Zodiaque

Le Zodiaque fixe

Par Raymonde Reznikov

(Suite de l’article « Triangle » du 27 octobre)

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John Flamsteed (1646 – 1719), dans son « Historia Coelestis Britannica », répertoria  les astres de 54 constellations. Dans chacune d’entre elles, il numérota les étoiles par ordre d’ascension droite. Astronome Royal, Flamsteed fonda l’observatoire de Greenwich, et comme ce savant était un fervent adepte de l’astrologie, il dressa pour cela l’horoscope du moment le plus favorable. Il fut d’ailleurs un des derniers astronomes à oser avouer sa passion pour l’astrologie, passion qu’il partageait avec son contemporain, l’illustre Isaac Newton. Ce dernier n’hésita pas à déclarer à l’astronome Halley, plutôt sceptique sur la question :

« J’ai étudié le sujet Monsieur Halley, vous ne l’avez pas fait. »

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Edmund Halley et John Flamsteed

Le Triangle, tel un repère divin placé sur la tête du Bélier, ouvre la Porte du Zodiaque primordial, zodiaque fixe sur lequel se déplace de un degré tous les soixante-douze ans, le zodiaque mobile des signes.

(voir Précession des Equinoxes, article du 15/09/09)

L’intersection du méridien de la plus brillante étoile de la constellation du Bélier avec le cercle de l’écliptique va nous donner le point zéro de ce zodiaque. A cela s’ajoute le fait que l’emplacement de ce même point est aussi celui de l’intersection de l’écliptique avec le cercle passant par l’étoile bêta du Bélier, l’étoile alpha du Triangle et le pôle de l’écliptique.

Ainsi en remontant de 30 en 30 degrés sur la route suivie par le soleil à partir de ce point, on obtient les douze secteurs du Zodiaque originel.

D’autres informations, fournies par des auteurs de l’Antiquité, apportent par ailleurs des éléments complémentaires.

Le Surya Siddhanta nous apprend que 3102 ans avant l’ère commune, le point vernal était en conjonction avec l’étoile Rohini, alpha du Taureau.

Les Tables de l’empereur chinois Yao indiquent qu’en – 2357, ce même point vernal était en conjonction avec le Sieou Mao, c’est à dire Les Pléiades.

Les Babyloniens savaient qu’en – 2120 l’étoile Régulus du Lion se trouvait à 92°, c’est à dire à 2° dans le signe mobile du Cancer.

Tous ces renseignements prouvent encore une fois que bien longtemps avant Hipparque, les observateurs du ciel connaissaient le déplacement de l’équinoxe à travers le Zodiaque.

L’importance des Pléiades dans les mythologies du monde entier, s’explique en partie parce que cet « amas ouvert » marque l’entrée du point vernal dans le signe fixe du Bélier, ce qui ne se produit que tous les 25.700 ans environ.

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Le zodiaque fixe des signes (reconstitué sur carte céleste Sirius des éditions Hallwag)

P = le pôle céleste à l’entrée dans l’ère du Bélier, P1 = le pôle de l’écliptique

L’Ere du Verseau

Voilà pourquoi, on peut affirmer sans crainte de se tromper, que nous sommes déjà entrés dans la fameuse « Ere du Verseau ».

Petit calcul symbolique : en considérant que l’Ere du Bélier commença 2357 ans avant l’ère vulgaire et qu’il faut 2160 ans au point vernal pour franchir un signe, l’entrée dans l’Ere des Poissons eut lieu en – 197, et l’entrée dans l’Ere du Verseau en 1963. Seulement, comme en réalité, l’Ere du Bélier commença une centaine d’années avant – 2357, et que le point vernal ne met pas 2160 ans pour franchir un signe mais 2146 ans environ, ce serait en plein XIXième siècle que la frontière du Verseau aurait été franchie ; ou encore, en admettant malgré tout la date de – 2357 pour l’entrée dans le Bélier, en 1955.

Partisans du calcul symbolique, certaines sociétés initiatiques ont choisi l’année 1962, car précisément le 5 février de cette année-là, une conjonction de toutes les planètes connues des Anciens, se produisit dans le signe mobile du Verseau. En effet, ce jour-là à minuit, le soleil était à 15°42, la lune à 15°36, Mercure à 16°56, Vénus à 17°46, Jupiter à 18°37, Mars à 2°22 et Saturne à 3°38.

A l’arrière plan céleste, entre le premier et le vingtième degré du Verseau, se profilaient les constellations du Cygne, de l’Aigle, du Dauphin, du Petit Cheval, ainsi que deux étoiles capitales dans l’histoire des rites stellaires : alpha et bêta du Capricorne avec lesquelles Mars et Saturne se trouvaient en conjonction quasi exacte. A l’entrée dans l’Ere des Poissons, 200 ans avant l’ère commune, ces deux étoiles indiquaient le solstice d’hiver. L’imagerie et les mythes qui s’attachent à elles, les présentent comme des prototypes de victimes expiatoires.

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Constellations du secteur du Capricorne

Adieu donc, à cette Ere des Poissons ; elle vit le règne d’une religion qui s’appropria l’antique symbole attribut de tous les sauveurs spirituels, ceux du passé et ceux à venir. Le Chaldéen Dagon-Oannès était un homme-poisson, dieu des céréales ; Vishnou sauva l’humanité sous la forme d’un poisson, l’avatar Matsya ; Josué était fils de Noun, le poisson. Véhicule de Mana, l’énergie vitale, l’habitant des eaux fut aussi l’attribut du dieu égyptien Mîn, du Sauveur Phrygien Attis et de toutes les déesses-mères du pourtour méditerranéen.

Le premier point du Zodiaque des Brahmanes de l’Inde, l’origine de tous leurs calculs astronomiques, est signalé par une toute petite étoile de magnitude 5,9, presque invisible à l’œil nu, dzêta des Poissons, appelée Révati. L’ article d’introduction de ce blog lui est en partie consacré.

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Hérodote, scrupuleux historien, n’était pas un « Père du mensonge » lorsqu’il rapportait ce que les prêtres de Memphis lui avaient appris sur l’ancienneté de leurs archives. L’intègre Diogène Laerce n’a pas cherché à mystifier les générations futures, en prétendant que les calculs astronomiques des Egyptiens remontaient à 48.863 ans avant Alexandre le Grand. Manéthon, Bérose, Sanchoniathon, Diodore de Sicile, Jamblique, Martianus Capella, n’avaient pas la réputation d’aimables illuminés et pourtant, tous ces historiens, ces philosophes, ces savants, ont témoigné de l’antiquité du savoir humain. Tous ont déclaré que ce savoir était caché dans les temples d’Egypte, de Chaldée, d’Ethiopie même. Tous ont prétendu que l’ascèse, l’étude et l’initiation en autorisaient l’acquisition.

Honte à ceux qui les ont calomniés au nom d’une Tradition usurpée et incomprise dont ils ne possédaient pas le code d’accès.

Le Temps auquel aucun document de parchemin, de papyrus ou de métal ne peut résister, a effacé les preuves les plus lointaines. Les cataclysmes ont bouleversé les sites et ce que la nature avait su épargner, le fanatisme des hommes a réussi à le détruire. Combien d’archives ont été anéanties par l’intolérance et le sectarisme ? Combien de vestiges archéologiques risquent encore de disparaître, comme les statues de Bamyan par exemple…

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Monument de Bamyan détruit par des fanatiques

Photo offerte par Akhsah (voir aussi l’album)

Les monuments du ciel échapperont toujours aux éléments en furie et à la hargne des fanatiques. Le passé, le présent, l’avenir, l’histoire de l’univers et celle de l’humanité, furent gravés en hiéroglyphes de feu au fronton du Temple Céleste. Le Message est là ; il suffit désormais de tourner son regard vers le firmament pour y puiser le réconfort de fidèles et amicales présences.

Note

Voir l’horoscope de l’observatoire de Greenwich par John Flamsteed dans l’article Les Chiens de Chasse du 21/10/10

 


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2 commentaires

  1. Osiris dit :

    J’ai lu qu’Hipparque connaissait la précéssion de l’équinoxe 1° tous les 72 ans,et à son époque début l’ère du poisson ,c’était en 148 avant notre ère.Donc,2012 148 = 2160 année,ce qui veut dire que nous avons un pied dans l’ère du verseau.Bonne journée

  2. horoscope de demain dit :

    Parfait pour cet horoscope de demain, merci !

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