Montségur: 16 mars 1244

Le Bûcher de Montségur

 

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Au lever du soleil (photo R. Reznikov)

Voici un article écrit en 1978 par Nicolas Reznikov dans la revue  L’Echo du Bouvier

 Les anniversaires des évènements de 1244 à Montségur

L’année 1244 est une année charnière pour l’Occitanie et aussi sans doute pour l’Occident en général ; cette période suscite aujourd’hui un intérêt vivant auprès de certains adeptes de souvenirs historiques.

Sans doute est-il bon que l’homme se tourne vers son passé pour puiser dans les leçons de l’histoire de quoi nourrir sa quête de progrès et marquer à l’occasion l’anniversaire d’un événement significatif dont l’écho résonne encore dans nos mémoires modernes.

Ces évènements ne manquent pas au XIIIème siècle, mais déterminer aujourd’hui leur (véritable) anniversaire n’est pas une opération évidente. Le problème provient de la réforme du calendrier qui eut lieu au XVIème siècle, réforme indispensable, mais dont la conséquence toute simple est que l’anniversaire d’un jour donné de 1244 ne peut tomber le même jour calendaire à notre époque, ou si on préfère, et par exemple, l’anniversaire du 16 mars 1244 ne peut tomber le 16 mars 1978… (ni le 16 mars 2011, ndlr).

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Photo R. Reznikov

En effet, en 1244, on utilisait le calendrier julien auquel on a substitué dans l’ex-empire romain le calendrier grégorien en 1582. Cela n’a pas pour autant supprimé totalement l’usage du calendrier julien qui est encore utilisé de nos jours par certaines églises et il y a à peine soixante ans, un grand pays comme l’empire de toutes les Russies utilisait encore officiellement le julien, bien qu’à cette époque l’écart entre le julien et le grégorien atteignait déjà 13 jours !

Qui a raison, qui a tort ? C’est le calendrier julien qui a tort et le grégorien (presque) raison. Quand nous disons « presque raison », c’est parce que le problème du calendrier s’apparente à celui de la quadrature du cercle, c’est à dire qu’il ne peut trouver qu’une solution approximative et jamais une solution à la fois mathématiquement juste et pratiquement applicable.

Tout le monde sait que le rayon et la circonférence d’un cercle sont incommensurables, de même le jour et l’année sont incommensurables, le mois et l’année sont incommensurables. Par conséquent, si l’on peut définir avec précision (une précision astronomique) l’une des deux grandeurs, la deuxième grandeur ne peut être mesurée qu’approximativement par la première. Le choix de la grandeur de base du calendrier caractérise une civilisation.

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(Futura-Sciences)

Ainsi la civilisation pastorale, et le nomadisme en particulier, a favorisé la création de calendriers courts basés sur le mois lunaire, et les musulmans ont encore aujourd’hui un calendrier lunaire. La civilisation agraire, dont l’Occident est l’héritier, a favorisé la conception de calendriers solaires ; l’année étant la durée naturelle d’un cycle agraire, et plus précisément l’année tropique, c’est à dire le retour du soleil au point vernal (équinoxe de printemps).

Mais alors, si l’année tropique peut être définie avec précision, le jour n’est pas une fraction entière de l’année, et inversement l’année n’est pas un nombre entier de jours. Cette constatation, les astronomes des civilisations agraires l’avaient faite depuis longtemps, et le problème consistait donc à donner une approximation en jour de l’année tropique.

Pour en revenir au cœur du débat, disons que le calendrier julien a défini l’année comme valant 365,25 jours, alors que la véritable durée de l’année tropique est de 365,2422 jours. La différence est faible, me direz-vous, mais suffisante pour qu’aujourd’hui le décalage atteigne 13 jours entre une date de l’année tropique et une date du calendrier julien .Le calendrier grégorien donne pour l’année une durée de 365,2425, ce qui est une approximation bien meilleure puisqu’on n’enregistre un écart d’un jour que tous les 3300 ans avec l’année tropique ; on peut dire que le calendrier grégorien rend assez bien compte du calendrier vrai.

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Photo de Magali Husson

16 mars 1244

L’écart entre grégorien et julien est actuellement de 13 jours. Mais cet écart est valable pour une période de 1978 ans. Quelle est la différence pour une période de 734 ans ? C’est à dire, quel est le décalage entre une date julienne de 1244 et la date en 1978 ?

Si on prend le 16 mars 1244 par exemple, on trouve par un calcul simple sept jours de décalage, du fait que 1244 était bissextile ; par conséquent l’anniversaire du 16 mars 1244 tombe le 23 mars en 1978.

On remarquera que l’on peut arriver au même résultat, c’est à dire dater avec précision un anniversaire, par les éphémérides astronomiques (ou astrologiques). En effet, il suffit de trouver le degré du passage du soleil à l’endroit précis de l’écliptique (ou du zodiaque) ce jour-là. Or le 16 mars 1244, le soleil était à 3° Bélier (2°50 exactement) ; en 1978, le soleil est à 3° Bélier le 23 mars (ce n’était pas le cas en 1977).

Ainsi, les calendriers humains peuvent se tromper ; le soleil dans sa course immuable autour de la terre (course apparente bien entendu) rectifie toutes les erreurs. Il partage exactement l’année en saisons, donne le rythme sans lequel aucune harmonie n’est possible.

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Solstice d’été dans le donjon, photo de Lison 09

On comprend dès lors l’importance des arrangements architecturaux de certains temples de l’antiquité et du moyen-âge, qui permettaient de connaître avec précision la date de passage du soleil aux équinoxes et aux solstices, à une époque où les horloges atomiques n’existaient pas, où le temps des éphémérides n’avait pas encore été inventé et où le temps astronomique paraissait être la meilleure mesure du temps, ce qui est effectivement satisfaisant  à l’échelle du système solaire, et pour la durée moyenne d’une civilisation humaine.

Cela étant, l’anniversaire véritable du 16 mars 1244 est tombé cette année le 23 mars, et vouloir l’ignorer, c’est faire preuve d’un entêtement digne de celui des inquisiteurs que connut Galilée.

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Orage sur Montségur (Lison-09)

Information pour ceux qui voudraient commémorer le véritable anniversaire du bûcher de Montségur

Par Raymonde Reznikov

En 2011, le soleil sera à 3° du signe du Bélier le 24 mars.

Dans le ciel du 16 mars 1244 soleil et planètes se présentaient ainsi:

Soleil : 2°50 Bélier

Lune : 11° Gémeaux

Vénus : 0° Bélier

Mercure : 6° Poissons

Mars : 8° Taureau

Jupiter : 2° Lion

L’aspect le plus remarquable est la conjonction Soleil / Vénus en trigone avec Jupiter.

L’astrologue André Barbault  a fait remarquer le fait que les armistices et les négociations de paix se situent de préférence lors d’aspects bénéfiques du soleil, de Vénus et de Jupiter, et en particulier lorsqu’il y a soit triple conjonction, soit une conjonction du soleil avec un des deux astres en trigone ou sextil avec le troisième…

André Barbault : Le pronostic expérimental en astrologie, Payot 1973 (page 94)

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Photo R. Reznikov

 

 

 

 

 


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