôt, donc.

Très affectueusement comme toujours.

 

Voici donc le texte en question : A propos de l’Or du Diable

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FICTION OU ABUS DE CONFIANCE

Un romancier n’est pas tenu d’être un historien ; celui qui adapte un roman pour le petit écran pas davantage.

Dans la série télévisée « L’or du Diable », que viennent de diffuser la RTB-F puis FR 3, l’imagination coule à flots, et même déborde.

Ce pourrait être tout à la louange de l’auteur et du réalisateur, et nul ne songerait à leur en faire grief s’ils s’étaient installés franchement dans la fiction, où tout est permis.

Mais ce n’est point le cas. L’aventure qui leur sert de canevas a bien eu lieu, les personnages qu’ils mettent en scène ont bien existé, les noms sous lesquels on nous les présente sont bien les leurs, des familles les portent encore.

Dès lors, auteur et réalisateur devaient, ce me semble, quelques égards à leurs héros. C’est une question d’éthique et de respect pour le public. En effet, il est un peu trop commode de jouer sur les deux tableaux et de dire : « Je suis oiseau (historien), voyez mes ailes ; je suis souris (romancier), vivent les rats ! » On ne peut prétendre encaisser à la fois les dividendes d’une histoire vraie et ceux d’une œuvre d’imagination sans qu’il y ait tricherie quelque part.

Dans « L’or du Diable », faits et personnages sont un peu trop rudement malmenés.

Quiconque a pris la peine de s’informer sait que le trésor découvert par l’abbé Saunière le fut dans l’église de Rennes-le-Château et non pas dans on ne sait quelle caverne d’Ali Baba ; que ce trésor n’était nullement fabuleux, mais au contraire relativement modeste ; qu’il fut entièrement distribué à des amis dont les héritiers le possèdent encore ; que, par conséquent, ce n’est pas cette découverte qui peut expliquer en quoi que ce soit le soudain enrichissement d’un homme qui dépensa en moins de vingt ans très exactement l’équivalent de 20.079.455 francs actuels, ainsi qu’en font foi les documents comptables.

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Dans « L’or du Diable », Béranger Saunière, qui mourut en 1917, est manipulé par une toute-puissante société secrète, le Prieuré de Sion. Or ledit Prieuré de Sion, secte groupusculaire, n’a été fondé qu’en 1956 !

Inadvertances ? Non pas, car le romancier et le réalisateur ont beaucoup lu et se sont informés aux meilleures sources. C’est donc en pleine connaissance de cause qu’ils véhiculent des mythes, pour ne pas dire de flagrantes impostures ; quand on s’adresse à des millions de téléspectateurs, cela n’est pas inoffensif. Ils prennent ainsi le risque de concourir – sans le savoir, du moins on l’espère – à de grandes manœuvres de désinformation dont les inspirateurs et les buts ne sont pas difficiles à découvrir. La véritable aventure de l’abbé Saunière est pourtant assez insolite pour qu’il ne soit pas nécessaire d’en rajouter.

Mais il y a pire : c’est la désinvolture avec laquelle on attaque les réputations de personnages qui ne sont plus là pour se défendre. Ainsi, on va jusqu’à prétendre que Saunière offrit le château de Cabrières à Emma Calvé. Cette grande artiste, qui le paya, à grand peine, de ses deniers est présentée comme une femme entretenue, et de surcroît ingrate. L’on n’a apparemment pas songé que le souvenir de la cantatrice est perpétué par une association qui pourrait demander compte de ces calomnies devant un tribunal.

Les personnages secondaires ne sont guère mieux traités. Le Père Hoffet, par exemple, est dépeint comme un habitué des boîtes de nuit, ce qui prête à rire quand on a connu cet homme, austère jusqu’à la raideur, qui ne vivait que pour ses archives.

A condition de s’avouer comme telle, la fiction a, certes, ses droits, sauf celui de patauger en gros sabots dans les cimetières. Mais le public a, lui aussi, les siens, et en premier lieu celui de n’être pas abusé.

                                                                          Gérard de Sède

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Gérard de Sède et quelques amis lors de la présentation de son dernier livre à Rennes-le-Château

L’esprit Gaulois

Les Gaulois

Par Cûchulainn

Voici l’éditorial publié le samedi 17 mars 1917 par Jean Roche, Directeur politique de La République Française, journal fondé par Léon Gambetta.

Bien que notre pays ne soit pas « en guerre », en ce moment, il faut reconnaître que ce texte est toujours d’actualité, et pas seulement pour les supposés descendants de Gaulois….

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Le défaut de la race

Il m’était doux, récemment, de préciser ici les magnifiques qualités de notre race Gauloise, particulièrement de la branche « gallo-romaine », aux-quelles le monde entier rend aujourd’hui le plus glorieux et le plus légitime hommage ; – l’intérêt du « salut public » exige que nous reconnaissions aussi en toute clairvoyante sincérité les défauts du revers de notre médaille ethnique. Ils nous causèrent, dans notre histoire, trop souvent, bien des mots, et risqueraient d’être plus que jamais nuisibles, si nous ne savions prendre sans plus tarder l’énergique résolution de les vaincre.

Assurément, ils ne sont pas la seule explication de l’incontestable incohérence qui trouble notre situation politique ; elle ne s’explique que trop clairement par les vices de notre organisation des Pouvoirs Publics ; mais nos défauts de race jouent aussi leur rôle. Les circonstances nous empêchent invinciblement de changer, en ce moment, notre désastreux mécanisme constitutionnel, mais il dépend d’un simple effort de notre patriotisme, de notre libre volonté, de triompher sur l’heure de nos faiblesses psychologiques héréditaires personnelles.

Frappons-nous la poitrine, guérissons-nous de nos vices, mais attribuons cependant à nos aïeux la part de responsabilité qui leur revient dans le patrimoine moral que nous tenons d’eux-mêmes au  passif, comme à l’actif.

Rappelons-nous donc ce qu’ils furent aux jours les plus lointains de notre histoire ; par où ils furent, malgré leur incomparable courage, vaincus et asservis par les Romains : vous verrez que rien n’est changé !

Trait pour trait, nous sommes encore, après deux mille ans, ce qu’étaient les Gaulois, dont César décrivit les mœurs, livrant lui-même franchement le secret de ses victoires, qui se trouva bien plus encore dans les défauts de nos intrépides aïeux que dans la puissance de son génie

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Carte des tribus gauloises (lexilogos.com)

Ecoutez-le le « divin Jules », le triomphateur sans rival, dans son langage de conquérant philosophe :

« Dès qu’il eut appris ces événements – (il s’agit de la quatrième campagne, l’an 55 avant notre ère)- César, qui connaissait la légèreté des Gaulois et savait combien ils sont prompts à changer d’avis et avides de nouveautés dans la plupart des circonstances, estima qu’il ne fallait en rien se reposer sur eux. C’est, en effet, une habitude des Gaulois de forcer les voyageurs à s’arrêter partout où ils passent, et de demander à chacun d’eux de raconter tout ce qu’il a pu entendre dire, tout ce qu’il peut savoir sur quelque sujet que ce soit. Dans les villes mêmes, la foule entoure les colporteurs et les oblige de lui dire de quels pays ils viennent et quelles nouvelles quelconques ils y ont apprises.

Souvent, il suffit de l’impression que leur cause  ces récits, ces rumeurs, pour les déterminer à prendre les résolutions les plus importantes, dont ils ne tardent pas à se trouver forcés de se repentir, parce qu’ils se sont dirigés d’après les bruits les plus incertains, et que même, fort souvent, les personnes qu’ils ont interrogées, connaissant leurs goûts, leur ont répondu par des mensonges qui les flattent. Connaissant bien ces habitudes, César, ne voulant point s’exposer, etc.. »

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Dans bien d’autres passages de ses Commentaires sur la Guerre des Gaules, César revient encore sur cette légèreté des Gaulois, qu’il appelle même une « maladie », – infirmitatem Gallorum, l’infirmité des Gaulois, – et cognitâ Gallorum, infirmitate… C’est sous sa plume, une expression en quelque sorte proverbiale. En vérité, aurait-il aujourd’hui, le moindre changement à apporter dans son jugement ? Sommes-nous moins « légers », moins prompts à nous décider sur les apparences, moins mobiles dans nos impressions et dans nos projets, moins crédules, moins « badauds », moins faciles à tromper, moins aisément dupes des charlatans, des flatteurs, des fabricateurs de nouvelles ? Qui donc oserait le prétendre ?

Hélas ! les siècles ont passé : il ne nous ont rien appris !

Poursuivez la description psychologique des Gaulois par César. Que voyez-vous encore ?

L’esprit de discorde, de querelles locales, l’esprit de division poussé aux dernières limites.

« Dans la Gaule, – dit encore César, – ce n’est point seulement dans toutes les cités, dans tous les bourgs et dans tous les quartiers de ces cités et de ces bourgs, mais aussi presque dans chaque famille, qu’on trouve des factions….. »

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Cette profonde et incurable division fut une des plus cruelles faiblesses de la Gaule dans sa lutte contre l’invasion romaine, et Vercingétorix lui-même le constatait avec la plus saisissante éloquence dans l’appel qu’il adressait aux Gaulois, après la chute d’Avaricum (Bourges), pour les conjurer de s’unir dans la défense de la patrie commune :

« Ce n’est point par leur bravoure – s’écriait l’indomptable héros , - ce n’est pas dans une bataille rangée que les Romains ont remporté la victoire… Que toutes les cités gauloises s’unissent ! Que la Gaule tout entière ne poursuive que l’accomplissement d’un seul dessin, et quand elle sera d’accord, le monde entier ne pourra lui résister !… »

Vains efforts ! L’admirable chef ne put triompher du vice de sa race ; la Gaule entière n’entendit pas sa voix, et il dut succomber, entraînant l’indépendance nationale dans sa chute, devant la fortune de César !

Plus d’un siècle plus tard, Tacite, à son tour, constatait les mêmes défauts dans le caractère gaulois.

« Lorsque les Romains entrèrent dans les Gaules, - dit Cérialis aux Lingons, - ils vinrent à la prière de vos ancêtres, que fatiguaient les dissensions meurtrières…

On vous éblouit, aujourd’hui, des beaux noms de liberté et d’affranchissement, mais ces grands mots furent toujours l’artifice des ambitieux avides de dominer !… Il y eut toujours des factions et des guerres civiles dans les Gaules, jusqu’au jour où vous acceptâtes nos lois !… »

Bien plus, lorsque la lutte s’engagea entre Vitellius et Vespasien ; lorsque cent vingt-cinq ans après la conquête de César, les circonstances devinrent si favorables au soulèvement général des Gaulois pour la reconquête de leur liberté, les « députés » venus de toutes les cités se réunissent à Reims et délibèrent sur le parti à prendre.

Alors, de toutes parts, dans cette assemblée, que doit uniquement préoccuper l’indépendance nationale perdue, s’élèvent des rivalités et des querelles intérieures, jadis si funestes, se réveillent avec fureur les anciennes jalousies mortelles !

Lisez ce terrible compte rendu de la séance des Parlementaires de l’an 70 :

« Qui va conduire la guerre ? Qui donnera les ordres et les auspices ? Qui possédera, après le succès, le siège de l’empire ? Ils n’ont pas encore la victoire, et déjà la discorde les déchire : Tantôt, ce sont leurs alliances, tantôt leurs richesses et leurs forces, tantôt l’antiquité de leur origine, qu’ils font valoir avec vigueur. Enfin, dégoûtés d’avance de l’avenir, ils se résignent à préférer le présent… »

C’en fut fait ! Le couvercle du sépulcre, un instant soulevé, retomba pour jamais, abandonné par la main des Gaulois eux-mêmes, sur la Gaule expirée.

L’heure est vraiment venue de nous délivrer de ces vices de nos aïeux, - ils ne reparurent que trop dans les fatales discordes de la Révolution ; on croirait presque parfois, les entendre gronder sourdement au fond de certaines inexplicables et dangereuses querelles .

Obéissons enfin à l’appel de Vercingétorix : – « Que toute la Gaule soit unie !… et le monde entier ne pourrait la vaincre !… »

Jules Roche

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Et c’est ainsi que la Gaule, liée à Rome, dut subir le « karma » de son vainqueur. Elle fut la victime des erreurs politiques commises par des empereurs démagogues et sombra en même temps que l’Empire moribond….

Rien de nouveau sous le soleil

 

Laïcité

Laïcité

Par Raymonde Reznikov

Le 4 juillet 1905, le projet de la loi sur la séparation des églises et de l’Etat est votée par la Chambre des députés.

Votants : 574

Pour ….. 341

Contre … 233

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La Une du journal La Lanterne, daté du 5 juillet 1905

C’est la fin d’un grand débat qui avait commencé au moins 50 ans auparavant. En voici un exemple :

 

Marseillaise anticléricale

Ecrite par Léo Taxil à la veille des élections de 1881

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Léo Taxil

Allons ! Fils de la République

Le jour du vote est arrivé

Contre nous de la noire clique

L’oriflamme ignoble est levé (bis)

Entendez-vous tous ces infâmes

Croasser leurs stupides chants ?

Ils voudraient encore, les brigands,

Salir nos enfants et nos femmes

 

Refrain

Aux urnes, citoyens, contre les cléricaux !

Votons (bis) et que nos voix, dispersent les corbeaux.

 

Que veut cette maudite engeance,

Cette canaille à jupon noir ?

Elle veut étouffer la France

Sous l’éteignoir (bis)

Mais de nos bulletins de vote

Nous accablerons ces gredins

Et les voix de tous nos scrutins

Leur crierons : A bas la calotte

 

Quoi ! ces curés et leurs vicaires

Feraient la loi dans nos foyers !

Quoi ces assassins de nos pères

Seraient un jour nos meurtriers ! (bis)

Car ces cafards, de vile race,

Sont nés pour être inquisiteurs…

A la porte les imposteurs !

Place à la République ! Place !

 

Tremblez coquins ! cachez-vous, traîtres !

Disparaissez loin de nos yeux !

Le Peuple ne veut plus de prêtres ;

Patrie et Loi, voilà ses dieux. (bis)

Assez de vos pratiques niaises !

Les vices sont vos qualités.

Vous réclamez des libertés ?…

Il n’en est pas pour les punaises !

 

Citoyens, punissons les crimes

De ces immondes calotins ;

N’ayons pitié que des victimes

Que la foi transforme en crétins. (bis)

Mais les voleurs, les hypocrites,

Mais les gros moines fainéants,

Mais les escrocs, les charlatans…

Pas de pitié pour les jésuites…

Que la haine de l’imposture

Inspire vos votes vengeurs !

Expulsons l’horrible tonsure ;

Hors de la France, les Malfaiteurs !

Formons l’union radicale ;

Allons au scrutin le front haut :

Pour sauver le pays, il faut

Une chambre anticléricale.

 

Pour la petite histoire, il faut préciser que Léo Taxil, de son vrai nom, Gabriel Antoine Jogand-Pagès, après avoir été exclu de la Franc-Maçonnerie en 1882, retourna sa veste… En 1894, ce « mystificateur de génie » (Daniel Ligou), fut reçu en audience par le pape Léon XIII.

 

Parmi les combattants des premières heures, on trouve Gambetta et Emile Zola

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Léon Gambetta

Extrait d’un discours prononcé par Gambetta le 2 octobre 1872 :

 

Il reste un parti que vous connaissez assez bien, un parti qui est l’ennemi de toute indépendance, de toute lumière et de toute stabilité, car ce parti est l’ennemi déclaré de tout ce qu’il y a de sain, de tout ce qu’il y a de bienfaisant dans l’organisation des sociétés modernes ; cet ennemi, vous l’avez nommé, c’est le cléricalisme !…

Nous n’avons en face de nous qu’un ennemi, mais c’est un ennemi organisé, bien discipliné, ayant l’obéissance passive pour premier instrument, ayant l’argent qu’il soutire de toutes les sottises et de toutes les superstitions pour levier, avec une manière de procéder qui renverse tous les obstacles, parce qu’il n’a aucun scrupule, et enfin la haine de la société moderne, non seulement en France, mais dans le monde entier. Voilà l’ennemi !

(Discours et plaidoyers politiques, G. Charpentier, éditeur. Paris 1883.)

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Emile Zola

Emile Zola contre l’Eglise romaine

C’était l’Eglise qui, dans l’ombre, avec sa patiente tactique d’ouvrière tenace, avait repris un à un ces pauvres esprits enténébrés qu’on tâchait d’arracher à sa domination. Toujours, elle a compris la nécessité pour elle d’être la maîtresse de l’instruction, la maîtresse de faire à sa guise de la nuit et du mensonge, si elle voulait garder en servitude étroite les âmes et les corps. C’est sur le terrain de l’école qu’elle a lutté une fois de plus, d’une admirable souplesse hypocrite, allant jusqu’à se dire républicaine, usant des libres lois pour garder dans la geôle de ses dogmes les millions d’enfants que ces mêmes lois entendaient libérer…

L’Eglise continuait à cheminer sous terre ; l’éternelle besogne d’envahissement et d’asservissement se poursuivait sans une heure de repos ; les collèges de jésuites, des dominicains et autres communautés enseignantes peuplaient peu à peu de leurs élèves, de leurs clients, l’administration, la magistrature et l’armée, tandis que les écoles des frères et des sœurs dépossédaient les écoles primaires laïques…

Là était le danger mortel, si l’Eglise triomphante rejetait la France aux ténèbres et aux misères du passé, faisait d’elle une des nations déchues qui agonisent dans la misère et le néant dont le catholicisme a frappé toutes les terres où il a régné.

(« Vérité », Œuvres Complètes, tome XXXII, Editions Fasquelle, Paris, 1927-1929)

A l’heure où des cléricalismes venus de tous les horizons, semblent vouloir insidieusement dicter notre conduite, il est bon de se souvenir des luttes menées pour que nous puissions jouir de la liberté de vivre et de penser sans entrave.

 

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Commentaires

Cet article a été publié sur Facebook. Il a suscité un certain nombre de commentaires intéressants que j’aimerais partager.

Les participants à la discussion, sauf les habitués de ce blog, sont désignés par l’initiale de leur prénom.

Dgedge : Ah ça me rappelle les chants du troubadour Peyre Cardenal qui lui aussi a pondu pas mal de sirventès anticléricaux, et normal vu ce qui se passait à l’époque …

E…: Nous avons juste deux mille ans d’héritage chrétien.

R. R. : Pas beaucoup plus de 1600 ans, enfin pour ceux qui s’estiment héritiers…. C’est déjà trop pour les autres.

E…. : Mais il est bien là, c’est notre richesse, préservons-le.

Akhsak : Richesse des uns construite sur le malheur des autres

M.. : de quelle richesse parle t on ?

R.R. : Une richesse accumulée par des charlatans, dont heureusement le nombre diminue de jour en jour. Il faut simplement souhaiter que d’autres ne viennent pas occuper la chaise vide, si le terrain n’est pas défendu au nom de la loi.

M.. : ah de cette richesse là …….. ben oui le malheur des uns a fait le bonheur des autres .. Raymonde …. et surtout ils ont cautionné tous ces malheurs ..

E… : Ce qui s’impose, c’est de ne pas oublier nos racines chrétiennes, n’en déplaise…

R.R. : Pour ça, il faut l’être…. Les Bouddhistes, les Hindouistes, les agnostiques des diverses philosophies et les Athées n’en n’ont rien à cirer du xchristianisme. Et je n’ose pas évoquer ceux qui en ont tant souffert: Incas, Mayas, Cathares, Vaudois , prétendus hérétiques, et Juifs entre autres… la liste est longue.

E… : France, fille aînée de l’église, c’est pas moi…

Akhsah : Mais qui a décrété ça sinon l’église elle-même ? On a quand même gagné le droit de ne pas adhérer au remake des légendes d’Attis, d’Adonis, d’Osiris etc… Que des récits mythologiques, avec idoles peu ragoûtantes aient des adeptes, c’est ça la liberté, et il faut se battre pour garder cette liberté-là chèrement conquise. Mais, pitié, qu’on ne soit pas obligé de croire à toutes ses fables, en France comme ailleurs dans les pays dits civilisés.
Je sais qu’à la suite d’une déclaration comme celle-là, de Jean-Paul II, de nombreuses Français, baptisés sans leur accord, ont demandés à être rayés des listes… On trouve les formulaires sur le net.

E…: Préservons notre patrimoine chrétien et rendons hommage !

Les racines de la France sont essentiellement chrétiennes.

X.. : Rien à voir mais il faut lire « Le cimetière de Prague » d’Umberto Eco. Romance de la mystification et de la conversion de Taxil. Pour ce qui est de la France, que j’aime tant, à chaque fois que je remonte modestement ses racines, comme par exemple son Langage, je remonte bien au delà du Xristianisme. Peut être Ses racines sont elles plus profondes que l’on croit ?..

Et je rend hommage avec vous E…. A chaque souffle, à ma foi et surtout à ma République. Que l’on s’élève au delà des symboles, c’est mon rêve fou-;))

R.R. : E….: je suis d’accord avec vous pour ceux que cela concerne, les autres n’en n’ont que faire, même s’ils sont Français. Le principal est que nous puissions toujours pouvoir converser, même si nous ne sommes pas d’accord. Pour moi les racines de la France sont Celtiques, puis Gréco-romaines et germaniques.

Perahya : Ok, ok, les filles, calmons-nous, où est le problème? E… veut des hommages aux racines imposées par Rome de manière aussi tendre et respectueuse? Et alors! Moi je suis prête à le lui donner à en veux-tu en voilà! Je lève mon verre pour rendre hommage à la pédophilie et la castration institutionnalisées! A l’hypocrisie du célibat! Aux couvents devenus prisons pour toutes les femmes « rebelles »! Aux orphelinats irlandais, espagnols et sud-américains dont j’ai vu de mes propres yeux le sadisme maladif! Aux mains qui ont allumé les feux qui ont consumé des personnages comme Giordano Bruno! A l’extermination des tribus entières des indiens sud-américains dont on se demandait à la « Dispute de Valladolid » s’ils avaient une âme! A la technique de « la question » développée par la très sainte inquisition! A la technique de la délation perfectionnée par cette même inquisition! Aux bénédictions du pape aux armées fascistes lors du WW2! Aux massacres des sorcières et hérétiques! Aux conversions forcées des juifs! Au goût démesuré de domination et de pouvoir! A la politique dualiste de l’église qui d’un côté est pro-arabe et anti-juive à souhait et de l’autre nous la joue « défenseur des racines »! Aux autodafés qui ont brûlé des millions de manuscrits et d’oeuvres d’art! Il serait trop long de continuer à égrener les hommages dus à une aussi honorable institution, je finirai donc en levant mon verre à tous ceux, morts ou vivants, qui ont su résister à toute la corruption de la plus sanguinaire des idolâtries et ont réussi a ouvrir les yeux de certains d’entre nous contre ce géant aux pieds d’argile que l’on appelle la civilisation occidentale. A la vôtre!

G.. : Nos racines « s’enfoncent » bien avant le christianisme. Les vieilles religions de l’Europe, les Gaulois, Rome, les Germains… Le christianisme a néanmoins eu dans l’histoire de notre nation un rôle essentiel. Descendant de RPR et de FF :. je ne juge pas uniquement l’Eglise en fonction de ses crimes, cela serait trop manichéen.

K… : la haine n’a pas commencé avec le « repli communautaire » mais avec le mépris des auteurs du nt qui caricaturent et surtout diabolisent ceux qui refusent d’adorer le gugus; la haine continuait a être débitée par des condamnations à l’enfer et autres « hors de l’église point de salut »; le « rôle prépondérant » le xtianisme l’a gagné à force de poignet en détruisant et brûlant tout ce qui le contredisait, surtout des gens; d’ailleurs, E… n’est pas un nom très catholique, je dirais hellénique, à moins que l’église dans un élan oecuménique ait canonisé une belle E… nous prenant encore pour des poires; je me souviens qu’il était interdit dans les pays cathos de donner aux enfants des noms qui ne figuraient pas dans le calendrier des saints, alors pas étonnant le « rôle prépondérant » d’un système qui s’est donné des moyens répressifs et destructifs illimités pour dominer les corps et les âmes.

G.. : De nos jours l’Etat doit être laïc. Nous devons lutter contre le repli communautaire et la haine dans notre pays. Aimer la France et nous battre contre les financiers apatrides qui veulent asservir notre peuple. Eux et les extrémistes religieux sont de plus préoccupants ennemis qu’une Eglise qui agonise

K… : Les « financiers apatrides » fait partie du répertoire antisémite le plus connu et le plus lâche, donc il s’adresse à moi; bien que vous n’ayez pas le crin de le dire haut et fort; j’ai la chance de ne pas habiter en France mais en Israël avec toute ma famille, et ne vois aucune raison de gaspiller mon amour de votre côté; les extrémistes religieux musulmans, que courageusement vous ne nommez pas non plus, sont les seuls qui exigent l’application de leurs diktats religieux dans les institutions laïques françaises et dans ses rues; ils sont arrivés en France par la grande porte quoiqu’on prétende le contraire; ils s’y sont installés sans gêne d’une part à cause de la politique pro-arabe de la France, d’autre part à cause de la corruption sans oublier l’amour démesuré que l’on porte en France à tout celui qui se déclare antisémite; aucun de ces trois points n’est totalement étranger à l’église qui est, certes, agonisante mais pas autant que la France elle même; l’une et l’autre n’ont que ce qu’elles méritent.

G.. : J’ai des amis juifs ou musulmans, franchement non pratiquants comme moi, qui ont été agressés par des extrémistes religieux et cela je déteste. Je respecte la foi des autres, même si je ne suis pas croyant. J’aime mon pays et je peux concevoir qu’on aime Israël.

K… : moi, par contre, j’aime les gens franchement courageux comme moi, qui assument leurs idées sans faire appel à des amis juifs ni musulmans; des exemples des juifs agressés, en cherchant bien, je crois que moi aussi je pourrais apporter quelques uns car ils sont régulièrement publiés dans les journaux français; cependant, je ne vois nul besoin d’avoir des amis français ni curés pour dire haut et fort ce que je pense, en toutes lettres, en formulant clairement par moi- même sans clichés ni sous entendus; et si votre prochaine formule pour compléter celle des « financier apatrides » tourne autour du « complot judéo-maçonnique », ne vous fatiguez pas, je la connais déjà.

G.. : C’est reparti sur l’antisémitisme. Les juifs sont des financiers apatrides… ceux que je connais pas vraiment. Les Israéliens qui se battent pour leur nation sont des apatrides. Hier un ami israélien artiste vivant à Paris m’a demandé de le réintégrer parmi mes amis FB. Je l’avais viré car il n’a pas répondu à mes courriers. Même si cela vous déplaît je me fous de ses origines. Il aime la France et il est sympa.

K… : antisémitisme? ah bon? où ça? j’ai rien vu, moi! toutefois, je vous rappelle que la formule « financiers apatrides », assez connue au demeurant, ni celle des bons juif-musulmans- agressés- par- des- extrémistes ne venaient pas de moi; relisez-vous pour comprendre qui en est l’auteur; pour le reste je vais vous décevoir un tantinet mais vous ne m’avez pas du tout compris, alors je vous le redirais plus clairement encore :vos amis virés, réintégrés, juifs, financiers, religieux, agressés, curés, antisémites, pro-israéliens ou vendeurs de clous m’intéressent autant que ma première grenouillère, vous êtes passablement hors sujet.

G.. : Vous donnez une image négative de votre pays. Vous agressez les chrétiens. Vous me voyez ennemi des francs-maçons, mais c’est de la maladie mentale. J’ai parlé dernièrement pendant trois heures devant 180 FF :. et je viens de perdre deux amis Vénérables dont l’un était d’origines juives.

K… : le chantage à « l’image » négative ou positive de mon pays est le cadet de mes soucis et je préfère ne pas vous décrire l’image des français et de la France à l’étranger car aujourd’hui je suis de bonne humeur; si vous trouvez que j’agresse les xtiens, à moi par contre il me semble que c’est plutôt les xtiens qui ont agressé à tour des bras depuis 1700 ans et pas que les juifs d’ailleurs, mais ne vous inquiétez pas, comme vous dites chez-vous, D reconnaîtra les siens!; concernant vos amis juifs, maçons vénérables, conférencier ou autres, vous croyez que je dois redire ce que toute personne francophone aurait fini par comprendre? bon, si vous y tenez j’y vais : cher monsieur, je m’en fou royalement! vous êtes hors sujet!; est-ce que c’est clair maintenant?

R.R. : Que des extrémistes religieux venus d’ailleurs soient plus préoccupants que les derniers supporters des églises devenues incrédibles, c’est sûr. Quant aux financiers, que viennent-ils faire là ? Les plus dangereux ne sont pas « apatrides », ils ont tous un passeport de pays producteurs de pétrole… Et s’ils devaient financer quelque chose, ce serait des minarets et pas des synagogues.

Commentaires sur les citations de Gambetta et de Zola

Pérahya : ‎ »Le néant dont le catholicisme a frappé toutes les terres où il a régné »….et s’il n’avait frappé qu’avec le néant et pas avec le sang, les persécutions, les massacres, la terreur, le fanatisme, l’hypocrisie institutionnalisée, la pédophilie, etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc..

R.R. : Malheureusement, certains sont trop têtus pour reconnaître les évidences.

Ils ont surtout frappé avec le mensonge fait dogme.

Pérahya : Ces malades fanatiques auraient frappé avec n’importe quel autre mensonge pourvu de dominer le monde. J’ai vécu au Brésil un certain temps et à côté des idoles que l’on connaît en Europe et qu’ils appellent « saints » ils mettent des idoles noires africaines que les esclaves noirs avaient apportées avec eux d’Afrique. Il n’y a absolument aucune contradiction entre eux, pourvu que les gens se soumettent à leur idolâtrie officielle tout est bon pour l’église et tout se tolère sans aucun inconvénient.

 

 

 

 

 

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