Néo-Hélios

 

Solstice d’hiver

Par Raymonde Reznikov

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Mythologie

La première caractéristique de la fête de Noël est sa correspondance astronomique avec le solstice d’hiver qui marque la naissance du soleil nouveau ou « Néo-hélios », terme contracté en No-ël.. On remarquera que la France est le seul pays européen à perpétuer l’appellation « Noël », ce qui par Alexandrie interposée, la rattache à la plus antique tradition du sabéïsme et de l’héliolâtrie.

La deuxième caractéristique de cette fête est qu’elle est devenue synonyme de naissance d’un envoyé divin, le phénomène cosmique ayant été anthropomorphisé. Ce qu’il faut souligner, c’est que le thème de la nativité n’est pas propre au christianisme mais qu’au contraire, le modèle du mythe actuel se trouve quasiment tel quel dans les théogonies vieilles de plusieurs millénaires, décrivant le même processus au lieu et à la date près.

En effet, toutes les religions qui prévoient un intercesseur entre les dieux et les hommes stipulent que la naissance de cet être ne peut se faire que par l’intermédiaire d’une vierge pure.

Au cours des cinq millénaires qui ont précédé l’ère commune, on trouve ainsi de nombreux exemples de vierges enfantant un intercesseur, voire un dieu par l’opération d’un esprit divin.

Ainsi par exemple : Neith enfanta Ammon ; Devaki : Khrishna ; Nana : Atys ; Sémélé : Dionysos ; Calliopé : Orphée ; Maya : Agni ; Maïa : Bouddha ; Marie : Jésus.

Cette énumération est loin d’être exhaustive, mais elle montre néanmoins que le thème est très prégnant dans la mentalité humaine et ce depuis la plus haute antiquité.

« Presque tous les éléments de la légende du Christ se trouve dans le Véda, sa double filiation, sa conception miraculeuse, sa naissance avant l’aurore, son baptême dans les eaux, l’onction sainte d’où il tire son nom (christos – oint), sa science précoce, sa transfiguration, ses miracles, son ascension vers le ciel où il va rejoindre le Père céleste qui l’avait engendré éternellement pour être le sauveur des hommes. »

(Emile Burnouf, directeur honoraire de l’Ecole d’Athènes, dans La science des religions, éditions Maisonneuve Frères, Paris 1885)

Inde

Agni est le second personnage d’une trinité védique, le fils, mais il est de loin le plus important. Sa place est sur la terre. Il est la vie et la pensée en chacun des êtres qui vivent et pensent. Son père céleste est Savitri dont la demeure est dans le soleil. Sa naissance est mystérieuse. Il a un père terrestre Twastri, charpentier de son état, mais d’une autre manière il est venu du ciel conçu dans le sein maternel de la vierge Maya par Vâyu, le troisième élément de la trinité, le Souffle.

La naissance d’Agni est signalée au prêtre astronome par l’apparition d’une étoile nommée en sanscrit « Savanagraha ». Dès qu’il l’a vue, le prêtre annonce au peuple la bonne nouvelle, et celui-ci accoure des campagnes pour adorer le nouveau-né…etc..

La même légende s’est aussi substituée à l’histoire du prince Siddharta, né à Kapilavatsu, au nord de Bénarès au sixième siècle avant l’ère vulgaire.

La veille de son mariage, la vierge Maïa se vit en songe transportée dans une grotte de l’Himalaya. Un éléphant blanc, rayonnant de lumière, tenant dans sa trompe une fleur de lotus, s’approcha d’elle et s’absorba dans son sein. Les Brahmanes consultés, dirent que Maïa quoique vierge portait en elle l’œuvre d’un esprit saint et qu’elle enfanterait un Bouddha. La naissance eut lieu quatre jours après le solstice d’hiver.

Inutile d’évoquer encore la légende de Krishna et de sa mère, la vierge Dévaki, de sa naissance miraculeuse, des bergers qui en prirent soin. Les Rishis (les Sages) vinrent le saluer et un détail : le roi Kansa fit massacrer 40 000 nouveaux nés dans l’espoir de tuer celui qui devait le détrôner.

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Fresques de Louxor, photo Wikimedia

Egypte

Moins connue est la biographie mythique du pharaon Amenhotep III, rapportée par l’égyptologue anglais Gérald Massey au siècle dernier, d’après les fresques des murs intérieurs du temple de Louxor. On y voit Toth, le messager des dieux, saluer la reine-vierge Mut-em-ua, pour lui annoncer la naissance d’un fils ; puis le dieu Kneph aidé d’Hathor préparer et disposer le germe de l’enfant à venir ; puis la mère en travail sur un tabouret et la sage-femme recevant le nouveau-né dans une grotte. Ensuite on peut voir le jeune enfant assis sur le trône acceptant l’hommage des dieux et des hommes ; derrière lui se tient le dieu Kneph et à sa droite trois esprits à genoux lui offrant des présents. Amenhotep III est le père du pharaon Akhenaton, il régna 38 ans sur l’Egypte au quatorzième siècle avant l’ère commune.

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Amenhotep III, photo British Museum

Une des légendes sur le dieu Horus dit que celui-ci naquit au solstice d’hiver dans « l’Apta », une crèche ou mangeoire, et les habitants d’Alexandrie avaient coutume de porter le nouveau-né dans sa « crèche » en procession dans les rues de la ville.

Mithra

Il en est de même pour le dieu Mithra, le « Sol Invictus ». Celui-ci naquit le 25 décembre et il fut représenté sur les bas-reliefs sortant d’un rocher, en présence de bergers. La stèle trouvée à Poetovio en Slovénie montrent ceux-ci entrain de participer à l’événement.

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Stèle de Poetovio: Bergers prêtant assistance à la naissance de Mithra; photo montesion.it

Au quatrième siècle, l’église ne pouvant lutter contre une fête trop populaire dans l’aristocratie et dans l’armée romaines décida de récupérer la date et tout son symbolisme pour commémorer la naissance de son héros.

 » Ce qui est profondément gênant, toutefois, si l’on décide de lire le « Nouveau Testament » avec un œil d’historien, c’est que lorsque sont enlevés les emprunts et les invraisemblances, il ne semble rester – rien . »


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Annexe

6 janvier 2011

Les églises orientales, toujours en calendrier julien, vont fêter Noël ce soir. Je leur dédie cet extrait de l’ouvrage de Robert Turcan: Les cultes orientaux dans le paganisme romain (éditions Les Belles Lettres, Paris 1989)

D’après Epiphane (Panarion, 51, 22), les Arabes de Pétra célébraient la naissance de Dusarès le 25 décembre, comme à Rome on fêtait à cette date le Natalis Solis invicti, depuis Aurélien (…). L’évêque de Chypre écrit même que Dusarès était chanté par les Arabes comme fils d’une vierge nommée Khaamou ou Khabou (?), ce qui fait évidemment songer à la Ka’aba, pierre noire de la Mecque.

D’après les auteurs grecs et romains, le dieu Dusarès était identifié à Dionysos

 


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3 commentaires

  1. noe dit :

    Comme toujours super intéressant. Cependant en ce qui concerne Bouddha j’ai tjrs lu qu’Il était né au Printemps, et les bouddistes l’honorent au mois de Mai, à la fois pour sa naissance et son Parinirvana – mais peut être que cela a été « groupé » ? merci des prochaines précisions…

  2. Wilda dit :

    This is the reason I like montseguraucoindestemps.unblog.fr. Marvrelous posts.

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