Livres pour l’été

Le ciel et l’espace pour les vacances

Parmi les ouvrages proposés et présentés par la revue Ciel et Espace sur son site internet et sa page facefook, le Coin des Temps « aime »:

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Anaximandre de Milet

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Carlo Rovelli

Éditions Dunod, 190 p., 19,50 €

Voilà un excellent ouvrage que quiconque s’intéresse à la science devrait lire ! Écrit par un physicien reconnu, co-inventeur de la théorie de la gravité quantique à boucle (l’une des pistes explorées pour unifier la physique quantique à la théorie de la relativité générale), Anaximandre de Milet, ou la naissance de la pensée scientifique est bien plus qu’une plongée dans la vie et l’œuvre d’un penseur grec méconnu.
Anaximandre fut un personnage fascinant. Né sur la côte ionienne il y a 26 siècles, ce « géant de la pensée » est le premier à défendre l’idée d’une Terre flottant dans l’espace (quand tous les autres systèmes du monde la font reposer sur un socle). À une époque où les dieux sont omniprésents, il est aussi le premier à rechercher des causes naturelles aux phénomènes. Enfin, il est à l’origine de la tradition critique qui fonde la pensée scientifique : continuer la voie de son maître (en l’occurrence Thalès, probablement), mais reconnaître en même temps qu’il s’est trompé. Carlo Rovelli ne se contente pas de mettre en lumière les révolutions conceptuelles (longtemps sous-estimées, semble-t-il) que l’on doit à Anaximandre. Dans un style d’une grande clarté, il livre aussi sa propre vision de la science. « L’aventure humaine qui consiste à explorer les modes de pensée du monde, prête à subvertir certaines des certitudes que nous avions jusqu’ici », est ici superbement défendue.

David Fossé

Le mythe climatique

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Benoît Rittaud

Éditions du Seuil, Collection « Science ouverte », 207 p., 20 €

Le moins que l’on puisse dire c’est que cet ouvrage a le mérite de la clarté : « Le livre que vous avez entre les mains, écrit son auteur, soutient le point de vue que la science actuelle ne permet pas d’affirmer l’origine humaine du réchauffement climatique observé au cours d’une partie du XXe siècle. » Et d’enfoncer le clou : « Nous avons intérêt à cesser de consacrer temps, argent et matière grise à ce faux problème du réchauffement climatique. » Quelques semaines après l’échec du sommet de Copenhague, et en pleine montée en puissance des voix des climato-sceptiques, l’auteur apporte un peu de grain à moudre au moulin à vent de Claude Allègre. Benoît Rittaud, qui est mathématicien, passionné par la vulgarisation de sa discipline, entend montrer la fragilité des données statistiques mises en avant par les climatologues et analyser l’arrière-plan épistémologique d’une science en pleine évolution. Ses arguments, qui visent le GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) – « cet enfant de la science et de la politique » – intéresseront tous ceux qui s’interrogent sur la nature des critiques apportées par « l’armée des scientifiques sceptiques du climat ». Le problème, c’est que Benoît Rittaud, qui compare « la déferlante carbocentriste » à l’invention des canaux martiens de Percival Lowell, adopte un ton de procureur pour dénoncer ce qu’il considère comme un mythe, une croyance moderne. Avec une telle foi, qu’il donne l’impression de vouloir nous recruter dans un nouveau clan… de croyants : le sien.

Alain Cirou

La science des trous noirs

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Jean-Pierre Lasota

Éditions Odile Jacob, 200 p., 22 €

Vulgariser les trous noirs n’est pas chose aisée, tant la physique liée à ces corps de l’extrême est complexe. Jean-Pierre Lasota, directeur de recherche émérite à l’Institut d’astrophysique de Paris, s’est attaqué à cet exercice délicat. Il jongle entre des concepts ardus de physique et des exemples tirés de la vie quotidienne (la chute d’une pomme, ou encore l’utilité de la théorie de la relativité dans le système GPS). En résulte un ouvrage pour lequel son lecteur devra au préalable être un familier de certaines notions scientifiques, comme la gravité ou la relativité. L’auteur en profite pour tordre le cou à quelques idées reçues. On apprend par exemple que les trous noirs ne sont pas toujours d’une densité extrême. Dans le cas d’un trou noir supermassif de 3 milliards de kilomètres (comme on en trouve au centre de certaines galaxies), la densité n’est que de 70 kg/m3. On regrettera juste quelques erreurs de chiffres (sur la densité de l’air, ou encore le rayon du Soleil « 24 milliards de fois plus grand que son rayon de Schwarzschild », au lieu de 240 000 fois…).

Jean-Luc Dauvergne

L’atome au pied du mur et autres nouvelles

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Étienne Klein

Éditions Le Pommier, 86 p., 10 €

Dans un style fluide, Étienne Klein nous fait vivre des aventures cocasses et délicieusement fantaisistes. Au bout du chemin : toucher du doigt les dilemmes philosophiques que cache tout concept physique.

Aude Pétin

L’image du monde, des Babyloniens à Newton

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Joëlle Fontaine et Arkan Simaan

Édition Vuibert, 250 p., 27 € (réédition)

Cet ouvrage retrace l’évolution des représentations du monde de l’Antiquité jusqu’à Newton. Accessible et éclairé par un regard historique, scientifique et philosophique, il constitue une bonne synthèse. Il complète L’image du monde, de Newton à Einstein, sorti en 2005.

Jean-Luc Dauvergne

Rappel:

Jean-Pierre Luminet, La Perruque de Newton

(voir article: A la découverte de Newton du 23/03/2010)

Merci Ciel et Espace et Bonne lecture

 


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