Fumistes et charlatans

Un extrait des feuilles de bois écrites retrouvées dans les ruines de Montségur.

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Chiffres et figures géométriques.

- Nous terminerons par cette découverte étrange faite aux environs de 1935 dans le château et relatée en 1967 dans l’édition d’un petit ouvrage: “Un Oracle Kabbalistique”. L’affaissement d’une partie de muraille provoqua la mise à jour d’une cache. Des feuillets reposaient ici visiblement séparés en deux tas distincts. La première partie était à présent illisible sauf un seul mot: Fatalité… La seconde partie était composée “de parchemins plus épais recouverts de chiffres et de figures géométriques”. L’ensemble du texte “traduit” semble assez hermétique.

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Le Coin des imposteurs

Le texte cité ci-dessus provient du site France-secret.com. En 1978, la revue l’Echo du Bouvier publiait sur le même sujet l’article suivant :

On s’est beaucoup servi  et on se sert encore de Montségur pour donner du crédit à des histoires rocambolesques destinées à abuser le public. Le plus souvent ces affabulations restent purement verbales, mais parfois nos aigrefins poussent l’impudence jusqu’à écrire et à imprimer leur contre-vérités.

Voici notre histoire du jour

Il était une fois en 1908 un Italien, Mario Fille, qui se lia avec un ermite, le Père Julien. Cette même année, le Père Julien remet à Mario Fille un document antique donnant la méthode de « l’Oracle Arithmétique ».

Quelques années plus tard, Mario Fille fit connaissance en Egypte de son compatriote Accomani et, dans un songe, il reçut l’ordre de lui confier le secret du Père Julien.

Alors ils essayèrent de retrouver, grâce à l’oracle, le fameux Père Julien. Il leur fut répondu que ce dernier était parti vers l’Himalaya (…) Enfin, toujours par l’oracle, Accomani et Fille reçurent l’ordre de reconstituer la Fraternité des Polaires dont les membres avaient été dispersés au XVème siècle. Fin de l’acte I.

Les deux compères se fixèrent sur les hauteurs de Montmartre et le groupe se développa. Toujours par l’oracle, les Maîtres invisibles décernèrent à Accomani le nom de Sam Bothiva et c’est sous ce nom qu’il publia en 1929 Asia Mysteriosa (préfacé par Maurice Magre), livre dans lequel il décrit les vertus de l’oracle arithmétique, précisant (p. 31) que le manuscrit de l’oracle a été donné en Italie par le Père Julien en 1908. Voilà pour les fumistes, fin de l’acte II.

Acte III : les charlatans

Or, un autre livre, sur ce même oracle arithmétique, rebaptisé Oracle kabbalistique paraît en 1967 aux Editions Romanes, avec comme auteur Mario Fille. En fait ce livre n’est qu’attribué à Mario Fille, contrairement à ce que laisse supposer la couverture ; il semble en fait avoir été écrit par un certain Charles Branche qui signe l’avant-propos du livre. Quant au propos du livre, qui est la divulgation du manuscrit de l’oracle, il s’agit du récit fait par Mario Fille et retranscrit par Branche.

Mais le cœur du problème, c’est que pour donner plus de poids à la découverte du manuscrit, voilà que celui-ci, au lieu d’avoir été trouvé en Italie en 1908, aurait été trouvé en 1935, à Montségur, dans le château, bien entendu ! (page 10).

L’imposture est flagrante, tout comme le mobile de cette imposture. Il est évident qu’un manuscrit donné en 1908, quelque part en Italie à un illustre inconnu italien, n’était pas de nature à intéresser grand monde en France ; mais un manuscrit trouvé à Montségur, surtout lorsque la nouvelle est annoncée en 1967 après les fameuses émissions T.V. de Stellio Lorenzi sur les Cathares, voilà qui devait dans l’esprit de Monsieur Branche donner du lustre à ce manuscrit de l’oracle.

Mais en plus de ce mensonge que l’auteur attribue ingénieusement à Mario Fille, Charles Branche nous présente un autre exemple des affabulations dont hélas on entoure Montségur. Ainsi ce passage (p.9), relatant les fouilles au château en 1935, au moment de la prétendue découverte du manuscrit :

Une trentaine d’Anglaises, vêtus de blanc et tenant des cierges allumés, psalmodiaient des prières, tandis que jointes à elles, un groupe de femmes cathares du voisinage invoquaient avec ferveur Esclarmonde de Foix.

Si dans le village on se souvient de farfelus qui vinrent s’agiter autour du château dans les années 30, on s’interroge par contre sur l’identité de ces femmes cathares du voisinage, qui n’ont jamais existé que dans l’imagination maladive de l’auteur de ces lignes.

L’imposture continue

L’imposture en question a une suite que chacun peut aujourd’hui consulter sur : philipcoppens.com

Le manuscrit, qui aurait disparu ne l’était pas, on a retrouvé sa trace car il a appartenu à des imposteurs notoires du côté de Rennes-le-Château, et ainsi de néo-charlatans peuvent  continuer à en exploiter le filon. Il est devenu Le livre de bois, et il est écrit sur des feuilles de palmier (voir illustration). Les charlatans auteurs de cette nouvelle imposture sont facilement reconnaissables. Amusez-vous bien.

 


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2 commentaires

  1. hilarius dit :

    J ai eu entre les mains une partie ( 5 feuilles ) du livre de bois.

    IL semble a premiere vue qu il sgisse d une ecriture du cote de l’inde du sud.

    Les dessins sont pour moi d’ une facture originale . Il y a une table qui rassemble

    un petit nombre de lettres . Pour moi, il en est comme du manuscrit Voynich , c ‘est a

    dire ? Il est sans doute possible de dater le document par le bois sur lequel il est ecrit

    ( cela ressemble beaucoup aux livres de bois en Indes ) . Mais pourquoi trouver dans Montse

    gur un livre ecrit aux Indes ( a quelle epoque , et pourquoi , et transporte par qui ? )

    QUand on sait que le chateau de Montsegur n est pas le chateau d ‘origine , et que l ‘ancien

    pog dernier ? refuge des cathares a ete detruit , on ne voit pas tres bien quel lien il

    pourrait y avoir avec les cathares ?

    Vous pouvez me repondre , toute opinion sur le sujet m interesse.

    Hilarius

  2. cassandre dit :

    Bonjour Hilarius, avez-vous plus d’informations sur les feuilles du livre de bois que vous avez eu en votre possession? Nous sommes un centre de recherche sur les origines du tarot et pensons qu’il a ses origines lié à Montségur, lieu de rencontre de multiples civilisations qui ont beaucoup échangé et partagé. Nous cherchons donc des preuves tangibles et tentons actuellement de traduire une partie des tablettes.
    Merci de votre réponse,
    Cassandre

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