Archive pour janvier, 2011

Célèbres plagiaires

De Thomas d’Aquin à Jean de Lugio

Par Raymonde Reznikov

Aujourd’hui, 28 janvier, le très laïc calendrier des P. et T. fête Thomas d’Aquin (XIIIè siècle). L’angélique dominicain aurait du être promu Saint Patron des plagiaires. Les érudits sur le sujet préfèrent le dire « influencé ». En effet, ce personnage et l’admirâââble  Eckhart, ont pompé et reproduit des passages entiers d’œuvres d’auteurs arabes et juifs d’El Andaluz : Avicenne, Averroès, Maimonide entre autres.

220pxaverroescolor.jpg

Averroès

Il est vrai qu’à l’époque le système des droits d’auteur n’existait pas, et les moyens de reproduction des textes se limitaient à la recopie dans les monastères. Et malheur à l’imprudent qui aurait osé signaler les plagiats de telles autorités reconnues. Les inquisiteurs (dominicains comme Thomas)  auraient vite réduit cet hérétique bavard au silence pour connaissance d’œuvres interdites à la lecture…

Parmi les illustres plagiaires médiévaux, portés aux nues par des charlatans qui n’en ont jamais lu une ligne, il faut également signaler Raymond Lulle (XIVè siècle), dont le thème du Liber del gentil e los tres savis a été très très fortement inspiré du Kuzari de Juda Halévi. Le même thème sera d’ailleurs repris au XVIè siècle par Johann Reuchlin.

gabirolviciosvirtudes.jpg

Manuscrit de Ibn Gabirol (enciclopedia-aragonesa.com)

Mais ces Gloires usurpées ne furent pas les seules à pratiquer l’emprunt. En effet, dans Le Livre des deux Principes du cathare lombard Jean de Lugio (XIIIèsiècle) on retrouve des passage entiers, mot pour mot, du Livre de la Source de Vie de Salomon Ibn Gabirol (XIè siècle). Affaire à suivre prochainement avec les citations….

livreprin.jpg

Page du Livre des deux Principes

 

Le 2 février, le lendemain de la fête celtique de Imbolc et la veille du Nouvel An chinois, le calendrier des P. et T. signale une « présentation du seigneur ». Quel seigneur ? Je pensai que la France était une République… Il est vrai que nos services postaux sont maintenant privatisés.

Note sur Raymond Lulle

En 1295, Raymond Lulle écrit un poème , Desconort, le Découragement. Comme dans l’ouvrage cité ci-dessus, le thème est emprunté, non pas à un Juif mais à un Musulman cette fois. El desconort est un démarquage du Hayyben Yaqdhân (les secrets de la philosophie illuminative) du philosophe Ibn Thofail (1100-1185)…

Et puis, que pensez d’un individu qui, soudain touché par la grâce, abandonna son foyer et ses enfants ? L’épouse abandonnée, Blanche Picani, devra demander secours au bayle de Majorque…

 

Fête des arbres

Pleine lune de janvier: Fête des arbres

 

200111012.jpg

 

Dans le ciel de ce matin 20 janvier, la planète Vénus attend le soleil….

Un merle chante… pour qui ?

 

Montségur à vendre ?

Montségur est-il à vendre ?

Le vendredi 24 octobre 1969, à la rubrique « Loisirs », on pouvait lire dans le quotidien régional, La Dépêche, l’article suivant :

Haut lieu de l’hérésie cathare

Montségur est à vendre dix millions

(De notre correspondant particulier Bernard Marchetti)

Le château de Montségur est à vendre. C’est ce que nous a confirmé M. Roger Couquet, maire de ce petit village des Pyrénées ariégeoises.

Pour le visiteur non averti, cette offre ne doit guère présenter d’intérêt, car le château, ce n’est plus que des ruines accrochées au haut d’un rocher, un « pog » comme ont dit dans le pays à l’écart du bourg. On peut être assuré cependant que la commune de Montségur, propriétaire de ces vieilles pierres ne les cèdera pas à vil prix…

Le château de Montségur représente en effet un trésor historique inestimable.

N’est-ce pas dans ces vieilles murailles que s’est joué l’un des drames les plus « atroces » et les plus « fascinants » de l’histoire du catharisme ?

160111070.jpg

Dans son livre « Citadelles du Vertige » un des meilleurs connaisseurs de tout ce qui touche aux cathares, Michel Roquebert, s’interroge :

« Montségur fut-il un temple solaire ? Les cathares y ont-ils gardé le Saint Graal ? Dans ces lieux hantés de spiritualité, sommes-nous au point de jonction de la légende et de la réalité ? »

Après avoir été pendant quarante années la proie de l’hérésie cathare, la citadelle est devenue bûcher et tombeau de ces irréductibles qui préférèrent mourir par le feu plutôt que de renier leur foi.

Après le grand concile catholique de Béziers qui, en avril 1243, avait décidé une opération militaire pour détruire « la synagogue de Satan », une armée de 6.000 hommes devait s’attaquer à Montségur où s’étaient réfugiées quelque 600 personnes réunies autour de l’évêque Bertrand Martin et parmi lesquelles il y avait une vingtaine de chevaliers, autant d’écuyers et une centaine de sergents d’armes.

Un siège implacable allait durer dix mois et finalement, le 1er ou le 2 mars 1244, les défenseurs se trouvaient contraints de capituler. Deux cent quinze furent brûlés sur un lieu portant depuis le nom de Prat des Cramats (Pré des Brûlés).

281010034.jpg

Durant la saison d’été, nous a dit le maire, des milliers de visiteurs défilent. Notre village est véritablement envahi en permanence, surtout par des étrangers, venant des pays nordiques… Mais malheureusement, ils ne font que passer car nous n’avons rien pour les retenir chez nous.

Montségur est un village montagnard pauvre, très pauvre. Les habitants sont vieux et ils n’ont ni l’envie ni les moyens d’entreprendre quoi que ce soit pour créer l’équipement dont ils auraient besoin pour recevoir leurs visiteurs. C’est dans ces conditions que le conseil municipal a pris la décision de mettre le château en vente

Si nous parvenons à le vendre bien, nous a dit encore M. Roger Couquet, avec le milliard d’A.F. que nous comptons en retirer, nous pourrons mettre en place des installations d’accueil (gîtes ruraux, bibliothèque, salles de réunion pour séminaires et colloques sur le catharisme, terrains de jeux, etc..), aménager des voies d’accès à Montségur… Etant entendu que le château nous restera puisque, étant classé monument historique, l’acheteur éventuel serait tenu de le préserver et en tout cas d’en permettre la visite.

Des amateurs se sont déjà manifestés. Notamment des Allemands, dont un industriel bavarois qui, tous les ans, vient à Montségur faire des fouilles, afin de rechercher l’endroit où furent enterrés les hérétiques et – surtout – celui où l’évêque Bertrand Martin fit enterrer le trésor des cathares qui, lorsqu’on le mettra au jour, devrait représenter, dit-on, beaucoup plus que les dix millions actuels demandés pour l’achat du château. Pourtant, ni les uns ni les autres, parmi les acheteurs éventuels, n’ont encore proposé plus de la moitié de la somme.

pluie2002.jpg

Quarante ans ont passé. Les temps ont changé, le château de Montségur n’est plus à vendre : il suscite des convoitises…. Et dans le même quotidien daté cette fois du jeudi 13 janvier 2011, on pouvait lire :

« L’Aude voudrait inscrire les châteaux du pays cathare au patrimoine mondial de l’Unesco y compris celui de Montségur situé en terres ariégeoises. »

Pour en savoir plus :

http://www.ladepeche.fr/article/2011/01/13/988441-Le-chateau-de-Montsegur-bientot-a-l-Unesco.html

18 janvier 2011

http://www.ladepeche.fr/article/2011/01/18/992208-Les-Cathares-montent-a-l-assaut-de-l-Unesco.html

 

Cohérence

Cohérence!

 

shekel21.jpg

Photo: modia.org

Nouvel article sur la page: Les Archives d’Akhsah, daté du 17 janvier, à la suite de « Chrétiens d’Orient »

Voir aussi :

http://akhsahcalebunblogfr.unblog.fr/2011/01/17/coherence/

 

Ebla

Ebla

Première partie

Par Raymonde Reznikov

En faisant du rangement parmi des revues, j’ai découvert récemment une coupure de journal datée du 16 septembre 1976. Habitant à l’époque dans le département de la Marne, je suppose que le quotidien en question était l’Union. L’article n’est pas signé, ou mon coup de ciseaux malheureux a fait disparaître le nom de l’auteur de l’article que je reproduis ci-dessous, le scan ci-joint étant peu lisible.

img226.jpg

Une nouvelle mine d’informations sur l’Antiquité : les 15.000 tablettes découvertes à Ebla (Syrie)

Rome, septembre (A.P.)

Des archéologues italiens de l’université de Rome, qui ont récemment mis au jour quinze mille tablettes enfouies à quatre mètres de profondeur, au sud d’Alep, estiment que désormais la Syrie antique peut être considérée dans l’histoire de la civilisation comme une rivale de l’Egypte et de la Mésopotamie.

Le professeur Giovanni Pettinato, expert en linguistique a déclaré que les tablettes couvrent une période de cent cinquante années, allant de l’an 2400 à 2250 avant J-C. Elles révèlent qu’Ebla – ville jusqu’ici brièvement mentionnée dans les inscriptions du Moyen-Orient – fut le centre d’un vaste royaume civilisé.

syrieeblaugaritmari.jpg

Pendant des dizaines d’années, ce royaume domina une région s’étendant du nord de la mer Rouge à ce qui est maintenant la Turquie, et à l’est, vers la Mésopotamie.

Le royaume d’Ebla s’est estompé dans l’histoire jusqu’à ce qu’une équipe italienne, dirigée par le professeur Paolo Matthiae, mette au jour les tablettes dont un certain nombre provient des archives du palais royal d’Ebla.

David Freedman, archéologue biblique de l’université du Michigan, qui a collaboré avec ses collègues italiens, a décrit l’importance de cette découverte en ces termes : « C’est comme si nous avions ignoré l’existence de Rome et de l’empire romain et que nous la découvrions tout à coup. »

Ces tablettes sont rédigées en une langue inconnue que les chercheurs ont appelée « éblaïte ». Elle serait parent de l’hébreu biblique qui se parlait plus de mille ans plus tard.

Parmi les tablettes les plus précieuses, il en est une qui contient un vocabulaire de mots éblaïtes et sumériens, avec explication en éblaïte , de la façon de prononcer les mots sumériens.

Les Sumériens – peuple non sémite qui occupait le sud de la Mésopotamie vers 3000 ans avant J-C. – auraient inventé le système d’écriture cunéiforme, qui fut adopté par plusieurs langues antiques dont celles des grandes cultures sémitiques qui se sont développées dans la région.

Quatre-vingts pour cent des tablettes sont des comptes rendus de transactions économiques et commerciales. Le reste concerne les traités internationaux, des rapports militaires, des textes religieux, des descriptions de rites et de sacrifices, et des récits sur la création du monde et le déluge.

eblaclaytablet.jpg

Tablette découverte à Ebla

Des noms hébreux

Le professeur Pettinato, en parcourant les photographies des tablettes, a rencontré des centaines de fois les noms d’Abraham, d’Ismaël, d’Isaie  et de Saül, et une douzaine de fois « Daudum » (David).

La mention du nom de David est significatif. Le roi David était le seul à porter ce nom dans la Bible. Jusqu’à présent, il n’existait aucune preuve absolue que ce nom ait été utilisé ailleurs dans l’Antiquité. Même le mot « hébreu » aurait un rapport avec Ebla. Les tablettes parlent d’une dynastie de six rois à Ebla. Le roi Ebruum, ou Ibrium, est celui dont l’influence fut la plus étendue.

Selon les comptes rendus commerciaux, Ebla exportait sur un vaste territoire des textiles, des métaux, du marbre et du bois. Parmi les destinataires, on trouve les sites bibliques de Hazor, Megiddo, Gaza et « Urusalim » (Jérusalem). Le Sinaï y est également mentionné. La Siya – ancien nom de l’île de Chypre – était un lieu d’exploitation du cuivre.

Sur les tablettes d’Ebla, la reine vient après le roi dans l’ordre hiérarchique. Le roi était assisté de deux princes ministres et d’un conseil des anciens.

Le troisième millénaire est l’ère des pyramides. La majorité des historiens étaient convaincus à ce jour que l’Egypte et le royaume de Mésopotamie partageaient à tour de rôle, la vaste région qui les séparait. Or les tablettes d’Ebla font intervenir une troisième puissance pour la domination des petits Etats de Palestine et de Syrie.

Une tablette fait mention d’un traité international – le plus ancien de l’histoire – entre Ebla et la ville d’Assur, au sujet de l’établissement d’une zone de libre-échange. Il contient de nombreuse clauses commerciales et juridiques, dont quelques unes ont trait au crime. Le traité stipulait qu’en cas de viol, la peine prévue était la mort, mais la femme devait d’abord prouver à deux juges masculins, qu’elle avait résisté à son agresseur.

eblaziggurat.jpg

La ziggourat d’Ebla

 

Prochaine fouilles : la bibliothèque royale

Les archéologues italiens, assistés de M. Bahnassi, directeur générale des antiquités syriennes, projettent de poursuivre les fouilles. L’an dernier, ils découvrirent seulement trois des quatre murs de la salle où était réunie la majorité des tablettes.

Un millier environ de celles-ci furent trouvées dans une autre pièce. « Après avoir découvert les archives, nous osons espérer découvrir la bibliothèque royale », déclare M. Matthiae, qui a expliqué que les tablettes – dont la grandeur varie de celle de la paume d’une main à celle d’une grande brique – avaient été entassées verticalement sur des étagères de bois. Lorsque les troupes du roi Naram-Sin d’Akkad, un grand état de Mésopotamie, conquirent Ebla en l’an 2250 avant J-C, ils pillèrent le palais et y mirent le feu. Les étagères brûlèrent, mais les tablettes d’argiles résistèrent aux flammes. Cependant plusieurs d’entre elles se cassèrent en tombant sur le sol. Le vent recouvrit les ruines de poussière. Cela devint une petite colline qui grandit au cours des siècles.

Les tablettes sont maintenant soigneusement emballées dans des centaines de caisses au musée d’Alep.

Cachez ces tablettes que je ne saurais voir !

A suivre

2011

Montségur – Au Coin des Temps

 

Souhaite une bonne et heureuse nouvelle année à ses visiteurs

 

2912047.jpg

Fanatique d'esprit |
Scravic |
New EVENING Newcastle CHRON... |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Archives Montségur 09
| Paroles de Soie
| club des alices noire