Archive pour avril, 2010

Le fake de Turin

Le fake de Turin

Par Raymonde Reznikov

Papouilleries

Jusqu’au 23 mai 2010, l’objet sera exposé en la cathédrale de Turin et le 2 mai le pape viendra en personne célébrer une messe. Voilà l’information donnée sur le site officiel de l’église romaine : eglise.catholique.fr.

Le 13 octobre 1988, le cardinal Ballestrero, custode pontifical du suaire, a déclaré que le linge imprimé n’était plus considéré par l’Eglise comme une relique mais seulement comme une vénérable icône . On peut donc se demander les raisons de cette nouvelle mascarade médiatisée. Il s’agit peut-être d’une opération marketing destinée à renflouer les caisses du Vatican. Les sommes astronomiques versées aux victimes d’actes de pédophilie pourraient, dit-on, ruiner l’institution. La presse évoque plusieurs milliards de dollars et d’euros (Nouvel Obs. n° 2371). Les organisateurs de la manifestation espèrent plus d’un million de visiteurs…

249631119474455015651000005893014881500107248553n.jpg

« Laissez les enfants venir à moi » (Marc X, 14) dessin de Chimulus

Mystification et escroquerie

Rappel des faits

L’affaire commence à Lirey, village situé à quelques kilomètres de Troyes en Champagne.

Vers 1357, le Doyen et les chanoines de la collégiale Notre-Dame eurent à faire face à des problèmes de trésorerie. Ils décidèrent d’utiliser une méthode qui faisait alors ses preuves un peu partout : exhiber une relique. Mais face à la concurrence sur ce juteux marché, il fallait frapper fort pour attirer les gogos. Le prétendu « suaire » entra dans l’histoire.

Le premier à dénoncer la supercherie fut l’évêque de Troyes Henri de Poitiers, qui selon son successeur Pierre d’Arcis :

« découvrit la fraude et la façon dont ce fameux linge avait été peint par un procédé artistique ; il fut prouvé par l’artiste qui l’a peint que c’était une œuvre de la main de l’homme et non miraculeusement confectionnée ou octroyée. »

Puis toujours selon le témoignage de Pierre d’Arcis, Henri de Poitiers engagea une procédure contre le doyen sans scrupule et ses complices :

« Ceux-ci virent leur ruse découverte et cachèrent ailleurs ledit linge afin qu’il échappât aux recherches de l’ordinaire. »

Le chiffon refit surface en 1389, et Pierre d’Arcis menaça le doyen d’excommunication. Il alerta le roi Charles VI, puis le pape d’Avignon Clément VII. En réponse ce dernier promulgua trois bulles :

« Nous donc, dans le souci de porter un remède approprié à la pratique des ostensions et d’en écarter tout danger d’errements d’idolâtrie, nous voulons et, en vertu de notre autorité apostolique, nous statuons et ordonnons… que celui qui fera l’ostension devra avertir le peuple au moment de la plus forte affluence et dire à haute et intelligible voix, toute fraude cessant, que ladite figure ou représentation n’est pas le vrai Suaire de Notre Seigneur Jésus-Christ, mais qu’il n’est qu’une peinture ou tableau du Suaire qu’on dit avoir été celui du même Seigneur Jésus-Christ. »

lireyactu11.jpg

Lirey, vue générale (site de la mairie)

La mystification

L’affaire aurait pu s’arrêter là si Clément VII avait également interdit l’exposition du linge, et surtout s’il avait ordonné sa destruction. Pour des raisons de népotisme, il choisit de sauver les intérêts financiers de la famille du doyen auquel il était apparenté. De plus, il demanda au courageux évêque de « la boucler » sous peine d’excommunication. Ainsi la fausse relique poursuivit sa carrière lucrative au gré de ses déplacements.

En 1452, sa propriétaire Marguerite de Charny l’échangea contre un château avec Anne de Lusignan, épouse du Comte de Savoie. En 1532, elle faillit disparaître dans l’incendie de la chapelle de Chambéry. Elle fut installée à Turin en 1694, et le 18 mars 1983 l’ex-roi d’Italie Humbert II la légua au saint-siège.

Apothéose de l’idolâtrie

Le mémoire de l’évêque de Troyes Pierre d’Arcis est conservé à la Bibliothèque Nationale, collection de Champagne v 154, f° 137 et 138. Depuis le XIV° siècle, l’église catholique sait donc qu’il s’agit d’un faux ; elle en garde les preuves dans ses archives. Des historiens chrétiens issus de ses propres rangs tel le chanoine Ulysse Chevalier ou encore les archivistes bollandistes, ont aussi démontré l’origine médiévale de la fripe. Qu’importe, en plein vingtième siècle les papes sans scrupule comme le doyen de Lirey continuent d’exploiter le filon, par exemple :

beatificationpiexii.jpg

Pie XII (koreus.com)

En 1953, Pie XII évoque :

« le saint Linceul qui, pour notre émotion et notre réconfort, nous montre l’image du corps inanimé et du visage divin anéanti de Jésus » Honte au charlatan !

En 1959, Jean XXIII déclare y voir « le doigt de Dieu », Honte au charlatan !

En 1980 Jean-Paul II baise :

« la relique la plus splendide de la passion et de la résurrection. »

Et en 1998, le même porté sur le masochisme, comme on le sait, y voit :

« l’un des signes les plus bouleversants de l’amour dans la souffrance du rédempteur. » Honte, honte et honte !

Carbone 14

La décision de soumettre le suaire de Turin au test du C. 14 fut prise en 1986, et le 10 octobre 1987, l’archevêque de Turin désigna trois laboratoires spécialisés, ceux d’Oxford, d’Arizona et de Zurich avec le British Museum comme garant de la datation. Les résultats des analyses confirmèrent exactement les dates fournies par les documents historiques conservés. Le lin fut daté entre 1260 et 1390 et selon le rapport :

«  Ces résultats conduisent donc à conclure d’une manière décisive que le lin du suaire de Turin est médiéval. »

Suite à des contestations diverses, une nouvelle analyse fut effectuée par un labo russe. Les résultats furent confirmés.

091222benoitxvipiexii.jpg

Mascarade

Pourquoi encore aujourd’hui, alors que l’affaire a été jugée, devrait être définitivement classée et la fripe rangée au musée des superstitions, des horreurs et autres grigris, aux côtés des prétendus crânes de cristal mayas, le chef de l’église catholique a choisi de se livrer une nouvelle fois à une mascarade de fumiste.

Quelle confiance accorder à une institution qui depuis son origine agit de manière aussi peu scrupuleuse ?

car58.jpg

(sceptiques.qc.ca)

Sources

Historia n° 718, octobre 2006

L’imposture du Suaire de Turin par Paul-Eric Blanrue ; zetetique .ldh.org

Un faux saint-suaire de Turin réalisé en cinq minutes; futura-sciences.com (30/06/05)

La Recherche n° 360, janvier 2003

La Recherche n° 435, novembre 2009

La Recherche n° 438, février 2010

 

231 portes

231 portes

Par Raymonde Reznikov

« Et avec les vingt-deux lettres, lorsqu’Il les a tracées, découpées, multipliées et interverties, il a créé tout ce qui a été créé [et créera] tout ce qui sera créé. Et comment les a-t-Il multipliées ? L’alef avec chacune des lettres et chacune avec l’alef ; de même le bet et de même le guimel ; toutes tournent et s’intervertissent, et la totalité des mots ainsi formés est de 231 ; tu trouves donc que toute parole et toute créature ne peuvent se passer d’un [être] en plus au-dessus d’elles. »

Saadia Gaon, Commentaire sur le Séfer Yetzira ; traduction Mayer Lambert, éditions Verdier 2001.

rouedeslettres.jpg

La Roue des Lettres (kabbale.eu)

Le nombre 231

231 a 8 diviseurs. La somme des ses parties aliquotes est :

1+3+7+11+21+33+77 = 153

153 + 231 = 384

yikingchart.gif

384 renvoie aux 64 hexagrammes du Yi-King. 8 x 8 trigrammes, combinaisons des deux signes : le Yang, masculin, représenté par un trait et le Yin féminin, représentée par deux traits consécutifs. L’association de deux trigrammes forme un hexagramme, d’où :

8 x 8 x 6 = 384 signes symboles du + et du – dans l’univers.

Au verset 27 du premier chapitre de la Genèse, il est écrit à propos d’Adam :

« Il le créa mâle et femelle. »

En hébreu ces mots s’écrivent, ZaKhaR et NeQeBaH (זכר et נקבה), c’est à dire :

7 +20 + 200 et 50 + 100 + 2 + 5 =  227 + 157 = 384.

Que reste-t-il de cette information dans nos traductions ?

120 nombres entre 1 et 231 n’ont aucun diviseur commun avec 231

231 est la valeur de 153 en base 8, celle de 120 en base 7 et celle de 91 en base 6.

231 est la valeur triangulaire de 21 et l’hexagonale de 11.

L’hypoténuse d’un triangle rectangle de côtés 231 et 720, mesure 756

On retrouve ces dimensions en yards mexicains dans les vestiges de la Pyramide de la Lune du site de Téotihuacan…

 

20091114093117legendre.jpg.

Adrien-Marie Legendre (1752-1833)

Curiosités

En mathématique, on retrouve 231 et ses multiples en coefficients dans les équations, les fonctions et les polynômes orthogonaux de Legendre, en particulier 27720 (231×120).

231 et les multiples de 13

231×13 = 3003, 231×26 = 6006, 231×39 = 9009, 231×52 = 12012, 231×65 = 15015, 231×78 = 18018, 231×91 = 21021, 231×104 = 24024, etc..

(voir articles: De 24024 à Ninive, du 29/12/09 et Le Triangle, du 27/12/10

legendrepplot.gif

Fanatique d'esprit |
Scravic |
New EVENING Newcastle CHRON... |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Archives Montségur 09
| Paroles de Soie
| club des alices noire