Mystère des constellations

Le grand Purâna céleste

Article dédié à Yves R., un « ami » de Facebook

Par Raymonde Reznikov

Les Purânas sont des récits mythologiques de l’Inde ancienne, des épopées destinées au grand public contrairement aux textes plus ésotériques des Védas et des Upanisads. Destinés à être récités par des bardes, les Purânas évoquent la Création, la Conservation et la Destruction de l’Univers, l’origine du Monde et celle des Dieux et des Héros. Leurs auteurs sont inconnus.

Selon le Mâtsya Purâna et le Padma Purâna, le premier de tous ces livres sacrés aurait été écrit par Brahmâ lui-même, et ne comporterait pas moins de cent millions de stances. Ce grand Purâna divin, prototype des Puranâs humains, subsisterait dans le ciel avec des proportions gigantesques.

Pour le Zohar, la voûte céleste ornée du soleil, de la lune, des étoiles et de toutes les constellations, constitue le Livre des mémorandums du Créateur :

« Levez les regards en haut et voyez qui (My) a créé cela (Isaïe XL, 26). Nous avons déjà expliqué ce verset. Est-ce qu’en levant les yeux en haut l’homme peut pénétrer les mystères cachés à tout le monde ? L’Ecriture veut dire qu’en levant les yeux en haut et en contemplant les millions d’astres qui se meuvent sans cesse dans l’espace, il arrivera à comprendre. S’il ne peut pas parvenir à saisir le mécanisme de l’univers qui n’est qu’une des œuvres de D…, il arrivera encore moins à saisir l’essence de D… lui-même. » (Zohar, II-231b)

Puranas et Zohar enseignaient le système héliocentrique ; les Puranas sous couvert de mythologie, les auteurs du Zohar, ignorant superbement Aristote, beaucoup plus clairement :

« Voici ce qui est dit dans le livre des Mystères suprêmes. De nombreuses roues tournent autour de corps formés d’atomes agrégés. Certains de ces corps sont mobiles ; d’autres sont fixes. La rotation de ces roues a commencé dès le jour où la terre a été un agrégat d’atomes. Ces roues font tourner la terre en cercle et autour d’elle-même. » (Zohar II-235b)

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Il existe une énigme concernant l’origine de la formation des constellations célestes. En effet, les noms et les légendes attribués aux divers groupes stellaires et à chacune des étoiles, remontent à un passé si lointain qu’il est impossible d’en discerner la source. On rencontre parfois des communautés d’inspiration étranges chez des peuples très éloignés les uns des autres, ou de culture totalement différente, comme les Celtes, les Chinois et les Indiens des deux Amériques. Une tradition unique à l’échelle mondiale semble parfois perceptible, et lorsqu’on découvre certaines coïncidences curieuses, on se contente de constater simplement que l’histoire du passé est beaucoup plus compliquée et mystérieuse qu’on ne le croit.

Tous les grands astronomes ont médité sur ce problème. Plus proche du divin que les historiens, en raison de leur attention fixée en permanence sur les secrets du cosmos, ils ont pressenti que l’aménagement de la voûte céleste n’était pas le résultat du hasard, ni une simple juxtaposition de diverses rêveries de poètes, mais recelait plutôt un enseignement légué par des instructeurs inconnus, et destiné à franchir les abîmes du temps. Ce grand livre de lumière visible dès le coucher du soleil servit de fondement à tous les enseignements initiatiques.

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L’astronome John Ehler Bode, par exemple, dans l’introduction de son Uranographia, ouvrage qu’il publia en 1801, n’hésita pas à laisser entrevoir le fond de sa pensée :

« Ainsi les antiques Atlantes et les Ethiopiens, les prêtres égyptiens dépositaires des mystères d’Isis, les mages de la Perse et de la Chaldée, les nomades habitants des vastes plaines de Babylone, les Brahmanes de l’Inde et de la Chine, les premiers navigateurs phéniciens, les philosophes de la Grèce et de l’Italie, les Arabes voués aux sciences, observèrent assidûment le cours des astres et donnèrent des noms aux étoiles les plus distinguées. (…)

Ils tracèrent sur la voûte céleste ces astérismes ou constellations figurées, qui pour la plupart n’ont aucune ressemblance avec les positions dans lesquelles les astres se trouvent groupés, qui d’ailleurs ont été étrangement défigurées par les traditions historiques et fabuleuses des diverses nations, mais qui nonobstant cela se sont conservés jusqu’à nos jours. Ainsi les peuples anciens ont parfaitement rempli le but qu’ils se proposaient, puisque dans ces monuments ils ont transmis à la postérité la plus reculée des fragments de leur histoire. » 

La science antique

Que savons-nous de l’univers scientifique de l’antiquité ? Des bribes, des fragments isolés qui ont échappé aux destructions des grandes bibliothèques et des sanctuaires initiatiques ; destructions involontaires parfois, guerres, cataclysmes naturels, ou volontaires souvent comme celles ordonnées par des religieux fanatiques soucieux d’anéantir à jamais les preuves de la vanité de leurs croyances. Ainsi, par exemple, par défaut d’information, les piles électriques chaldéennes du musée de Bagdad furent longtemps classées en « objets de culte », jusqu’au jour où un ingénieur reconnut leur véritable nature.

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Photo de Futura-Sciences, voir l’article concernant ces objets sur le site (lien ci-contre)

De quelle source les navigateurs antiques tenaient-ils leurs cartes du monde, où figuraient les côtes de l’Antarctique libres de glace, et le Groenland divisé en trois îles ? La description du nord de l’Europe faite par Plutarque dans son traité « De facie in orbe lunae » est éloquente. Kepler, qui traduisit ce texte en latin,  reconnut sans peine les côtes de l’Amérique avec le Labrador et l’estuaire du Saint-Laurent dans : « Le grand continent qui borde en rond la vaste mer », au delà d’Ogygie (l’Islande). Les découvertes archéologiques d’objets d’origine grecque au Canada ont définitivement prouvé cette hypothèse longtemps jugée farfelue. Comment expliquer que le géographe Claudius Ptolémée d’Alexandrie, qui ignorait tout du continent asiatique, ait pu au II° siècle dessiner l’Inde telle qu’elle se présentait … il y a dix-mille ans ?  Un des personnages de Plutarque, cité dans son  De Facie, donne une explication éventuelle concernant ces mystères :

« Il séjourna longtemps à Carthage, du fait que chez nous Cronos reçoit de grands honneurs, et aussi parce qu’il y trouva certains parchemins sacrés qui avaient été emportés en secret lors de la destruction de la première ville et qui étaient restés cachés longtemps dans la terre, à l’insu de tous. Parmi les dieux visibles, il fallait, disait-il, et il me le recommandait constamment, honorer particulièrement la lune, car elle est souveraine de la vie… »

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Carte de Ptolémée, photo: terra.antiqua.free.fr

Carthage était une colonie phénicienne, et nul ne peut contester l’immense apport des Phéniciens, associés aux Egyptiens, à toutes les civilisations antiques. C’est à Cadmos, le Tyrien que l’on doit la diffusion de l’alphabet.

Jusqu’au siècle dernier, l’histoire attribuait les premières découvertes scientifiques et astronomiques aux Grecs. Depuis, l’archéologie a permis de prouver que ce peuple habile avait su largement, comme le reconnaissaient d’ailleurs ses savants, utiliser les documents mis à sa disposition dans les temples d’Egypte et de Mésopotamie.

Nobles Voyageurs, les esprits hellènes surent aller en pèlerinage rechercher la connaissance dans les sanctuaires les plus lointains. S’ils parcoururent inlassablement le monde à la quête du savoir perdu, c’est qu’ils croyaient à son existence. Certains séjournèrent plusieurs années en Egypte pour obtenir la révélation de mystères. Démocrite d’Abdère, le physicien alchimiste du IV° siècle avant l’ère commune, avouera avoir trouvé la théorie de l’atome dans des textes phéniciens du troisième millénaire. Elevé par des « mages » chaldéens restés en Grèce après l’invasion de Xerxès, il se rendit pour étudier en Asie, où il fréquenta les « Gymnosophistes » de l’Inde, puis il vécut cinq ans en Egypte et poussa ses recherches jusqu’en Ethiopie. Démocrite enseigna l’étendue infinie de l’Univers et la pluralité des mondes. Ses travaux inspirèrent les œuvres d’Epicure et de Lucrèce. D’après le philosophe Diogène Laërce, Démocrite accusait Anaxagore de plagiat dans les théories que ce savant avançait sur le soleil et la lune :

« c’étaient de vieilles théories qu’il s’était faussement appropriées ».

Parmi les ouvrages malheureusement perdus de Démocrite, il faut citer : Le traité des Lettres sacrées à Babylone et  Le traité des Lettres sacrées à Méroé. Ces deux traités révélaient peut-être l’origine des étranges particularités des lettres nombres de l’alphabet hébreu ; leur destruction parut sûrement impérative à ceux dont le seul but consiste à bloquer tout accès vers la connaissance.

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Méroé, photo Wikimedia

Hermippe de Smyrne, un disciple de Callimaque directeur de la Bibliothèque d’Alexandrie 270 ans avant notre ère, prétendait avoir consulté pour écrire son ouvrage sur les Mages, les livres de Zoroastre contenant deux millions de lignes, soit huit cents rouleaux, peut-être une traduction de l’Avesta. Pour Héraclite du Pont dont on a retrouvé des fragments d’écrits, Zoroastre aurait été le descendant d’hommes venus des terres d’au delà de l’océan. Il ne faut donc pas s’étonner si en l’an 389, l’évêque fanatique Théodose fit détruire et incendier le Sérapeum d’Alexandrie, où se trouvait entreposé le peu de documents restant de la célèbre bibliothèque.

Annexe

Voici un passage d’un texte étrange extrait du Journal Asiatique, avril-juin 1929. Il a été publié par H. S. Nyberg dans un article traitant de « Questions de cosmogonie et de cosmologie mazdéennes ». Il s’agit d’une traduction d’un texte anonyme syriaque sur le magisme.

Sur l’erreur des mages

Ceux-ci se répandaient, eux aussi, dans l’empire de l’Est ; ils avaient reçu leur erreur de Zardust le fou (Zoroastre) qui avait été instruit dans la langue hébraïque et la langue égyptienne, et qui avait recueilli de sept langues ses paroles en y mêlant le poison de la mort pour le donner en nourriture aux mages – de sorte qu’on peut dire qu’ils ne comprennent ni ce qu’ils disent eux-mêmes, ni les fables ineptes que leur maître a inventées.

C’est que son impiété est manifeste. Elle consiste en ceci : à l’origine des choses, il pose deux antagonistes comme chefs de ce monde-ci qui est un, à savoir Hormezd et Ahremèd, c’est à dire Satan ; il dit que ces deux sont nés du dieu Zervàn. Il partage les choses créées entre ces deux en disant : la lumière appartient à Hormezd, les ténèbres appartiennent à Ahremèd ; la vie appartient à Hormezd, la mort à Ahremèd (…) Il dit qu’à chaque jour du mois préside un dieu en commençant par Hormezd qui est le premier, et en donnant ainsi une série de trente dieux. Il dit aussi que les éléments, à savoir la lumière, l’eau, la terre et l’atmosphère sont des dieux, mais qu’ils sont inférieurs quant à la souveraineté et à la divinité aux dieux Asôqar, Frasôqar, Zarôqar et Zerwàn. Frasôqar est celui qui engendra Hormezd.

Extrait du texte en syriaque

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