Bonjour tout le monde

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Ce blog est destiné à tous ceux qui, jadis, ont connu la librairie « Au Coin des Temps ».

Il est dédié à la mémoire de mon mari Nicolas qui en fut l’animateur.

J’essaierai de retransmettre ici un peu de l’esprit qui durant 11 ans souffla sur la place du village de Montségur.

La librairie ouvrit ses portes le 2 juillet 1983 à 11 heures 53 T.U., c’est à dire à midi vrai au méridien de Montségur, alors que le Soleil et Sirius du Grand Chien était en conjonction.

Si j’ai choisi d’ouvrir ces pages aujourd’hui, c’est parce que ce matin le Soleil à son lever était en conjonction avec une minuscule étoile, moins remarquable certes que la précédente, mais toute aussi porteuse d’une forte charge symbolique : l’étoile ζ des Poissons, Révati. Pour les Sages de l’ancien Orient, Inde, Chaldée et leurs satellites, cette étoile déterminait la 26ième demeure du zodiaque lunaire.

2 160 000 ans avant le début de l’âge de fer, Kali Yuga, dans lequel nous sommes, tous les astres du système solaire se sont trouvés réunis dans une conjonction commune au moment où on comptait minuit sous le méridien de la cité de Lankâ (entre Ceylan et les Maldives). Le soleil se trouvait alors au point zéro de l’écliptique, en conjonction avec Révati, l’étoile ζ des Poissons. La même conjonction générale doit se reproduire tous les 1 080 000 ans, dit le « Surya Sidhanta », ce qui arriva le 18 février 3101 avant l’ère commune, marquant ainsi l’entrée dans l’âge de fer.

En 572, ζ des Poissons marqua le point vernal. De nos jours, l’étoile se situe entre 18° et 19° du signe du Bélier pour les astrologues, et  pour les astronomes à 1 h.13 en ascension droite et + 7° 34 en déclinaison . A notre époque, le soleil est en conjonction avec Révati  à son lever les 8 ou 9 avril. Mais cette année l’événement  prend un éclat particulier car d’une part il se produit un mercredi, ce qui n’arrive que tous les 28 ans, et de plus il sera suivi jeudi de la pleine lune de printemps.

Un mercredi, quelle importance ?

Et bien tout simplement parce que le verset 14 du premier chapitre de La Genèse nous informe que le Soleil et la Lune furent crées le Jour 4 et que, dans la tradition des anciens Hébreux, le Jour 4 correspond à notre mercredi. De plus d’après le texte, on déduit qu’au moment précis de cette double naissance symbolique, la Lune faisait face au Soleil.

Donc, le lever du Soleil ce mercredi 8 avril unit par delà l’espace et le temps deux traditions antiques dont nous sommes les héritiers directs.

La mission de la  librairie Au Coin des Temps fut de présenter dans ses rayons des ouvrages susceptibles de permettre à leurs lecteurs de retrouver les messages du passé, messages que la bêtise, la haine et les rancœurs d’usurpateurs spirituels ont tenté de détruire à jamais pour maintenir leur pouvoir illégitime. J’essaierai modestement  de reprendre ce combat contre l’obscurantisme.

Je tiens à remercier ici tout particulièrement Lise-Marie Bouychou pour ses encouragements et son aide technique. Je lui emprunterai d’ailleurs son collaborateur canin, spécialiste incontesté de l’humour scientifique, ainsi que son subtil caméraman.

Et maintenant que grandisse le Coin des Temps de l’univers virtuel.

Références : J. B. Biot, Etudes sur l’astronomie indienne…, Albert Blanchard – Paris 1969.

Photos : system.solaire.free.fr, L. M. Bouychou

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Articles récents

Napoléon, le chien et le lapin

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Napoléon Bonaparte fabuliste ?

Par Pluto Chien

Napoléon à Brienne en 1793 a 24 ans… A ses heures perdues, il taquine les Muses. Voici le résultat :

Le lapin chasseur

(le titre est de moi)

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César, chien d’arrêt renommé,

Mais trop enflé de son mérite,

Tenait arrêté dans son gîte

Un malheureux lapin de peur inanimé.

« Rends-toi ! lui cria-t-il d’une voix de tonnerre

Qui fit trembler les peuplades des bois,

Je suis César connu pour ses exploits,

Et dont le nom remplit toute la terre. »

A ce grand nom, Jeannot Lapin

Recommandant à Dieu son âme pénitente,

Demanda d’une voix tremblante :

« Très sérénissime Mâtin,

Si je me rends, quel sera mon destin ?

Tu mourras ! – Je mourrai, dit la bête innocente,

Et si je fuis ? – Ton trépas est certain.

Quoi ! répond l’animal qui se nourrit de thym,

Des deux côtés je dois perdre la vie !

Que votre illustre Seigneurie

Veuille me pardonner ! Puisqu’il me faut mourir,

Si j’osais tenter de m’enfuir !… »

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Il dit et fait en héros de garenne.

Caton l’aurait blâmé ; je dis qu’il n’eût pas tort.

Car le chasseur le voit à peine

Qu’il l’ajuste, le tire… et le chien tombe mort.

Aide-toi, le ciel t’aidera.

J’approuve fort cette morale-là

Napoléon Bonaparte

Brienne, 1793

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Saladin à Jérusalem

 

2 octobre 1187

 Saladin, le Kurde maître de l’Egypte et de la Syrie, entre dans la ville de Jérusalem dont il faisait le siège depuis le 20 septembre.

« Cependant il débarrassa la ville de tous les Francs, lesquels furent déportés à Tyr et à Tripoli, de sorte qu’il n’en restait plus un seul à Jérusalem. »

(Haïm Harboun, Maïmonide : Pourquoi l’Egypte)

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Un nouveau Cyrus, inspiré par son médecin Maïmonide

René Grousset dans Histoire des Croisades cite le témoignage de témoins des deux forces en présence :

« Au cours d’une scène dramatique que nous décrit Ibn al-Athîr, la grande croix dorée que les Francs avaient élevée au haut du dôme de la Qubbat al-Sakhra, fut abattue devant toute l’armée de Saladin et aussi devant la population franque qui partait pour l’exil.

« Quand la croix tomba, toute l’assistance, tant les Francs que les musulmans, poussa un grand cri. Les musulmans criaient : Allah est grand ! les Francs poussaient un cri de douleur. Ce fut une clameur si grande que la terre en fut comme ébranlée…

Le rôle des chrétiens orientaux

A en croire l’histoire des patriarches d’Alexandrie, citée par René Grousset :

« La plus grande partie de la population de Jérusalem se composait de chrétiens grecs ou melkites, qui portaient une haine mortelle aux Latins. Saladin chercha à tirer parti de ces dispositions. Il avait alors auprès de lui un chrétien melkite nommé Joseph Batit, qui était originaire de Jérusalem. C’était son homme de confiance, il s’en servait dans ses relations avec les princes chrétiens dont le melkite connaissait parfaitement les divers intérêts. Dans cette circonstance Saladin envoya Joseph Batit aux Melkites de Jérusalem pour les engager à lui ouvrir les portes de la ville. Les Melkites le promirent. Ils formèrent même le dessein d’égorger tous les Francs. Ce fut alors que les chefs francs effrayés se hâtèrent de capituler. »

Il ne faut donc pas s’étonner si l’Eglise romaine ne se précipite pas au secours de ses frères orientaux aux prises avec les descendants de ceux qu’ils ont aidés.

Et René Grousset enfonce le clou :

L’Eglise grecque orthodoxe, bénéficiaire de la perte des Lieux Saints par les Francs

L’expulsion des Latins hors de la Ville Sainte profita à l’élément grec et à l’élément juif (…)

L’empereur Isaac l’Ange envoya en ce sens à Saladin une ambassade de félicitations (…)

Sans doute les félicitations adressées par l’Isapostole au champion de l’Islam victorieux étaient-elles intéressées, puisqu’il s’agissait d’obtenir pour l’Orthodoxie grecque les privilèges dont avait pendant quatre-vingt huit ans bénéficié l’Eglise romaine aux Lieux Saints. Il n’en est pas moins vrai que depuis juillet 1099 l’opinion byzantine, sinon la cour impériale elle-même, n’avait cessé, dans sa jalousie envers les Latins, de faire secrètement des voeux  pour leur défaite. « Plutôt l’Islam que Rome à Jérusalem ! » pensaient les Byzantins du douzième siècle ; de même ceux du quinzième siècle à l’union avec Rome préfèreront l’installation du Turc à Byzance.

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Les Juifs bénéficiaires de la ruine de la colonie franque.

Appel d’une immigration juive en Palestine par Saladin

Témoignage de Rabbi Judah Al-Harizy (cité par Haïm Harboun) :

«Le sage et vaillant chef d’Ismaël, après avoir pris Jérusalem, fit proclamer par toute la contrée qu’il recevrait et accueillerait toute la race d’Ephraïm de quelque part qu’elle vint. Aussi, de tous les coins du monde, nous sommes venus y fixer notre séjour et nous y demeurons heureux à l’ombre de la paix. »

Dans un autre passage de sa chronique, ce contemporain de Maïmonide ajoute :

« J’ai quitté l’Egypte pour la Terre Sainte (…) J’ai rencontré un coreligionnaire qui me dit :

Je devine que tu habites la diaspora, dans un pays étranger.

Je lui répondis :

-         C’est tout à fait vrai.

-         Je voudrais te poser une question.

-         Pose toujours

-         A partir de quel moment tant de Juifs sont-ils venus habiter cette ville ?

-         Le jour où elle fut conquise par les Ismaélites, les Juifs l’ont envahie.

-         Pourquoi les Juifs ne l’habitaient pas auparavant ?

-         Parce qu’ils disaient que nous avons tué leur dieu et que nous les avons humiliés ; et si on avait osé y pénétrer, on aurait été tué sur le champ.

-         Mais quel est le motif de votre venue ici ?

-         L’Eternel ne permet pas l’iniquité et il nous a pris en pitié. L’Eternel s’est dit : Il n’est pas bon que les fils d’Esaü (les chrétiens) héritent du lieu où réside ma sainteté alors que les fils de Jacob en sont chassés ! L’Eternel suscita un libérateur en la personne du roi des Ismaélites en l’an quatre mille neuf cent cinq de la création. »

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Bibliographie :

René Grousset, Histoire des Croisades, Plon 1935 et Perrin 1991

Haïm Harboun, Maïmonide : Pourquoi l’Egypte, Editions Massoreth, 1997

Voir aussi:

http://akhsahcalebunblogfr.unblog.fr/2012/12/04/rome-et-jerusalem/

http://akhsahcalebunblogfr.unblog.fr/2012/12/13/benjamin-de-tudele-a-jerusalem/


Le Crac des Chevaliers

 

Le Crac des Chevaliers est-il détruit ?

Ce matin, 14 juillet 2013, une information inquiétante a circulé sur les réseaux sociaux : Le Crac des Chevaliers, classé au Patrimoine mondial de l’UNESCO, aurait été détruit.

En 2012 effectivement des insurgés ont occupé la forteresse que l’armée syrienne a bombardée.

Qu’en est-il aujourd’hui ?

Concernant cette forteresse, voici un extrait de mon livre Cathares et Templiers, publié en  1991, aux Editions Loubatières, Toulouse.

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Carte de H.P. Eydoux

« Os enfoncé dans le gosier des Musulmans »

(Paul Deschamps : Les châteaux des Croisés en Terre-Sainte, I – Le Crac des Chevaliers)

Le Crac avait été offert aux Hospitaliers par Raimond II de Tripoli, un arrière petit-fils du comte de Toulouse Raimond IV Saint-Gilles. En 1170, après un Tremblement de terre qui dura vingt-cinq jours, les chevaliers furent dans l’obligation de le faire reconstruire en partie. Ils s’adressèrent alors aux Arméniens avec lesquels ils entretenaient des relations privilégiées:

« On remarque entre les châteaux arméniens et le Crac de troublantes parentés » (Henri-Paul Eydoux).

L’extraordinaire savoir-faire des Arméniens en matière de construction, pourrait à lui seul confirmer les légendes qui font remonter l’art des bâtisseurs à Noé en personne. En effet, la tradition n’enseigne t-elle pas que l’arche du célèbre patriarche termina son périple en s’échouant sur le Mont Ararat dans le Caucase arménien ?

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Le Mont Ararat vu depuis l’aéroport de Erévan

A l’époque des Croisades, les Arméniens chassés de leur territoire par les Turcs, occupaient la Cilicie, rebaptisée Petite Arménie. Ils se trouvaient en situation de vassalité par rapport aux Byzantins qui les exploitaient. C’est pourquoi, ils accueillirent les Francs avec sympathie et se mirent à leur disposition. Sur le plan religieux, les Arméniens étaient schismatiques, aussi bien vis à vis de Rome que de Byzance. Leur christianisme s’apparentait à l’hérésie nestorienne.

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 En ce qui concerne le Crac, ce qui a le plus frappé les archéologues, c’est l’extrême qualité des éléments de sa construction datant de la fin du XIIe et du début du XIIIe siècle. Ce qui les a le plus intrigué, c’est la présence d’un curieux petit ouvrage dont l’utilité sur le plan militaire ne semble pas justifier le soin particulier pris pour son édification. Il s’agit d’une remarquable construction élevée entre les deux enceintes et sans équivalent dans le reste du château.

« Les pierres à bossages tabulaires, aux fines ciselures d’encadrement, sont de grandes dimensions (en moyenne 1,50 mètre de longueur et 0,55 de hauteur) »

(Eydoux H.P.)

Ces pierres sont fixées entre elles selon une technique mise au point par les architectes grecs trois cents ans avant l’ère commune. Les signes lapidaires indiquent que l’œuvre est franque, mais les deux lions qui figurent au-dessus de la grande porte d’entrée, orientée au sud-ouest, rappellent l’emblème choisi par Léon II pour la royauté arménienne. L’ouvrage paraît servir à la surveillance de la rampe d’accès, mais la salle à l’intérieur du bâtiment a la forme d’un pentagone parfait, caractéristique indiscernable de l’extérieur. Des chercheurs se sont demandés s’il ne fallait pas voir là la loge des compagnons bâtisseurs.

Une des multiples légendes du Compagnonnage rapporte, qu’au temps des croisades s’est formé le Devoir de Liberté avec les compagnons étrangers, Enfants de Salomon, et que c’est depuis qu’ils construisirent ensemble le Crac des Chevaliers avec les Enfants de Maître Jacques, que les deux Devoirs sont rivaux.

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Idolâtrie

 

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« et bientôt hélas ! Le Judaïsme eut encore la douleur de voir naître dans sa famille, un bâtard d’Adonis le chanenéen qu’on lui présentait comme le fils de ses œuvres »

De l’idolâtrie chez les Anciens et les modernes est une étude publiée en 1850 à Paris.

Son auteur est F.-V Vincent.

En voici quelques extraits significatifs :

Assujettissez-vous aux règles de la plus austère vertu ; concevez encore de la divinité l’idée la moins indigne de sa grandeur et de ses perfections, l’enfer sera votre partage dans une autre existence, si vous n’avez pas reçu, avec les misères de celui-ci, la grâce de pouvoir croire tout ce que l’Eglise romaine enseigne, savoir :

que Dieu, pur esprit, est composé de trois personnes bien distinctes, quoique le même que l’être corporel, un et indivisible, révélé par des Juifs ;

 que Jésus crucifié, qui est un mensonge scandaleux pour ces Juifs et une folie pour les autres, est son fils consubstantiel, vu de son œil, intelligence de son âme, et son égal en toute éternité, le Dieu inconnu, suprême, ineffable, soupçonné par Platon et attesté par saint Paul ;

que, suivant quatre évangiles aussi inconciliables entre eux qu’avec la révélation mosaïque et la certitude de l’histoire, ce fils co-éternel de Dieu, seconde personne du père céleste, a été engendré, non psychologiquement, mais réellement en corps, par une troisième, dite le Saint-Esprit, qui procède des deux autres ;

qu’il est aussi fils d’homme descendant et héritier d’un roi, David, né de son sang (Act. Ap.) par Hélie et par Jacob, l’un et l’autre pères de Joseph, suivant ses deux généalogies de rois (selon la chair) et de prophète (selon l’esprit), et admettre encore, de par l’autorité de ces évangiles, qu’il est né sous le règne d’Hérode et lors du recensement fait par Cyrénius ;

que cet homme-Dieu, issu des reins de David et conçu corporellement par le pur esprit, son égal en Dieu, est le premier né d’une Vierge charnelle ;

que Dieu ainsi incarné a été circoncis (du superflu de la nature), lavé des souillures originelles et sanctifié, en outre, par le Saint-Esprit qui l’avait formé, métamorphosé à ces effets en colombe (esprit céleste, qui éclaira aussi Mahomet) ;

que ce verbe en Dieu, dès le commencement, le principe de toutes choses, créateur sans lequel rien n’a été fait, et souverain arbitre des destinées, quoiqu’il ne puisse rien de lui-même (selon saint Jean év.) n’est pas venu de son plein gré, mais qu’il a été envoyé sur terre par la première personne de lui-même, pour rectifier une erreur vieille de 4.000 ans, à laquelle le déluge n’avait pu remédier ;

combattre enfin un démon, sa créature, devenu mauvais et opiniâtrement nuisible, en dépit de sa prescience et de sa volonté souveraine ;

que, pour améliorer le sort des hommes qui ne dépendait que d’elle, sa toute-puissance a dû s’offrir comme rançon à son ennemi, souffrir beaucoup, et même être attachée à un gibet par le peuple de prédilection du seul et vrai Dieu qui lui recommande (dans Deutér.) de faire périr tout imposteur qui abuserait de son nom, quand même ce fourbe appuierait sa mission par les plus grands miracles ;

que néanmoins, ce Dieu crucifié est descendu aux enfers, a été ressuscité et est ensuite monté aux cieux, sous la forme humaine portant les marques de son supplice ; qu’en cet état, la deuxième personne de son unité, qui est un avec son père et son Dieu, est retournée en haut vers son égal qui est au ciel, sur la terre et en tous lieux, s’asseoir à la droite de ce pur esprit qui est partout dans l’infini comme lui-même, et en y joignant encore sa mère, qui n’avait rien de commun avec lui ou eux ;

que de là, partout, ce Dieu sauveur, qui n’aurait pu vaincre la malin esprit si bien maîtrisé par Michel et Raphaël, au temps des prophètes, viendra à la fin du monde, que Dieu a établi à perpétuité et avec un ordre qui ne finira pas (dit le Psalm.) ; qu’il en descendra sur un nuage, avec plein pouvoir, cette fois, de dompter le persécuteur des hommes, et même de l’obliger à tourmenter plus cruellement et à toujours ceux qu’il voulait racheter, mais à qui il n’aurait pas accordé la grâce de comprendre les énigmes et les logogriphes, ainsi proposés en son nom, de peur qu’en les comprenant on ne vienne à repentance et à conversion, dit saint Mathieu (XIII, 10 à 16) ; et que de crainte qu’en se convertissant les péchés ne soient pardonnés, ajoute saint Marc (IV, 12,14).

On lit dans la deuxième épître de saint Paul aux Corinthiens, ce verset du chapitre XI :

« Cela n’est pas étonnant ; car Satan lui même se déguise en ange de lumière. »

Note de F-V. Vincent :

« Si Satan, à qui l’Eglise fait honneur de tant de révélations, voulait empêcher d’adorer Dieu, il ne saurait imaginer rien de plus avilissant pour le souverain maître du monde. »

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Et en guise de conclusion ces extraits de l’avant-propos :

C’est en n’acceptant que le sens littéral de sa tradition que l’Eglise d’Occident a livré son berceau à l’Islamisme, et en consacrant l’absurde qu’elle est divisée contre elle-même, qu’elle provoque le scepticisme et enhardit l’athéisme. (…)

Note relevée page 222 :

« Lorsque l’école graeco-latine fonda l’Eglise d’Occident sur une si puérile interprétation des ingénieuses allégories de l’Orient, Mahomet n’avait plus qu’à se présenter pour achever l’œuvre des Sapor. »

En donnant corps à la parole de l’intelligence divine, et l’entourant des caractères symboliques des idoles qu’il avait renversées, le christianisme demeure sans autre effet que de dégrader la majesté divine et d’arrêter l’essor des idées religieuses vers le souverain arbitre des destinées. (…)

Repoussé par la grossièreté de formes renouvelées du paganisme, celui qu’inspire une piété sincère autant qu’éclairée, s’éloignera toujours plus d’un culte qui répugne à son intelligence et d’autant qu’il rabaisse la grandeur de l’Eternel.

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Michel-Ange: Chapelle Sixtine


Le bûcher de Montségur

16 mars 1244

Rappel

Le 16 mars 1244, le soleil était entre 2°50 et 3° dans le signe du Bélier. Cette année le soleil aura cette position le 23 mars. Donc le véritable anniversaire de la tragédie de Montségur sera cette année le 23 mars et non le 16.

 

 

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Photo Lison09

 

Un fagot pour le ciel

L’évêque a décrété la Plénière Indulgence

Profitez-en manants, coupe-gorge, ribauds,

Au bûcher qu’on prépare apportez un fagot

Et dieu vous bénira dans sa sainte clémence.

 

Vous que l’enfer attend, saisissez votre chance

Un peu de bois sera votre pieux écot

Pour détruire à jamais ces infâmes suppôts

De Satan, dont ils sont la pestilente engeance.

 

Et vous repartirez l’âme sereine et pure,

Vos crimes oubliés, lavées vos forfaitures,

Le pas léger scandé d’un Veni Creator,

 

Tandis qu’au pied du mont, dans le soir fatidique

L’aura du Pur Amor sur son front, l’hérétique

Aura prié pour vous à l’heure de sa mort.

 

Poème écrit par André Maynard en janvier 1987

 

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 Photo Lison09

Sur le même sujet, voir :

http://montseguraucoindestemps.unblog.fr/2011/03/15/16-mars/

http://montseguraucoindestemps.unblog.fr/2011/03/11/montsegur-16-mars-1244/

 


Rois mages ?

Envoyez la galette!

En grec « Magoï » veut dire mages mais aussi magiciens et même charlatans ; tout un symbole !

Le seul texte qui mentionne ces Magoï (Matthieu ch. II) ne précise ni leurs noms, ni leur nombre.

C’est Origène, qui au IIIe siècle fixa ce nombre à trois, en raison des cadeaux que ces personnages apportèrent.

Leur titre de roi est né, sans raison, d’élucubrations ultérieures.

Les fumistes qui les évoquent, et leur prêtent noms et origines écrivent :

« Selon la tradition… » ; quelle tradition ?

Ce n’est qu’au XIIe siècle que l’église romaine commença à fêter ces rois imaginaires. On inventa des reliques sauvegardées dit-on à Milan. L’empereur Frédéric Barberousse les fit transférer virtuellement à Cologne.

Quant à la galette avec sa fève, son origine est païenne, elle nous débarque tout droit des Saturnales, fête du solstice d’hiver chez les Romains, au cours de laquelle les enfants tiraient au sort un roi du festin.

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(Dessin: Le Monde)

 

Citation :

« Que diable (disait-il en agitant ses gros sourcils noirs) vient-on nous parler des mages et de leurs présents, à propos d’un usage dont l’origine profane est si bien connue ? Qui est-ce qui ne sait pas que cette plaisanterie du Roi de la Fève nous vient des Romains, dont les enfants, pendant les saturnales, tiraient au sort à qui serait roi du festin ? Cet emploi de la fève, pour interroger le sort, remonte aux Grecs, qui se servaient de fèves pour l’élection de leurs magistrats. Nous avons transporté au commencement de janvier une fête que les anciens célébraient vers la fin de décembre, au solstice d’hiver, et que les Romains, s’il faut en croire Lucien, Strabon et Vossius, avaient empruntée des Perses. L’élection de ce roi de circonstance se faisait à table comme chez nous ; mais après avoir été traité pendant la courte durée de son règne avec tout le respect et tous les égards dus à son rang, le monarque éphémère était pendu pour terminer la fête. Il est pourtant bon d’ajouter qu’il était choisi dans la classe des esclaves, et plus souvent parmi les criminels.

Étienne de Jouy, L’hermite (tome V)

 

 

 


Mise au point

Mise au point sur un non-événement

Par Neutrinos

Le 25 décembre certains commémorent la naissance d’un personnage à l’existence incertaine, et à la pseudo-biographie truffée de contradictions.

A comparer les deux rapports sur la mise au monde de ce supposé miraculeux bébé, le plus bouché des lecteurs devrait quand même se poser des questions.

 

Rapport du chroniqueur A : Matthieu

L’affaire débute au temps du roi Hérode le Grand. Celui-ci, rappelons-le est mort en l’an 749 de Rome, c’est à dire en – 4 selon le calendrier actuel.

Les parents de l’enfant, Joseph et Marie, habitent dans une maison à Bethléem, puisque c’est dans cette maison que des « magoï » (mages ?) sont venus apporter des cadeaux :

« Entrés dans la maison ils virent l’enfant avec Marie sa mère… » (Matthieu 2, 11).

Précision au sujet de ces « magoï » : on ignore leur nombre et il n’est pas dit qu’il s’agissait de rois. Les dictionnaires de grec traduisent le mot magos au singulier, μάγος, par mage, sorcier, enchanteur, et même par charlatan.

Juste après la visite de ces personnages et suite à un rêve de Joseph, le couple avec l’enfant fuit en Egypte pour échapper à de mauvaises intentions du roi Hérode.

Précision : Parmi les crimes du roi Hérode, aucun historien de l’époque n’a évoqué le meurtre de jeunes enfants.

En – 4, après un règne de 37 ans, Hérode le Grand meurt à l’âge de 70 ans.

Le couple averti, encore une fois par un rêve de Joseph, revient d’Egypte et s’installe, non pas dans la maison de Bethléem, mais dans un village virtuel qui n’existait pas encore, Nazareth ; et ce en vertu d’une erreur de lecture du mot nazaréen.

Selon Matthieu, le grand père de l’enfant s’appelait Jacob.

 

 

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(maylysandre.wordpress.com)

 

Rapport du chroniqueur B : Luc

Arrière plan historique

Suite à la mort de Hérode le Grand, le royaume fut confié à son fils aîné Archelaüs ; le frère de celui-ci, Hérode Antipas, fut nommé tétrarque. Philippe, un troisième fils d’un autre lit, obtint une province : la Trachonitide.

Au bout de neuf ans d’un règne agité, la cruauté d’Archelaüs lui valut d’être désavoué par Rome et exilé en Gaule. Son territoire devint Province romaine, placée sous la tutelle du gouverneur de Syrie. Hérode Antipas et Philippe gardèrent leur tétrarchie.

En l’an 6, de notre ère cette fois, César Auguste décréta un recensement général de la population. Quirinius était alors gouverneur de Syrie.

Précision : Contrairement à ce que prétend Luc, chaque individu devait se faire recenser dans le lieu de son domicile, et pas ailleurs, quelle que soit celui de l’origine de sa famille.

 

D’après Luc, en l’an 6 donc, Joseph et Marie sa fiancée, habitent curieusement le village virtuel de Nazareth, situé selon l’auteur en Galilée. Le recensement va servir de prétexte pour faire aller le jeune couple jusqu’à Bethléem. Or Marie était enceinte et Luc écrit :

Elle enfanta son fils premier-né, l’emmaillota et le plaça dans une mangeoire parce qu’il n’y avait pas de place à l’hôtel.

Qui dit mangeoire, dit animaux, et qui dit animaux pense à grange ou étable, pas à une maison (ni à une grotte d’ailleurs).

Serait-ce en raison de la modestie de cet abri qu’aucun mage guidé par une étoile vagabonde ne fit le déplacement, les bras chargés de cadeaux  comme un père noël?

Un ange (sic) alla avertir des bergers des environs qui rappliquèrent pour réconforter la famille. Mais Luc ne signale pas la présence d’autres êtres vivants dans son tableau : pas de bœuf ni d’âne…

Huit jours passèrent et le chroniqueur dit (Luc 2, 21-23) :

Le huitième jour, celui de sa circoncision, on l’appela jésus, du nom que l’ange lui avait donné avant qu’il fut conçu.

Et quand ce fut le jour de les purifier, selon la loi de Moïse, ils l’emmenèrent à Jérusalem pour le présenter au Seigneur.

(note : la purification a lieu 40 jours après la naissance)

Ces deux évènements sont incompatibles avec un supposé séjour en Egypte. Il ne s’agit pas du tout de la même histoire.

Pour Luc, le grand-père ne s’appelait pas Jacob mais Héli et la lignée paternelle est totalement différente de celle fournie par Matthieu.

 

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Conclusion

Alors qui ment, Matthieu, Luc ou les deux ?

Dix ans séparent les deux versions de la naissance d’un personnage prétendu « historique ».

Les parents n’habitent pas au même endroit

Matthieu les loge dans une maison à Bethléem au temps d’Hérode le Grand

Luc les fait venir de Nazareth, un village inexistant, à l’époque du gouverneur Quirinius et les installe probablement dans une étable près d’un hôtel complet à Bethléem, le texte ne parle que d’une mangeoire, phatné, φάτνή, en grec .

Pour Matthieu, des mages suivent une étoile errante, les parents et leur bébé partent se réfugier en Egypte.

Pour Luc, maman va faire sa purification au temple de Jérusalem 40 jours après son accouchement. Il ne sait rien des mages, il ne connaît que des bergers…

Les mises en scène diverses que l’on présente aujourd’hui sont le résultat d’un amalgame entre les ces deux versions inconciliables.

Qu’on se le dise !

On pourrait en rire si cette histoire n’avait pas été déclarée sainte et intouchable par des exploiteurs de l’éternelle crédulité humaine. Ce canular d’un autre âge a engendré trop de tragédie. Souvenons-nous, la moindre tentative de contestation était punie de mort.

Ceux qui en savaient trop long sur la question furent réduits au silence par la terreur; on brûla leurs écrits jugés dangereux, et ils furent victimes de nombreuses tentatives d’extermination.

 

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C’est pas vrai, j’étais pas là

(photo de Lison 09)

Dernière minute

L’Inquisition sévit toujours, et même là où on ne s’y attendrait le moins. Un article sur le présent sujet et ses conséquences, posté sur un réseau social célèbre, suivi de commentaires pertinents d’ordre purement historique, sans injure, sans grossièreté a été supprimé probablement parce qu’une personne n’a pas aimé voir ses convictions mises à mal. Elle n’a pas apprécié le rappel d’ horreurs commises au nom d’une superstition.

 Je dis à cette personne: La Vérité ne peut être tuée

 Pour en savoir plus, voir aussi:

http://akhsahcaleb.blogspot.fr/2011/12/solstices-divers.html

http://akhsahcalebunblogfr.unblog.fr/2011/03/27/yeshoua-qui/


La Louve du Capitole

Un mythe qui s’effondre

 La Louve du Capitole dans Actualités louve-romaine1

La Louve romaine de Narbonne (place du Forum)

  Cette fois c’est officiel, le 22 juin 2012, le Musée du Capitole a enfin reconnu que son plus beau trophée, sa Louve, n’était pas étrusque. Le sympathique animal allaitant les jumeaux fondateurs de Rome, Remus et Romulus, n’est qu’une œuvre du Moyen-Âge. La datation au carbone-14 donne une fourchette entre 1021 et 1153.

En 2007, à l’occasion d’une restauration, Anna Maria Corruba, historienne de l’art, et Adriano da Regina, étruscologue, avaient tiré la sonnette d’alarme et contesté la datation généralement admise, celle du cinquième siècle avant l’ère commune.

On savait déjà que les deux bébés avaient été ajoutés aux mamelles du canidé en 1471, mais de là à imaginer un fake médiéval…..

Mussolini en avait fait un outil de propagande.

Jérôme Carcopino, ministre du gouvernement de Vichy, l’avait choisie comme totem.

En 1960, elle figura comme symbole des Jeux Olympiques de Rome.

En 1962, la ville de Rome en offrit une copie à Paris lors du jumelage des deux capitales.

En 1982, c’est Narbonne qui eut l’honneur d’une réplique en bronze à l’occasion du XXIème anniversaire de sa fondation.

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La Louve romaine parisienne

Les autorités romaines ont eu du mal à avaler la pilule et ont longtemps choisi de garder le silence ; pourquoi ?

Dans un article publié par La Recherche (n°467, septembre 2012), Lucio Calcagnile, directeur du centre de datations et de diagnostics de l’université du Salento, répond :

« Parce que les autorités et la majorité des universitaires étaient convaincues que la statue était étrusque ! Ils espéraient que de nouvelles datations allaient contredire les premières. Cette statue est une icône en Italie. Elle a été reproduite partout, a été utilisée par le pouvoir. Admettre qu’elle n’était pas une relique de notre glorieux passé antique n’allait pas de soi. La restauratrice a ainsi attendu six ans avant de publier son travail et a connu beaucoup de difficultés ensuite. Aujourd’hui, à la suite des datations, certains chercheurs proposent un compromis : que la statue soit en fait la copie médiévale d’un original étrusque. Mais d’autres estiment qu’il n’est pas avéré que son style soit étrusque. »

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Article de La Recherche

Comme pour « le fake de Turin », il existera toujours des inconditionnels aigris et furieux de s’être faits piégés. Pourtant là, il ne s’agit pas vraiment de charlatanisme volontaire mais d’une simple erreur d’estimation.

Malheureusement, bien des travaux de savants compétents sont souvent occultés parce qu’ils vont contre les idées reçues, en histoire comme en archéologie. Et parfois, ces spécialistes voient leur carrière universitaire compromise pour avoir eu trop de lucidité.

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Tablette de Ninive

Un nouveau mystère résolu

 

 

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La tablette d’argile circulaire ci-dessus a été découverte il y a 150 ans à Ninive, la capitale de l’Assyrie antique, dans l’actuel Irak. La tablette montre les dessins de constellations et un texte pictogramme en écriture cunéiforme utilisée par les Sumériens, la plus ancienne civilisation connue dans le monde.
 Pendant des décennies les scientifiques ne sont pas parvenus à déchiffrer la tablette. En 2008, deux scientifiques, Alan Bond et Mark Hempsell de l’Université de Bristol ont enfin craqué le code cunéiforme. En utilisant un programme informatique qui peut reconstruire la nuit d’un ciel de plusieurs milliers d’années, les deux scientifiques ont pu établir que la tablette était un carnet de nuit d’astronomes Sumériens et  qu’elle se réfère à des événements observés dans le ciel avant l’aube du 29 juin 3123 (calendrier Julien).

 

 

Etonnant

 

 

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Ce qui rend cette découverte encore plus étonnante, est que la tablette montre également un grand objet voyageant le long de la constellation des Poissons. Les symboles montrent la trajectoire de l’objet, à une erreur d’un degré,  pouvant frapper Köfels  en Autriche. Köfels est reconnu comme le domaine du plus grand glissement dans les Alpes cristallines, ce qui a donné lieu à nombreuses théories sur la cause de l’éboulement. En l’absence de cratère sur un site d’impact, les scientifiques modernes  ne pensaient pas à un météore.
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Cependant  grâce à l’information recueillie de la tablette, la trajectoire de l’objet expliquerait pourquoi il n’y a aucun cratère. L’angle en entrée est très faible (six degrés), donc les scientifiques pensent que l’astéroïde a explosé près la montagne appelée Gamskogel avant d’atteindre son point d’impact final.

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Photos et dessins: writterservice.com

 

Lire l’article original en anglais sur :

https://www.facebook.com/Universe.Explorers

 


6 décembre 1905

La séparation est votée

Par Raymonde Reznikov

Le 6 décembre 1905 à 18h :30, le Sénat adoptait par 179 voix contre 103, la Loi sur la séparation des églises et de l’Etat..

La Chambre avait voté le projet le 5 juillet. Voir :

http://montseguraucoindestemps.unblog.fr/2011/07/04/laicite/

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A la Une du Matin

 Dans le quotidien Le Matin daté du Jeudi 7 décembre, on pouvait lire :

La séparation des Eglises et de l’Etat est depuis hier soir, 6 décembre, à six heures et demi, - encore une date et une heure historiques – un fait accompli. (…)

Ce vote – un des plus importants qu’aura à enregistrer l’histoire de la troisième République – a été accueilli aux cris  répétés de : « Vive la République ! » et par des applaudissements prolongés de la gauche de la Haute Assemblée.

La séance d’hier a été consacrée aux traditionnelles déclarations et explications de vote.

Un bémol plein de bon sens :

Sous forme d’une proposition de retrait de l’urgence, M. Denoix, sénateur républicain de la Dordogne, a expliqué qu’il ne voterait pas la loi, parce qu’elle mettra entre les mains des adversaires de la République des armes et les moyens d’action bien supérieurs à ceux dont ils disposent jusqu’ici.

M. Denoix. – « Je ne voterai pas la loi de séparation ; je la crois, en effet, mauvaise à tous les points de vue. Lorsque les prêtres vivront exclusivement de l’association cultuelle, de cette association qui sera dans nos communes un foyer réactionnaire, vous verrez les résultats funestes de cette loi. Pour moi, je ne veux en assumer à aucun degré la responsabilité. »

La proposition, visionnaire, de M. Denoix a été repoussée par 181 voix contre 100.

C’est ainsi que par le biais d’associations, non pas cultuelles mais faussement culturelles, la Loi est de nos jours contournée.

Un autre opposant, M. Méline, sénateur des Vosges, fit remarquer :

M. Méline, – « Vous aviez un mur très solide : le Concordat. Vous y substituez une toile d’araignée et vous appelez ça un progrès.

Vous êtes dupes de beaucoup d’illusions. Les associations cultuelles ne vous inspirent, à cause des précautions que vous avez prises, que peu de défiance. Je vois, pour ma part, qu’elles vont devenir l’état-major des partis catholiques. (…) »

M. Méline ne pouvait pas imaginer d’autres dangers.

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Emile Combes

A ces objections, venues de son camp, un des auteurs de la Loi, M. Emile Combes, ancien président du Conseil, répondit :

M. Combes, – « Nous nous sommes abstenus de déposer aucun amendement, mais nous voulons indiquer les motifs de notre attitude.

Nous avons hâte de mettre fin à la situation officielle des cultes reconnus et de réaliser enfin la neutralité de la République française.

Nous votons la loi parce que nous la considérons comme une loi de liberté, d’affranchissement moral et de paix sociale. »

Un autre « son de cloche »

Dans le camp opposé, on hurle et on dénonce le coupable, le despotisme maçonnique, responsable d’une législation inspirée par la haine

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A la Une de La Croix

Extrait de l’article de l’académicien Albert de Mun publié dans le journal La Croix daté du vendredi 8 décembre 1905 :

C’est fait « Prisonniers de leur parti », comme l’a dit M. Clemenceau, les sénateurs, courbés sous le despotisme maçonnique, ont, malgré les courageux efforts d’une éloquente minorité, enregistré le décret du Grand-Orient, formulé par les députés en texte législatifs. (…)

Ainsi, par la volonté de 341 députés et de 181 sénateurs, dont les trois quarts maudissaient au fond de leur cœur cette détestable aventure, grâce à la coupable faiblesse de trois hommes qui en condamnaient la folie, l’apostasie officielle de la France est proclamée.

(L’apostasie en question consistant surtout à ne plus entretenir des parasites aux frais de l’Etat)

Les noms de MM. Loubet, Rouvier et Delcassé resteront, comme ceux des coupables sur l’écriteau du pilori, gravés sur l’écrit officiel qui consacre ce grand attentat.

M. Combes, sans doute, en prépara l’exécution ; mais son successeur, maître après lui de la puissance publique, armé par les circonstances d’un pouvoir incontesté, en fut l’auteur véritable. Il porte ainsi devant le pays une responsabilité, dont un avenir trop prochain fera connaître l’écrasant fardeau.

Le comte Albert de Mun, réactionnaire, intégriste et antisémite, écrivit un ouvrage en 2 volumes: « Contre la Séparation« . Après le vote de la Chambre, il manifesta ainsi son dépit:

Le sort en est jeté. Mise en demeure de déclarer sa volonté, la majorité de la France a répété le « Tolle crucifige » du peuple déicide, et lorsque, le lundi 3 juillet, 341 députés français venaient de signer l’apostasie officielle de leur pays, les socialistes révolutionnaires acclamèrent avec transport cette étonnante victoire.

(M. Piou, Le Comte Albert de Mun et sa vie publique, Editions Spes, Paris, 1925)

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Albert de Mun

La Loi fut promulguée le 9 décembre 1905,

En voici quelques extraits :

TITRE PREMIER

Principes

Article premier. – La république assure la liberté de conscience. Elle garantit le libre exercice des cultes sous les seules restrictions édictées ci-après dans l’intérêt de l’ordre public.

Art. 2 – La République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte.

TITRE IV

Des associations pour l’exercice des cultes

Art. 17 : (…)

Elle ne pourront, sous aucune forme que ce soit, recevoir des subventions de l’Etat, des départements ou des communes.

TITRE V

Police des cultes

Art. 24. – Il est interdit de tenir des réunions politiques dans les locaux servant habituellement à l’exercice d’un culte.

Art. 25 – Les cérémonies, processions et autres manifestations extérieures d’un culte continueront à être réglées en conformité des articles 95 à 97 de la loi municipale du 5 avril 1884. (…)

Art. 26 – Il est interdit, à l’avenir, d’élever ou d’apposer aucun signe ou emblème  religieux sur les monuments publics ou en quelque emplacement public que ce soit, à l’exception des édifices servant au culte, des terrains de sépultures dans les cimetières, des monuments funéraires, ainsi que des musées ou expositions.

Art. 32 – Si un discours prononcé ou un écrit affiché, ou distribué publiquement dans les lieux où s’exerce le culte, contient une provocation directe à résister à l’exécution des lois ou aux actes légaux de l’autorité publique, ou s’il tend à soulever ou à armer une partie des citoyens contre les autres, le ministre du culte qui s’en sera rendu responsable sera puni d’un emprisonnement de trois mois à deux ans, sans préjudice des peines de la complicité, dans le cas où la provocation aurait été suivie d’une sédition, révolte ou guerre civile.

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 Cette loi protège la liberté de conscience de tous. Ne la laissons pas contourner au profit de quelques superstitions venues d’ailleurs. 


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