Archive pour octobre, 2009

Les Sacées

Les Sacées babyloniennes

Par Raymonde Reznikov

« Toute ressemblance avec des personnages mythologiques n’ayant pas existé est purement volontaire »

Voici quelques extraits d’ouvrages d’historiens ou d’ethnologues concernant le rituel des fêtes babyloniennes appelées Sacées. Ces fêtes se déroulaient entre la nouvelle lune et la pleine lune de printemps. Elles mettaient en scène la mort du dieu Mardouk, son séjour au royaume des morts où son combat contre les puissances du Chaos allait assurer le triomphe de la vie, et recréer le monde.

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O. E. Briem

Professeur d’Histoire des religions à l’Université de Lund

Extraits de: Les sociétés secrètes de mystères, Payot, Paris 1951.

I) « Une cérémonie des mystères encore plus importante que celle de la noce sacrée était celle de la mort et de la résurrection de Mardouk. La mort du dieu était célébrée par une inhumation rituelle, où le corps était déposé dans un caveau. Plusieurs auteurs grecs qui ont dépeint la vie à Babylone, tel Elien, Chtésias, Strabon et Diodore de Sicile, font aussi mention du tombeau de Bêl, c’est à dire Mardouk, à Babylone. » (…)

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II) « Pendant ce temps, l’annonce de la mort de Mardouk a suscité une émeute dans la ville ; les désordres sont considérables. Si l’on en juge d’après certaines données sumériennes, en partie chez les auteurs grecs des époques avancées, ces troubles auraient dégénéré en une sorte de carnaval : le souverain de la terre et des cieux n’étant plus là, tous les liens sont rompus, les serviteurs deviennent les maîtres, les esclaves prennent toutes les libertés. Le roi, dont la présence est nécessaire aux mystères est remplacé par un souverain de mascarade, un criminel condamné à mort, que l’on revêt des vêtements royaux et des insignes régaliens, le sceptre et la couronne. Il lui est permis ces jours-là d’en agir à sa guise et de faire ripaille ; mais sa fortune est de courte durée, car dès la fin de la fête il est battu de verges et pendu. »

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Sir James George Frazer

Extrait de : Le dieu qui meurt ; Paul Geuthner, Paris 1931

« On habillait des vêtements du roi un prisonnier condamné à mort ; on le plaçait sur le trône du roi ; il pouvait prononcer tels ordres qu’il lui plaisait, manger, boire, s’amuser et coucher avec les concubines du roi. Mais, au bout des cinq jours, on le dépouillait de ses vêtements royaux, on le fouettait, et on le pendait ou l’empalait. »

Dans Le bouc émissaire, J. G. Frazer présente la fête juive de Pourim comme une survivance des Sacées babyloniennes sous un autre nom :

« Si nous ne nous trompons point en faisant remonter l’origine de Pourim aux Sacées babyloniennes, et en voyant dans Aman et Mardochée des équivalents du Zoganes (le substitué), il apparaîtrait que le Zoganes, durant les cinq jours de son ministère, personnifiait non seulement un roi, mais un dieu, que ce dieu fût le Mardouk babylonien ou quelque autre divinité non encore identifiée. La réunion des caractères divin et royal en une même personne est si commune qu’il ne faut pas nous étonner de la rencontrer dans l’antique Babylone. Il n’est pas non plus nouveau de voir le faux roi des Sacées mourir, en qualité de dieu sur la croix ou le gibet. »

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Salomon Reinach

Salomon Reinach, Membre de l’Institut, Conservateur des Musées Nationaux, publia en 1909 une Histoire générale des religions, qu’il dédia : A la Mémoire de tous les Martyrs. En 1976, Les Editions d’Aujourd’hui ont sorti le Reprint de cet ouvrage en  en deux tomes, sous le titre: Orpheus. Voici un extrait concernant les Sacées et leur influence littéraire dans le monde méditerranéen:

Savait-on du moins comment Jésus était mort ? Les récits du jugement et de la passion de Jésus dans les Evangiles inspirent d’abord confiance par leur précision ; mais cette impression ne résiste pas à l’examen. D’abord, ces récits sont tendancieux ; ils cherchent à disculper Pilate et à charger les Juifs, ce qui se comprend à une époque où l’Eglise, tournant le dos à la Synagogue, faisaient appel aux païens, mais ne peut répondre à la vérité historique. Le Pilate des Evangiles, qui se laisse conduire par la foule, lui donne le choix entre deux condamnés, Barabbas et Jésus, se lave les mains du sang qu’il va verser etc., est un personnage romanesque qui n’a rien du vrai Pilate, le gouverneur « à la russe » que Josèphe et Philon nous ont fait connaître. En second lieu, la date de la mort de Jésus, veille de Pâque ou jour de Pâque, est inadmissible ; cette fixation avait pour but évident de rappeler le sacrifice expiatoire de l’agneau pascal. On a remarqué aussi que les circonstances de la Passion ressemblent d’une manière suspecte à des rites usités fort antérieurement dans certaines fêtes. A celle dite des Sacaea, en Babylonie et en Perse, on promenait en triomphe un condamné habillé en roi ; à la fin de la fête, il était dépouillé de ses beaux vêtements, flagellé, pendu ou crucifié. Nous savons par Philon que la populace d’Alexandrie, pour se moquer du roitelet juif Agrippa, traita en roi de comédie un fou nommé Karabas. Mais ce nom n’a de sens ni en araméen, ni en grec : faut-il lire Barabbas, qui signifie en araméen, « le fils du père ».

Pour en savoir plus: Contre Flaccus de Philon d’Alexandrie voir:

http://remacle.org/bloodwolf/philosophes/philon/flaccus.htm

Bernard Dubourg: L’invention de Jésus, tome I

http//dl.free.fr

Illustrations

Babylone: herodote.net

Mort de Mardouk: British Muséum, photo secretebase.free.fr

Les portraits de Sir James G. Frazer et Salomon Reinach proviennent de Wikipédia

Mystère des constellations

Le grand Purâna céleste

Article dédié à Yves R., un « ami » de Facebook

Par Raymonde Reznikov

Les Purânas sont des récits mythologiques de l’Inde ancienne, des épopées destinées au grand public contrairement aux textes plus ésotériques des Védas et des Upanisads. Destinés à être récités par des bardes, les Purânas évoquent la Création, la Conservation et la Destruction de l’Univers, l’origine du Monde et celle des Dieux et des Héros. Leurs auteurs sont inconnus.

Selon le Mâtsya Purâna et le Padma Purâna, le premier de tous ces livres sacrés aurait été écrit par Brahmâ lui-même, et ne comporterait pas moins de cent millions de stances. Ce grand Purâna divin, prototype des Puranâs humains, subsisterait dans le ciel avec des proportions gigantesques.

Pour le Zohar, la voûte céleste ornée du soleil, de la lune, des étoiles et de toutes les constellations, constitue le Livre des mémorandums du Créateur :

« Levez les regards en haut et voyez qui (My) a créé cela (Isaïe XL, 26). Nous avons déjà expliqué ce verset. Est-ce qu’en levant les yeux en haut l’homme peut pénétrer les mystères cachés à tout le monde ? L’Ecriture veut dire qu’en levant les yeux en haut et en contemplant les millions d’astres qui se meuvent sans cesse dans l’espace, il arrivera à comprendre. S’il ne peut pas parvenir à saisir le mécanisme de l’univers qui n’est qu’une des œuvres de D…, il arrivera encore moins à saisir l’essence de D… lui-même. » (Zohar, II-231b)

Puranas et Zohar enseignaient le système héliocentrique ; les Puranas sous couvert de mythologie, les auteurs du Zohar, ignorant superbement Aristote, beaucoup plus clairement :

« Voici ce qui est dit dans le livre des Mystères suprêmes. De nombreuses roues tournent autour de corps formés d’atomes agrégés. Certains de ces corps sont mobiles ; d’autres sont fixes. La rotation de ces roues a commencé dès le jour où la terre a été un agrégat d’atomes. Ces roues font tourner la terre en cercle et autour d’elle-même. » (Zohar II-235b)

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Il existe une énigme concernant l’origine de la formation des constellations célestes. En effet, les noms et les légendes attribués aux divers groupes stellaires et à chacune des étoiles, remontent à un passé si lointain qu’il est impossible d’en discerner la source. On rencontre parfois des communautés d’inspiration étranges chez des peuples très éloignés les uns des autres, ou de culture totalement différente, comme les Celtes, les Chinois et les Indiens des deux Amériques. Une tradition unique à l’échelle mondiale semble parfois perceptible, et lorsqu’on découvre certaines coïncidences curieuses, on se contente de constater simplement que l’histoire du passé est beaucoup plus compliquée et mystérieuse qu’on ne le croit.

Tous les grands astronomes ont médité sur ce problème. Plus proche du divin que les historiens, en raison de leur attention fixée en permanence sur les secrets du cosmos, ils ont pressenti que l’aménagement de la voûte céleste n’était pas le résultat du hasard, ni une simple juxtaposition de diverses rêveries de poètes, mais recelait plutôt un enseignement légué par des instructeurs inconnus, et destiné à franchir les abîmes du temps. Ce grand livre de lumière visible dès le coucher du soleil servit de fondement à tous les enseignements initiatiques.

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L’astronome John Ehler Bode, par exemple, dans l’introduction de son Uranographia, ouvrage qu’il publia en 1801, n’hésita pas à laisser entrevoir le fond de sa pensée :

« Ainsi les antiques Atlantes et les Ethiopiens, les prêtres égyptiens dépositaires des mystères d’Isis, les mages de la Perse et de la Chaldée, les nomades habitants des vastes plaines de Babylone, les Brahmanes de l’Inde et de la Chine, les premiers navigateurs phéniciens, les philosophes de la Grèce et de l’Italie, les Arabes voués aux sciences, observèrent assidûment le cours des astres et donnèrent des noms aux étoiles les plus distinguées. (…)

Ils tracèrent sur la voûte céleste ces astérismes ou constellations figurées, qui pour la plupart n’ont aucune ressemblance avec les positions dans lesquelles les astres se trouvent groupés, qui d’ailleurs ont été étrangement défigurées par les traditions historiques et fabuleuses des diverses nations, mais qui nonobstant cela se sont conservés jusqu’à nos jours. Ainsi les peuples anciens ont parfaitement rempli le but qu’ils se proposaient, puisque dans ces monuments ils ont transmis à la postérité la plus reculée des fragments de leur histoire. » 

La science antique

Que savons-nous de l’univers scientifique de l’antiquité ? Des bribes, des fragments isolés qui ont échappé aux destructions des grandes bibliothèques et des sanctuaires initiatiques ; destructions involontaires parfois, guerres, cataclysmes naturels, ou volontaires souvent comme celles ordonnées par des religieux fanatiques soucieux d’anéantir à jamais les preuves de la vanité de leurs croyances. Ainsi, par exemple, par défaut d’information, les piles électriques chaldéennes du musée de Bagdad furent longtemps classées en « objets de culte », jusqu’au jour où un ingénieur reconnut leur véritable nature.

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Photo de Futura-Sciences, voir l’article concernant ces objets sur le site (lien ci-contre)

De quelle source les navigateurs antiques tenaient-ils leurs cartes du monde, où figuraient les côtes de l’Antarctique libres de glace, et le Groenland divisé en trois îles ? La description du nord de l’Europe faite par Plutarque dans son traité « De facie in orbe lunae » est éloquente. Kepler, qui traduisit ce texte en latin,  reconnut sans peine les côtes de l’Amérique avec le Labrador et l’estuaire du Saint-Laurent dans : « Le grand continent qui borde en rond la vaste mer », au delà d’Ogygie (l’Islande). Les découvertes archéologiques d’objets d’origine grecque au Canada ont définitivement prouvé cette hypothèse longtemps jugée farfelue. Comment expliquer que le géographe Claudius Ptolémée d’Alexandrie, qui ignorait tout du continent asiatique, ait pu au II° siècle dessiner l’Inde telle qu’elle se présentait … il y a dix-mille ans ?  Un des personnages de Plutarque, cité dans son  De Facie, donne une explication éventuelle concernant ces mystères :

« Il séjourna longtemps à Carthage, du fait que chez nous Cronos reçoit de grands honneurs, et aussi parce qu’il y trouva certains parchemins sacrés qui avaient été emportés en secret lors de la destruction de la première ville et qui étaient restés cachés longtemps dans la terre, à l’insu de tous. Parmi les dieux visibles, il fallait, disait-il, et il me le recommandait constamment, honorer particulièrement la lune, car elle est souveraine de la vie… »

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Carte de Ptolémée, photo: terra.antiqua.free.fr

Carthage était une colonie phénicienne, et nul ne peut contester l’immense apport des Phéniciens, associés aux Egyptiens, à toutes les civilisations antiques. C’est à Cadmos, le Tyrien que l’on doit la diffusion de l’alphabet.

Jusqu’au siècle dernier, l’histoire attribuait les premières découvertes scientifiques et astronomiques aux Grecs. Depuis, l’archéologie a permis de prouver que ce peuple habile avait su largement, comme le reconnaissaient d’ailleurs ses savants, utiliser les documents mis à sa disposition dans les temples d’Egypte et de Mésopotamie.

Nobles Voyageurs, les esprits hellènes surent aller en pèlerinage rechercher la connaissance dans les sanctuaires les plus lointains. S’ils parcoururent inlassablement le monde à la quête du savoir perdu, c’est qu’ils croyaient à son existence. Certains séjournèrent plusieurs années en Egypte pour obtenir la révélation de mystères. Démocrite d’Abdère, le physicien alchimiste du IV° siècle avant l’ère commune, avouera avoir trouvé la théorie de l’atome dans des textes phéniciens du troisième millénaire. Elevé par des « mages » chaldéens restés en Grèce après l’invasion de Xerxès, il se rendit pour étudier en Asie, où il fréquenta les « Gymnosophistes » de l’Inde, puis il vécut cinq ans en Egypte et poussa ses recherches jusqu’en Ethiopie. Démocrite enseigna l’étendue infinie de l’Univers et la pluralité des mondes. Ses travaux inspirèrent les œuvres d’Epicure et de Lucrèce. D’après le philosophe Diogène Laërce, Démocrite accusait Anaxagore de plagiat dans les théories que ce savant avançait sur le soleil et la lune :

« c’étaient de vieilles théories qu’il s’était faussement appropriées ».

Parmi les ouvrages malheureusement perdus de Démocrite, il faut citer : Le traité des Lettres sacrées à Babylone et  Le traité des Lettres sacrées à Méroé. Ces deux traités révélaient peut-être l’origine des étranges particularités des lettres nombres de l’alphabet hébreu ; leur destruction parut sûrement impérative à ceux dont le seul but consiste à bloquer tout accès vers la connaissance.

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Méroé, photo Wikimedia

Hermippe de Smyrne, un disciple de Callimaque directeur de la Bibliothèque d’Alexandrie 270 ans avant notre ère, prétendait avoir consulté pour écrire son ouvrage sur les Mages, les livres de Zoroastre contenant deux millions de lignes, soit huit cents rouleaux, peut-être une traduction de l’Avesta. Pour Héraclite du Pont dont on a retrouvé des fragments d’écrits, Zoroastre aurait été le descendant d’hommes venus des terres d’au delà de l’océan. Il ne faut donc pas s’étonner si en l’an 389, l’évêque fanatique Théodose fit détruire et incendier le Sérapeum d’Alexandrie, où se trouvait entreposé le peu de documents restant de la célèbre bibliothèque.

Annexe

Voici un passage d’un texte étrange extrait du Journal Asiatique, avril-juin 1929. Il a été publié par H. S. Nyberg dans un article traitant de « Questions de cosmogonie et de cosmologie mazdéennes ». Il s’agit d’une traduction d’un texte anonyme syriaque sur le magisme.

Sur l’erreur des mages

Ceux-ci se répandaient, eux aussi, dans l’empire de l’Est ; ils avaient reçu leur erreur de Zardust le fou (Zoroastre) qui avait été instruit dans la langue hébraïque et la langue égyptienne, et qui avait recueilli de sept langues ses paroles en y mêlant le poison de la mort pour le donner en nourriture aux mages – de sorte qu’on peut dire qu’ils ne comprennent ni ce qu’ils disent eux-mêmes, ni les fables ineptes que leur maître a inventées.

C’est que son impiété est manifeste. Elle consiste en ceci : à l’origine des choses, il pose deux antagonistes comme chefs de ce monde-ci qui est un, à savoir Hormezd et Ahremèd, c’est à dire Satan ; il dit que ces deux sont nés du dieu Zervàn. Il partage les choses créées entre ces deux en disant : la lumière appartient à Hormezd, les ténèbres appartiennent à Ahremèd ; la vie appartient à Hormezd, la mort à Ahremèd (…) Il dit qu’à chaque jour du mois préside un dieu en commençant par Hormezd qui est le premier, et en donnant ainsi une série de trente dieux. Il dit aussi que les éléments, à savoir la lumière, l’eau, la terre et l’atmosphère sont des dieux, mais qu’ils sont inférieurs quant à la souveraineté et à la divinité aux dieux Asôqar, Frasôqar, Zarôqar et Zerwàn. Frasôqar est celui qui engendra Hormezd.

Extrait du texte en syriaque

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Triangle de Feu et Supernova

JUPITER ET SATURNE, MAITRES DU TEMPS

Par Raymonde Reznikov

Depuis que divers ouvrages ont vulgarisé le thème des grandes ères zodiacales, le public averti ne met plus en doute la concordance entre les périodes astrologiques, les périodes historiques et les périodes religieuses. Parmi les cycles indicateurs de bouleversements en gestation, celui des conjonctions des planètes Jupiter et Saturne concerne les événement à caractère politique ou religieux.

Une conjonction de Jupiter avec Saturne annonça la naissance de héros, celles de Bouddha, de Mahomet, mais aussi la mort d’Alexandre le Grand, d’Auguste et de Napoléon.

Pour servir ainsi d’aiguilles sur l’horloge cosmique, les deux planètes ont rendez-vous tous les 7.253,4452267 jours, autrement dit, tous les 19,8592741 ans.

Quant à leurs rendez-vous successifs, ils se déroulent selon un rituel particulier à faire pâlir de jalousie un maître de cérémonie franc-maçon.

En astrologie, les signes du zodiaque sont classés de différentes manière : signes masculins ou féminins, signes cardinaux, fixes ou mutables, ou bien encore, et c’est justement cette classification qui nous intéresse, à chaque signe correspond un des quatre éléments : feu, air, eau, terre. Les signes influencés par un même élément sont en trigone, c’est à dire distants de 120 degrés, donc reliés entre eux ils forment un triangle équilatéral. Le Bélier, le Lion et le Sagittaire appartiennent ainsi à la triplicité de feu ; le Taureau, la Vierge et le Capricorne, à la triplicité de terre ; les Gémeaux, la Balance, le Verseau, à la triplicité d’air ; enfin le Cancer, le Scorpion et les Poissons, à la triplicité d’eau.

Jupiter parcourt son orbite en douze ans et Saturne en trente ans environ. La rencontre entre les deux astres se produit à peu près tous les vingt ans. Entre les deux conjonctions, Jupiter a parcouru 603 degrés sur son orbite autour du soleil (un tour complet plus 243 degrés), Saturne dans le même temps n’a parcouru  que 243 degrés. Il y a donc un décalage de presque 120 degrés (360 – 243 = 117 exactement), entre une conjonction et la suivante. Au bout de 60 ans et trois conjonctions, les deux planètes se rejoignent dans une même région du ciel, avec toutefois un petit écart de huit à neuf degrés. Ainsi les conjonctions de Jupiter et de Saturne dessinent des triangles successifs, et se produisent pendant une longue période dans une même triplicité. En raison du léger décalage, la conjonction, au bout de deux cents quarante ans environ, abandonne une triplicité pour entrer dans la suivante. Par exemple, de nos jours, nous quittons la triplicité de terre pour entrer le 21 décembre 2020, à 0° 31 du Verseau dans la triplicité d’air. A la frontière entre deux triplicités, il se produit parfois des chevauchements, c’est pourquoi en 1981 la conjonction eut lieu dans la Balance, signe d’air, avant de redescendre sur terre à 23° Taureau, le 28 mai 2000.

En l’an 6 avant l’ère commune, puis en l’an 14, la rencontre se faisait encore dans les signes d’eau, Poissons et Scorpion. En l’an 34, la conjonction entra dans le « Triangle Igné », et se produisit à l’équinoxe d’automne au quinzième degré du signe du Lion, ce qui ne manqua pas d’influencer les Pères de l’Eglise dans leurs tentatives de datation de l’ère chrétienne. Malheureusement pour eux, les rédacteurs des midrashim évangéliques n’avaient tenu aucun compte ni des phénomènes célestes, ni des aléas de l’histoire, puisque le texte signé Matthieu fait naître son héros sous le règne du roi Hérode, mort en l’an 4 avant notre ère, et que le texte signé Luc, fâché avec l’histoire, place la naissance du bambin à la fois sous le règne du même Hérode, mais à l’époque du recensement qui eut lieu en l’an 6. Les deux autres ont été plus prudents puisqu’ils ignorent l’enfance, mais pour les rédacteurs du Jean, c’est à près de 50 ans que son héros est mis en croix. Voilà pourquoi Eusèbe de Césarée inventa un nouveau Pilate au temps de Néron, faux documents à l’appui ; un mensonge plutôt que de reconnaître le caractère astronomique luni-solaire des nombres 33 et 50.

L’entrée de la conjonction Jupiter-Saturne dans la triplicité de feu, de loin la plus prestigieuse, ne se produit qu’une fois tous les huit cents ans. En 1563 et en 1583, le phénomène était encore en signe d’eau, Cancer et Poissons. En 1603 – 1604, il devait entrer en Sagittaire et le monde des savants attendait  avec émotion cet événement astrologique exceptionnel.

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Constellation du Serpentaire (Ophiuchus)

En décembre 1603, le premier rendez-vous précis n’avait pu être observé en raison de la présence du soleil, mais dès que le signe du Sagittaire redevint visible, astronomes et astrologues vécurent des nuits blanches, les yeux rivés sur les mouvements des deux planètes, surtout qu’à la mi-septembre, Mars allait venir augmenter de son éclat rougeoyant l’importance du phénomène. Mais laissons Johann Kepler, reporter compétent et privilégié, nous relater le scoop :

« L’année 1604 de l’ère chrétienne : à propos de laquelle les actuels spécialistes de chronologie se demandent si le début n’en est pas de quelques années postérieur à la naissance de Notre-Seigneur Jésus-Christ, Dieu et Homme par la Vierge Marie :

La première année de la période astrologique de huit siècles qui commence avec la Triplicité ignée, la huitième depuis la création du monde : et que la conjonction de Saturne et de Jupiter dans le huitième degré du Sagittaire, le 7/17 décembre de l’année 1603 avait entamé, en l’absence toutefois de Mars :

Comme paraissaient déjà depuis de nombreuses années les prédictions variées des Astrologues sur le retour du trigone igné, ainsi que les immenses prodiges et les mouvements politiques qui s’ensuivraient en 1604 ; comme par conséquent tous les esprits s’attendaient à des choses nouvelles :

Quand déjà Mars avait dépassé Saturne dans le dixième degré du Sagittaire le 16/26 septembre, et de là progressait peu à peu les jours suivants vers Jupiter, qui s’était déjà séparé de quelques degrés de Saturne ; au moment où en l’atteignant il allait réaliser le complément de la Grande Conjonction et justifier le nom que lui donne la tradition astrologique :

Alors que les yeux de tous les astronomes accomplissant sérieusement leur tâche, restaient soigneusement fixés chaque soir sur ce spectacle de la nature… »

(note : les dates sont données en calendrier julien et en calendrier grégorien)

C’est alors que le 10 octobre, au cœur même de la triple conjonction, dans le pied du Serpentaire, tout près du centre de notre galaxie occupé par un trou noir, ce que Kepler ignorait, à cet endroit précis donc, on vit brusquement surgir un astre éclatant qui n’avait jamais été remarqué auparavant.

Le choc engendré par un miracle tellement extraordinaire fut énorme. Jamais un prodige aussi stupéfiant, digne des récits mythologiques, n’avait été observé. Pour Kepler, le pythagoricien, et les théologiens mystiques, une coïncidence aussi fantastique ne pouvait être due au hasard. Par ce signe unique, Dieu comme jadis, avait voulu envoyer aux hommes un message d’ordre métaphysique. Et le fondateur de l’astronomie moderne bouleversé écrira à ce propos :

« Ce nouveau prodige céleste a été associé par le Dieu tout puissant lui-même aux trois planètes Saturne, Jupiter et Mars alors en conjonction, par un dessein précis poursuivant le salut des hommes. »

La Supernova de Kepler

Les astronomes ont retrouvé les vestiges de la supernova de Kepler. La revue Ciel et Espace, dans son numéro 453, février 2008, lui a consacré un article :

« La supernova de Kepler se trouve à 13 000 années-lumière (…). Elle est devenue visible il y a 400 ans (405 aujourd’hui), elle aurait donc explosé voici 13 400 ans ».

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« A l’oeil nu, Johannes Kepler n’a pu voir qu’une étoile très brillante s’inviter dans la constellation du Serpentaire. Quatre siècles plus tard, Chandra observe une énorme bulle de gaz très riche en fer. Malgré des données plus précises, la supernova n’a pas encore livré tous ses secrets » (Ciel et Espace n° 453)

Supernovae et Rose-Croix

Le 18 août 1600, comme pour saluer le XVIIème siècle naissant, une autre étoile inconnue avait fait son apparition dans la constellation du Cygne. Kepler l’observa pendant dix-neuf ans.

Michael Maestlin, qu’une gravure nous présente sous l’aspect d’un jovial barbu, resta toute sa vie l’ami et le confident de Kepler dont il suivit attentivement les travaux. En 1601, cet initié discret dont on néglige l’importance, toujours en poste à Tübingen, vit arriver à son cours une étoile d’une autre nature, un jeune étudiant surdoué : c’était Johann-Valentin Andreae. Celui-ci était né le 17 août 1586, et le 18 août 1600, pour ses quatorze ans, le ciel dans le Cygne lui avait offert un somptueux cadeau d’anniversaire.

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En 1604 toujours à l’université de Tübingen, et dans l’entourage de Michael Maestlin,  Johann-Valentin Andreae eut alors l’idée d’un canular de potache, un ludibrium, comme il l’avouera plus tard en reconnaissant être l’auteur des Noces Chymiques de Christian Rosenkreutz.

Aussi en 1615, lorsque parut le second traité des Rose-Croix, La Confessio fraternitatis, on put lire au huitième chapitre , rappel symbolique de la huitième sphère, du huitième degré du Sagittaire, des huit cents ans séparant les triplicités :

« Le Seigneur Dieu a certes déjà, dans les temps qui précèdent, témoigné de sa volonté par plusieurs messages, en particulier par plusieurs astres nouveaux qui sont apparus dans les cieux, dans les constellations du serpentaire et du cygne. Signes vigoureux de grands et importants événements, ils témoignent, ils publient aux yeux de tous que Dieu apporte à toutes les inventions humaines l’appui de ses écritures et de ses caractères mystérieusement cachés, afin que le grand livre de la nature soit certes ouvert aux yeux de tout homme, en ne pouvant cependant être lu ni compris que par une minorité. »

En commentant ce passage, les exégètes ont tous conclu, que l’auteur du traité avait simplement décidé d’exploiter des éléments spectaculaires fournis par l’actualité astronomique récente. Johann-Valentin Andreae et ses amis, parmi lesquels figurait l’helléniste Christophe Besold, un fidèle de Kepler, s’inspirèrent de toute évidence des légendes mythologiques associées aux deux constellations concernées, pour forger le portrait type de l’initié Rose-Croix. Pourtant, l’affaire n’est pas aussi simple qu’elle le paraît. Si le cénacle regroupant l’élite des savants mystiques de l’université de Tübingen ne fit que saisir l’opportunité de l’apparition de phénomènes célestes pour diffuser sa pensée, il est légitime de s’interroger sur la coïncidence, ou la synchronicité, qui fit jaillir deux nouvelles étoiles précisément et successivement dans ces deux constellations-là. En effet, s’il entre dans les capacités d’hommes savants, intelligents, cultivés et motivés de monter des « canulars » d’envergure pour servir leur idéal, il ne leur est pas possible de faire clignoter des étoiles variables, et encore moins de provoquer l’explosion de supernovae.

« Car tout est certitude, les légendes sont vraies, plus vraies que l’histoire (…)

Car c’est grâce aux sages, aux frères initiés, aux talismans, aux coupes magiques, aux signes symboliques, aux enchanteurs barbus, que naît cette ardeur, de nature magique, qui nous fait parvenir un jour dans la région où le ciel n’a plus d’étoiles parce qu’on fait partie de sa lumière et où l’âme est enfin paisible, parce qu’elle a trouvé le salut. »

(Maurice Magre: La clef des choses cachées)

 

 

5 845 et l’octaétéride

Octaétéride et calendrier

L’octaétéride fut une unité de mesure du temps qui permit d’établir un calendrier luni-solaire relativement exact avant la réforme de Méton au Vème  siècle avant l’ère commune.

Cette unité de huit ans, ou 2.922 jours (365 ¼ x 8), comptait 99 lunaisons pour 8 années solaires. Elle nécessitait cependant des ajustements sous forme de mois intercalaires la troisième, la cinquième et la huitième année. La période couvrait 8 ans et 3 mois, donc 9 hivers comme l’a mentionné le poète latin Aviénus dans son adaptation des « Phénomènes d’Aratos ».

Pour obtenir plus de précision, l’octaétéride fut doublée et portée à 16 ans, 5.845 jours. En dépit de cet arrangement, il subsistait encore un léger décalage.

L’origine de ce système est très ancien puisque des historiens grecs ou romains ont prétendu que c’est à Solon, un des Sept Sages de la Grèce, que l’on doit son introduction. Les prêtres de Saïs qui racontèrent à Solon l’histoire de l’Atlantide, lui ont-ils aussi confié une méthode pour calculer le cours du Temps.

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5.844, 5.845 en Egypte

Curieusement les nombres 5.844 ou 5.845 se retrouvent en Egypte associés cette fois au cycle sothiaque de 1.460 ans, c’est à dire au cycle lié aux levers héliaques de l’étoile Sirius. En effet, c’est après l’achèvement d’une période sothiaque de 1.460 ans que la lune revient au même point de la même phase.

Dans ce contexte, le nombre 5.845 (ou 5.844) ne représente plus des jours mais des semaines de 7 jours.

Les Egyptiens utilisaient un calendrier basé sur un cycle de 533.265 jours, c’est à dire 1.460 années Sirius de 365 jours ¼, ou 1.461 années civiles de 365 jours.

Pour information : en 1.460 années Sirius, il y a 18.058 mois de révolution synodique de la lune  = 533.263,4 jours et 19.518 mois de révolution sidérale = 533.262,8 jours.

Le mois lunaire synodique vaut 29,53476 jours et le mois sidéral 27,32543. La moyenne est estimée à 28 jours, 4 semaines de 7 jours.

Le nombre 1.461 pourrait avoir eu une signification plus occulte, en effet 1.461 mois de 28 jours représentent 40.908 jours ou 112 années de 365,25 jours, et 5.844 semaines de 7 jours. Si on ajoute une semaine, on obtient 40.915 jours, c’est à dire 5.845 x 7.

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« Bible » et Connaissance des Temps

La version originale de ce qu’on appelle Le pentateuque, c’est à dire les cinq livres : Genèse, Exode, Lévitique, Nombres, et Deutéronome, totalise 5.845 versets pour 187 chapitres découpés en 669 paragraphes.

Le nombre 5.845 est divisible par :

1+5+7+35+167+835+1.169+5.845 = 8.064

Le nombre 5.845 est divisible par 5 et par 7, le nombre 5.844 ne l’est pas. Le nombre 5.845 a donc été également choisi pour d’autres raisons qui n’entrent pas dans le cadre de cet article.

En hébreu 5.845 peut s’écrire : ה׳  אלפּים  ח׳ מאות  מ׳ה, c’est à dire 5 mille 8 cent 40 et 5.

La valeur numérique de ces lettres chiffres est : 5+161+8+447+40+5 = 666.

Se reporter à l’article « Nombres et cycles du Temps » afin de constater les coïncidences.

187 est divisible par :

1+11+17+187 = 216

La valeur triangulaire de 11 : 66 plus le carré de 11 : 121  égalent 187.

Il y a 11 jours de différence entre l’année lunaire de 354 jours et l’année solaire de 365 jours.

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669 et les nœuds du Dragon

669 représente 3 fois les 223 lunaisons associées au retour des éclipses.

Au cours de ces 223 lunaisons (18,6 années lunaires), il se produit 42 éclipses de la lune, et 42 éclipses du soleil.

La mesure correcte du Temps fut un des secrets initiatiques les plus gardés des Sages de l’Antiquité. Les rapports entre le Triangle, le Quaternaire et le nombre Sept en offraient des clefs susceptibles d’ouvrir les portes donnant sur les profondeurs de l’Espace et du Temps.

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Le Dahu

La chasse en Ariège

Samedi 3 octobre, les chasseurs du département ont manifesté devant la préfecture pour montrer leur mécontentement. La chasse à l’ours ayant été interdite dans les Pyrénées, ils doivent désormais se rendre en Slovénie, ou plus loin encore, s’ils veulent pratiquer leur sport favori.

Mais ce n’est pas tout. En effet, le Dahu figure également parmi les espèces protégées, et toutes activités susceptibles de perturber le discret herbivore sont désormais passibles d’un retrait de points sur le permis de chasser.

Pour les citadins ignorant tout du Dahu, voici un très sérieux et savant reportage sur ce vivant symbole de nos montagnes

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