Archive pour janvier, 2010

Chandeleur ?

Imbolc, fête celtique

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New Grange (Irlande), entrée du tumulus où naquit Oengus, le jeune soleil

Imbolc fut certainement la plus désagréable des fêtes du calendrier celtique pour les moines irlandais qui s’employèrent à en occulter totalement le sens. Ils la présentèrent comme une fête de printemps, liée à la fécondité des troupeaux d’ovins et à la lactation des brebis, et personne ne fut en mesure de crier à la supercherie.

Imbolc était à l’origine une fête dédiée à la Déesse Mère (Boand ou Brigid) et à son fils Oengus, le jeune Soleil. La Déesse Brigid et Oengus devenaient de bien encombrants témoins. Les moines négligèrent Oengus et christianisèrent Brigid à outrance.

Boand, Eithné, Dana, Anu, Macha, Brigid furent les noms donnés à l’unique principe féminin des Celtes insulaires, maîtresse de la nature, de l’espace et du feu. Peu de légendes évoquent Brigid car, pour mieux effacer l’image de l’encombrante triple Vierge divine de la mémoire de leurs ouailles, les moines n’eurent d’autre solution que de l’instituer patronne de l’Irlande, en la christianisant. Sa fête fut fixée au 1er février.

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Intérieur du tumulus, « crèche » d’Oengus

Chandeleur

Le 2 février, il y a plus de 2000 ans, était le jour de la culmination de l’étoile Sirius à minuit. Une fête était célébrée dans le grand temple de Déméter à Eleusis, en l’honneur de la déesse à la recherche de sa fille Perséphone enlevée par Hadès, On y faisait en leur honneur des galettes de blé. A notre époque, Sirius culmine le 2 janvier, mais par une merveilleuse coïncidence, le 2 février peut encore lui être consacré, puisque c’est le jour où l’étoile se lève le soir au coucher du soleil. De plus, à ce moment précis, l’Epi de la Vierge se trouve, invisible, au nord vrai dans le prolongement de la ligne Etoile Polaire - Mizar de la Grande Ourse. La chandeleur est aussi une fête de l’Ours. Cette année, une nouvelle étoile a été découverte dans le groupe Mizar + Alcor, les célèbres étoiles doubles de la Grande Ourse, qui désormais sont 4 + 2 = 6….

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Mizar et Alcor

(American Museum of Natural History, pour Futura-Sciences)

Alors, vive les crêpes en l’honneur de la lumière divine ! Voilà encore une preuve que tous les mythes ont une base astronomique, leur seule véritable explication. Les légendes récentes ne sont que des interprétations dénaturées, mais dans lesquelles transparaissent encore des lueurs de vérité.

Que fêtent les chrétiens le 2 février ?

La présentation du « Seigneur » dit-on , et depuis 1372 seulement, la « Purification  de la Vierge ». Il est vrai que le nom du mois vient d’un mot latin, februa, signifiant rite expiatoire ; ceci explique peut-être cela.

Quant à la « Chandeleur » fête des chandelles c’est le pape Gélase (492-496) qui la créa pour remplacer la fête des Lupercales qu’il venait d’interdire….

Alors, revenons vite aux traditions antiques, on célèbre bien la naissance de Mithra le 25 décembre; pourquoi ne pas fêter aussi Imbolc et les Lupercales 40 jours plus tard. Paganisme pour paganisme, c’est original et plus véridique sur le plan traditionnel…

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Vénus et l’octaétéride

La planète Vénus est de retour

Par Raymonde Reznikov

A partir du début du mois de février, la planète Vénus sera de nouveau visible. Elle se couchera le soir une demi-heure après le soleil le premier février, et une heure après le 28. Pour bien l’observer à l’œil nu, il vaut mieux attendre le 6.

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Curiosités vénusiennes

(voir l’article Vénus et le nombre cinq du 31/08/09)

Ce n’est qu’en 1966 que les astronomes connurent exactement la durée d’un jour vénusien, c’est à dire la durée de la rotation de la planète autour de son axe. Cette rotation sidérale équivaut à 243 jours terrestres et surprise, Vénus est la seule planète du système solaire à tourner à contre sens des autres. Cette rotation sidérale rétrograde constitue une énigme pour les scientifiques. De plus, cas unique, l’orbite de Vénus est un cercle presque parfait, son excentricité n’est que de 0,007, moins de 1%.

Les coïncidences étranges concernant les relations de Vénus avec la terre sont nombreuses. Les deux planètes sœurs sont en harmonie. La période de rotation de Vénus avec la période de révolution de la Terre sont synchronisées. La terre effectue deux révolutions autour du soleil au cours de trois jours vénusiens : 365×2 = 730 et 243×3 = 729 (9 au cube).

Huit années terrestres égalent treize ans de Vénus : 365,25×8 = 2922 et 224,7×13 = 2921,1.

Tous les 584 jours, lors de la conjonction de Vénus avec le soleil, la planète nous présente toujours la même face. En effet, en 584 jours elle a effectué 4 révolutions synodiques de 146 jours par rapport à la Terre ; c’est à dire qu’en fonction du mouvement des deux planètes un point fixe quelconque sur Vénus s’est retrouvé face à la Terre tous les 146 jours. Alors que ce même point se présente tous les 116,7 jours face au soleil.

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Vénus et la Terre (techno-science.net)

Vénus et l’octaétéride

(voir l’article 5845 et l’octaétéride du 6/10/09)

Au cours de huit années de la Terre, alors que les cinq conjonctions de Vénus avec le soleil dessinent un pentagone, il s’écoule :

12 rotations sidérales de Vénus autour de son axe.

13 révolutions sidérales (années vénusiennes de 224,7 jours).

20 rotations synodiques de 146 jours par rapport à la terre.

25 rotations synodiques de 116,7 jours par rapport au soleil.

Les synchronisations, il est vrai, ne sont pas rigoureusement exactes, mais elles présentent tout de même une précision de l’ordre de 0,2% et 0,03%, ce qui est déjà exceptionnel.

Ajoutons à cela que la période de huit ans est celle de l’octaétéride des Anciens qui comptait 99 lunaisons.

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Le passage du 8 juin 2004 (Wikipedia)

 

6 juin 2012

Comme le 8 juin 2004, la conjonction de Vénus et du soleil du 6 juin 2012 sera un événement céleste extraordinaire, puisque la planète passera juste devant le disque solaire. C’est un phénomène très rare observé chaque fois par les astronomes du monde entier depuis 1639.

Ces passages précis se produisent régulièrement tous les 113 et 130 ans par paires espacées de huit ans. Ils ont lieu soit en décembre au nœud ascendant, soit en juin au nœud descendant. Le nombre moyen des passages est de quatre en 243 ans ; encore une coïncidence.

L’astrophysicien Jean-Pierre Luminet a consacré pour le site Futura-Sciences, un dossier au passage du 8 juin 2004.

Voir: www.futura-sciences.com/fr/doc/t/astronomie-1/d/venus-et-son-passage-aujourdhui_325/c3/221/p1/

Sur le forum du site on peut trouver une très intéressante discussion sur le même thème.

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Bibliographie :

André Danjon, Astronomie générale, Albert Blanchard, 1980

Pierre Kohler, La Terre et les astres, Encyclopédie Hachette, 1979.

Adresses cosmiques

Les coordonnées en astronomie

Par Raymonde Reznikov

(Voir l’article Précession des équinoxes du 15/09/09)

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En astronomie l’adresse d’un astre peut être donnée de deux manières différentes soit : par rapport à l’équateur céleste, soit par rapport au cercle de l’écliptique. L’équateur céleste est la projection dans le ciel de l’équateur terrestre ; son centre est le pôle. L’écliptique est le cercle fictif de la route apparente du soleil ; son centre est le pôle de l’écliptique situé dans la constellation du Dragon. Ces deux cercles se rencontrent aux points équinoxiaux. Le calcul des coordonnés se fait à partir du point vernal.

Les coordonnées équatoriales se mesurent en heures, minutes et secondes sur l’équateur céleste divisé en 24 heures, c’est l’Ascension Droite, « AR » (Recta). La déclinaison, ou hauteur de l’astre se mesure en degrés de 0 à 90 entre le cercle équatorial et le pôle. Par convention, la déclinaison est positive pour l’hémisphère nord et négative pour l’hémisphère sud.

Les coordonnées écliptiques se mesurent en degrés, minutes et secondes d’arc, la longitude à partir du point vernal de 0 à 360 sur le cercle de l’écliptique ; et la latitude est comptée de 0 à 90 degrés entre l’écliptique et son pôle, positivement au nord et négativement au sud.

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Graphique: astrosurf.com

Conversion

Il peut être intéressant parfois de convertir les degrés, minutes et secondes d’arc en heures, minutes, et secondes, ou réciproquement. Attention, les résultats obtenus ne sont valables que pour le système concerné puisque l’équateur et l’écliptique n’ont pas les mêmes pôles.

Le principe est simple : 1 heure est égale à 360/24 = 15° ; une minute horaire égale 15°/60 = 15’ et une seconde horaire égale 15’/60 = 15’’.

Inversement : 1° = 1 heure/15 = 4 minutes, 1’ d’arc égale 4mn/60 = 4 secondes horaires.

(En ce qui concerne les secondes, les astronomes modernes ont abandonné la base 60 pour le système décimal).

La conversion d’un système dans l’autre fait apparaître des coïncidences amusantes pour les amateurs de mystères des nombres qui reconnaîtront les grandes vedettes au passage..

Voici quelques exemples de conversion de degrés et minutes d’arc en heures, minutes et secondes :

6° = 0h 24 ; 7° = 0h 28 (28 est la valeur triangulaire de 7) ; 8° = 0h 32 (voilà de quoi réjouir les fans des groupes de symétrie, E8 et SO 32) ; 13° = 0h 52 ; 18° = 1h 12 ; 20° = 1h 20 ; 26° 1h 44 (104 minutes ou 26×4) ; 34° = 2h 16 ; 35° = 2h 20 (136 minutes ou 8400 secondes) ; 42° = 2h 48 (168 minutes ou 10080 secondes) .

Réciproquement :

1h = 15° ; 2h = 30° ; etc. jusqu’à 24h = 360°.

Pour les minutes : 1 minute = 0° 15’ ; 4 m. = 1° ; 7 m. = 1° 45’ ; 15 minutes = 3° 45’ ; 52 minutes = 13° ; 54 minutes = 13° 30 .

On peut aussi avoir besoin de convertir des degrés et des minutes d’arc en secondes, il suffit bien sûr de multiplier par 60 ou 3600, ainsi :

24’ = 1440’’ ; et 1° 24 = 5040’’ (la factorielle de 7 en système décimal) ; 31’ = 1860’’ ; 3° 20 = 12000’’ ; 40° = 144.000’’ ; 5° 12 = 18720’’ ; 78° = 280.800’’ ; 112° = 403.200’’ ; 120° = 432.000’’…

Voilà, c’est un jeu complètement idiot et parfaitement inutile, mais ça change du sudoku !

Dernière heure

2700 milliards de chiffres, c’est le dernier record du nombre de décimales de « pi ». C’est un Français, Fabrice Bellard, qui vient de battre avec 120 milliards de décimales de plus, le record que le Japonais Daisuke Takahashi détenait depuis le mois d’août dernier.

(Information du n° 756 de Sciences et Avenir)

  

La neige sexangulaire

La Strena ou la neige sexangulaire

Par Raymonde Reznikov

« …les flocons tombent du ciel et sont pareils aux étoiles »  (Kepler)

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Montségur le 10/01/10 vu par Laurent Crassous Photography

En regardant la neige tomber sur Montségur, j’ai pensé à un petit ouvrage, presque inconnu de Johann Kepler : La Strena (l’étrenne).

L’astronome a rédigé ces quelques pages à Prague, afin de les offrir en cadeau pour le Jour de l’An 1610, à son ami et protecteur von Wackenfels, un haut personnage de la cour de l’empereur Rodolphe II.

En décrivant la géométrie des cristaux de neige, Kepler en arrive à méditer sur la structure de la matière, structure associée à la forme hexagonale.

Voici quelques lignes extraites de La Strena, offerte il y a 400 ans par Kepler à « Monsieur l’illustre Conseiller aulique de Sa Majesté l’Empereur »

Le texte en latin a été traduit par Robert Halleux pour le C.N.R.S.. Il a été publié par la Librairie J. Vrin (Paris 1975).

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Les petites étoiles de neige

Mais trêve de plaisanteries : venons-en au fait. Chaque fois qu’il se met à neiger, il arrive régulièrement que les premières particules de neige affectent la forme d’un astérisque à six angles. Ce fait implique une cause bien déterminée. Car si cela se produit par hasard, pourquoi les flocons ne tombent-ils pas aussi avec cinq angles ou bien sept ? Pourquoi sont-ils toujours sexangulaires (du moins quand ils ne sont pas encore agglomérés en une masse confuse par diverses impulsions, mais demeurent dispersés et distincts) ?

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Photo mon-herboristerie.com

Après avoir reconnu « l’archétype de beauté qui est dans l’hexagone », Kepler évoque :

Les alvéoles des abeilles

Les corps réguliers rhombiques associés aux nombres 12 et 30.

La figure du grain de grenade et celle que les pois prennent sous la pression.

Les coquilles d’escargots.

Les corps réguliers utilisant le quinaire issus de la proportion divine, avec un rappel de la suite de Fibonacci.

L’influence du froid sur la cause de la figure étoilée de la neige, et le givre sur les fenêtres.

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Art by wind and snow par Laurent Crassous Photography

Réflexion pour Rien

… ces petites étoiles, en tombant, consistent en trois diamètres velus soudés en un point, leurs six extrémités étant distribuées régulièrement en cercle de sorte qu’elles tombent seulement sur trois rayons velus (…)

Mais ainsi la question n’est pas discutée, mais seulement reportée. Car on ne voit pas pourquoi ce n’est pas cinq ou sept, mais bien six rayons velus qui s’ajustent dans le même centre. Et si vous demandez aux géomètres dans quelle figure trois diamètres se coupent à angles droits, c’est-à-dire en forme de double croix dans le même centre, on vous répondra : dans l’octaèdre, quand on relie les angles opposés. L’octaèdre, en effet, possède six angles. Comment donc se fait-il que la neige en tombant, avant de s’aplanir, avec ses trois diamètres velus se coupant à angle droit, imite elle-même le squelette même d’un octaèdre ? Au point que, si vous joigniez par douze droites les extrémités voisines des rayons, vous représenteriez le corps complet d’un octaèdre.

Note : 6 + 8 + 12 = 26.

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Pourquoi la figure est de préférence sexangulaire

Pourquoi donc cette forme sexangulaire ? Est-ce parce que, parmi les polygones réguliers, c’est la première figure vraiment plane et qui ne s’unit à elle-même dans aucun solide ? En effet, le triangle, le quadrilatère, le pentagone forment des solides. Est-ce parce que l’hexagone couvre un plan sans laisser de vide ? Mais le triangle et le quadrilatère font de même. Est-ce parce que cette figure est la plus proche du cercle parmi celles qui couvrent un plan sans laisser de vide ? Y a-t-il un critère de différenciation entre la faculté figurant les corps stériles et celle figurant les corps féconds, dans le fait que l’une forme les triangles et les hexagones, l’autre les pentagones ? Ou enfin est-ce que la nature elle-même de cette âme formatrice participe de l’hexagone dans le repli de son essence ?

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Citations sur la neige

Zohar II, 281b (adjonctions à 209b) : « Lorsque le Saint, béni soit-il, créa le Paradis, il prit la neige sous son trône glorieux et en forma le sol du Paradis. »

Sepher Yetsirah I, 11 (version GR’A, traduction Virya) : …Il traça et sculpta 22 lettres sorties d’un Tohu Bohu de boue et d’argile. Il les traça comme une sorte de jardin. Il les sculpta comme une sorte de mur. Il les déploya comme une sorte de toit. Il versa de la neige et elles devinrent poussière, car il est écrit : « Il dit à la neige : Tombe sur la terre ! ».

Le mot neige : שלג formé des lettres Shin, Lamed et Guimel a pour valeur, 300 + 30 + 3 = 333.

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Givre sur Montségur: Laurent Crassous Photography

Revoir

A propos de Kepler : Nombres et Mystères 2, article du 13/05/09 ; Sur les traces de Johann Kepler, article du 30/06/09

Sur l’hexagone : Numérologie – 288, article du 23/08/09 et Numérologie du 18/05/09

Sur l’octaèdre : Nombres et Mystères 3, du 18/11/09

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Moutarde évangélique

La moutarde monte au nez

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Sinapis alba

Le mot moutarde : mustum ardens, most arde ou encore moustarde, tire son origine du moût de raisin qui servait à délayer les graines de sénevé pilées dans la fabrication du nouveau condiment qui apparu au treizième siècle.

Certes, Caius Lucius Junus Moderatus Columella, le célèbre agronome romain du temps des empereurs Claude et Néron, connaissait déjà un condiment fabriqué avec du sénevé ; il s’agissait d’un mélange de feuilles confites dans du vinaigre. Il en décrit la fabrication dans son ouvrage De re rustica, au chapitre LV de son livre XII : Sinapin quemadmodum facias.

Quatre siècle plus tôt, le grec Théophraste mentionnait déjà le Sinapis (sénevé) parmi les plantes cultivées.

Le sénevé

Il existe trois sortes de sénevé ou sanve: sinapis alba, sinapis nigra, variétés cultivées et sinapis arvencis, la moutarde des champs, une « mauvaise » herbe envahissante des prairies et jardins. Ces trois variétés végétales sont des plantes de la famille des Brassicaceae, des crucifères comme le chou. Ce sont des herbacées dont la hauteur dépasse rarement un mètre. La plante est originaire du Bassin Méditerranéen. On la trouve partout en Europe, en Afrique du Nord, en Asie occidentale jusqu’à l’Inde.

Le sénevé a acquis une célébrité sans rapport avec sa modestie végétale, en effet il tient la vedette dans les textes fondateurs du christianisme. Il est cité à plusieurs reprises et semble doté d’un certain pouvoir magique

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Pied de moutarde noire

Le Moutardier évangélique

Voici des versets des évangiles concernant la modeste plante crucifère selon les versions de deux traducteurs différents : Jean Grosjean pour la Bibliothèque de la Pléiade, et André Chouraqui, chez Brépols.

Evangile selon Mathieu XIII, 31-32, traduction J. Grosjean :

31 – Il leur proposa une autre parabole : le règne des cieux est pareil à une graine de sanve qu’un homme a prise et semée dans son champ.

32 – C’est la plus petite de toutes les semences, mais quand elle croît, c’est le plus grand des légumes, elle devient un arbre et les oiseaux du ciel viennent nicher dans ses branches.

Traduction André Chouraqui :

31 - Il leur sert un autre exemple. Il dit : Le royaume des ciels est semblable à une graine de moutarde qu’un homme prend et sème dans son champ.

32 – Elle est plus petite que toutes les semences. Elle croît et devient plus grande que les plantes ; et c’est un arbre ; si bien que les oiseaux du ciel viennent reposer dans ses branches.

Evangile selon Marc IV, 31-32, traduction J. Grosjean

31- C’est comme la graine de sanve : quand on la sème sur la terre elle est la plus petite de toutes les semences qui sont sur la terre ;

32 - et quand on la sème elle monte, elle devient le plus grand des légumes, elle fait de grandes branches et les oiseaux du ciel peuvent nicher sous son ombre.

Traduction André Chouraqui :

31- C’est comme une graine de moutarde : quand elle est semée sur la terre elle est plus petite que toute les semences de la terre.

32- Mais quand elle est semée, elle monte et devient plus grande que toutes les plantes, elle fait des grandes branches, si bien que les oiseaux du ciel peuvent reposer à son ombre.

Evangile selon Luc XIII, 18-19, traduction J. Grosjean

18 – Il leur disait donc : A quoi le règne de Dieu est-il pareil ? A quoi le comparer ?

19 – Il est pareil à une graine de sanve qu’un homme a prise et semée dans son jardin : elle croît et devient un arbre, et les oiseaux du ciel nichent dans ses branches.

Traduction A. Chouraqui

18 – Il dit donc : A quoi le royaume d’Elohim est-il semblable ? A quoi l’assimiler ?

19 – Il est semblable à une graine de moutarde qu’un homme prend et jette dans son jardin.

Elle croît et devient un arbre ; les oiseaux du ciel habitent dans ses branches.

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Moutarde des champs

Cataplasmique !

A lire ce qui précède on en conclut que les connaissances en botanique du héros de l’aventure sont des plus limitées ; étonnant de la part d’un personnage d’aussi haut lignage. Inutile de faire porter le chapeau aux chroniqueurs, ceux-ci prétendent rapporter fidèlement les propos tenus par leur divin maître. Attis, Adonis, Dionysos, bref tous les anciens dieux de la végétation, ses prédécesseurs locaux, n’auraient jamais commis une telle bévue agricole.

Certains exégètes ou commentateurs gênés tentent de rattraper l’affaire en avançant que le supposé « arbre à moutarde » peut atteindre trois mètres de hauteur ; qu’en pensent les botanistes ? Et quand bien même, une herbe de trois mètres de hauteur reste une herbe. D’autres préfèrent avancer la thèse du symbolisme ; d’accord, mais dans ce cas c’est l’ensemble des textes en question qui sont à prendre au second degré. Il ne s’agit plus de rapports d’historiens mais de mythologie.

Si les documents originaux en hébreu, incompris ou trop bien compris, n’avaient pas été détruits pour ne laisser subsister que des traductions falsifiées en grec, traductions dont les plus anciens manuscrits connus datent des quatrième et cinquième siècles, on aurait peut-être pu comprendre ce que les rédacteurs primitifs avaient voulu sous-entendre. Curieusement les passages concernés rappellent les versets du livre de Daniel, IV, 17-18 et le verset du prophète Ezéchiel, XVII, 23…

« L’histoire religieuse du monde est l’histoire des contresens redoublés » (Ernest Renan)

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Les illustrations botaniques proviennent de Wikipédia, article sur le sénevé

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