Archive pour juin, 2010

Histoires de cochons

Le porc, animal sacré

En ce début d’été, des partisans de la laïcité viennent d’élever la charcuterie au rang d’arme pacifique et symbolique. Afin de mieux comprendre les aspects mythico-religieux de l’abstention de la chair de porc dans la majorité des traditions issues du Moyen-Orient antique, voici un extrait d’une étude citée en annexe de l’ouvrage de Charles Vellay sur le culte et les fêtes d’Adonis. (voir article Tammouz et Sirius)

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Image de: accrosduchoco.unblog.fr

Le rôle du sanglier dans les religions de l’Orient antique

(Movers, Die Phönizier, chap. VII. Bonn, 1841)

D’après les idées religieuses de l’antiquité qui ont quelque rapport avec les religions syro-phéniciennes, le sanglier est un animal démoniaque. La terreur religieuse qu’il inspire est déjà répandue dans l’antiquité la plus reculée. On connaît les prescriptions de la loi de Moïse, et on sait que les pieux Israélites acceptaient la mort la plus affreuse plutôt que de manger de la viande de porc ; les Phéniciens et les Chypriens s’en abstenaient également, ainsi que les Syriens, les Phrygiens, les Scythes, et surtout les Egyptiens, qui se croyaient souillés s’ils touchaient un porc. Lorsque, comme les théologiens, on voit la cause de cette répulsion dans l’impureté de l’animal ou dans des conditions de jeûne, on méconnaît les idées religieuses de l’antiquité, et surtout celle qui a rapport au caractère sacré des animaux, qui leur venait de leur consécration à une divinité dont ils reflétaient le caractère. Le porc était un animal sacré ; et comme il était consacré à une puissance infernale, il fut l’objet d’une religieuse terreur…

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Le caractère sacré du porc dans les religions syro-phéniciennes est indiqué dans Lucien :

« Le porc est à leurs yeux un objet d’horreur ; ils ne l’offrent pas en sacrifice et ne mangent pas sa chair. Toutefois, quelques-uns prétendent que c’est un animal sacré. »

Les deux opinions semblent contradictoires ; mais on les retrouve également au sujet d’autres animaux sacrés, comme par exemple les colombes et les poissons de la Déesse syrienne…

Les Crétois considéraient aussi le porc comme un animal sacré, ce qui s’explique aisément par la domination phénicienne dans cette île. En Chypre, les porcs étaient consacrés à Aphrodite ; ils ne devaient pas manger d’immondices, alors qu’au contraire on y contraignait les bœufs à certaine époques ; on les nourrissait avec des figues…

Dans l’île de Chypre, on offrait, le 2 avril, un porc à Aphrodite ; ce porc représentait le sanglier qui avait tué Adonis. Souvent on faisait à la même déesse des sacrifices de porcs ; à Argos, ces sacrifices s’appelaient Hystéries. Ils avaient lieu aussi devant les temples de l’Héraklès tyrien. Antiochus Epiphane fit offrir des sacrifices semblables à Jupiter Olympien ou au Baalsamin tyrien, et obligeait les Indiens à manger la chair des victimes.

Je ne puis m’empêcher de parler ici d’un usage qui a passé de la religion phénicienne dans les Thesmophories. Ce sont les  μέγαρα  (méghara), dans lesquelles on conduisait des porcs. Il en est question dans plusieurs des auteurs anciens, encore insuffisamment expliqués. Les porcs étaient chassés dans un précipice souterrain, et la croyance populaire, en Béotie, affirmait que, l’année suivante, ils arrivaient au lieu de leur destination, dans le Hadès…

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Les déesses Déméter (Cérès) et Proserpine

Μέγαρα (Méghara), ce sont les abîmes souterrains, consacrés aux puissances infernales, le séjour, dans le Hadès, des deux déesses Cérès et Proserpine, auxquelles les porcs sont envoyés en holocauste… C’était aux cris de Méghara, Méghara ! qu’on précipitait les porcs dans l’abîme.

Quant aux raisons pour lesquelles on sacrifiait les porcs, les écrivains anciens ne nous les révèlent pas plus que celles pour lesquelles ils inspiraient tant d’horreur. C’est pour eux un Hiéros logos, sur lequel ils gardent un silence plein de mystères….

Ils disent à propos du temple d’Hémithéa, que les Perses reconnaissent comme leur déesse nationale, que nul mortel ne devait pénétrer dans le sanctuaire s’il avait touché un porc ou mangé de sa chair, parce que les porcs avaient un jour gâté le vin du père de la déesse.

Les Egyptiens avaient, dit-on, cet animal en horreur, parce qu’il mange ses propres petits, parce que son lait fait venir des boutons, parce qu’il s’accouple à la lune décroissante, parce qu’il nuit aux fruits de la terre. On disait encore que c’est en chassant un sanglier que Typhon avait trouvé le cadavre d’Osiris et l’avait déchiré en morceaux ; mais, ajoute Plutarque, se basant sur l’opinion d’autres auteurs, cette explication n’est pas juste. Maintenant encore, les Orientaux ont horreur de la chair du porc, qui est considéré comme un animal païen, car, d’après une tradition turque, tous les animaux ont été convertis par Mahomet, à l’exception du sanglier et du buffle ; aussi ces deux animaux sont-ils fréquemment appelés chrétiens.

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Mars le Rouge, dieu de la guerre et planète (Esaü-Edom)

Mars et le sanglier

Ces diverses explications jettent une lumière défavorable sur la signification du dieu dont le sanglier est l’animal sacré et le symbole. Le sanglier est considéré comme le meurtrier d’Adonis ; le plus souvent c’est Mars lui-même, qui, jaloux du favori d’Aphrodite, s’est changé en sanglier pour le tuer et posséder seul la déesse…

Mars est la cause de tous les maux. En Egypte, où le rôle de Mars est reporté sur Typhon, celui-ci est représenté sous la forme d’un sanglier, et les sacrifices de porcs offerts à Osiris, avaient certainement un rapport avec Typhon. La coutume, qui existait à Chypre, de nourrir avec des figues les porcs consacrés à Aphrodite, de les empêcher de manger des immondices, et de forcer les bœufs à prendre la nourriture ordinaire des porcs, se rapproche de la conception qui représente Mars sous la forme d’un porc, et obligé, pour s’approcher d’Aphrodite, de quitter cette forme, tandis qu’Adonis, dont le symbole est le bœuf de labour, et qui parcourt Byblos sur un char attelé de bœufs, est condamné à manger la nourriture des porcs. Il n’y a qu’une seule manière d’expliquer comment on en est arrivé à donner pour symbole à Mars un animal aussi immonde : c’est que Mars est le principe du mal et de la ruine….

Le sanglier joue aussi un rôle important dans des mythes analogues : Attis périt, comme Adonis, sous la dent d’un sanglier. Dans un autre mythe, Attis meurt dans une chasse au sanglier, tué par Adraste, le Mars lydique, qui avait autrefois tué son frère Agathon, à propos d’une caille, comme Typhon tua l’Hercule syrien. Le mythe de Pygmalion, le meurtrier d’Elyon, qui tua Sichaüs, dans une chasse au sanglier, offre aussi une analogie évidente avec le mythe d’Adonis.

Commentaires

Par Raymonde Reznikov

 

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Carte de la Décapole où l’on peut voir l’emplacement des cités de Gadara et Gérasa et leurs distances du Lac de Tibériade (cliquer sur l’image pour agrandir)

Méghara évangéliques

« Ce sont les Méghara » dans lesquelles on conduisait les porcs….. »

Voilà un rituel qui évoque curieusement un épisode que rapportent les évangélistes ; étrange inspiration !

Le héros de l’histoire, tel Eschmun, le dieu de Samarie, vient de guérir plusieurs malades des environs de Capernaüm, sur les bords du lac de Tibériade. Il traverse le lac en barque et…

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Gadara (Umm-Qeis, Jordanie)

Récit de Mathieu VIII, 28-34

28 – Quand il fut sur l’autre rive, au pays des Gadaréniens, vinrent au-devant de lui deux démoniaques sortis des tombeaux et si intraitables que personne ne pouvait passer par ce chemin-là.

29 – Et voilà qu’ils se mirent à crier : que nous veux-tu, fils de dieu ? est-ce que tu viens nous tourmenter avant le temps ?

30 – Il y avait loin d’eux un gros troupeau de cochons que l’on faisait paître.

31 – Les démons firent appel à Jésus et dirent : Si tu nous chasses, envoie-nous dans le troupeau de cochons.

32 – Il leur dit : Allez-y. Ils sortirent et s’en allèrent dans les cochons ; et voilà que tout le troupeau s’élança de l’escarpement dans la mer et se perdit dans les eaux.

33 – Les porchers s’enfuirent, ils allèrent à la ville et racontèrent tout, y compris l’affaire des démoniaques.

34 – Et voilà que toute la ville sortit au-devant de jésus et, quand ils le virent, ils firent appel à lui pour qu’il s’en aille de leur territoire.

(traduction J. Grosjean, Gallimard)

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Image de: chrisnathou.unblog.fr

Et voilà une superbe évocation d’une cérémonie païenne, assortie d’une impossibilité géographique de taille. Gadara est située à une dizaine de kilomètres du lac de Tibériade, et nos cochons réalisèrent un exploit miraculeux, en sautant de l’escarpement dans une envolée de 10 kilomètres. A noter que les habitants du lieu chassèrent le sorcier ; son action par cochons interposés l’ayant rendu infréquentable.

La même aventure, contée par Marc et par Luc, diverge par quelques détails : un seul possédé, mais nommé « Légion », et un autre lieu théâtre de l’exploit. La scène ne se passe plus à Gadara, mais à Gérasa, ville située à une cinquantaine de kilomètres au sud-est du lac….

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Temple d’Artémis de Gérasa (Jerash, Jordanie)

 

Marc V

13 – …. Et les esprits impurs sortirent, ils entrèrent dans les cochons, et le troupeau d’environ deux mille s’élança de l’escarpement dans la mer et fut étouffé dans la mer.

Waouh ! deux mille cochons s’élançant en formation du haut d’un escarpement pour se jeter dans un plan d’eau situé à 50 km de là, ça c’est un scoop qui aurait du laisser des traces dans les gazettes de Galilée. Et pourtant, nul n’en a soufflé mot. Quelle ingratitude de la presse locale !

A quelle époque cet épisode d’origine païenne incontestable a-t-il été incorporé dans ce bric-à-brac mythologique, ramassis de toutes les superstitions régionales, déclinées sur fond biblique ? L’inspiration en est-elle grecque ou phénicienne ?

En Marc V-7, le possédé s’écrit :

Que me veux-tu Josué (jésus) fils du dieu Eliôn ?

Parmi les traducteurs, seul André Chouraqui a conservé les noms divins en l’état :

« Qu’y a-t-il entre moi et toi, Ieshoua ben Elohim Eliôn » (fils du dieu Eliôn)

Eliôn était une des divinités majeures de Beyrouth. Cadmos en fit le dieu souverain de la ville de Thèbes qu’il fonda en Grèce. Mais Eliôn, via Tammouz-Eshmun, le dieu sauveur et guérisseur, régnait aussi sur la ville de Sichem en Samarie, là où Joseph et Josué ont leurs tombeaux.

Il faut être aveugle et de mauvaise foi pour ne pas reconnaître que la biographie du héros du christianisme a été fabriquée en incorporant des éléments les plus disparates sur un fond d’histoire locale, par exemple : la mort et la résurrection de Mardouk des Sacées babyloniennes du mois de Nisan ; des emprunts faits aux mythologies des dieux, dits de la végétation, tel Osiris, Attis, Adonis, Dionysos. Cet ensemble fut greffé sur un environnement familial composé de personnages prélevés dans l’entourage des deux Josué du TaNaK : Myriam, Joseph, Elisabeth, Zacharie, Eléazar etc..

Et voilà plus de 1500 ans que des exégètes et autres théologiens du néant essaient de nous faire prendre des vessies (de porcs ?) pour des lanternes.

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Image de Dessincretin.com

Le montage de Mars sur la planète rouge vient de: sylvie-tribut-astrologue.com

Zoroastre et les chiens

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Ainsi aboyait le chien de Zarathoustra

Par Plutochien

Le livre sacré des Mazdéens, l’Avesta , comme tous les livres sacrés, comporte de nombreux passages qui semblent parler d’autre chose que de religion. Ainsi ces extraits du Vendidad, vieux de plus de 2500 ans, dans lesquels le prophète Zoroastre (Zarathoustra) évoque les chiens de manière si attachante. Le Vendidad se compose de 22 Fargards ou chapitres. La littérature canine occupe les chapitres 13 à 15.

Chapitre XIII, section 8

Le chien a lui seul a huit caractères.

Il a le caractère d’un prêtre.

Il a le caractère d’un guerrier.

Il a le caractère d’un laboureur.

Il a le caractère d’un musicien.

Il a le caractère d’un voleur.

Il a le caractère d’un loup-garou.

Il a le caractère d’une courtisane.

Il a le caractère d’un enfant.

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Il mange le surplus, comme un prêtre ; il est facile à satisfaire comme un prêtre ; il est patient, comme un prêtre ; il ne demande qu’un pauvre morceau de pain, comme un prêtre. C’est en cela qu’il a le caractère d’un prêtre.

Il marche en avant, comme un guerrier ; il combat pour le bœuf bienfaisant, comme un guerrier ; il est le premier, il est le dernier de la maison, comme un guerrier. C’est en cela qu’il a le caractère d’un guerrier.

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Il est vigilant et ne dort qu’à demi, comme un laboureur ; il est le premier, il est le dernier de la maison, comme un laboureur ; il est le dernier, il est le premier de la maison, comme un laboureur. En cela il a le caractère d’un laboureur.

Il aime à chanter, comme un musicien ; il blesse qui s’approche, comme un musicien ; il est mal dressé et fantasque, comme un musicien. C’est en cela qu’il a le caractère d’un musicien.

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Il aime les ténèbres comme un voleur ; il rôde dans la nuit, comme un voleur ; il mange sans scrupule, comme un voleur ; et par la suite il est dépositaire infidèle, comme un voleur.

Il aime les ténèbres, comme un Disu (loup-garou ?) ; il rôde dans la nuit, comme un  Disu ; il mange sans scrupule, comme un Disu. C’est en cela qu’il a le caractère d’un Disu.

Il aime à chanter, comme une courtisane ; il blesse qui s’approche, comme une courtisane ; il va loin sur les routes, comme une courtisane ; il est mal dressé et fantasque, comme une courtisane. C’est en cela qu’il a le caractère d’une courtisane.

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Il dort comme un enfant ; il fond comme neige, comme un enfant ; il est babillard, comme un enfant ; il creuse la terre avec ses pattes, comme un enfant. C’est en cela qu’il a le caractère d’un enfant.

Chapitre XIII, section 2

Si un homme tue un chien de berger, ou un chien de garde, ou un chien Vohunazga (un chien errant), ou un chien dressé, son âme passera dans l’autre monde plus gémissante et plus meurtrie que si elle allait dans une haute forêt où le loup fait régner la désolation.

Nulle âme au moment où il meurt ne viendra l’aider dans l’autre monde, dans ses gémissements et sa blessure ; les chiens qui gardent le Pont ne viendront pas, au moment où il meurt, l’aider dans l’autre monde, dans ses gémissements et sa blessure.

Le chien Vohunazga est un chien sans maître, un chien indépendant. Il n’y avait pas de fourrière dans l’ancienne Perse et les chiens Vohunazga, comparés aux saints ascètes vivant de l’aumône des fidèles jouissaient de la plus haute considération.

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Section 4

Si un homme donne de mauvaise nourriture à un chien Vohunazga, de quel péché se rend-il coupable ?

Ahura-Mazda répondit :

Il se rend coupable du même péché que si ici-bas il servait de mauvaise nourriture à un saint homme qui viendrait dans sa maison en qualité de prêtre.

Pas besoin de S.P.A., Ahura-Mazda a tout prévu.

Si un homme donne de la mauvaise nourriture à un chien Tauruna (jeune chien de chasse) quelle sera sa peine ?

Ahura-Mazda répondit :

Cinquante coups de Aspahé-ashtra, cinquante coups de sraoshô-carana (châtiments corporels)

Car ici-bas, ô Spitama Zarathoustra, de toutes les créatures du Bon Esprit, c’est le chien que la vieillesse vient trouver le plus vite, quand il reste sans manger près des gens qui mangent, et garde sans recevoir. Qu’on lui apporte pour aliment du lait et de la graisse avec de la viande. C’est là la nourriture qu’il faut pour un chien.

Même le vétérinaire !

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Section 5

Si dans la maison d’un adorateur de Mazda se trouve un chien sans flair et dont l’intelligence est dérangée, que feront les adorateurs de Mazda ?

Ahura Mazda répondit :

Ils essayeront de le guérir comme on ferait pour un fidèle.

S’ils essaient sans réussir, que feront les adorateurs de Mazda ?

Ahura Mazda répondit :

On lui mettra un collier de bois façonné ; on y attachera une muselière, d’une ashti si le bois est dur, de deux s’il est tendre ; on la fixera au collier, on la fixera des deux côtés.

S’ils ne le font pas, le chien sans flair pourra tomber dans un trou, dans un puits, dans un précipice, dans un ruisseau, ou dans un canal et se blesser ; et si ainsi il se blesse, par suite de cette faute, ils deviennent Peshôtanu (criminel passible de 200 coups de fouet)

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Parmi les actions coupables qui rendent Peshôtanu, celle-ci :

La seconde de ces actions st celle de l’homme qui donne à un chien gardien de troupeau ou à un chien gardien de maison des os trop durs ou des aliments trop chauds.

Si les os se prennent dans sa mâchoire ou lui restent dans la gorge ; ou si ces aliments trop chauds lui brûlent la bouche ou la langue, mal peut lui en advenir ; et si mal lui en advient, celui qui a fait la chose en devient Peshôtanu.

Quand l’un de ces deux êtres entre dans l’une de mes maisons, jamais ne les en écarter : le chien gardien de troupeau et le chien gardien de maison. Jamais mienne maison ne subsisterait sur la terre créée par Ahura, n’étaient-ce ces deux êtres, le chien gardien de troupeau et le chien gardien de maison.

Section 6

Moi Ahura-Mazda, j’ai crée le chien, ô Zarathoustra, tout vêtu et tout chaussé ; vigilant et éveillé ; armé de dents aiguës ; nourri par l’homme pour veiller sur ses biens.

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Michel-Ange, Walt Disney et el Profesor Javaloyes ont participé à la réalisation de ce chef-d’oeuvre

Bibliographie

Zend-Avesta : Vendidad.- Fargard XIII, traduction de James Darmesteter ; Annales du Musée Guimet 1892. Editions Adrien-Maisonneuve, 1960.

Tammouz et Sirius

Tammouz et Sirius

Par Raymonde Reznikov

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Le culte et les fêtes d’Adônis-Thammouz dans l’Orient antique

(Charles Vellay, Annales du Musée Guimet, Paris 1904)

Citations

Le calendrier syro-phénicien et le calendrier hébreu portent un mois du nom de Thammouz, qui correspond à juillet, et qui formait le quatrième mois de l’année syro-chaldéenne, commençant elle-même à l’équinoxe de printemps, et le dixième mois de l’année syro-macédonienne, dont Tisri (octobre) était le premier. A Paphos, en Cypre, un mois était appelé Aôos, un des noms d’Adônis.

Le nom spécial du dieu solaire, désigné dans les temps postérieurs par la seule épithète d’Adôn ou seigneur, était Thammouz, et c’est d’ailleurs sous ce nom que les plus anciens textes nous en parlent. Nous lisons dans Ezéchiel : « Et il m’introduisit par la porte de la maison du Seigneur, qui regardait l’aquilon ; et là étaient des femmes assises pleurant sur Thammouz. »

C’est sous ce dernier nom d’Adônis que les Grecs l’ont toujours connu, transformant ainsi la dénomination générale d’Adôn en un nom particulier, et le dieu tout-puissant des peuples syriens en un jeune et gracieux héros, qui n’est plus qu’une image effacée et lointaine de Thammouz.

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Adônis (Wikipedia)

Adônis-Thammouz et le christianisme

Le même phénomène, la même évolution logique qui transforme le Thammouz indécis de l’antique Phénicie en une divinité aux formes arrêtées, aux contours précis, se retrouve dans la conception chrétienne, où le dieu se dégage peu à peu, avec lenteur, avec effort, de la mythologie païenne, pour condenser, dans ses traits personnels, par un syncrétisme instinctif, les traditions qui surnagent encore dans le scepticisme alexandrin (…)

Dans la Syrie où règne Adônis, la grotte de Bethléem est le théâtre des mystères et des fêtes du dieu androgyne. Les femmes viennent y pleurer sa mort mystique (…)

La grotte d’Adônis devient la grotte de jésus : une divinité succède à l’autre sans que la croyance populaire en soit sensiblement troublée, et sans qu’elle puisse même distinguer, dans cette succession de formes divines, les éléments d’une religion qui s’élabore. La même foule qui était venue célébrer Adônis dans la grotte de Bethléem, y vint célébrer jésus avec le même enthousiasme, la même foi, sans y voir autre chose que l’éternel symbole solaire qui ressuscitait sous un nom nouveau. (…)

Saint Jérôme de son côté, nous donne un témoignage précis, dans une lettre à saint Paulin : « Bethléem, dit-il, qui est pour nous aujourd’hui le lieu le plus auguste de toute la terre, fut ombragé jadis par un bois sacré de Thammouz, c’est-à-dire d’Adônis ; et dans la grotte où le christ petit enfant a vagi, on pleurait l’amant de Vénus. »

Triste déchéance sur le plan esthétique, on en vient à regretter le bel adolescent…

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La ville de Sichem (Naplouse) – aschkel.info

Eshmun et Sichem

Le soin pris par le christianisme naissant de faire concorder ses dogmes et ses fêtes avec les dogmes et les fêtes du paganisme a singulièrement favorisé la transmission et la persistance de ces dernières traditions. Non seulement  le christianisme a si habilement confondu ses cérémonies et ses mystères avec ceux des cultes antérieurs que ceux-ci semblaient survivre et se prolonger dans un rajeunissement triomphant, mais encore, il leur a, le plus souvent, emprunté leurs formules et leurs symboles…

(fin des citations de Charles Vellay)

C’est ainsi que Eshmun, nom sous lequel Adônis-Thammouz était honoré à Sichem, se verra transformer en Simon le Mage

Le Thammouz syrien, l’Eshmun phénicien, l’Adônis grec et Attis le phrygien étaient tous des répliques du berger-chasseur sumérien Doumou-zi-ab-zou, l’amant de la déesse Innana. Ce nom signifiait « le fils fidèle de l’océan ». On peut lire dans un hymne babylonien concernant Thammouz que celui-ci :

Etant enfant reposait dans un bateau coulé

Le mythe du principe de vie flottant sur les eaux célestes ou terrestres sera repris dans la légende d’Attis exposé par son grand-père parmi les roseaux d’un fleuve pour y périr.

Tous ces héros semi-divins meurent et ressuscitent chaque année après un séjour dans le royaume de la mort.

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Innana (lost-history.com)

Innana, Ishtar, Astarté, Cybèle et Aphrodite, amantes du jeune et beau berger, étaient associées à la planète Vénus et avaient pour symboles la colombe et le poisson

Eshmun dont le nom signifie « le huitième » ( huit = ShMoNeH, שמנה en hébreu), était donné pour le fils de Tsedeq, le Juste, père des Cabires. Tsédeq est le nom de la planète Jupiter. Jupiter et Vénus sont les régents astrologiques du signe des Poissons.

Berger, poisson, colombe, ont été récupérés comme symboles dans la mythologie du christianisme

Tsédeq, le Juste, est un des surnoms du patriarche biblique Joseph, dont le tombeau régulièrement saccagé par les Palestiniens, se trouve à Sichem, comme celui de son descendant Josué fils de Noun (eau-poisson) d’ailleurs…

Un tradition fait naître et mourir Joseph le 2 du mois de Tammouz ; une autre le 27.

C’est le 3 que Josué fit arrêter le soleil et la lune dans leur course

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Destruction du tombeau de Joseph (aschkel.info)

Le mois de Tammouz

Les textes parlent souvent de « pleurs » dans le mois de Tammouz et dans l’épopée de Gilgamesh le héros reproche à la déesse Ishtar, « de pleurer chaque année Tammouz, son ami de jeunesse ».

(O. E. Brien, Les sociétés secrètes de mystères, Payot 1951)

Excepté en Egypte où le mois, celui de la crue du Nil annoncée par le lever héliaque de Sirius, est considéré comme bénéfique, il n’en est pas de même chez les peuples du Moyen-Orient. Tammouz est un mois de déséquilibre, de chaleur accablante, un mois propice aux catastrophes, surtout dans sa seconde quinzaine, en particulier le fameux 17 Tammouz. Ce jour est un jour de deuil et de jeûne dans la tradition hébraïque. En effet, si c’est un 17 Tammouz que Noé lâcha la colombe hors de l’arche, ce jour est également l’anniversaire de plusieurs catastrophes majeures :

1) Les premières Tables de l’Alliance furent brisées par Moïse suite à l’affaire du Veau d’Or

2) Lors du premier siège de Jérusalem les sacrifices cessèrent au Temple

3) Prise de Jérusalem par Titus

Curieusement, dans la sourate XX du Coran qui traite de Moïse, c’est un certain « al sâmirî », le samaritain, qui est à l’origine de la confection de l’idole bovine. Cet anachronisme flagrant est gommé dans les traductions où « al sâmirî » devient le nom propre d’un personnage. Des gloses tardives ont brodé autour de ce Samaritain encombrant pour tenter de noyer « le poisson ». Il ne faut pas oublier, que durant leur traversée du désert, les Hébreux transportaient avec eux le corps de Yoseph ha-Tsadiq, qui devait être inhumé dans le champ que son père Jacob avait acheté à Sichem, future capitale de la province de Samarie.

La période tragique se poursuit pendant 21 jours, jusqu’au 9 Av, c’est à dire durant la Canicule en relation avec Sirius du Grand Chien.

Adônis-Thammouz en tant que berger ou chasseur est souvent représenté accompagné par un ou deux chiens.

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Vénus et Adônis par Le Titien

Le nom sumérien de l’étoile est Ban, l’arc. Or l’arc est un attribut de Joseph, béni en ces termes par son père Jacob :

Son arc est demeuré dans la vigueur, les bras de ses mains sont demeurés fermes. Par les mains du Puissant de Jacob, de là (il est) berger, rocher d’Israël.

(Genèse 49, 24)

A l’époque gréco-romaine, Joseph sera assimilé à Osiris-Osarsiph, et par extension à Adônis-Tammouz, mais aussi à Eshmun le Cabire artisan de Sichem.

Quel enseignement se cache-t-il dans tous ces mythes regroupés autour de l’étoile Sirius ?

Probablement plus que de simples allusions à des problèmes de végétation, de sécheresse et d’irrigation.

Les événements de l’histoire de la terre et des hommes sont-ils à l’image d’évènements célestes ? Ou plus exactement, les Sages ont-ils crypté dans les récits le parallélisme existant entre les premiers et les seconds ?

Un message nous a été légué codé. Dans certaines traditions, les poètes s’en sont emparé et en ont fait exploser le sens en de multiples interprétations possibles. Des Maîtres plus prudents n’ont pas accepté de livrer les clefs au vulgaire, et le message incompris a été trahi par ceux qui ont voulu se l’approprier. Ces derniers n’ont pu qu’adapter à leur vision erronée les rituels populaires indéracinables du culte exotérique ; ou encore glisser dans leurs textes fondateurs des allusions relatives à l’enseignement premier. Ainsi on peut lire, à propos d’Allah, dans la sourate LIII du Coran dite de l’Etoile

Verset 33 : a-fa-ra’ayta (ne vois-tu pas)

Verset 49 : wa-anna-hu rabb ash-shi`râ (qu’il est le Seigneur de Sirius).

Après la conquête de la Syrie par les guerriers omeyyades, le nom du fleuve Adônis, dont l’eau se teintait en rouge autour du 17 Tammouz, prendra le nom de fleuve d’Abraham, Nahr Ibrahim. Doit-on voir là une allusion à la planète Vénus avec laquelle le patriarche possède  certaines affinités numériques ?

Le fleuve Adônis, devenu Nahr Ibrahim, se jette dans la Méditerranée à Byblos. Plus au nord, à Beyrouth, il reste cependant un témoin du mystérieux passé légendaire de la région, un témoin qui a su garder son nom, c’est le Nahr el Kalb, le Fleuve du Chien.

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Source du Nahr el Kalb (levanoneembassy.ca)

Bibliographie

Jacqueline Chabbi, Le Coran décrypté, Fayard 2008 et Le Seigneur des tribus, Noêsis 1997 et CNRS 2010.

Voir les articles : Le point de vue de Sirius du 1 juillet 2009 et Autour du Catharisme, § Plovdiv à l’ère chrétienne, du 15 février 2010.

 

 

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