Célèbres plagiaires

De Thomas d’Aquin à Jean de Lugio

Par Raymonde Reznikov

Aujourd’hui, 28 janvier, le très laïc calendrier des P. et T. fête Thomas d’Aquin (XIIIè siècle). L’angélique dominicain aurait du être promu Saint Patron des plagiaires. Les érudits sur le sujet préfèrent le dire « influencé ». En effet, ce personnage et l’admirâââble  Eckhart, ont pompé et reproduit des passages entiers d’œuvres d’auteurs arabes et juifs d’El Andaluz : Avicenne, Averroès, Maimonide entre autres.

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Averroès

Il est vrai qu’à l’époque le système des droits d’auteur n’existait pas, et les moyens de reproduction des textes se limitaient à la recopie dans les monastères. Et malheur à l’imprudent qui aurait osé signaler les plagiats de telles autorités reconnues. Les inquisiteurs (dominicains comme Thomas)  auraient vite réduit cet hérétique bavard au silence pour connaissance d’œuvres interdites à la lecture…

Parmi les illustres plagiaires médiévaux, portés aux nues par des charlatans qui n’en ont jamais lu une ligne, il faut également signaler Raymond Lulle (XIVè siècle), dont le thème du Liber del gentil e los tres savis a été très très fortement inspiré du Kuzari de Juda Halévi. Le même thème sera d’ailleurs repris au XVIè siècle par Johann Reuchlin.

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Manuscrit de Ibn Gabirol (enciclopedia-aragonesa.com)

Mais ces Gloires usurpées ne furent pas les seules à pratiquer l’emprunt. En effet, dans Le Livre des deux Principes du cathare lombard Jean de Lugio (XIIIèsiècle) on retrouve des passage entiers, mot pour mot, du Livre de la Source de Vie de Salomon Ibn Gabirol (XIè siècle). Affaire à suivre prochainement avec les citations….

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Page du Livre des deux Principes

 

Le 2 février, le lendemain de la fête celtique de Imbolc et la veille du Nouvel An chinois, le calendrier des P. et T. signale une « présentation du seigneur ». Quel seigneur ? Je pensai que la France était une République… Il est vrai que nos services postaux sont maintenant privatisés.

Note sur Raymond Lulle

En 1295, Raymond Lulle écrit un poème , Desconort, le Découragement. Comme dans l’ouvrage cité ci-dessus, le thème est emprunté, non pas à un Juif mais à un Musulman cette fois. El desconort est un démarquage du Hayyben Yaqdhân (les secrets de la philosophie illuminative) du philosophe Ibn Thofail (1100-1185)…

Et puis, que pensez d’un individu qui, soudain touché par la grâce, abandonna son foyer et ses enfants ? L’épouse abandonnée, Blanche Picani, devra demander secours au bayle de Majorque…

 

 


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