Bonjour tout le monde !

soleilcouronne.jpg

Ce blog est destiné à tous ceux qui, jadis, ont connu la librairie « Au Coin des Temps ».

Il est dédié à la mémoire de mon mari Nicolas qui en fut l'animateur.

J'essaierai de retransmettre ici un peu de l'esprit qui durant 11 ans souffla sur la place du village de Montségur.

La librairie ouvrit ses portes le 2 juillet 1983 à 11 heures 53 T.U., c'est à dire à midi vrai au méridien de Montségur, alors que le Soleil et Sirius du Grand Chien était en conjonction.

Si j'ai choisi d'ouvrir ces pages aujourd'hui, c'est parce que ce matin le Soleil à son lever était en conjonction avec une minuscule étoile, moins remarquable certes que la précédente, mais toute aussi porteuse d'une forte charge symbolique : l'étoile ζ des Poissons, Révati. Pour les Sages de l'ancien Orient, Inde, Chaldée et leurs satellites, cette étoile déterminait la 26ième demeure du zodiaque lunaire.

2 160 000 ans avant le début de l'âge de fer, Kali Yuga, dans lequel nous sommes, tous les astres du système solaire se sont trouvés réunis dans une conjonction commune au moment où on comptait minuit sous le méridien de la cité de Lankâ (entre Ceylan et les Maldives). Le soleil se trouvait alors au point zéro de l'écliptique, en conjonction avec Révati, l'étoile ζ des Poissons. La même conjonction générale doit se reproduire tous les 1 080 000 ans, dit le « Surya Sidhanta », ce qui arriva le 18 février 3101 avant l'ère commune, marquant ainsi l'entrée dans l'âge de fer.

En 572, ζ des Poissons marqua le point vernal. De nos jours, l'étoile se situe entre 18° et 19° du signe du Bélier pour les astrologues, et  pour les astronomes à 1 h.13 en ascension droite et + 7° 34 en déclinaison . A notre époque, le soleil est en conjonction avec Révati  à son lever les 8 ou 9 avril. Mais cette année l'événement  prend un éclat particulier car d'une part il se produit un mercredi, ce qui n'arrive que tous les 28 ans, et de plus il sera suivi jeudi de la pleine lune de printemps.

Un mercredi, quelle importance ?

Et bien tout simplement parce que le verset 14 du premier chapitre de La Genèse nous informe que le Soleil et la Lune furent crées le Jour 4 et que, dans la tradition des anciens Hébreux, le Jour 4 correspond à notre mercredi. De plus d'après le texte, on déduit qu'au moment précis de cette double naissance symbolique, la Lune faisait face au Soleil.

Donc, le lever du Soleil ce mercredi 8 avril unit par delà l'espace et le temps deux traditions antiques dont nous sommes les héritiers directs.

La mission de la  librairie Au Coin des Temps fut de présenter dans ses rayons des ouvrages susceptibles de permettre à leurs lecteurs de retrouver les messages du passé, messages que la bêtise, la haine et les rancœurs d'usurpateurs spirituels ont tenté de détruire à jamais pour maintenir leur pouvoir illégitime. J'essaierai modestement  de reprendre ce combat contre l'obscurantisme.

Je tiens à remercier ici tout particulièrement Lise-Marie Bouychou pour ses encouragements et son aide technique. Je lui emprunterai d'ailleurs son collaborateur canin, spécialiste incontesté de l'humour scientifique, ainsi que son subtil caméraman.

Et maintenant que grandisse le Coin des Temps de l'univers virtuel.

Références : J. B. Biot, Etudes sur l'astronomie indienne…, Albert Blanchard - Paris 1969.

Photos : system.solaire.free.fr, L. M. Bouychou



Derniers commentaires

  • Akhsah Caleb commentaire sur 2012 - fumisterie et réalité 2
    "Pour info: vient de paraître http://www.cidehom.com/astronomie.php?_a_id=423..."
  • Sylvette S. commentaire sur Alexandra David-Neel
    "Je suis une , parmi de nombreuses, admiratrice d'alexandra. Vous avez beaucoup de chance de l'avo..."
  • Akhsah Caleb. commentaire sur Le nombre 42
    "Maïmonide dans "Le guide des égarés" 1, ch. 62 écrit: "On possédait aussi un nom de quarante-deux l..."
  • Pierre Sylvain commentaire sur Les Sacées
    "Encore ces pubs imbéciles à chaque fois que vous évoquez "l'acrobate"! Il vaut mieux en rire. Essaye..."

Articles récents

Nombres et mystères (3)

“De la tradition à demain”

Par Raymonde Reznikov

Voici la suite des articles du mois de mai consacrés aux nombres et à leur mystère.

Retour au numéro 18 de la revue Planète et à l’article signé de Louis Pauwels et Jacques Bergier : « Il y a bien un mystère des nombres » :

octaedreperspec.jpg

Octaèdre (mathcurve.com)

Des nombres fondamentaux sont reliés aux polyèdres réguliers. Pour l’icosaèdre, le nombre significatif est 1 728. Pour l’octaèdre, 108. Or si l’on additionne, on a : 1 836. Qu’est-ce que 1 836 ? C’est le rapport entre la masse du proton et celle de l’électron ! (…)

On raillait Platon d’avoir vu une harmonie divine dans les solides réguliers. On songeait à la folie lorsqu’on rapportait que Kepler avait cherché des rapports entre les solides de Platon, la gamme et les distances planétaires. Et voici qu’une harmonie préétablie formidable nous apparaît !

icosa.gif

Icosaèdre de Léonard de Vinci

D’où te vient ceci âme de l’homme ?

Précisons. Il n’est point pensable que le proton et l’électron aient des formes, et que celles-ci ressemblent à des polyèdres. Nous savons qu’ils constituent de véritables univers composés de noyaux denses entourés d’atmosphères. Ces atmosphères ne sont pas réelles, au sens où nous considérons le réel. Ce sont, en quelque sorte, des atmosphères de probabilité. Le proton et l’électron sont entourés de particules qui auraient pu être, et c’est à travers ces nuages de probabilité que s’exercent les forces qui donnent à la matière son apparente solidité. S’il y a une ressemblance, elle n’est qu’entre les équations qui décrivent ces structures fines et celles qui décrivent les solides réguliers. Autrement dit, il s’agit de correspondances entre deux groupes de vue de l’esprit, entre deux groupes d’idées. Ces correspondances mettent à la fois en cause la structure même de notre intelligence, la réalité physique, et un mystère associé aux nombres.

D’où te vient ceci, âme de l’homme, d’où te vient ceci ?

464pxevaristegalois.jpg

Evariste Galois (Wikipédia)

Au seuil de la métaphysique

Nous disions correspondances entre deux groupes d’idées. Ces correspondances, à l’intérieur des mathématiques, sont connues depuis longtemps. Elles ont été découvertes en une nuit par un enfant de génie, Evariste Galois, tué en duel à 21 ans. La branche des mathématiques qui étudie ces correspondances s’appelle « la théorie des groupes ». Cette théorie transcende les mathématiques pour établir des communications entre les opérations menées à des niveaux différents. Mais ce n’est qu’un instrument, une facilité donnée pour les maniements au-dedans de l’univers abstrait des mathématiques. C’est une structure, mais elle n’est pas absolue : elle ne joue pas dans l’univers réel. Ce qui est nouveau, c’est que cette théorie des groupes, qui n’est qu’une idée, une vue de l’esprit, semble avoir des communications avec l’univers physique. En termes scientifiques, Irving John Good écrit : « les équations relativistes de Dirac pour l’électron ont des rapports étroits avec le groupe de rotation des polyèdres. » Voilà une phrase extraordinaire. Voilà de la métaphysique ! Il existe donc un rapport étroit entre une pure invention de l’esprit humain : les polyèdres réguliers, et une subtile réalité physique : les propriétés de l’électron et du proton.

Good a découvert un certain nombre d’autres rapports de ce genre. C’est ainsi qu’il a constaté que la série simple des nombres : r2(r2 + 1)/2 où r est un nombre entier, possède une importance fondamentale dans la structure du monde physique. Les cinq premiers de ces nombres sont 0 pour r = 0 ; 1 pour r = 1 ; 10 pour r = 2 ; 45 pour r = 3 ; 136 pour r = 4.

(N.d.l.r. : il s’agit de la valeur triangulaire du carré de r ; exemple : 22 = 4 et 1+2+3+4=10)

Good parvient à déduire facilement de ce nombre les masses du proton et du méson μ (muon). Le méson μ est une particule instable d’une extrême importance, et dont la nature intrigue toujours (en 1964) les physiciens. Sa masse est égale à 207 fois celle de l’électron (on l’appelle aussi électron lourd). Celle du proton, on l’a vu est 1 836 fois celle de l’électron (1836,12 environ). Que l’on arrive à déduire ces deux nombres ainsi que toute une série d’autres, essentiels à la physique, à partir d’une série d’entiers correspondant à la relation simplette r2 (r2 + 1) / 2, ceci est proprement ahurissant.

Good recherchait systématiquement des coïncidences : existerait-il une formule quasi enfantine pour rendre compte des particules élémentaires ? Et il s’est mis à faire des exercices mathématiques à partir d’une gamme. Il écrit, en conclusion de son exposé : « C’est de la numérologie pure, et je n’essaie même pas de construire quelque théorie inintelligible pour la recouvrir. » Il doit donc exister une loi naturelle de rythme et d’harmonie, expliquant pourquoi une série de nombres entiers, qu’un petit écolier pourrait établir, permet de calculer les constantes fondamentales de l’univers. Les Anciens avaient sans doute raison en postulant un mystère des nombres….

09276goode.jpg

Irving John Good

1 836 et 5 040

1 836 = 22  + 33 x 17

1 836 a 24 diviseurs : 1, 2, 3, 4, 6, 9,12, 17,18, 27, 34, 36, 51, 54, 68, 102, 108, 153, 204, 306, 459, 612, 918, 1 836. Total = 5 040.

 5 040, c’est la factorielle de 7 !

« Deux pierres bâtissent deux maisons, trois pierres six maisons, quatre pierres vingt-quatre maisons, cinq pierres cent-vingt maisons, six pierres, sept cent vingt maisons, sept pierres 5040 maisons. » (Sepher Yetsirah, 3, 4, version de Saadia Gaon).

5040 a 60 diviseurs. Parmi ceux-ci, il faut noter :

5040/5 = 1008 ; 5040/7 = 720 ; 5040/14 = 360 ; 5040/35 = 144 ; 5040/42 = 120 ;

5040/45 = 112 ; 5040/70 = 72.

« …mais lorsqu’on approchera des jours du messie, même les petits enfants de ce monde découvriront les trésors de la sagesse par lesquels ils connaîtront les fins et les calculs. En ce temps-là, à tous, cela sera dévoilé. » (Zohar I, 118a )

sinai.jpg

 


Le nombre 42

180pxanswertolife.png

Le nombre 42

Par Raymonde Reznikov

42 est la somme des 4 diviseurs de 26

1+2+13+26 = 42

En base 6 : 26 = 42

12 nombres de1 à 26 n’ont aucun diviseur commun avec 26, ce sont :

(1), 3, 5, 7, 9, 11, 15, 17, 19, 21, 23, et 25. Le total de ces nombres est égal à 156 (26×6).

42 est aussi la somme des 6 diviseurs de 20 :

1+2+4+5+10+20 = 42

Huit nombres de1 à 20 n’ont aucun diviseur commun avec 20, ce sont :

(1), 3, 7, 9, 11, 13,, 17, et 19. Le total de ces nombres est égal à 80.

42 a 8 diviseurs :

1+2+3+6+7+14+21 = 54 + 42 = 96.

54 est ce qu’on appelle la somme des parties aliquotes. 54 étant supérieur à 42, on dit que le nombre est « abondant », ce qui n’est pas le cas de 26 puisque 1+2+13 = 16.

Douze nombres de 1 à 42 n’ont aucun diviseur commun avec 42, ce sont :

(1), 5, 11, 13, 17, 19, 23, 25, 29, 31, 37 et 41. Tous sauf 25 sont des nombres premiers. Le total de ces nombres est 252 (42×6).

En base 5 : 22 = 42

En base 2 : 42 = 101010 ; en base 3 : 42 = 1120 ; en base 4 : 42 = 222

En base 5 : 42 = 132 ; en base 6 : 42 = 110 ; en base 7 : 42 = 60

En base 8 : 42 = 52 et en base 9 : 42 = 46

Il y a 42 points dans l’octaèdre de 4

42 exprime les relations réciproques du dodécaèdre et de l’icosaèdre aux 30 arêtes et celles de l’octaèdre et de l’hexaèdre aux 12 arêtes.

30 et 12 sont associés par les lettres de l’alphabet hébraïque puisque ל Lamed, la douzième lettre a pour valeur 30 (12+30=42).

42 est lié au « cube magique » d’ordre 3 dont le total des nombres est égal à la somme des nombres 1 à 27, c’est à dire 378 (nombre de jours de la révolution synodique de la planète Saturne et 54 x 7).

42 est la somme de deux nombres premiers consécutifs : 19+23 = 42 ; il est situé entre deux nombres premiers : 41 et 43.

Entre 1 et 1 000, 26 nombres se trouvent placés dans cette situation. Ce sont :

12, 42, 72, 102, 138, 180, 192, 198, 240, 270, 312, 348, 420, 432, 462, 522, 570, 600, 618, 642, 660, 810, 822, 828, 858, 882.

42 est aussi la somme des puissances successives d’un même nombre et la différence des puissances successives d’un même nombre :

61 + 62 = 42 et 72 – 71 = 42

42 n’a que trois facteurs : 2×3x7 = 42. C’est le deuxième nombre avec cette propriété après 30 (2×3x5), le suivant est 66 (2×3x11).

1/42 est la plus petite fraction pour faire 1 en 4 fractions :

1/2 + 1/3 + 1/7 + 1/42 = 1

Tout nombre N qui est égal à n7 – n est divisible par 42

Exemple : 37-3 = 2 184 ; 2 184/42 = 52

Il y a 42 partitions du nombre 10

42 x 16 = 672 un des rares nombres tri-parfaits.

Calcul du temps

Il y a 42 mois en 3 ans et demi, et  2 fois 42 heures en 3 jours et demi.

Il y a 42 éclipses de soleil et 42 éclipses de lune en 18,6 ans ou 223 mois lunaires.

Physique

L’angle constant que forme l’arc-en-ciel avec l’axe observateur-soleil est de 42°

1645911183960113691571080955302614722898250a.jpg

Graphique de: physique.chimie.over-blog.com

Tradition

Zohar I, 1a (traduction de Charles Mopsik, éditions Verdier)

« De même que la forme de l’alliance prodigue cette semence lors de quarante-deux accouplements, le Nom gravé et explicite est semé dans les quarante-deux lettres de l’oeuvre du commencement (maassé beréchit) »

Ces lettres étaient gravées sur le bâton de Moïse.

Zohar I, 9a :

Or le bâton faisait rayonner le Nom-Signe en tous sens grâce à la lumière des sages qui y avaient gravé le Nom-explicite avec quarante-deux couleurs. »

1244211847824982511188921266305444182455582n.jpg

Arc-en-ciel sur l'Ariège, photo de Magali Husson

Zohar I, 15b

« D’une extrémité des cieux à l’autre, se trouvent six directions qui se déploient à partir du sens suprême, dans le déploiement d’un point supérieur, et c’est là qu’il inscrivit le secret du nom de quarante-deux lettres. »

Midrach Ha Neelam 2d

Ces dix lettres se subdivisèrent à leur tour et devinrent trente-deux. Ce sont les trente-deux sentiers de la sagesse. Ces trente-deux en se déployant en dix autres inscriptions devinrent quarante-deux. »

Les quarante-deux lettres en question se comptent à partir du grand B du mot Beréchit, בראשית, (au commencement) jusqu’au B du mot Bohu , ובהוּ (Genèse I versets 1 et 2).

Il est évident que ce type d’information est totalement indécelable dans les traductions.

En hébreu 42 s’écrit avec la lettre M pour 40 et la lettre B pour 2 : מ’ב. Dans la V. O. de ce que les chrétiens appellent la Bible, le B du premier mot du premier chapitre de la Genèse, Beréchit, est une grande lettre B, et le dernier mot, chapitre 50 verset 26 est le M du mot Mitsraïm, מצרים, Egypte.

On connaît 42 livres d’Hermès…

9782070319015.jpg

La réponse ultime

« Quarante-deux ! cria Loonquawl. Et c’est tout ce que tu as à nous montrer au bout de sept millions et demi d’années de boulot ?

- J’ai vérifié très soigneusement, dit l’ordinateur, et c’est incontestablement la réponse exacte. Je crois que le problème, pour être tout à fait franc avec vous, est que vous n’avez jamais vraiment bien saisi la question. »

Cette citation est un extrait de Le guide du voyageur galactique de Douglas Adams (voir l’article qui lui est consacré sur Wikipédia).

Dans le second tome d’une série de cinq, on trouve ce passage surprenant :

« six fois neuf. Quarante-deux

- C’est tout. Il n’y a rien d’autre. »

Rappel : 6 x 9 = 54, la somme des parties aliquotes de 42. L’auteur a toujours prétendu qu’il avait choisi le nombre quarante-deux au hasard.

Le guide du voyageur galactique est paru en 1979, la même année que Le cours de physique de Richard Feynman.

Curieusement le nombre 42 refit parler de lui en 1996 à Seattle lors d’une réunion de mathématiciens, consacrée au mystère des nombres premiers, à l’hypothèse de Riemann et… au chaos quantique. Pour résumer, disons que la découverte du nombre 42 dans une suite mathématique a permis de forger un partenariat entre la théorie des nombres et la physique quantique (voir à ce propos de Marcus du Sautoy : La théorie des nombres premiers, Points-Sciences n° S176).

 facebooklogo2.jpg

Pour information: le nombre 42 a son groupe de fans sur Facebook où vous pourrez retrouver les amis de Montségur-Au Coin des Temps

 

 

 




Les Sacées

Les Sacées babyloniennes

Par Raymonde Reznikov

« Toute ressemblance avec des personnages mythologiques n’ayant pas existé est purement volontaire »

Voici quelques extraits d’ouvrages d’historiens ou d’ethnologues concernant le rituel des fêtes babyloniennes appelées Sacées. Ces fêtes se déroulaient entre la nouvelle lune et la pleine lune de printemps. Elles mettaient en scène la mort du dieu Mardouk, son séjour au royaume des morts où son combat contre les puissances du Chaos allait assurer le triomphe de la vie, et recréer le monde.

babylonebardin1936.jpg

O. E. Briem

Professeur d’Histoire des religions à l’Université de Lund

Extraits de: Les sociétés secrètes de mystères, Payot, Paris 1951.

I) « Une cérémonie des mystères encore plus importante que celle de la noce sacrée était celle de la mort et de la résurrection de Mardouk. La mort du dieu était célébrée par une inhumation rituelle, où le corps était déposé dans un caveau. Plusieurs auteurs grecs qui ont dépeint la vie à Babylone, tel Elien, Chtésias, Strabon et Diodore de Sicile, font aussi mention du tombeau de Bêl, c’est à dire Mardouk, à Babylone. » (…)

tentation.jpg

II) “Pendant ce temps, l’annonce de la mort de Mardouk a suscité une émeute dans la ville ; les désordres sont considérables. Si l’on en juge d’après certaines données sumériennes, en partie chez les auteurs grecs des époques avancées, ces troubles auraient dégénéré en une sorte de carnaval : le souverain de la terre et des cieux n’étant plus là, tous les liens sont rompus, les serviteurs deviennent les maîtres, les esclaves prennent toutes les libertés. Le roi, dont la présence est nécessaire aux mystères est remplacé par un souverain de mascarade, un criminel condamné à mort, que l’on revêt des vêtements royaux et des insignes régaliens, le sceptre et la couronne. Il lui est permis ces jours-là d’en agir à sa guise et de faire ripaille ; mais sa fortune est de courte durée, car dès la fin de la fête il est battu de verges et pendu.”

220pxjamesgeorgefrazer.jpg

Sir James George Frazer

Extrait de : Le dieu qui meurt ; Paul Geuthner, Paris 1931

« On habillait des vêtements du roi un prisonnier condamné à mort ; on le plaçait sur le trône du roi ; il pouvait prononcer tels ordres qu’il lui plaisait, manger, boire, s’amuser et coucher avec les concubines du roi. Mais, au bout des cinq jours, on le dépouillait de ses vêtements royaux, on le fouettait, et on le pendait ou l’empalait. »

Dans Le bouc émissaire, J. G. Frazer présente la fête juive de Pourim comme une survivance des Sacées babyloniennes sous un autre nom :

« Si nous ne nous trompons point en faisant remonter l’origine de Pourim aux Sacées babyloniennes, et en voyant dans Aman et Mardochée des équivalents du Zoganes (le substitué), il apparaîtrait que le Zoganes, durant les cinq jours de son ministère, personnifiait non seulement un roi, mais un dieu, que ce dieu fût le Mardouk babylonien ou quelque autre divinité non encore identifiée. La réunion des caractères divin et royal en une même personne est si commune qu’il ne faut pas nous étonner de la rencontrer dans l’antique Babylone. Il n’est pas non plus nouveau de voir le faux roi des Sacées mourir, en qualité de dieu sur la croix ou le gibet. »

180pxsalomonreinach.jpg

Salomon Reinach

Salomon Reinach, Membre de l’Institut, Conservateur des Musées Nationaux, publia en 1909 une Histoire générale des religions, qu’il dédia : A la Mémoire de tous les Martyrs. En 1976, Les Editions d’Aujourd’hui ont sorti le Reprint de cet ouvrage en  en deux tomes, sous le titre: Orpheus. Voici un extrait concernant les Sacées et leur influence littéraire dans le monde méditerranéen:

Savait-on du moins comment Jésus était mort ? Les récits du jugement et de la passion de Jésus dans les Evangiles inspirent d’abord confiance par leur précision ; mais cette impression ne résiste pas à l’examen. D’abord, ces récits sont tendancieux ; ils cherchent à disculper Pilate et à charger les Juifs, ce qui se comprend à une époque où l’Eglise, tournant le dos à la Synagogue, faisaient appel aux païens, mais ne peut répondre à la vérité historique. Le Pilate des Evangiles, qui se laisse conduire par la foule, lui donne le choix entre deux condamnés, Barabbas et Jésus, se lave les mains du sang qu’il va verser etc., est un personnage romanesque qui n’a rien du vrai Pilate, le gouverneur « à la russe » que Josèphe et Philon nous ont fait connaître. En second lieu, la date de la mort de Jésus, veille de Pâque ou jour de Pâque, est inadmissible ; cette fixation avait pour but évident de rappeler le sacrifice expiatoire de l’agneau pascal. On a remarqué aussi que les circonstances de la Passion ressemblent d’une manière suspecte à des rites usités fort antérieurement dans certaines fêtes. A celle dite des Sacaea, en Babylonie et en Perse, on promenait en triomphe un condamné habillé en roi ; à la fin de la fête, il était dépouillé de ses beaux vêtements, flagellé, pendu ou crucifié. Nous savons par Philon que la populace d’Alexandrie, pour se moquer du roitelet juif Agrippa, traita en roi de comédie un fou nommé Karabas. Mais ce nom n’a de sens ni en araméen, ni en grec : faut-il lire Barabbas, qui signifie en araméen, « le fils du père ».

Pour en savoir plus: Contre Flaccus de Philon d'Alexandrie voir:

http://remacle.org/bloodwolf/philosophes/philon/flaccus.htm

Bernard Dubourd: L'invention de Jésus, tome I

http//dl.free.fr

Illustrations

Babylone: herodote.net

Mort de Mardouk: British Muséum, photo secretebase.free.fr

Les portraits de Sir James G. Frazer et Salomon Reinach proviennent de Wikipédia


Mystère des constellations

Le grand Purâna céleste

Article dédié à Yves R., un “ami” de Facebook

Par Raymonde Reznikov

Les Purânas sont des récits mythologiques de l’Inde ancienne, des épopées destinées au grand public contrairement aux textes plus ésotériques des Védas et des Upanisads. Destinés à être récités par des bardes, les Purânas évoquent la Création, la Conservation et la Destruction de l’Univers, l’origine du Monde et celle des Dieux et des Héros. Leurs auteurs sont inconnus.

Selon le Mâtsya Purâna et le Padma Purâna, le premier de tous ces livres sacrés aurait été écrit par Brahmâ lui-même, et ne comporterait pas moins de cent millions de stances. Ce grand Purâna divin, prototype des Puranâs humains, subsisterait dans le ciel avec des proportions gigantesques.

Pour le Zohar, la voûte céleste ornée du soleil, de la lune, des étoiles et de toutes les constellations, constitue le Livre des mémorandums du Créateur :

« Levez les regards en haut et voyez qui (My) a créé cela (Isaïe XL, 26). Nous avons déjà expliqué ce verset. Est-ce qu’en levant les yeux en haut l’homme peut pénétrer les mystères cachés à tout le monde ? L’Ecriture veut dire qu’en levant les yeux en haut et en contemplant les millions d’astres qui se meuvent sans cesse dans l’espace, il arrivera à comprendre. S’il ne peut pas parvenir à saisir le mécanisme de l’univers qui n’est qu’une des œuvres de D…, il arrivera encore moins à saisir l’essence de D… lui-même. » (Zohar, II-231b)

Puranas et Zohar enseignaient le système héliocentrique ; les Puranas sous couvert de mythologie, les auteurs du Zohar, ignorant superbement Aristote, beaucoup plus clairement :

« Voici ce qui est dit dans le livre des Mystères suprêmes. De nombreuses roues tournent autour de corps formés d’atomes agrégés. Certains de ces corps sont mobiles ; d’autres sont fixes. La rotation de ces roues a commencé dès le jour où la terre a été un agrégat d’atomes. Ces roues font tourner la terre en cercle et autour d’elle-même. » (Zohar II-235b)

constellationsfigures.jpg

Il existe une énigme concernant l’origine de la formation des constellations célestes. En effet, les noms et les légendes attribués aux divers groupes stellaires et à chacune des étoiles, remontent à un passé si lointain qu’il est impossible d’en discerner la source. On rencontre parfois des communautés d’inspiration étranges chez des peuples très éloignés les uns des autres, ou de culture totalement différente, comme les Celtes, les Chinois et les Indiens des deux Amériques. Une tradition unique à l’échelle mondiale semble parfois perceptible, et lorsqu’on découvre certaines coïncidences curieuses, on se contente de constater simplement que l’histoire du passé est beaucoup plus compliquée et mystérieuse qu’on ne le croit.

Tous les grands astronomes ont médité sur ce problème. Plus proche du divin que les historiens, en raison de leur attention fixée en permanence sur les secrets du cosmos, ils ont pressenti que l’aménagement de la voûte céleste n’était pas le résultat du hasard, ni une simple juxtaposition de diverses rêveries de poètes, mais recelait plutôt un enseignement légué par des instructeurs inconnus, et destiné à franchir les abîmes du temps. Ce grand livre de lumière visible dès le coucher du soleil servit de fondement à tous les enseignements initiatiques.

165pxjohannelertbode.jpg

L’astronome John Ehler Bode, par exemple, dans l’introduction de son Uranographia, ouvrage qu’il publia en 1801, n’hésita pas à laisser entrevoir le fond de sa pensée :

« Ainsi les antiques Atlantes et les Ethiopiens, les prêtres égyptiens dépositaires des mystères d’Isis, les mages de la Perse et de la Chaldée, les nomades habitants des vastes plaines de Babylone, les Brahmanes de l’Inde et de la Chine, les premiers navigateurs phéniciens, les philosophes de la Grèce et de l’Italie, les Arabes voués aux sciences, observèrent assidûment le cours des astres et donnèrent des noms aux étoiles les plus distinguées. (…)

Ils tracèrent sur la voûte céleste ces astérismes ou constellations figurées, qui pour la plupart n’ont aucune ressemblance avec les positions dans lesquelles les astres se trouvent groupés, qui d’ailleurs ont été étrangement défigurées par les traditions historiques et fabuleuses des diverses nations, mais qui nonobstant cela se sont conservés jusqu’à nos jours. Ainsi les peuples anciens ont parfaitement rempli le but qu’ils se proposaient, puisque dans ces monuments ils ont transmis à la postérité la plus reculée des fragments de leur histoire. » 

La science antique

Que savons-nous de l’univers scientifique de l’antiquité ? Des bribes, des fragments isolés qui ont échappé aux destructions des grandes bibliothèques et des sanctuaires initiatiques ; destructions involontaires parfois, guerres, cataclysmes naturels, ou volontaires souvent comme celles ordonnées par des religieux fanatiques soucieux d’anéantir à jamais les preuves de la vanité de leurs croyances. Ainsi, par exemple, par défaut d’information, les piles électriques chaldéennes du musée de Bagdad furent longtemps classées en « objets de culte », jusqu’au jour où un ingénieur reconnut leur véritable nature.

rtemagiccargent041.jpg

Photo de Futura-Sciences, voir l'article concernant ces objets sur le site (lien ci-contre)

De quelle source les navigateurs antiques tenaient-ils leurs cartes du monde, où figuraient les côtes de l’Antarctique libres de glace, et le Groenland divisé en trois îles ? La description du nord de l’Europe faite par Plutarque dans son traité « De facie in orbe lunae » est éloquente. Kepler, qui traduisit ce texte en latin,  reconnut sans peine les côtes de l’Amérique avec le Labrador et l’estuaire du Saint-Laurent dans : « Le grand continent qui borde en rond la vaste mer », au delà d’Ogygie (l’Islande). Les découvertes archéologiques d’objets d’origine grecque au Canada ont définitivement prouvé cette hypothèse longtemps jugée farfelue. Comment expliquer que le géographe Claudius Ptolémée d’Alexandrie, qui ignorait tout du continent asiatique, ait pu au II° siècle dessiner l’Inde telle qu’elle se présentait … il y a dix-mille ans ?  Un des personnages de Plutarque, cité dans son  De Facie, donne une explication éventuelle concernant ces mystères :

« Il séjourna longtemps à Carthage, du fait que chez nous Cronos reçoit de grands honneurs, et aussi parce qu’il y trouva certains parchemins sacrés qui avaient été emportés en secret lors de la destruction de la première ville et qui étaient restés cachés longtemps dans la terre, à l’insu de tous. Parmi les dieux visibles, il fallait, disait-il, et il me le recommandait constamment, honorer particulièrement la lune, car elle est souveraine de la vie… »

ptolemeebqmarcianaveniseweb.jpg

Carte de Ptolémée, photo: terra.antiqua.free.fr

Carthage était une colonie phénicienne, et nul ne peut contester l’immense apport des Phéniciens, associés aux Egyptiens, à toutes les civilisations antiques. C’est à Cadmos, le Tyrien que l’on doit la diffusion de l’alphabet.

Jusqu’au siècle dernier, l’histoire attribuait les premières découvertes scientifiques et astronomiques aux Grecs. Depuis, l’archéologie a permis de prouver que ce peuple habile avait su largement, comme le reconnaissaient d’ailleurs ses savants, utiliser les documents mis à sa disposition dans les temples d’Egypte et de Mésopotamie.

Nobles Voyageurs, les esprits hellènes surent aller en pèlerinage rechercher la connaissance dans les sanctuaires les plus lointains. S’ils parcoururent inlassablement le monde à la quête du savoir perdu, c’est qu’ils croyaient à son existence. Certains séjournèrent plusieurs années en Egypte pour obtenir la révélation de mystères. Démocrite d’Abdère, le physicien alchimiste du IV° siècle avant l’ère commune, avouera avoir trouvé la théorie de l’atome dans des textes phéniciens du troisième millénaire. Elevé par des « mages » chaldéens restés en Grèce après l’invasion de Xerxès, il se rendit pour étudier en Asie, où il fréquenta les « Gymnosophistes » de l’Inde, puis il vécut cinq ans en Egypte et poussa ses recherches jusqu’en Ethiopie. Démocrite enseigna l’étendue infinie de l’Univers et la pluralité des mondes. Ses travaux inspirèrent les œuvres d’Epicure et de Lucrèce. D’après le philosophe Diogène Laërce, Démocrite accusait Anaxagore de plagiat dans les théories que ce savant avançait sur le soleil et la lune :

« c’étaient de vieilles théories qu’il s’était faussement appropriées ».

Parmi les ouvrages malheureusement perdus de Démocrite, il faut citer : Le traité des Lettres sacrées à Babylone et  Le traité des Lettres sacrées à Méroé. Ces deux traités révélaient peut-être l’origine des étranges particularités des lettres nombres de l’alphabet hébreu ; leur destruction parut sûrement impérative à ceux dont le seul but consiste à bloquer tout accès vers la connaissance.

pyramidemereosoudannubie.jpg

Méroé, photo Wikimedia

Hermippe de Smyrne, un disciple de Callimaque directeur de la Bibliothèque d’Alexandrie 270 ans avant notre ère, prétendait avoir consulté pour écrire son ouvrage sur les Mages, les livres de Zoroastre contenant deux millions de lignes, soit huit cents rouleaux, peut-être une traduction de l’Avesta. Pour Héraclite du Pont dont on a retrouvé des fragments d’écrits, Zoroastre aurait été le descendant d’hommes venus des terres d’au delà de l’océan. Il ne faut donc pas s’étonner si en l’an 389, l’évêque fanatique Théodose fit détruire et incendier le Sérapeum d’Alexandrie, où se trouvait entreposé le peu de documents restant de la célèbre bibliothèque.

Annexe

Voici un passage d'un texte étrange extrait du Journal Asiatique, avril-juin 1929. Il a été publié par H. S. Nyberg dans un article traitant de « Questions de cosmogonie et de cosmologie mazdéennes ». Il s’agit d’une traduction d’un texte anonyme syriaque sur le magisme.

Sur l’erreur des mages

Ceux-ci se répandaient, eux aussi, dans l’empire de l’Est ; ils avaient reçu leur erreur de Zardust le fou (Zoroastre) qui avait été instruit dans la langue hébraïque et la langue égyptienne, et qui avait recueilli de sept langues ses paroles en y mêlant le poison de la mort pour le donner en nourriture aux mages – de sorte qu’on peut dire qu’ils ne comprennent ni ce qu’ils disent eux-mêmes, ni les fables ineptes que leur maître a inventées.

C’est que son impiété est manifeste. Elle consiste en ceci : à l’origine des choses, il pose deux antagonistes comme chefs de ce monde-ci qui est un, à savoir Hormezd et Ahremèd, c’est à dire Satan ; il dit que ces deux sont nés du dieu Zervàn. Il partage les choses créées entre ces deux en disant : la lumière appartient à Hormezd, les ténèbres appartiennent à Ahremèd ; la vie appartient à Hormezd, la mort à Ahremèd (…) Il dit qu’à chaque jour du mois préside un dieu en commençant par Hormezd qui est le premier, et en donnant ainsi une série de trente dieux. Il dit aussi que les éléments, à savoir la lumière, l’eau, la terre et l’atmosphère sont des dieux, mais qu’ils sont inférieurs quant à la souveraineté et à la divinité aux dieux Asôqar, Frasôqar, Zarôqar et Zerwàn. Frasôqar est celui qui engendra Hormezd.

Extrait du texte en syriaque

img102.jpg


Triangle de Feu et Supernova

JUPITER ET SATURNE, MAITRES DU TEMPS

Par Raymonde Reznikov

Depuis que divers ouvrages ont vulgarisé le thème des grandes ères zodiacales, le public averti ne met plus en doute la concordance entre les périodes astrologiques, les périodes historiques et les périodes religieuses. Parmi les cycles indicateurs de bouleversements en gestation, celui des conjonctions des planètes Jupiter et Saturne concerne les événement à caractère politique ou religieux.

Une conjonction de Jupiter avec Saturne annonça la naissance de héros, celles de Bouddha, de Mahomet, mais aussi la mort d’Alexandre le Grand, d’Auguste et de Napoléon.

Pour servir ainsi d’aiguilles sur l’horloge cosmique, les deux planètes ont rendez-vous tous les 7.253,4452267 jours, autrement dit, tous les 19,8592741 ans.

Quant à leurs rendez-vous successifs, ils se déroulent selon un rituel particulier à faire pâlir de jalousie un maître de cérémonie franc-maçon.

En astrologie, les signes du zodiaque sont classés de différentes manière : signes masculins ou féminins, signes cardinaux, fixes ou mutables, ou bien encore, et c’est justement cette classification qui nous intéresse, à chaque signe correspond un des quatre éléments : feu, air, eau, terre. Les signes influencés par un même élément sont en trigone, c’est à dire distants de 120 degrés, donc reliés entre eux ils forment un triangle équilatéral. Le Bélier, le Lion et le Sagittaire appartiennent ainsi à la triplicité de feu ; le Taureau, la Vierge et le Capricorne, à la triplicité de terre ; les Gémeaux, la Balance, le Verseau, à la triplicité d’air ; enfin le Cancer, le Scorpion et les Poissons, à la triplicité d’eau.

Jupiter parcourt son orbite en douze ans et Saturne en trente ans environ. La rencontre entre les deux astres se produit à peu près tous les vingt ans. Entre les deux conjonctions, Jupiter a parcouru 603 degrés sur son orbite autour du soleil (un tour complet plus 243 degrés), Saturne dans le même temps n’a parcouru  que 243 degrés. Il y a donc un décalage de presque 120 degrés (360 – 243 = 117 exactement), entre une conjonction et la suivante. Au bout de 60 ans et trois conjonctions, les deux planètes se rejoignent dans une même région du ciel, avec toutefois un petit écart de huit à neuf degrés. Ainsi les conjonctions de Jupiter et de Saturne dessinent des triangles successifs, et se produisent pendant une longue période dans une même triplicité. En raison du léger décalage, la conjonction, au bout de deux cents quarante ans environ, abandonne une triplicité pour entrer dans la suivante. Par exemple, de nos jours, nous quittons la triplicité de terre pour entrer le 21 décembre 2020, à 0° 31 du Verseau dans la triplicité d’air. A la frontière entre deux triplicités, il se produit parfois des chevauchements, c’est pourquoi en 1981 la conjonction eut lieu dans la Balance, signe d’air, avant de redescendre sur terre à 23° Taureau, le 28 mai 2000.

En l’an 6 avant l’ère commune, puis en l’an 14, la rencontre se faisait encore dans les signes d’eau, Poissons et Scorpion. En l’an 34, la conjonction entra dans le « Triangle Igné », et se produisit à l’équinoxe d’automne au quinzième degré du signe du Lion, ce qui ne manqua pas d’influencer les Pères de l’Eglise dans leurs tentatives de datation de l’ère chrétienne. Malheureusement pour eux, les rédacteurs des midrashim évangéliques n’avaient tenu aucun compte ni des phénomènes célestes, ni des aléas de l’histoire, puisque le texte signé Matthieu fait naître son héros sous le règne du roi Hérode, mort en l’an 4 avant notre ère, et que le texte signé Luc, fâché avec l’histoire, place la naissance du bambin à la fois sous le règne du même Hérode, mais à l’époque du recensement qui eut lieu en l’an 6. Les deux autres ont été plus prudents puisqu’ils ignorent l’enfance, mais pour les rédacteurs du Jean, c’est à près de 50 ans que son héros est mis en croix. Voilà pourquoi Eusèbe de Césarée inventa un nouveau Pilate au temps de Néron, faux documents à l’appui ; un mensonge plutôt que de reconnaître le caractère astronomique luni-solaire des nombres 33 et 50.

L’entrée de la conjonction Jupiter-Saturne dans la triplicité de feu, de loin la plus prestigieuse, ne se produit qu’une fois tous les huit cents ans. En 1563 et en 1583, le phénomène était encore en signe d’eau, Cancer et Poissons. En 1603 – 1604, il devait entrer en Sagittaire et le monde des savants attendait  avec émotion cet événement astrologique exceptionnel.

ophser.gif

Constellation du Serpentaire (Ophiuchus)

En décembre 1603, le premier rendez-vous précis n’avait pu être observé en raison de la présence du soleil, mais dès que le signe du Sagittaire redevint visible, astronomes et astrologues vécurent des nuits blanches, les yeux rivés sur les mouvements des deux planètes, surtout qu’à la mi-septembre, Mars allait venir augmenter de son éclat rougeoyant l’importance du phénomène. Mais laissons Johann Kepler, reporter compétent et privilégié, nous relater le scoop :

« L’année 1604 de l’ère chrétienne : à propos de laquelle les actuels spécialistes de chronologie se demandent si le début n’en est pas de quelques années postérieur à la naissance de Notre-Seigneur Jésus-Christ, Dieu et Homme par la Vierge Marie :

La première année de la période astrologique de huit siècles qui commence avec la Triplicité ignée, la huitième depuis la création du monde : et que la conjonction de Saturne et de Jupiter dans le huitième degré du Sagittaire, le 7/17 décembre de l’année 1603 avait entamé, en l’absence toutefois de Mars :

Comme paraissaient déjà depuis de nombreuses années les prédictions variées des Astrologues sur le retour du trigone igné, ainsi que les immenses prodiges et les mouvements politiques qui s’ensuivraient en 1604 ; comme par conséquent tous les esprits s’attendaient à des choses nouvelles :

Quand déjà Mars avait dépassé Saturne dans le dixième degré du Sagittaire le 16/26 septembre, et de là progressait peu à peu les jours suivants vers Jupiter, qui s’était déjà séparé de quelques degrés de Saturne ; au moment où en l’atteignant il allait réaliser le complément de la Grande Conjonction et justifier le nom que lui donne la tradition astrologique :

Alors que les yeux de tous les astronomes accomplissant sérieusement leur tâche, restaient soigneusement fixés chaque soir sur ce spectacle de la nature… »

(note : les dates sont données en calendrier julien et en calendrier grégorien)

C’est alors que le 10 octobre, au cœur même de la triple conjonction, dans le pied du Serpentaire, tout près du centre de notre galaxie occupé par un trou noir, ce que Kepler ignorait, à cet endroit précis donc, on vit brusquement surgir un astre éclatant qui n’avait jamais été remarqué auparavant.

Le choc engendré par un miracle tellement extraordinaire fut énorme. Jamais un prodige aussi stupéfiant, digne des récits mythologiques, n’avait été observé. Pour Kepler, le pythagoricien, et les théologiens mystiques, une coïncidence aussi fantastique ne pouvait être due au hasard. Par ce signe unique, Dieu comme jadis, avait voulu envoyer aux hommes un message d’ordre métaphysique. Et le fondateur de l’astronomie moderne bouleversé écrira à ce propos :

« Ce nouveau prodige céleste a été associé par le Dieu tout puissant lui-même aux trois planètes Saturne, Jupiter et Mars alors en conjonction, par un dessein précis poursuivant le salut des hommes. »

La Supernova de Kepler

Les astronomes ont retrouvé les vestiges de la supernova de Kepler. La revue Ciel et Espace, dans son numéro 453, février 2008, lui a consacré un article :

« La supernova de Kepler se trouve à 13 000 années-lumière (…). Elle est devenue visible il y a 400 ans (405 aujourd’hui), elle aurait donc explosé voici 13 400 ans ».

300pxkeplerssupernova.jpg

“A l'oeil nu, Johannes Kepler n'a pu voir qu'une étoile très brillante s'inviter dans la constellation du Serpentaire. Quatre siècle plus tard, Chandra observe une énorme bulle de gaz très riche en fer. Malgré des données plus précises, la supernova n'a pas encore livré tous ses secrets” (Ciel et Espace n° 453)

Supernovae et Rose-Croix

Le 18 août 1600, comme pour saluer le XVIIème siècle naissant, une autre étoile inconnue avait fait son apparition dans la constellation du Cygne. Kepler l’observa pendant dix-neuf ans.

Michael Maestlin, qu’une gravure nous présente sous l’aspect d’un jovial barbu, resta toute sa vie l’ami et le confident de Kepler dont il suivit attentivement les travaux. En 1601, cet initié discret dont on néglige l’importance, toujours en poste à Tübingen, vit arriver à son cours une étoile d’une autre nature, un jeune étudiant surdoué : c’était Johann-Valentin Andreae. Celui-ci était né le 17 août 1586, et le 18 août 1600, pour ses quatorze ans, le ciel dans le Cygne lui avait offert un somptueux cadeau d’anniversaire.

360pxmichaelmaestlin.jpg

En 1604 toujours à l’université de Tübingen, et dans l’entourage de Michael Maestlin,  Johann-Valentin Andreae eut alors l’idée d’un canular de potache, un ludibrium, comme il l’avouera plus tard en reconnaissant être l’auteur des Noces Chymiques de Christian Rosenkreutz.

Aussi en 1615, lorsque parut le second traité des Rose-Croix, La Confessio fraternitatis, on put lire au huitième chapitre , rappel symbolique de la huitième sphère, du huitième degré du Sagittaire, des huit cents ans séparant les triplicités :

« Le Seigneur Dieu a certes déjà, dans les temps qui précèdent, témoigné de sa volonté par plusieurs messages, en particulier par plusieurs astres nouveaux qui sont apparus dans les cieux, dans les constellations du serpentaire et du cygne. Signes vigoureux de grands et importants événements, ils témoignent, ils publient aux yeux de tous que Dieu apporte à toutes les inventions humaines l’appui de ses écritures et de ses caractères mystérieusement cachés, afin que le grand livre de la nature soit certes ouvert aux yeux de tout homme, en ne pouvant cependant être lu ni compris que par une minorité. »

En commentant ce passage, les exégètes ont tous conclu, que l’auteur du traité avait simplement décidé d’exploiter des éléments spectaculaires fournis par l’actualité astronomique récente. Johann-Valentin Andreae et ses amis, parmi lesquels figurait l’helléniste Christophe Besold, un fidèle de Kepler, s’inspirèrent de toute évidence des légendes mythologiques associées aux deux constellations concernées, pour forger le portrait type de l’initié Rose-Croix. Pourtant, l’affaire n’est pas aussi simple qu’elle le paraît. Si le cénacle regroupant l’élite des savants mystiques de l’université de Tübingen ne fit que saisir l’opportunité de l’apparition de phénomènes célestes pour diffuser sa pensée, il est légitime de s’interroger sur la coïncidence, ou la synchronicité, qui fit jaillir deux nouvelles étoiles précisément et successivement dans ces deux constellations-là. En effet, s’il entre dans les capacités d’hommes savants, intelligents, cultivés et motivés de monter des « canulars » d’envergure pour servir leur idéal, il ne leur est pas possible de faire clignoter des étoiles variables, et encore moins de provoquer l’explosion de supernovae.

« Car tout est certitude, les légendes sont vraies, plus vraies que l’histoire (…)

Car c’est grâce aux sages, aux frères initiés, aux talismans, aux coupes magiques, aux signes symboliques, aux enchanteurs barbus, que naît cette ardeur, de nature magique, qui nous fait parvenir un jour dans la région où le ciel n’a plus d’étoiles parce qu’on fait partie de sa lumière et où l’âme est enfin paisible, parce qu’elle a trouvé le salut. »

(Maurice Magre: La clef des choses cachées)

 

 




5 845 et l’octaétéride

Octaétéride et calendrier

L’octaétéride fut une unité de mesure du temps qui permit d’établir un calendrier luni-solaire relativement exact avant la réforme de Méton au Vème  siècle avant l’ère commune.

Cette unité de huit ans, ou 2.922 jours (365 ¼ x 8), comptait 99 lunaisons pour 8 années solaires. Elle nécessitait cependant des ajustements sous forme de mois intercalaires la troisième, la cinquième et la huitième année. La période couvrait 8 ans et 3 mois, donc 9 hivers comme l’a mentionné le poète latin Aviénus dans son adaptation des « Phénomènes d’Aratos ».

Pour obtenir plus de précision, l’octaétéride fut doublée et portée à 16 ans, 5.845 jours. En dépit de cet arrangement, il subsistait encore un léger décalage.

L’origine de ce système est très ancien puisque des historiens grecs ou romains ont prétendu que c’est à Solon, un des Sept Sages de la Grèce, que l’on doit son introduction. Les prêtres de Saïs qui racontèrent à Solon l’histoire de l’Atlantide, lui ont-ils aussi confié une méthode pour calculer le cours du Temps.

image5af3c300658cab957bb73ef60b92f9bd.jpg

5.844, 5.845 en Egypte

Curieusement les nombres 5.844 ou 5.845 se retrouvent en Egypte associés cette fois au cycle sothiaque de 1.460 ans, c’est à dire au cycle lié aux levers héliaques de l’étoile Sirius. En effet, c’est après l’achèvement d’une période sothiaque de 1.460 ans que la lune revient au même point de la même phase.

Dans ce contexte, le nombre 5.845 (ou 5.844) ne représente plus des jours mais des semaines de 7 jours.

Les Egyptiens utilisaient un calendrier basé sur un cycle de 533.265 jours, c’est à dire 1.460 années Sirius de 365 jours ¼, ou 1.461 années civiles de 365 jours.

Pour information : en 1.460 années Sirius, il y a 18.058 mois de révolution synodique de la lune  = 533.263,4 jours et 19.518 mois de révolution sidérale = 533.262,8 jours.

Le mois lunaire synodique vaut 29,53476 jours et le mois sidéral 27,32543. La moyenne est estimée à 28 jours, 4 semaines de 7 jours.

Le nombre 1.461 pourrait avoir eu une signification plus occulte, en effet 1.461 mois de 28 jours représentent 40.908 jours ou 112 années de 365,25 jours, et 5.844 semaines de 7 jours. Si on ajoute une semaine, on obtient 40.915 jours, c’est à dire 5.845 x 7.

siriusegypt.jpg

« Bible » et Connaissance des Temps

La version originale de ce qu’on appelle Le pentateuque, c’est à dire les cinq livres : Genèse, Exode, Lévitique, Nombres, et Deutéronome, totalise 5.845 versets pour 187 chapitres découpés en 669 paragraphes.

Le nombre 5.845 est divisible par :

1+5+7+35+167+835+1.169+5.845 = 8.064

Le nombre 5.845 est divisible par 5 et par 7, le nombre 5.844 ne l’est pas. Le nombre 5.845 a donc été également choisi pour d’autres raisons qui n’entrent pas dans le cadre de cet article.

En hébreu 5.845 peut s’écrire : ה׳  אלפּים  ח׳ מאות  מ׳ה, c’est à dire 5 mille 8 cent 40 et 5.

La valeur numérique de ces lettres chiffres est : 5+161+8+447+40+5 = 666.

Se reporter à l’article « Nombres et cycles du Temps » afin de constater les coïncidences.

187 est divisible par :

1+11+17+187 = 216

La valeur triangulaire de 11 : 66 plus le carré de 11 : 121  égalent 187.

Il y a 11 jours de différence entre l’année lunaire de 354 jours et l’année solaire de 365 jours.

eclipsepartiellesoleil.jpg

669 et les nœuds du Dragon

669 représente 3 fois les 223 lunaisons associées au retour des éclipses.

Au cours de ces 223 lunaisons (18,6 années lunaires), il se produit 42 éclipses de la lune, et 42 éclipses du soleil.

La mesure correcte du Temps fut un des secrets initiatiques les plus gardés des Sages de l’Antiquité. Les rapports entre le Triangle, le Quaternaire et le nombre Sept en offraient des clefs susceptibles d’ouvrir les portes donnant sur les profondeurs de l’Espace et du Temps.

a84.jpg

Articles plus anciens

Le Dahu

Nombres et cycles du Temps

5 770