Montségur à vendre ?

Montségur est-il à vendre ?

Le vendredi 24 octobre 1969, à la rubrique « Loisirs », on pouvait lire dans le quotidien régional, La Dépêche, l’article suivant :

Haut lieu de l’hérésie cathare

Montségur est à vendre dix millions

(De notre correspondant particulier Bernard Marchetti)

Le château de Montségur est à vendre. C’est ce que nous a confirmé M. Roger Couquet, maire de ce petit village des Pyrénées ariégeoises.

Pour le visiteur non averti, cette offre ne doit guère présenter d’intérêt, car le château, ce n’est plus que des ruines accrochées au haut d’un rocher, un « pog » comme ont dit dans le pays à l’écart du bourg. On peut être assuré cependant que la commune de Montségur, propriétaire de ces vieilles pierres ne les cèdera pas à vil prix…

Le château de Montségur représente en effet un trésor historique inestimable.

N’est-ce pas dans ces vieilles murailles que s’est joué l’un des drames les plus « atroces » et les plus « fascinants » de l’histoire du catharisme ?

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Dans son livre « Citadelles du Vertige » un des meilleurs connaisseurs de tout ce qui touche aux cathares, Michel Roquebert, s’interroge :

« Montségur fut-il un temple solaire ? Les cathares y ont-ils gardé le Saint Graal ? Dans ces lieux hantés de spiritualité, sommes-nous au point de jonction de la légende et de la réalité ? »

Après avoir été pendant quarante années la proie de l’hérésie cathare, la citadelle est devenue bûcher et tombeau de ces irréductibles qui préférèrent mourir par le feu plutôt que de renier leur foi.

Après le grand concile catholique de Béziers qui, en avril 1243, avait décidé une opération militaire pour détruire « la synagogue de Satan », une armée de 6.000 hommes devait s’attaquer à Montségur où s’étaient réfugiées quelque 600 personnes réunies autour de l’évêque Bertrand Martin et parmi lesquelles il y avait une vingtaine de chevaliers, autant d’écuyers et une centaine de sergents d’armes.

Un siège implacable allait durer dix mois et finalement, le 1er ou le 2 mars 1244, les défenseurs se trouvaient contraints de capituler. Deux cent quinze furent brûlés sur un lieu portant depuis le nom de Prat des Cramats (Pré des Brûlés).

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Durant la saison d’été, nous a dit le maire, des milliers de visiteurs défilent. Notre village est véritablement envahi en permanence, surtout par des étrangers, venant des pays nordiques… Mais malheureusement, ils ne font que passer car nous n’avons rien pour les retenir chez nous.

Montségur est un village montagnard pauvre, très pauvre. Les habitants sont vieux et ils n’ont ni l’envie ni les moyens d’entreprendre quoi que ce soit pour créer l’équipement dont ils auraient besoin pour recevoir leurs visiteurs. C’est dans ces conditions que le conseil municipal a pris la décision de mettre le château en vente

Si nous parvenons à le vendre bien, nous a dit encore M. Roger Couquet, avec le milliard d’A.F. que nous comptons en retirer, nous pourrons mettre en place des installations d’accueil (gîtes ruraux, bibliothèque, salles de réunion pour séminaires et colloques sur le catharisme, terrains de jeux, etc..), aménager des voies d’accès à Montségur… Etant entendu que le château nous restera puisque, étant classé monument historique, l’acheteur éventuel serait tenu de le préserver et en tout cas d’en permettre la visite.

Des amateurs se sont déjà manifestés. Notamment des Allemands, dont un industriel bavarois qui, tous les ans, vient à Montségur faire des fouilles, afin de rechercher l’endroit où furent enterrés les hérétiques et – surtout – celui où l’évêque Bertrand Martin fit enterrer le trésor des cathares qui, lorsqu’on le mettra au jour, devrait représenter, dit-on, beaucoup plus que les dix millions actuels demandés pour l’achat du château. Pourtant, ni les uns ni les autres, parmi les acheteurs éventuels, n’ont encore proposé plus de la moitié de la somme.

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Quarante ans ont passé. Les temps ont changé, le château de Montségur n’est plus à vendre : il suscite des convoitises…. Et dans le même quotidien daté cette fois du jeudi 13 janvier 2011, on pouvait lire :

« L’Aude voudrait inscrire les châteaux du pays cathare au patrimoine mondial de l’Unesco y compris celui de Montségur situé en terres ariégeoises. »

Pour en savoir plus :

http://www.ladepeche.fr/article/2011/01/13/988441-Le-chateau-de-Montsegur-bientot-a-l-Unesco.html

18 janvier 2011

http://www.ladepeche.fr/article/2011/01/18/992208-Les-Cathares-montent-a-l-assaut-de-l-Unesco.html

 

 


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Un commentaire

  1. eultreia1 dit :

    Bonsoir,
    Merci de toutes ces informations. Pour moi, le pays cathare fait partie de notre histoire, à plus forte raison parce qu’elle a eté dramatique et injuste.
    Deux questions un peu idiotes peut-être :
    – Le pays cathare tout entier aurait plus de chance d’être au patrimoine mondial de l’UNESCO : Carcassonne, Albi (mais qui toutes deux doivent y être) et tous les autres châteaux cathares ?

    – Comment les municipalités, les conseils généraux, régionaux, les monuments historiques, l’Europe voient l’avenir du pays cathare, sa protection et sa préservation pour une transmission aux générations futures, la diffusion d’informations le concernant, ses budgets de survie?
    Bien cordialement.
    Claude (xy)

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