Archive pour avril, 2009

BELTAINE

LA NUIT DE WALPURGIS

(Nuit du 30 avril au 1ermai)

Rendue célèbre par le roman de Gustave Meyrink et par le deuxième Faust de Goethe, sa célébration, considérée comme satanique, fut interdite par les autorités du christianisme, toutes sectes confondues. Les églises voulaient surtout s’opposer à une résurgence de la fête celtique de Beltaine, symbole du renouveau printanier associé à la plantation de l’Arbre de mai, et à des feux de joie.

Dans Les Celtes et le Druidisme, j’ai consacré plusieurs pages à tous les aspects de la fête de Beltaine. En voici quelques exemples :

Universellement, les fêtes du mois de mai ont été associées à un culte des morts (…). Universellement aussi, ce mois fut dédié à la Grande Déesse des origines, la Vierge et la Mère. L’une d’elle, Maïa, donna son nom au mois. Maïa la Pléiade, mère de Mercure, rappelle Eithné, fille de Balor, mère de Lug. Maïa, l’accoucheuse, renvoie à Brigit, honorée par les Celtes lors de la fête de Beltaine, en tant que déesse du feu, c’est à dire de la lumière et de la chaleur qui refaisaient leur apparition au nord après leur long séjour au sud.

Les Romains identifièrent Lug avec Mercure, mais cette identification ne semble pas satisfaisante. Quelle parenté unirait Lug, « au visage de soleil », avec le rusé dieu des voleurs et des marchands ? En fait, derrière Mercure, se profile le fils de Maïa, l’Hermès des Grecs, le Toth égyptien et le Budha des textes védiques, c’est à dire la planète Mercure, l’astre qui ne fait qu’un avec le soleil et reçoit sept fois plus de lumière que la terre.

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Or cette année, durant la nuit du 30 avril au 1er mai, la planète Mercure sera en conjonction avec l’astérisme des Pléiades. Décidément 2009 est une année très chargée en symbolisme astronomique.

Lug et Belenos

Tous deux aspects divins liés à la lumière, Lug et Bélénos semblent souvent interchangeables dans la mythologie celtique. En fait Bélénos était un dieu d’origine nordique et orientale. Il fut associé à l’est, au renouveau du printemps et au Taureau. Pour les profanes Bélénos, à l’instar d’Apollon, était considéré comme un dieu solaire ; seuls les initiés connaissaient sa véritable nature. A l’origine dieu polaire, maître de la nuit, il était de ce fait gouverneur de la lune, comme le dieu Bel des Chaldéens. C’est pourquoi, tous les 19 ans, lorsque le soleil et la lune allaient s’unir en conjonction avec les Pléiades pour la fête de Beltaine, l’Apollon des Grecs lui, se rendait chez les Hyperboréens, à Stonehenge dit-on, et restait chez eux à danser et chanter toute la nuit, de l’équinoxe de printemps jusqu’au lever des Pléiades ; pourquoi ?

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Au milieu du premier millénaire avant l’ère commune, les Pléiades restaient cachées pendant 40 jours depuis l’équinoxe de printemps jusqu’au 1er mai environ.

BELTAINE

Le fête de Beltaine du 1er mai est opposée à la  fête de Samain du 1er novembre, le jour où s’ouvrait un passage donnant accès à l’Autre Monde. L’église romaine transforma à son profit la Samain en Toussaint mais les festivités celtiques renaissent avec Hallowen.

Chez les Celtes, la fête de Beltaine était certes une fête consacrée au soleil, mais peut-être également, comme l’a supposé d’Arbois de Jubainville, une fête célébrée en l’honneur d’un dieu des morts appelé Beltiné ou Belténé. Dans ce cas, les feux allumés pour Beltaine pourraient être comparés aux lampes et aux lanternes des autres traditions à la pleine lune de mai. En consultant les légendes irlandaises, on s’aperçoit en effet que le 1er mai était considéré à la fois comme un jour de catastrophe et un jour de renaissance, et que cette date commémorait finalement l’anniversaire de la disparition de races condamnées et celui de l’apparition de nouveaux venus en Irlande, c’est à dire sur la terre. Par certains aspects, Beltaine fut identique à la Pâque (la vraie) ; d’ailleurs Patrick (dit saint) ne s’est pas trompé sur sa signification.

CATHARES ET PREMIER MAI

Parmi les événements catastrophiques liés au 1er  mai, il faut mentionner ici l’assemblée qui s’est tenue près de Sens en 1209, au cours de laquelle l’église romaine obtint du roi de France l’autorisation de lancer la croisade contre les Albigeois. C’est ce triste anniversaire que nos autorités locales ont choisi de commémorer cette année par des festivités diverses destinées à attirer les touristes. Le nombre de morts provoqué par cette sinistre opération rappelle les grandes hécatombes liés à ce jour dans la tradition celtique. Malheureusement, il n’en sortit aucun renouveau.

LES PLEIADES

Universellement le petit astérisme des Pléiades constitue l’élément central du symbolisme sidéral. Il sépare, il est vrai, la constellation du Taureau de celle du Bélier, et marque la frontière entre les signes zodiacaux du même nom. A partir de son emplacement, il devient facile de reconstituer le zodiaque originel par un simple découpage de l’écliptique en secteurs de 30°. Les Pléiades indiquent aussi le point de départ des 28 (ou 27 de nos jours) demeures de la lune :Nakshatra de l’Inde, Sieou de la Chine. On sait par la tradition chinoise que les Pléiades, Mao, indiquaient le point vernal  2357 ans avant l’ère commune.

Les Pléiades sont associées au nombre sept. Elles sont souvent comparées à une envolée d’oiseaux, des alcyons ou des colombes, nous en reparlerons. Pour en savoir plus, voir Les Celtes et le Druidisme.

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 Photos: Conjonction Mercure/Pleiades, Futura-Sciences

 Stonehenge: www. bergoiata.org

Pensée du jour

Ce matin, la pensée du jour lue sur Evene:

Eternité est l’anagramme d’étreinte.

Henri de Montherlant dans « Les Jeunes Filles »

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FUMISTES ET CHARLATANS 2

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Al cap des set cens ans verdegeo le laurel

Au cap des sept cents ans le laurier reverdira

La phrase est devenue légendaire. Elle sert de devise à des associations diverses. Elle est citée dans de nombreux ouvrages sur les Cathares ou sur Montségur. Ainsi, dans Montségur secret, j’écrivais en 1987 :

En 1244, devant le bûcher qui emportait ses frères trop en avance d’un décan à l’horloge du temps, un troubadour aurait prédit :

Al cap des set cens ans verdegeo le laurel

Au cap des sept cents ans le laurier reverdira

Toutefois méfiante, j’ajoutais en note :

A ma connaissance, aucune trace ne figure dans les textes de l’époque à propos de cette phrase devenue historique. Pour les Cahiers d’Etudes Cathares, cette heureuse prédiction, aurait été prononcée par Bélibaste, le dernier Parfait brûlé.

Antonin Gadal, le Patriarche du Sabarthès, l’a relevée dans les écrits de H. Teulié, spécialiste de la poésie provençale des années 1900.

J’ai longtemps cherché. Une piste m’est parvenue l’an dernier cachée dans un petit fascicule : Nos ancêtres les Cathares, communication faite au IVème congrès du Souvenir et des Etudes Cathares, à Carcassonne le 15 mai 1951, par P. C. Authié-Bellerose, instituteur honoraire. Derrière ce nom se dissimulait Paul Conte, originaire de Montségur.

A la page 30 de sa communication, l’auteur donne la clé de l’énigme :

Ecoutons pour conclure, l’admirable sonnet que M. Teulié, ancien instituteur ariégeois, Lauréat des Jeux Floraux du Félibrige Toulousain, a consacré à Montségur, « Golgotha de la patrie romane ».

A la fin du XIXème siècle, deux félibres s’appelaient Teulié : Henri évoqué par Antonin Gadal, et Auguste (1861-1920), auteur d’un sonnet sur Montségur qui servit de préface à l’ouvrage de Louis Gaussen « Montségur roche tragique ». S’agit-il du sonnet cité ci-dessous, celui qui est à l’origine de la mystification ?

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O sant recatadou de nostris guerrejaires

Qu’Esclarmoundo ajouquec ala-naout, prep del cel ;

O Thabor des Faidits, chibaliès et troubaires

Es encaro quilhat sus toun fier roucatel !

 

De nostro glorio d’Oc ô glourious toumbel,

Tas parets an rajat la sang de nostris païres…

E, bey, escabassat, beuse de toun cranel,

De l’âmo del Miedjoun portos de dol as aires

 

Mais, aprex sies cents ans, berdejo l’oulibié

Sul cendrum des Martyrs, a l’escur debrembié

A mès soun abrigalh sus tant d’ourrousos causos

 

Mentre que, sus la crinco, auturos, toutjoun fier,

Tu semblos al Tens, al trouneyre, a l’iber :

« Moun roc es éternel, té : Toco-y sé gaousos

 

Traduction de la troisième strophe :

Mais, après six cents ans, verdoie l’olivier

Sur la cendre des Martyrs, et le sombre oubli

A mis son manteau sur tant d’horribles choses

L’affaire est entendue, c’est la citation modifiée reprise aujourd’hui par tant de perroquets. Au milieu du XXième siècle, des fumistes et des charlatans se sont emparés du poème et l’ont arrangé à leur manière : les 600 ans du félibre ont pris un siècle de plus pour s’adapter au besoin du moment, et l’olivier symbole de paix a muté sans le secours d’OGM. Il est devenu un laurier, arbrisseau symbolique de la gloriole dont les Cathares n’avaient que faire, mais qui convient si bien à nos modernes mystificateurs.

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 La photo de Montségur est de Laurent Crassous, voir Montsegur-80.000 ans d’histoire; lien ci-contre

LE LEVIATHAN – épisode n° 2

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D’inévitables nouvelles du Serpent de Mer par Pierre Dac, publié dans L’Os à Moelle du 12/08/1938

A la suite du regrettable accident qui a menacé la vie du serpent de mer, et que nous avons signalé , en temps et lieu, une enquête a été ouverte. Elle a révélé des faits absolument scandaleux.

Il est en effet inconcevable qu’à notre époque, où des millions de serpents terrestres, habitant des régions fréquentées, sont pourvus de sonnettes, le serpent de mer n’en possède aucune pour appeler au secours !

Nous pensons qu’il suffit de signaler cet oubli lamentable pour qu’il soit aussitôt réparé.

A la poursuite du Léviathan

Au premier épisode de la saga, inaugurée par Plutochien, Olivier-Pierre Thébault ajouta un commentaire qui ouvrait des portes sur l’Infini. Nous avons continué à correspondre sur le sujet et Olivier-Pierre m’ a autorisée à publier en avant première un extrait du glossaire du second tome de L’Alchimie du Verbe qui doit paraître prochainement

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L’introduction humoristique signée Pierre Dac est voulue, en hommage aux Sages de l’antiquité qui recommandaient de toujours commencer les communications les plus sérieuses par un sourire. Voici le texte d’ Olivier-Pierre Thébault:

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Herman Melville : Moby Dick. Dans ce livre sublime déjà proche des Chants de Maldoror par sa manière d’actualiser la Bible, son sens aiguisé de la métaphore et sa profonde pensée de l’une de ces deux questions qui intéressent les cœurs non solitaires, il est intensément question d’un « animal » que nous avons rencontré au cours de ce voyage, le Léviathan. Nous avons vu que celui-ci est un divin mets de choix réservé pour les justes dans l’Eden à la fin des temps, par jeu de mots condensant LWY (Lévi, tribu des prêtres) et YThN (il donnera) et à l’aide d’une double équivalence gématrique entre LWYThN et MLKWTh, le Royaume. Or, Melville identifie le Léviathan avec la baleine, plus particulièrement avec le cachalot – espèce dont Moby Dick fait partie bien qu’il soit à ce point singulier qu’il excède l’espèce –, ou plutôt faut-il dire qu’il qualifie le cachalot (ce don du vieil océan dont Melville décrit curieusement le front en usant de l’épithète de « chaldéen ») du nom de Léviathan. Peut-on le justifier ? Le Leviathan dont vient immédiatement à l’esprit la description qu’en fait le livre de Job n’est pas sans ambiguïté et pourrait n’évoquer qu’un simple crocodile. Mais le mot hébreu livyâthân désigne soit un serpent terrestre (ou un dragon si l’on tient à croire qu’il a existé ailleurs que dans le mythe…), soit le crocodile, soit la baleine ; c’est le milieu dans lequel il évolue, éclairé selon le contexte biblique, qui détermine de quel type de Léviathan il en va. Ainsi, les Septante, en Job 3, 8, traduisent bien LWYThN par kêtos, baleine, tandis qu’en Genèse 1, 21 ce mot grec traduit l’hébreu ThNYN qui peut certes vouloir dire « serpents des eaux », mais nomme bien ici des baleines et nul autre animal (Melville se sert une fois de cet exemple du début de la Création, sans doute en se basant implicitement sur la version des Septante ; Genèse Rabbah 11, 9 le rejoint en lisant le Léviathan là où il y a ce ThNYN/thanin). Ce qu’énonce l’auteur sur le spermaceti des baleines les rendant extrêmement précieuses et sur la saveur sans comparaison de leur chair se voit ainsi faire un écho détonnant et réjouissant avec la tradition juive-hébraïque. En effet, en Baba Bathra 74b et 75a, lorsque les talmudistes discutent du Léviathan, il ne fait pas le moindre doute qu’il s’agit du cachalot (généralement de la baleine). Gabriel lui-même est censé organiser sa chasse pour le donner aux justes. Mais la pêche s’avérant redoutable et même impossible (le Talmud s’interroge en citant Job 41, le prendre avec un hameçon ? lui serrer la langue avec une corde ?), c’est YHWH lui-même qui devra se charger de tuer l’auguste et majestueux cétacé. Puis, dans le sillage de cette révélation de l’identité du Léviathan, le texte poursuit : « Rabbah énonce au nom de R. Yohanan : « Le Saint béni soit-Il dans le ‘ôlam haba’ fera (!) un festin pour les justes de la chair du Léviathan, car il est dit « les compagnons feront (!) un festin de lui » (Job, 40, 30) » Si le cachalot est bien le Léviathan – et je ne vois guère ce qui viendrait s’y opposer étant donné que même le Talmud l’affirme –, on comprend mieux que celui-ci soit réservé pour les justes, c’est-à-dire que la manne des océans leur soit réservée ! Par ailleurs, m’imaginant mal me régaler de serpent ou de crocodile, je ne puis qu’affirmer l’objectivité de mon goût en imposant le succulente cachalot (dans les apocalypses – chez Hénoch par exemple – le Léviathan est bien un animal marin opposé au Behemoth terrestre, Lévitique Rabbah 13, 3 affirme même que le Léviathan dans son combat équilibré contre le Béhémoth atteint celui-ci grâce à sa puissante caudale, particularité physique qui désigne non pas une baleine en général mais le cachalot lui-même)… J’ajoute que pour le Midrash le luxe de dieu, son enjouée détente quotidienne, consiste à jouer avec le Léviathan après avoir étudié. Enfin, Melville aurait été heureux d’apprendre – s’il ne l’a pas su, car ce qui précède porte à croire qu’il était loin de méconnaître la tradition juive-hébraïque… – ce que disent les Hébreux de la blancheur mystique qu’Ishmaël (autrement dit l’auteur, l’écrivain, lequel peut avoir d’autres noms comme le suggère l’ambiguïté de la première phrase « Call me Ishmaël. ») voit si ardemment en Moby Dick et décrit de façon passionnée en référence à de multiples traditions, quoique sans référence directe à celle des Hébreux. Car pour ceux-ci, le blanc – sans insister sur sa double entente en lien à la lèpre –  est la couleur même du ‘ôlam haba’, l’éclat sans retour de la lumière messianique, le Zohar l’imaginant même métaphoriquement comme un pays neigeux et associant le blanc à hessed (la Rose est rouge et blanche), autrement dit à Sa droite d’amour relevant les justes à la fin des temps… et pour quel festin !  « 

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Jacques Attali dans son dernier livre :Dictionnaire amoureux du Judaïsme à la rubrique sur Jonas, donne la précision suivante à propos du « Grand Poisson » :

 La Torah ne parle jamais de baleine ; le Midrash le décrit comme ayant des yeux comme des hublots…  Plus loin, toujours à propos de Jonas, l’auteur ajoute :

 Dieu lui inflige alors une leçon : alors que Jonas contemple avec amertume la ville sauvée malgré lui, Dieu fait croître une plante « qui pousse rapidement, donne de l’ombre, mais qui se fane » (ce que la Bible des Septante, pour être plus concrète, comme dans le cas de la baleine, traduira à tort par du « ricin »).

Voilà donc l’origine de l’identification imbécile de tous les grands poissons bibliques à des baleines. Les rabbins du Talmud, perdus au milieu du monde gréco-romain hostile, n’ont fait que céder aux modes du milieu ambiant.

La référence midrashique aux hublots pourrait de nos jours transformer le Grand Poisson en sous-marin… ; à sottise, sottise et demi. 

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Jacques Attali: Dictionnaire amoureux du Judaïsme, éditions Plon/Fayard 2009

Pour en savoir plus

La question

Nicolas Bourgeois : Une invention nommée Jésus, éditions Aden 2008 ; collection Opium du Peuple.

Dans ce livre clair et bien documenté, Nicolas Bourgeois pose les bonnes questions, interroge les sources, relève les invraisemblances et les contradictions. La démonstration est imparable et sa conclusion rejoint celle des auteurs qui ont donné sans ambiguïté la solution au problème posé.

La réponse

Bernard Dubourg ; L’invention de Jésus, tome I : L’Hébreu du Nouveau Testament.

Tome II : La fabrication du Nouveau Testament.

Collection  l’Infini, éditions Gallimard 1987-1989

Maurice Mergui ; Un étranger sur le toit, Les sources midrashiques du Nouveau Testament, éditions Nouveaux Savoirs 2003

Comprendre les origines du Christianisme, éditions Nouveaux Savoirs 2005.

Olivier-Pierre Thébault, Alchimie du Verbe, éditions O. T., 2007 – 2008

Les ouvrages de Maurice Mergui et Olivier-Pierre Thébault sont disponibles sur le site Le Champ du Midrash, lien ci-contre.

L’image du Serpent de Mer vient du site: nephtys.centerblog.net

Celles des Baleines de: photodanimaux.net

 

Lune et Marseillaise

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Nouvelle Lune

Samedi 25 avril à 3h24 TU, vers 5h17 heure locale à Montségur : conjonction Soleil/Lune, c’est à dire Nouvelle Lune. Les deux partenaires se rencontreront à 05° du signe du Taureau, mais dans le secteur de la constellation du Bélier pour les astronomes. Le Soleil sera à 13° nord  et la Lune à 17° nord en déclinaison.

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Anniversaires du jour

Impossible de vous dire mon âge, il change tout le temps  (Alphonse Allais)

Olivier Cromwell, Ella Fitzgerald, Albert Uderzo, Dominique Strauss-Kahn, sont nés un 25 avril ; mais aussi « La Marseillaise ».

A Strasbourg le 25 avril 1792, un jeune officier, Joseph Rouget de Lisle, présente le chant patriotique qu’il a composé dans la nuit. Chanté par les fédérés marseillais à leur entrée dans Paris en juillet 1792, il deviendra La Marseillaise. Il sera décrété « hymne national » en 1795 par la Convention. Interdit sous la Royauté et l’Empire qui suivirent, La Marseillaise deviendra définitivement l’hymne national de la France en 1879 : Allez l’O.M. !

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Photo de la Lune: iojup.iquebec.com

 

Fumistes et charlatans

Un extrait des feuilles de bois écrites retrouvées dans les ruines de Montségur.

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Chiffres et figures géométriques.

- Nous terminerons par cette découverte étrange faite aux environs de 1935 dans le château et relatée en 1967 dans l’édition d’un petit ouvrage: “Un Oracle Kabbalistique”. L’affaissement d’une partie de muraille provoqua la mise à jour d’une cache. Des feuillets reposaient ici visiblement séparés en deux tas distincts. La première partie était à présent illisible sauf un seul mot: Fatalité… La seconde partie était composée “de parchemins plus épais recouverts de chiffres et de figures géométriques”. L’ensemble du texte “traduit” semble assez hermétique.

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Le Coin des imposteurs

Le texte cité ci-dessus provient du site France-secret.com. En 1978, la revue l’Echo du Bouvier publiait sur le même sujet l’article suivant :

On s’est beaucoup servi  et on se sert encore de Montségur pour donner du crédit à des histoires rocambolesques destinées à abuser le public. Le plus souvent ces affabulations restent purement verbales, mais parfois nos aigrefins poussent l’impudence jusqu’à écrire et à imprimer leur contre-vérités.

Voici notre histoire du jour

Il était une fois en 1908 un Italien, Mario Fille, qui se lia avec un ermite, le Père Julien. Cette même année, le Père Julien remet à Mario Fille un document antique donnant la méthode de « l’Oracle Arithmétique ».

Quelques années plus tard, Mario Fille fit connaissance en Egypte de son compatriote Accomani et, dans un songe, il reçut l’ordre de lui confier le secret du Père Julien.

Alors ils essayèrent de retrouver, grâce à l’oracle, le fameux Père Julien. Il leur fut répondu que ce dernier était parti vers l’Himalaya (…) Enfin, toujours par l’oracle, Accomani et Fille reçurent l’ordre de reconstituer la Fraternité des Polaires dont les membres avaient été dispersés au XVème siècle. Fin de l’acte I.

Les deux compères se fixèrent sur les hauteurs de Montmartre et le groupe se développa. Toujours par l’oracle, les Maîtres invisibles décernèrent à Accomani le nom de Sam Bothiva et c’est sous ce nom qu’il publia en 1929 Asia Mysteriosa (préfacé par Maurice Magre), livre dans lequel il décrit les vertus de l’oracle arithmétique, précisant (p. 31) que le manuscrit de l’oracle a été donné en Italie par le Père Julien en 1908. Voilà pour les fumistes, fin de l’acte II.

Acte III : les charlatans

Or, un autre livre, sur ce même oracle arithmétique, rebaptisé Oracle kabbalistique paraît en 1967 aux Editions Romanes, avec comme auteur Mario Fille. En fait ce livre n’est qu’attribué à Mario Fille, contrairement à ce que laisse supposer la couverture ; il semble en fait avoir été écrit par un certain Charles Branche qui signe l’avant-propos du livre. Quant au propos du livre, qui est la divulgation du manuscrit de l’oracle, il s’agit du récit fait par Mario Fille et retranscrit par Branche.

Mais le cœur du problème, c’est que pour donner plus de poids à la découverte du manuscrit, voilà que celui-ci, au lieu d’avoir été trouvé en Italie en 1908, aurait été trouvé en 1935, à Montségur, dans le château, bien entendu ! (page 10).

L’imposture est flagrante, tout comme le mobile de cette imposture. Il est évident qu’un manuscrit donné en 1908, quelque part en Italie à un illustre inconnu italien, n’était pas de nature à intéresser grand monde en France ; mais un manuscrit trouvé à Montségur, surtout lorsque la nouvelle est annoncée en 1967 après les fameuses émissions T.V. de Stellio Lorenzi sur les Cathares, voilà qui devait dans l’esprit de Monsieur Branche donner du lustre à ce manuscrit de l’oracle.

Mais en plus de ce mensonge que l’auteur attribue ingénieusement à Mario Fille, Charles Branche nous présente un autre exemple des affabulations dont hélas on entoure Montségur. Ainsi ce passage (p.9), relatant les fouilles au château en 1935, au moment de la prétendue découverte du manuscrit :

Une trentaine d’Anglaises, vêtus de blanc et tenant des cierges allumés, psalmodiaient des prières, tandis que jointes à elles, un groupe de femmes cathares du voisinage invoquaient avec ferveur Esclarmonde de Foix.

Si dans le village on se souvient de farfelus qui vinrent s’agiter autour du château dans les années 30, on s’interroge par contre sur l’identité de ces femmes cathares du voisinage, qui n’ont jamais existé que dans l’imagination maladive de l’auteur de ces lignes.

L’imposture continue

L’imposture en question a une suite que chacun peut aujourd’hui consulter sur : philipcoppens.com

Le manuscrit, qui aurait disparu ne l’était pas, on a retrouvé sa trace car il a appartenu à des imposteurs notoires du côté de Rennes-le-Château, et ainsi de néo-charlatans peuvent  continuer à en exploiter le filon. Il est devenu Le livre de bois, et il est écrit sur des feuilles de palmier (voir illustration). Les charlatans auteurs de cette nouvelle imposture sont facilement reconnaissables. Amusez-vous bien.

Le Boson de Higgs

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Rubrique : Perdu – Trouvé par Plutochien

Les physiciens cherchent le boson de Higgs. Je ne savais pas que Monsieur Peter Higgs l’avait perdu. Si vous le trouvez, faites preuve d’honnêteté, renvoyez-le (sans timbre, il n’est pas lourd) au CERN à Genève ; vous ne pourrez rien en faire et là-bas, ils en ont besoin pour faire leur Trou Noir. D’ailleurs ils ont du retard à rattraper puisque maintenant les astrophysiciens, eux, ont déniché dans le ciel  un Trou Noir double qui roule en tandem, dit la revue La Recherche du mois de mai, qui enquête aussi sur le boson de Higgs.

Au sommaire de ce numéro 430, on découvre aussi que La chasse aux Axions est ouverte. Ce ne doit pas être une espèce protégée malgré sa rareté. D’après ce que j’ai lu, sa détection ressemble à la chasse au Dahu ; certains spécialistes pensent que l’Axion n’existe pas. En réalité, c’est un malin car pour se moquer du monde, il se transforme en photon et comme ça : pas vu pas pris !

Au sommaire de ce numéro, on apprend encore des tas d’infos amusantes, sur nos amies les bactéries, sur Stonehenge ; et d’autres qui le sont moins : les intégristes contre Darwin… Pour les artistes, il y a de superbes photos de Poussières de Galaxies, ne vous en privez pas.

Lorsque j’ai commencé à m’intéresser à ce type de revue, je disais : c’est rigolo dans ce canard, je ne comprends que les pubs, et encore pas toutes, maintenant je ne comprends pas tout, mais je savoure.

Illustrations: Peter Higgs, 2 « visions d’artiste » de l’objet perdu, ouvrage du CERN

STEPHEN HAWKING

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Stephen Hawking hospitalisé par Plutochien

Je suis triste et inquiet le « professor » Hawking est gravement malade. Il a été hospitalisé hier à l’Addenbrooke’s Hospital, Cambridge.

Inutile de présenter ici ce grand physicien dont le monde entier admire le courage. Il est âgé de 67 ans et il vit depuis plus de 45 ans dans des conditions miraculeuses.

Tiens bon, Stephen, on a encore besoin de toi

E8 – Les 248 dimensions d’un rêve

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Le mystère du robot inconnu, par Plutochien

Depuis Demain les chiens, le chef-d’œuvre de Clifford D. Simak, il est de notoriété publique (et mondiale) que les chiens et les robots éprouvent les uns pour les autres une indéfectible amitié, une attirance mutuelle que nulle particule étrangère ne peut perturber. Les puces appartiennent à notre univers commun. Or, ce matin en divagant sur ce blog dans le but de saluer mes copains robots de chez Google, stupéfaction ! il y avait là en vadrouille un « robot inconnu », rebelle à toutes mes tentatives d’identification. Ce discret ami potentiel portait un numéro d’I.P. qui a bouleversé le physichien que je rêve de devenir. Ce numéro se terminait par 248.

Vous savez quoi ? 248 c’est la clé des univers parallèles.

« Magique, merveilleux, les superlatifs qu’ont utilisés les mathématiciens depuis un siècle pour qualifier le groupe de symétrie E8 n’ont pas témoigné d’une grande modestie » (La Recherche n° 415)

« En mathématiques E8 est le plus grand groupe de Lie. E8 est de rang 8 et de dimension 248 » (Wikipédia).

« Une clé pour la théorie des supercordes » déclare Futura-Sciences, mon site préféré qui écrit : « Si vous demandez à des mathématiciens ce qu’est le groupe E8, bien peu serait capable de répondre… C’est un immense sujet avec des ramifications multiples. » Affaire à suivre.

Alors, pour en savoir plus : Wikipédia, Futura-Sciences, et mon commentaire sur le Léviathan…

Illustrations n° 1: Figure géométrique dont la complexe symétrie est codée par le groupe de Lie E8 (crédit AIM)

N° 2: La même en 3 D.

Archéologie en Egypte

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Dernières nouvelles d’Egypte, par Aménophis Damon

La semaine prochaine, début des fouilles à Taposiris Magna à l’ouest d’Alexandrie, pour retrouver la sépulture de Cléopâtre et Marc-Antoine. Ces amants célèbres se sont suicidés après la défaite de leurs armées à Actium, 31 ans avant l’ère commune.

Les archéologues ont été mis sur la piste par la découverte de pièces de monnaie à l’effigie de la reine d’Egypte sur le site. Vont-ils à cette occasion retrouver leur panier pique-nique pour l’au-delà ?

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